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lundi 8 novembre 2010

Point de vue sur le rôle de la Turquie dans le Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il y a la société civile et, les politiques qui une fois au gouvernement appliquent la realpolitik ou pire la raison d'Etat. La Turquie, tout comme d'ailleurs les Etats-Unis, ne déroge pas à la règle.

Pour préserver son alliance avec Bakou, Ankara fait tout pour lui faire plaisir, à commencer par miner et étouffer les efforts du pays voisin. Il faut dire que les dirigeants turcs n'ont pas beaucoup de mal à prendre ce genre de décision lorsqu'il s'agit de l'Arménie, de la Grèce ou de Chypre. Le fait que ce sont des Giaours n'est sans doute qu'une coïncidence.

Et pour sauver la face vis à vis de l'Occident, la Turquie se lance dans des projets ou des actions ‘poudre aux yeux' comme la plate-forme de stabilité dans le Caucase ou les protocoles d'accord arméno-turc.

Quelle hypocrisie et quel cynisme de déclarer que l'on veut normaliser ses relations avec sa voisine alors qu'on la maintient sous blocus depuis seize ans ! Mais que peut-on attendre d'un Etat génocidaire et négationniste ?

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Deux ans se sont écoulés depuis la guerre Russo-géorgienne, non seulement les Russes n'ont toujours pas réussi à mettre pleinement en œuvre le plan de cessez-le-feu en Abkhazie et en Ossétie du Sud, mais l'Occident se gratte toujours la tête sur la façon d'être plus utile dans le conflit du Karabakh. Les Russes se sont installés en Ossétie du Sud et en Abkhazie comme chez eux, tandis que les dépenses militaires de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ont grimpé en flèche. S'il est peu probable, que les dirigeants azerbaïdjanais ou arméniens déclenchent délibérément dans une nouvelle guerre, les troupes dans leurs tranchées et les généraux dans leurs casernes sont de plus en plus frustrés par le manque de progrès après seize ans de négociations. Les violations accrues sur la « ligne de contact » ont entraîné de nombreux morts, et il n'est pas improbable que, l'une de ces violations aille accidentellement trop loin et provoque une nouvelle guerre. Les conséquences d'une telle guerre auraient des effets dévastateurs.
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L'UE peut également trouver utile de coordonner toute future politique avec la Turquie. Pendant des années, le poids de la Turquie a été sous-évalué dans la région et maintenant, elle est à la recherche d'un plus grand rôle. Alors qu'Ankara a connu un certain succès sur les plans économiques et politiques, il n'a pas été en mesure de faire beaucoup de progrès. Ainsi, sa plate-forme de stabilité dans le Caucase, lancé au lendemain de la guerre Russo-géorgienne, n'a pas progressé. C'était une erreur de faire cavalier seul avec la Russie comme seul participant externe, en excluant l'UE et les États-Unis. En outre, son rapprochement raté avec l'Arménie et sa tentative avortée de s'affirmer dans le conflit du Haut-Karabakh, ont démontré que la Turquie s'est précipitée trop vite dans le bourbier du Caucase. La Turquie a le potentiel pour jouer un rôle important, mais il lui faut adopter une approche plus attentive impliquant d'autres partenaires concernés, telle l'UE, et accepter qu'elle ne pourra jamais faire partie du processus de paix au Karabakh.

Extrait de Todays Zaman



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