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lundi 5 juillet 2010

Hillary Clinton au Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La Secrétaire d'Etat américaine ne pouvait faire autrement que d'arriver avec des louanges plein les bras, caressant les deux présidents dans le sens du poil et valorisant sur le moindre détail positif des négociations de paix. Surtout après la récente déclaration des trois présidents américain, russe et français au G8 au Canada.

Est-ce que pour autant le processus arméno-azéri a-t-il avancé d'un pouce ? C'est peu probable. Car on a beau être la première puissance du monde, il ne suffit pas de dire "suivez les principes d'Helsinki, et acceptez les propositions mises à jour des médiateurs du groupe de Minsk" pour que les deux parties s'exécutent.

Quand la seule réaction de la communauté internationale face à l'attaque surprise du commando azéri sur l'avant-poste arménien, a été de dire : "ce n'est pas bien, il ne faut pas utiliser la force", il est clair que l'agresseur ne risque pas de beaucoup trembler. Et qu'au contraire, cela lui donne un sentiment d'impunité et qu'il réitère son méfait.

Pourquoi se gêner, quand la dite communauté internationale est prête à toute les contorsions pour vous acheter du gaz et du pétrole ? Mais attention, même si affaires rime avec guerre, Mme Clinton a vivement déconseillé à Bakou d'en déclencher une nouvelle !

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** Visite en Azerbaïdjan **

Dimanche, l'Azerbaïdjan a pressé les Etats-Unis, en la personne de son Secrétaire d'Etat, à aider à résoudre le conflit du Haut-Karabakh.

"C'est un problème majeur pour nous et la principale menace pour la sécurité régionale. Nous voulons trouver une solution dès que possible. Notre peuple souffre," a déclaré le Président Ilham Aliev à son invité, Hillary Clinton, dans sa résidence d'été sur la mer Caspienne.

La Secrétaire d'Etat américaine a répondu : "Les questions que vous mentionnez sont importantes pour nous."


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Dans la conférence de presse avec son homologue azéri Elmar Mammediarov, Mme Clinton a indiqué que les États-Unis étaient prêts à aider l'Azerbaïdjan et l'Arménie pour parvenir à un accord sur le Haut-Karabakh. Mais a prévenu : "En fin de compte l'avenir d'une nation ou l'avenir de cette région appartient aux peuples eux-mêmes. Ils doivent prendre des décisions difficiles."

"Les Etats-Unis ne peuvent pas résoudre les conflits de cette région, mais nous pouvons être un partenaire, un supporter et un défenseur," a-t-elle dit s'adressant au ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais.

"Les élections parlementaires en Azerbaïdjan auront lieu début Novembre. Aussi, les États-Unis soutiennent et attachent une grande importance aux élections législatives en Azerbaïdjan," a déclaré Hillary Clinton lors de la conférence de presse.

Elle a également rappelé aux dirigeants azéris les questions liées à la démocratie, indiquant l'importance de la société civile.

"Nous discutons toujours de ces questions, c'est une partie intégrante de notre dialogue. Les réformes démocratiques sont toujours notre objectif de développement. Concernant les progrès réalisés par l'Azerbaïdjan, je pense que cela est particulièrement évident dans les domaines économiques, énergétiques, ainsi que dans ceux des affaires. L'Azerbaïdjan, en tant que pays, a un potentiel énorme, et aujourd'hui nous avons discuté avec le président Ilham Aliev des moyens de renforcer notre coopération. Avec l'Azerbaïdjan nous travaillons sur des questions mondiales - la lutte contre l'extrémisme, l'approvisionnement sécurisé en énergie, etc. À cet égard, nous voulons rester un ami et un partenaire de l'Azerbaïdjan," a précisé Mme Clinton.

Le soutien des Etats-Unis pour un rapprochement entre l'ennemi de l'Azerbaïdjan, l'Arménie, et de son allié historique, la Turquie, a endommagé les relations entre Washington et l'Azerbaïdjan, lesquelles inquiètent ses intérêts qui seront impactés par les efforts de réconciliation arméno-turcs.

En avril, Bakou avait accusé les Etats-Unis de prendre parti pour l'Arménie dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh, et avait menacé de "reconsidérer" ses relations avec Washington.

Obama avait aussi salué l'engagement de l'Azerbaïdjan pour ses efforts en vue de résoudre le conflit du Haut-Karabakh, sous l'égide des États-Unis, de la Russie et de la France, et avait mis en garde contre l'utilisation la force.
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De son côté, le chef de l'Etat a souligné que l'Azerbaïdjan accordait une grande importance à la visite de Mme Clinton. Selon Aliev, les relations américano-azerbaïdjanaises se développent avec succès dans une variété de domaines. Il a évoqué les efforts des États-Unis, comme coprésident du Groupe de Minsk, pour régler le conflit du Haut-Karabakh. Il a indiqué que l'Azerbaïdjan cherchait une solution rapide au conflit, basée sur le droit international.

