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mercredi 5 mai 2010

Les États-Unis approuvent la démarche arménienne vis à vis de la Turquie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

De la diplomatie à état pur ou dit plus familièrement : ‘Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil'. Les Turcs sont gentils, les Arméniens sont gentils, en clair on gomme tout ce qui est négatif et on positive tout azimut.

Les discours du président Sarkissian, que ce soit à Washington ou la veille du 24 Avril, n'ont pas ému outre mesure l'administration Obama. L'important pour la diplomatie américaine étant que ni l'une ni l'autre des parties ne rompt les accords.

A force de vouloir passer de la pommade à tous le monde, les Etats-Unis ont fini par se décrédibiliser. Washington oublie ou fait semblant d'oublier que c'est la Turquie qui a fermé sa frontière avec l'Arménie depuis 1993, qu'avec son alliée l'Azerbaïdjan elles maintiennent un blocus économique, et que c'est toujours Ankara qui impose une pré-condition à la ratification des protocoles.

La nouvelle devise de Washington pour la région est devenue : ‘laisser et voir venir', le tout bien évidemment pouvant prendre ‘un certain temps' [comme aurait dit Fernand Raynaud.]

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"La déclaration du président Sarkissian indique clairement que l'Arménie n'a pas rompu le processus, qu'il y a une suspension de la discussion de ces protocoles au parlement ... et que l'Arménie est en attente du moment où la Turquie sera plus disposée. Et nous pensons vraiment que c'est la voie à suivre," a déclaré l'ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Marie Yovanovitch, dans une interview accordée à RFE/RL.

"Nous nous félicitons de la décision du Président Sarkissian de maintenir ce processus en vie parce que nous pensons que cela permettra à la Turquie et à l'Arménie d'œuvrer vers une vision de la paix, de la stabilité et de la réconciliation," a-t-elle ajouté.

Dans son allocution télévisée à la nation du 22 avril, Sarkissian avait essentiellement réitéré ses menaces antérieures de rompre les protocoles turco-arméniens, si le parlement turc ne parvenait pas à les ratifier dans un "délai raisonnable". Il a indiqué qu'Erevan avait fait cette remarque aux États-Unis, à la Russie et à d'autres puissances étrangères.

En marge du Sommet sur la Sécurité nucléaire de Washington, le 12 Avril dernier, le chef de l'Etat avait discuté de la normalisation des relations arméno-turques avec son homologue Barack Obama. "Si vous vous retirez, vous laissez l'autre côté décroché," lui aurait dit Obama, selon le "Washington Post".

Le département d'Etat américain, qui avait été étroitement associé à la signature des protocoles en Octobre dernier, a rapidement salué l'initiative de Sarkissian. Le Porte-parole du Département d'Etat, Philip Crowley, déclarait qu'ils peuvent encore être mises en œuvre "à long terme."

Tout en réaffirmant le soutien américain à la ratification des protocoles, Yovanovitch a refusé de critiquer Ankara sur l'impasse actuelle dans le processus de normalisation. "Je ne suis pas sûre que c'est constructif de blâmer l'une des parties. Je répéterai la position des Etats-Unis, qui a toujours été claire, à savoir : ce processus doit aller de l'avant dans un délai raisonnable et sans conditions préalables."

L'ambassadeur a donné une note optimiste sur l'avenir des relations turco-arméniennes, en montrant que les contacts entre les sociétés civiles turques et arméniennes et des gens ordinaires ont augmenté de façon spectaculaire ces dernières années.

"C'est une évolution extrêmement importante qui doit continuer à être encouragée parce que parfois, ce sont les gouvernements qui mènent le monde et parfois ce sont les gens qui conduisent les gouvernements. Et je pense que les gens en Turquie et en Arménie comprennent que c'est en quelque sorte une anomalie historique qu'au 21ème siècle il y ait une frontière fermée en Europe et que ce n'est pas un situation qui doit perdurer."

La diplomate a également salué les centaines de Turcs qui sont descendus dans les rues d'Istanbul le 24 avril pour la première fois afin de commémorer publiquement le massacre de plus d'un million d'Arméniens dans l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. "Cette année c'est la première fois qu'il y a eu non pas une mais trois cérémonies marquantes en Turquie le 24 avril, Journée du Souvenir Arménien. Et nous nous souvenons tous de la campagne ‘je m'excuse' de l'an dernier."

(…)

Tigrane Avédissian - Armenialiberty



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