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samedi 26 juin 2010

Karabakh : Bakou et son attaque incongrue

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Rien n'y fait, le président azerbaidjanais persiste et signe. Il tient absolument à essayer ses nouvelles armes ‘in situ' et non plus dans le cadre d'exercices ou de manœuvres militaires. Il n'a que faire du Haut-Karabakh, ni sur le plan économique ni sur le plan militaire, et encore moins sur le plan humain.

Les millions versés par les organismes internationaux, par les pays islamiques et depuis trois ans par les pétrodollars ont peu changé le quotidien des réfugiés azéris. Depuis seize ans que ces personnes ont fui les zones de combat, s'ils vivent dans la pauvreté et dans des baraques de fortune, c'est bien parce que Bakou l'a décidé ainsi. C'est la vitrine qu'Aliev persiste à montrer aux étrangers.

Par contre, perdre la face, ça c'est inadmissible. L'honneur est une valeur incontournable chez les Azéris, et tout sera entrepris, même au péril de milliers de vies humaines, pour redorer son blason. Et les occidentaux de ‘pérorer' sur les bienfaits de négociations pacifiques et d'une région sécurisée, ...

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** Surveillance sur la ligne de front **


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Le 24 Juin, conformément à l'accord antérieur réalisé avec les autorités de la RHK, la mission de l'OSCE s'est rendue sur la ligne de contact entre le Haut-Karabakh et les forces armées de l'Azerbaïdjan à Chaylu, aux environs de Taliche dans la région de Mardakert, où le 18 Juin dernier, le commando azerbaïdjanais avait grossièrement violé le cessez-le-feu.

Côté azerbaïdjanais, la mission était conduite par le Représentant personnel du Président de l'OSCE, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk.

Côté RHK, la surveillance était pilotée par les assistants d'Andrzej Kasprzyk, Antal Herdich (Hongrie) et Zhaslan Nurtazin (Kazakhstan). La mission de surveillance était accompagnée des représentants des ministères de la Défense et des Affaires étrangères de la RHK.

Les militaires de l'Armée de Défense de la RHK, responsables de la défense de cette zone, ont présenté aux membres de la mission les détails de l'attaque du commando azéri.

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** Fausses rumeurs **


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Dans une interview à la radio ‘Voice of America', le Représentant permanent de la République du Haut-Karabakh (RHK) à Washington, Robert Avédissian, a rejeté les informations des médias azerbaïdjanais sur les incendies [volontaires] dans les territoires sous le contrôle de la RHK.

Il a indiqué qu'en fait l'incendie s'est propagé du territoire azerbaïdjanais et a menacé les agriculteurs Karabakhis ; et de préciser : "Comme la récolte côté azéri mûrit deux semaines plus tôt, les agriculteurs azerbaïdjanais brûlent les champs après la récolte et le feu s'est propagé côté NKR."

Selon lui, les incendies sont également provoqués par les balles traçantes tirées par les soldats azerbaïdjanais.

"Les dirigeants de la RHK ont à maintes fois demandé aux autorités azerbaïdjanaises, par l'intermédiaire de l'OSCE, une coopération pour la prévention des incendies ; à chaque fois rejetée. À ce jour, les autorités arméniennes prennent les mesures correspondantes pour empêcher la propagation de l'incendie," a souligné le Représentant.

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** Edouard Nalbandian fait le point **


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"La communauté internationale considère l'Azerbaïdjan comme le principal responsable de la récente violation du cessez-le-feu autour du Haut-Karabakh," a affirmé vendredi le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian.

Les médiateurs américain, russe et français agissant sous l'égide de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et l'Union européenne (UE) ont déploré les combats meurtriers de la semaine dernière dans le Nord-est du Karabakh.

Pourtant, ni les médiateurs, ni l'UE n'ont explicitement reproché aux intéressés l'incident armé le plus grave relevé depuis deux ans sur la ligne de contact arméno-azerbaïdjanaise. Ils ont exhorté les deux parties à faire preuve de retenue et à rechercher une solution pacifique au conflit.

Nalbandian a insisté sur le fait que ces déclarations sont "adressées principalement à l'Azerbaïdjan. Dans nos contacts, ceux qui font de telles déclarations, surtout après le dernier incident, nous disent : "Vous pouvez voir clairement à qui s'adressent nos remarques,"" a-t-il souligné lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue autrichien, Michael Spindeleger, en visite à Erevan. Et d'ajouter :

"Clairement, ce n'est pas l'Arménie qui fait des déclarations belliqueuses, ou des appels à la guerre. Ce n'est pas non plus l'Arménie qui a organisé cette provocation à la frontière et à l'intérieur du territoire de la RHK. Ce n'est pas l'Arménie qui a rejeté une proposition visant à renforcer le régime du cessez-le feu, faite par le Groupe de Minsk de l'OSCE."

