A la Une

samedi 31 juillet 2010

After 35 years, the Helsinki Final Act is still relevant

The Helsinki Final Act remains as relevant today as it was when it was signed 35 years ago, the OSCE Chairperson-in-Office, Kazakhstan's Foreign Minister and Secretary of State Kanat Saudabayev, said today ahead of the 1 August anniversary.


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"For the 35 years of its existence, the Helsinki Final Act has not lost its relevance and topicality. The innovative and comprehensive concept of security that was established by the leaders of 35 states in Helsinki remains today an important factor of security and co-operation in the OSCE area of responsibility," he said.

"At the same time, truly tectonic changes in the world that have taken place, particularly in recent years, require the OSCE participating States, and first and foremost their leaders, to search for adequate responses to these new challenges and threats. This is why the timeliness of an OSCE summit in Astana this year is difficult to overestimate. Our aim is to move from the concept of a 'space of security from Vancouver to Vladivostok' to the creation of a single Euro-Atlantic and Eurasian community of security."

Saudabayev added: "We believe that a result of the summit will be a new 'Spirit of Astana' that will naturally and logically stem from the new geopolitical realities and the Helsinki Final Act. This will represent a commendable way to mark the anniversary of the Organization and will encourage new achievements in the 21st century."

The Helsinki Final Act, signed by presidents and prime ministers from 35 countries on 1 August 1975, was seen as a major step in reducing Cold War tensions and led to the formation of a permanent forum for dialogue on security - the Conference on Security and Co-operation in Europe, now the OSCE.

The Act established a uniquely comprehensive definition of security - encompassing the politico-military, the economic-environmental and the human dimensions - and along with the commitments subsequently agreed by the participating States continues to guide the OSCE's work.

A Summit bringing together the leaders of the 56 States which make up the OSCE today is planned to take place in Astana before the end of the year.

Public Radio of Armenia



vendredi 30 juillet 2010

Le groupe de Minsk de l'OSCE et le conflit du Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

De même que le processus arméno-turc est dans une impasse depuis Avril dernier suite à l'intransigeance de la Turquie sur le conflit du Karabakh, le processus de négociations arméno-azerbaidjanais prend le même chemin suite au refus répété de Bakou d'appliquer le principe d'autodétermination des peuples au Haut-Karabakh ; ou pour être plus exact, que le résultat du référendum sur le statut final ne peut pas être l'indépendance.

A l'inverse du premier processus, dans lequel Ankara n'a rien à perdre, et qui ressemble en fait une normalisation gelée, celui du Karabakh n'a rien d'un conflit gelé ; les snipers azéris se faisant un malin plaisir de tirer sur tout ce qui bouge sur la ligne de contact. Et quand cela ne suffit pas, Bakou lance des commandos contre des postes frontières, le tout sous-tendu par les discours belliqueux et les menaces de guerre non voilées de l'équipe Aliev.

Le mandat du groupe de Minsk [1] et par voie de conséquence celui des coprésidents se déroule dans un contexte de médiation. Par contre la politique des grandes puissances (américain, russe et français) n'est pas limitée. Pourtant, ce ne sont pas les façons qui manquent pour faire entendre raison au pays récalcitrant, mais certainement pas en lui achetant son pétrole ou son gaz et en l'aidant à se surarmer.

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** Déclaration du Groupe de Minsk **


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Suite à la réunion entre les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et les membres du Groupe de Minsk, la déclaration suivante a été faite :

"Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (l'Ambassadeur français Bernard Fassier de la France, l'Ambassadeur américain Robert Bradtke et l'Ambassadeur de la Fédération de Russie Igor Popov) ont rencontré les membres du Groupe de Minsk le 28 Juillet, à Vienne (Autriche).

Ils ont informé le Groupe de Minsk sur les récents développements dans les négociations sur le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, et notamment - sur les discussions de Saint-Pétersbourg le 17 Juin dernier en présence des présidents de la Fédération de Russie, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan ; - sur la réunion des chefs de délégation des pays coprésidents du groupe de Minsk avec les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et l'Arménie, tenue le même jour ; - ainsi que sur les déclarations communes adoptées à Muskoka et à Almaty par les pays coprésidents du Groupe de Minsk.