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** Visite en Arménie **

La Secrétaire d'Etat a exhorté l'Arménie et l'Azerbaïdjan afin de finaliser un accord-cadre pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh.

Mme Clinton a parlé de signes "prometteurs" dans le long processus de paix après ses entretiens à Erevan avec le Président Serge Sarkissian, où elle est arrivée de Bakou tôt dans la journée de Dimanche. Elle a aussi fermement condamné les menaces de mettre fin au conflit par la force, ce qui semblait être un avertissement principalement adressé à l'Azerbaïdjan.


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"Comme je l'ai dit plus tôt aujourd'hui à Bakou, les États-Unis restent attachés à une solution pacifique fondée sur : -les principes d'Helsinki de non-usage de la force ou de la menace de la force, - sur l'intégrité territoriale, la légalité des droits, - et l'autodétermination des peuples. Le président Obama a réaffirmé cet engagement dans une déclaration conjointe avec ses homologues français et le russe, Dimitri Medvedev et Nicolas Sarkozy, au récent sommet du G8 au Canada," a rappelé Hillary Clinton dans sa conférence de presse conjointe avec le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian.

"Nous sommes prêts à aider l'Arménie et l'Azerbaïdjan à réaliser et à mettre en œuvre un règlement de paix. Nous savons que ce ne sera pas facile. Mais nous pensons qu'il est la base nécessaire pour un avenir sûr et prospère."
Quand on lui a demandé si elle était plus optimiste sur la paix Karabakh après son entretien avec les dirigeants arméniens et azerbaïdjanais, elle a répondu : "Il est encourageant que le Groupe de Minsk de l'OSCE est engagé de façon très intensive dans le processus, et ... il y a une reconnaissance de la part de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan que tout règlement doit se fonder sur les principes d'Helsinki."

"Et maintenant, nous espérons voir de réels progrès sur les Principes de base pour permettre l'élaboration d'un règlement de paix définitif," a ajouté la Secrétaire d'Etat, en écho à la déclaration des présidents au Canada.

Progrès qui ont été fortement remis en cause par la violation du 18 juin du cessez-le-feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le pire depuis 2008 où quatre soldats arméniens et un soldat azéri ont été tués lors d'un raid de commando azerbaïdjanais sur un avant-poste arménien dans le nord du territoire en litige.

H. Clinton a indiqué qu'elle avait exprimé ses préoccupations à la fois à Aliev et Sarkissian à ce sujet, et d'autres "violations inacceptables de l'Accord de 1994." "Les Etats-Unis condamnent fermement l'utilisation de la force ou la menace d'utiliser la force", a-t-elle répété.

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Lors de la rencontre avec H. Clinton, le président Sarkissian a décrit la résolution du conflit comme étant "le défi le plus important pour le peuple arménien." Il a indiqué qu'un règlement doit avant tout tenir compte de la volonté de la population du Haut-Karabakh, majoritairement arménienne.

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Les questions liées à la démocratisation en l'Arménie ont été également sur l'ordre du jour des pourparlers entre Mme Clinton, le président Sarkissian et le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, la nuit précédente. Elle a déclaré plus tard qu'elle avait souligné "l'importance de faire avancer la démocratie" dans le pays.

"La démocratie et le respect des droits de l'homme est vital pour la sécurité à long terme de l'Arménie, la stabilité et la prospérité. Et comme un ami et un partenaire qui croit en l'avenir de l'Arménie, nous continuerons à soutenir la société civile de l'Arménie et ses efforts pour promouvoir la bonne gouvernance et la transparence," a ajouté Mme Clinton dimanche soir.

Le principal parti d'opposition, le Congrès National Arménien (HAK) avait accusé à plusieurs reprises l'Occident et les États-Unis en particulier, d'être indulgents envers Sarkissian en raison de sa politique, soutenue par l'Occident, envers la Turquie et l'Azerbaïdjan.

Le conflit non-résolu du Haut-Karabakh et les relations turco-arméniennes ont été l'événement marquant des pourparlers d'Hillary Clinton avec les dirigeants arméniens. "L'Arménie et les États-Unis sont d'accord sur de nombreuses questions relatives aux affaires internationales. Cela inclut un règlement du conflit fondé sur ‘les principes du droit international'," a déclaré E. Nalbandian aux journalistes, dimanche.

"Nous avons décidé de renforcer et d'approfondir notre partenariat amical. La visite de Mme Clinton a mis en évidence un solide partenariat du gouvernement américain avec l'Arménie," a ajouté le ministre arménien.

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Extraits de Armenialiberty et de Today.az



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