Nalbandian a souligné en même temps qu'Erevan attend une "position plus nette" de la communauté internationale sur le conflit du Karabakh ainsi que sur les menaces régulières de l'Azerbaïdjan de régler le conflit par la force. Lui et le Président Serge Sarkissian ont exigé une condamnation internationale explicite de Bakou au lendemain de l'incident. "Des déclarations sur le récent incident à Chaylu devraient être considérées comme un ‘carton jaune' à l'Azerbaïdjan," a-t-il ajouté

Le ministre Nalbandian a également mis l'accent sur les tentatives de Bakou d'ajouter une coloration religieuse au conflit du Karabakh et donc d'impliquer les Etats islamiques.

"La communauté internationale devrait évaluer de façon adéquate la provocation azérie. Sinon, l'Azerbaïdjan aura l'impression que la communauté internationale autorise ou tolère de telles tentatives, des déclarations belliqueuses, tant sur le fond que sur la forme," a indiqué Edward Nalbandian.

Q : Que faire pour relancer le processus de normalisation arméno-turc ?

R : La Turquie doit changer sa position. Le processus repartira lorsque la Turquie respectera les accords conclus et ratifiera les protocoles sans conditions préalables. C'est la position non seulement de l'Arménie, mais aussi celle de la communauté internationale.

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** Michael Spindelegger reste neutre **


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"Je ne suis pas ici pour résoudre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan", a déclaré de son côté le ministre fédéral des Affaires européennes et internationales de l'Autriche, Michael Spindelegger. "Pour moi, il faut d'abord écouter toutes les parties et tous les avis."

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il a omis de réagir aux déclarations anti-arméniennes du ministre azéri des Affaires étrangères, Elmar Mammediraov, à Bakou, le ministre autrichien a répondu qu'il ne commentait pas les déclarations de ses homologues des autres pays.

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** Ilham Aliev jette de l'huile sur le feu **


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Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev à de nouveau averti jeudi dernier que ses troupes vont tenter de reconquérir la région contestée et les districts azerbaïdjanais entourant le Haut-Karabakh, si les longs pourparlers de paix avec les Arméniens ne donnent pas un résultat acceptable pour Bakou. "Le peuple tout entier de l'Azerbaïdjan sera mobilisé, ainsi que toutes les unités militaires. Un travail de coordination doit être mené au sein des Forces armées à cette fin," a-t-il déclaré lors d'un discours devant les militaires azerbaïdjanais ; rapportent les agences de presses azerbaïdjanaises.

Selon le ministère de la Défense azerbaïdjanais des manœuvres militaire de grande envergure ont eu lieu dans un endroit tenu secret du 21 au 24 Juin.

Aliev a décrit ces exercices militaires comme "très réussis." "L'objectif principal de ces exercices est de nous permettre d'un commun effort de libérer nos terres de l'occupant."

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** Arthur Baghdassarian relativise l'incident **


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"L'incident de la ligne de contact ne fournit pas un motif suffisant pour suspendre le processus de négociations. L'Arménie s'est engagée à poursuivre les négociations pacifiques, nous ne devons pas céder aux provocations diverses et aux actes de sabotage. Dans le même temps, nous condamnons le fait que d'une part, ils négocient, et que d'autre part ils organisent de tels actes subversifs," a déclaré le Secrétaire du Conseil de sécurité nationale d'Arménie, Arthur Baghdassarian.

Pour le Secrétaire, l'Arménie a maintenant mise en œuvre des réformes sérieuses dans le domaine de la Défense. "Notre pays doit faire le maximum pour élever le niveau de sécurité tout en poursuivant le processus de négociations pacifiques."

Concernant la possibilité d'une nouvelle provocation azérie, Arthur Baghdassarian a déclaré : "L'Arménie est prête à tout scénario, et de citer le dicton : ‘Si tu veux la paix, prépare la guerre'."

"Les efforts de notre pays sont destinés à l'établissement d'une paix durable dans la région et au règlement pacifique du conflit du Karabakh," selon le Secrétaire, rappelant que la solution repose sur trois éléments : - la détermination du statut du Haut Karabakh ; - le lien direct entre l'Arménie et le Karabakh ; - et l'existence de garanties de sécurité.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie, de Armenialibety et du Ministère de la défense de l'Artsakh



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