Les coprésidents ont souligné que les efforts déployés jusqu'ici par les parties en conflit n'ont pas été suffisants pour surmonter leurs divergences, et que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer le cessez-le-feu et démontrer un esprit de compromis. Pour aider les parties dans leurs efforts, les coprésidents ont convenu de visiter la région début Septembre."

OSCE

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** Serguei Chakariants **


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Parlant de l'évolution attendue dans le processus de négociation du conflit au Karabakh, le politique Serguei Chakariants a indiqué qu'aucune dégradation importante n'arrivera prochainement : "De nouveaux développements sont possibles à partir de la visite des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Nous verrons quelles nouvelles propositions ils présenteront."

Il a ajouté que les grandes Puissances commençaient à se fatiguer de la position non constructive de l'Azerbaïdjan : "Ils essaient de faire revenir l'Azerbaïdjan sur ses menaces de guerre et son désir d'actions militaires." Et d'ajouter que lors de la dernière rencontre des présidents, les propositions étaient plutôt en faveurs des Arméniens, et qu'ils ont même marqué des points.

Armenpress

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** Aaron Adibekian **


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Le directeur du Centre Sociometer, Aaron Adibekian, a indiqué que le précédent du Kosovo a divisé l'opinion de la communauté d'experts : une partie est pour le droit des peuples à l'autodétermination, et l'autre pour l'intégrité territoriale. "Ils ont raison tous les deux," a-t-il déclaré. Selon le sociologue arménien, tout dépend des forces en présence. "L'Arménie dispose d'un sérieux avantage dans le règlement du conflit du Karabakh", a-t-il ajouté.

Il a présenté les résultats d'une étude sociologique menés par son Centre lors des dernières élections parlementaires en RHK, et a noté que 85% de la population de l'Artsakh avait voté pour l'indépendance, tandis que les 15% restant avaient estimé qu'une solution mutuellement acceptable devrait être atteinte entre les parties au conflit, seul 0,1% des votants voyait son avenir au sein de la république d'Azerbaïdjan. "Peut-être que ces personnes occupaient de Hautes fonctions à l'époque soviétique", a-t-il déclaré, ajoutant que le nombre de ceux qui soutiennent la réunification avec l'Arménie avait baissé avec le temps : "Selon les derniers chiffres, seulement un tiers de la population soutient la réunification avec l'Arménie, alors qu'ils étaient 67% lors de la déclaration d'indépendance."

Parallèlement, Adibekian a présenté les résultats d'une étude sociologique récente menée par une société américaine en Azerbaïdjan. Selon elle, moins de la moitié de la population azerbaïdjanaise estime que la RHK restera au sein de l'Azerbaïdjan. "C'est un cas évident d'avis défaitistes parmi la population azerbaïdjanaise, ce qui a versé une douche froide sur la tête surchauffée des dirigeants azerbaïdjanais," a conclu l'expert.

PanArmenian




[1] Le groupe de Minsk est composé, en plus des trois pays coprésidents, de l'Allemagne, de la Biélorussie, de la Finlande, de l'Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de la Suède, de la Turquie, ainsi que l'Arménie et l'Azerbaïdjan.


jeudi 29 juillet 2010

Relations arméno-turques : Statu quo

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le problème de la reconnaissance du génocide des Arméniens étant bien plus grave et conséquent pour Ankara qu'un morceau de territoire revendiqué par Bakou, le conflit du Karabakh a été une excellente occasion et/ou prétexte de fermer la frontière et instaurer le blocus de l'Arménie. Il a été clair depuis le début, que la Turquie ne ferait rien pour sortir de l'impasse, si tant est qu'elle n'ait jamais eu l'intention de faire ami avec sa voisine, et ce malgré toute la persuasion des Etats-Unis. Signer un accord en grande pompe avec l'Arménie était bien suffisant pour satisfaire les Occidentaux.

Les successeurs des Jeunes Turcs ont déjà fort à faire avec leurs minorités, qu'elles soient musulmanes, chrétiennes ou juives, d'autant qu'ils ne peuvent pas agir vis-à-vis d'eux aussi ouvertement que du temps de l'empire ottoman. Les négociations d'adhésion avec l'UE et comme membre de l'OTAN, obligent la Turquie à un minimum de comportement ‘civilisé' et surtout ‘faire semblant'.

