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lundi 20 septembre 2010

La Turquie reste intransigeante sur le Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La visite d'Hillary Clinton au Sud-Caucase cet été ou les échanges téléphoniques entre Ankara et Washington n'ont rien modifiés à la situation bloquée. Aucun changement dans la politique d'Ankara vis-à-vis de l'Arménie. Les protocoles signés le 10 Octobre dernier en grande entre les deux pays, sont toujours au fond du tiroir tant côté arménien que turc.

Si il y a encore un an les Etats-Unis avaient une certaine influence son allié, en 2010 c'est le côté oriental de la Turquie qui prime. La diplomatie d'Ankara lui permet toutefois de rester dans les bonnes grâces de Washington et de l'OTAN en jouant de sa position géostratégique. Quant à l'UE, elle ne cesse de succomber aux promesses mielleuses du pouvoir en place, applaudissant des deux mains dès qu'un début de réforme est annoncé.

Le tandem Gül-Erdogan serait bien bête de ne pas profiter de l'aveuglement des Européens surtout lorsqu'il y a des milliards de subventions à la clé. Dans le cadre des négociations d'adhésion, de 2007 à 2010 la Turquie aura perçu 2,256 milliards d'euros, dont 383,5 millions d'euros par le contribuable français.

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"La Turquie continue de lier l'application de ses accords de normalisation avec l'Arménie avec des progrès significatifs dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh. C'est une question sensible pour l'Arménie et pour la Turquie, et nous espérons voir un geste du côté arménien afin que notre parlement puisse aller de l'avant et ratifier ce document important [protocoles arméno-turcs signés le 10 Octobre dernier]," a déclaré vendredi Selim Yener, un responsable du ministère turc des Affaires étrangères, au correspondant de RFE/RL.

Selon le diplomate, Ankara se contenterait d'un retrait partiel des troupes arméniennes des territoires azerbaïdjanais entourant le Haut-Karabagh. "Nous espérons que l'Arménie prendra certaines mesures de retraits de quelques-unes de ses troupes de certaines régions, je pense que ce serait extrêmement utile. Cela montrerait que l'Arménie prend au sérieux les efforts de paix et que cela va dans la bonne direction," a ajouté Yener.

L'Arménie a toujours rejeté cette condition préalable. Les dirigeants arméniens ont fait valoir que le protocole ne faisait aucune référence au conflit du Karabakh ; opinion partagée par les grandes puissances, et notamment par le principal instigateur du rapprochement turco-arménien : les Etats-Unis.

En visite à Erevan en Juillet dernier, la Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a exhorté Ankara à mettre en œuvre sans condition l'accord de normalisation. "Maintenant la balle est dans l'autre camp," avait-elle souligné.

Les dirigeants turcs insistent, toutefois, que les protocoles contiennent un lien implicite entre les deux processus. "Nous devons prendre en compte tous les éléments du contexte. Les protocoles ne sont pas coupés de la réalité," a déclaré Yener.

Armenialiberty



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