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jeudi 19 août 2010

La Turquie et la Russie occupent l'espace régional

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Début Juillet, Hillary Clinton a visité au pas de charge Kiev, Cracovie, Bakou, Erevan et Tbilissi, histoire de réactiver les processus en cours. Mais pas de nouveaux contrats dans les bagages. Depuis plusieurs années déjà, l'Occident lorgne sur le pétrole et le gaz de la Mer Caspienne, les processus liés à l'Arménie étant là essentiellement pour sécuriser l'acheminement de ces énergies fossiles. La vie des populations locales passent au second plan. Rien d'étonnant donc que les deux puissances régionales, à savoir la Russie et la Turquie, ‘bichonnent' leur protégé. L'Iran considéré comme paria par les Occidentaux, est donc hors course.

Une remarque toutefois sur la position de la Turquie vis-à-vis du différend arméno-azerbaidjanais. Ankara est pour une résolution rapide du conflit du Karabakh et conforme aux vœux de Bakou, donc que non seulement les troupes arméniennes doivent se retirer des sept districts mais le Haut-Karabakh devra toujours faire partie intégrante de l'Azerbaïdjan !

Le principe d'autodétermination des peuples est passé à la trappe. Principe inconnu des Turcs, qu'ils soient ottomans ou azéris.

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"En disant intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, le Président turc, Abdullah Gül, sous-entend les sept districts entourant le Haut-Karabakh," a déclaré le turcologue, Artak Chakarian, lors d'une conférence de presse.

Selon lui, tant le contrat de coopération stratégique signé entre l'Azerbaïdjan et la Turquie, que celui signé entre l'Arménie et la Russie, indiquent que les États-Unis sont passés au second plan la région.

"Nous sommes dans une situation où l'Union européenne est occupée par la crise économique, le groupe de Minsk n'est pas très actif, les États-Unis ne sont pas très engagés dans la région, aussi, la Russie et la Turquie essayent de réorganiser leurs forces."

"La politique étrangère d'Obama ne satisfait ni l'opposition ou la majorité, de plus l'année prochaine, il va commencer à préparer les prochaines élections. Parallèlement, il faut prêter attention au problème iranien, pour la raison principale que la Russie va mis en service dans un mois la centrale nucléaire de Busher. La Turquie a des problèmes importants à résoudre en Octobre. Le même mois, l'Union européenne abordera deux questions importantes : - l'élargissement de l'UE, et la décision finale concernant le projet Nabucco."

"Selon M. Gül, sa visite à Bakou était avant tout liée au projet Nabucco : Ankara doit être sûr que le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum sera totalement connecté à Nabucco. La Turquie a besoin de cette connexion, car elle constitue un levier supplémentaire sur Europe et l'occidental."

"Concernant les offices religieux organisés par la Turquie dans les églises grecques et arméniennes, c'est du spectacle, et dans le cas où les Arméniens participeront à cette ‘messe', ils assureront le succès du spectacle. D'un autre côté, ne pas participer, sous-entendrait que les Arméniens ont peur du jeu proposé par la Turquie. Il sera juste d'y aller et de proposer de célébrer des messes tous les trimestres et dire que c'est notre droit de dire des messes et non une concession faite par la Turquie," a-t-il conclu.

Radio Publique d'Arménie



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