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vendredi 26 novembre 2010

Sondage des Arméniens en Arménie et au Karabakh : Quelques détails supplémentaires

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si nos connaissons un peu mieux les sentiments profonds des Karabakhis envers l'Azerbaïdjan, il est intéressant d'analyser leur ressenti envers l'Union européenne.

Dans le cadre des négociations de paix, même si la France est présente dans le Groupe de Minsk de l'OSCE, l'UE est officiellement absente. On connaît l'impact permanent de la Fédération russe, celle des Etats-Unis se fait sentir depuis quelques années à travers les subventions octroyées au Karabakh et la présence de la France porte essentiellement sur des activités culturelles, la plupart en Arménie. Au Karabakh, seules des ONG ou des collectivités locales interviennent, mais pas l'Etat français. L'UE n'accorde rien au Karabakh, car pour elle la RHK n'a pas d'existence officielle. Tout au plus porte-t-elle un jugement de valeur sur les différentes élections, qui d'ailleurs pour elle, n'ont pas lieu d'être. C'est aussi bien évidemment le cas des politiques de Bruxelles, qu'ils soient ou non, à la tête de commissions et dans une moindre mesure, des députés européens de Strasbourg.

L'Azerbaïdjan fait un lobbying forcené auprès des instances internationales et notamment européennes, relayé en cela par son fidèle mentor, la Turquie, chouchoutée par les technocrates de Bruxelles. L'Arménie, bien que faisant partie du Partenariat Oriental et du Programme Européen de Voisinage, a du mal à faire valoir ses arguments.

Si l'on veut que cette situation évolue quelque peu en faveur des habitants du Karabakh, il est indispensable que les Organisations et les associations arméniennes d'Europe interviennent auprès de leurs députés. Cela a été récemment le cas de la Fédération Euro-Arménienne qui a accompagné une délégation de parlementaires européens au Karabakh.

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Suite de l'article d'hier portant sur le ressenti de la population d'Arménie et de l'Artsakh (RHK) sur la situation intérieure du Karabakh, la Turquie, le conflit du Karabakh, l'UE, l'OSCE et d'autres acteurs internationaux pertinents pour les Arméniens.

La marge d'erreur est estimée à +/- 3,45%.


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Selon le sondage de EuFoa en collaboration avec Populus et IPSC, les gens du Haut-Karabakh sont encore plus positifs au sujet des dirigeants de leur pays que les compatriotes d'Arménie, et ils sont fortement en faveur du président Bako Sahakian.

80% de la population du Karabakh déclarent que leur pays va dans la bonne direction avec des progrès réalisés dans tous les domaines. Ils pensent que la qualité de vie globale s'est sensiblement améliorée au cours des cinq dernières années, notamment dans le domaine de la sécurité (favorables 7, défavorables 19), de l'éducation (7,15) et des infrastructures (7,14) ; par contre les progrès économiques sont médiocres (6,13), quant à dans la lutte contre la corruption, elle est reléguée à la fin (5,66). Fait intéressant, chacun on voit plus de progrès dans le pays de l'autre, ainsi les Arméniens d'Arménie pensent que le développement de la RHK a été meilleur que chez eux, et vis et versa.

En Arménie comme dans le Haut-Karabakh, les habitants doutent de l'engagement de la Turquie quant à la réconciliation arméno-turque 12 mois après la signature de l'accord. Ils approuvent massivement (84% contre 11%) la décision du président arménien de suspendre la ratification des protocoles arméno-turcs, suite aux problèmes soulevés par la Turquie pour la ratification. Beaucoup pensent qu'il sera très difficile de conclure un rapprochement avec la Turquie sur tous les sujets, sentiment renforcé par les réticences de la Turquie à vouloir ratifier les protocoles. Néanmoins les Karabakhis pensent qu'il y aurait de réels avantages à un rapprochement arméno-turc. Ils sont convaincus que l'économie arménienne profiterait plus du commerce international (80%) et une majorité pense que cela rapprocherait plus l'Arménie de l'Europe (61%) et fournirait plus d'options pour la politique étrangère arménienne (54%).

Si la population de la RHK est mieux informée sur l'état actuel de la résolution du conflit que leurs compatriotes d'Arménie (68% contre 50%), leurs opinions sur les composantes d'un accord de paix éventuel sont similaires. Ainsi, ils soutiennent fermement les mesures qui, selon eux, garderont le Haut-Karabakh étroitement associé avec l'Arménie, alors qu'ils sont fermement opposés à des mesures qui, selon eux, céderaient trop à l'Azerbaïdjan. Ils restent modérément favorables aux mesures qui leur semblent pouvoir favoriser la paix, mais sans compromettre les liens du Haut-Karabakh avec l'Arménie.

Les Karabakhis sont très fortement en faveur d'un couloir reliant les deux pays. Ils croient fermement que s'il y avait une consolidation du cessez-le-feu, cela réduirait les pertes (67%), faciliterait le travail de l'OSCE pour faire avancer les négociations de paix (64%), et réduirait le risque d'un déclenchement d'une nouvelle guerre (60%). Près de la moitié d'eux pense aussi qu'il serait plus facile d'avoir des mesures de confiance entre les parties en conflit. Cependant, à une très grande majorité ils s'opposent à des mesures qui, selon eux, entraîner trop de cessions à l'Azerbaïdjan, en particulier le retour sous contrôle azerbaïdjanais des territoires entourant le Haut-Karabakh, même si cette zone est démilitarisée et que cela fasse partie de accord de paix global.

Bien qu'ils soient plus informés sur le Groupe de Minsk de l'OSCE que leurs compatriotes d'Arménie, leur perception de son rôle et de ses activités ne sont pas plus positives. Une personne sur deux (51%) déclare qu'elle est informée des objectifs et des activités des médiateurs, alors que seules 38% le sont en Arménie.

La réputation de l'UE dans le Haut-Karabakh est encore plus faible que celle de l'OSCE. Seulement 16% déclarent avoir confiance en elle, et encore moins (14%) la considèrent comme une organisation favorable à l'Arménie et à la RHK. A peine 20% de la population arménienne – dans les deux Etats - pensent que l'UE a un rôle important dans le processus de règlement du conflit, chiffre qui tombe à 10% pour ceux qui pensent que l'UE est une organisation intéressée par un accord de paix.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie

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Sondage détaillé de l'EuFoA (Anglais - 49 pages)

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