Minimum qui n'empêche pas Ankara de promulguer des lois distinctes, sur les droits et les libertés des ‘vrais' Turcs, c'est-à-dire les ottomans, et celles des autres.

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"Septembre va être ‘chaud' et plein d'événements en ce qui concerne les relations Arménie-Turquie. Toutefois, il ne faut pas s'attendre à une quelconque avancée. Abdullah Gül avait déclaré : ‘c'est le temps de la diplomatie silencieuse'. Très probablement que le silence sera maintenu jusqu'aux élections législatives turques de Juillet prochain. D'ici là, aucune mesure concrète ne sera prise dans les relations arméno-turques," a déclaré le turcologue Artak Chakarian lors d'une conférence de presse.

"Quant à la messe qui doit être célébrée dans l'Eglise Sainte Croix d'Aghtamar et autres événements de la sorte, cela sert uniquement à jeter de la poudre aux yeux des Européens et des Américains."

Radio Publique d'Arménie



Artak Shakaryan: Silence in Armenia Turkish relations to continue through 2011

“September is going to be ‘hot' and full of events for Turkey, and this is directly linked to Armenia,” expert of Turkish studies Artak Shakaryan told a press conference today. However, he does not predict any breakthrough in the Armenian-Turkish relations.


Artak-Chakarian1_medium
“As Abdullah Gul once declared, ‘it's time for silent diplomacy.' Most probably, the silence will be kept until the parliamentary elections in Turkey in July 2011. There will not be any real steps in the Armenian-Turkish relations before that,” he said.

“The worship ceremony at Surb Khach Church and other things just serve as makeup to cover the eyes of European and American forces, but no real progress is expected,” Artak Shakaryan said.

Public Radio of Armenia



Minsk Group Co-Chairs to visit the region in early September

The Co-Chairs of the OSCE Minsk Group, Ambassador Igor Popov of Russia, Bernard Fassier of France, and Robert Bradtke of the United States, released the following statement today:


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The OSCE Minsk Group Co-Chairs (Ambassador Bernard Fassier of France; Ambassador Robert Bradtke of the United States; Ambassador Igor Popov of the Russian Federation) met with the members of the Minsk Group July 28 in Vienna, Austria.

They briefed the Minsk Group on recent developments in negotiations on the peaceful settlement of the Nagorno-Karabakh conflict, including: discussions held in St. Petersburg June 17, 2010 by the presidents of the Russian Federation, Armenia, and Azerbaijan; the meeting of the Heads of Delegation of the OSCE Minsk Group Co-Chair countries with the Foreign Ministers of Azerbaijan and Armenia July 17, 2010; and the joint statements issued by the Minsk Group Co-Chair countries in Muskoka and Almaty.

The Co-Chairs stressed that the efforts made so far by the sides of the conflict have not been sufficient to overcome their differences, and that additional actions are needed to reinforce the ceasefire and demonstrate a spirit of compromise. To assist the parties in their efforts, the Co-Chairs plan to visit the region in early September.

Public Radio of Armenia



mercredi 28 juillet 2010

De l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne

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Commentaires : Gérard Merdjanian

Même si les dirigeants changent, les politiques perdurent. L'Europe est toujours aussi partisane de l'entrée de la Turquie dans l'UE pour des raisons essentiellement géostratégiques sous-tendues par des besoins de diversification et de sécurité énergétiques.

Le marché européen est déjà largement ouvert aux produits ‘made in Turquie', et nombre de pays européens exportent sans problèmes vers la Turquie, grâce aux accords douaniers. Quant à la circulation des personnes, les Turcs se comptent par millions dans l'espace européen. L'adhésion n'apportera pas grand-chose.

La France et l'Allemagne pensent que la Turquie va apporter plus de problème qu'elle va en résoudre, déjà qu'à vingt-sept et avec la nouvelle constitution (Traité de Lisbonne), le fonctionnement des institutions laisse à désirer. De leur côté la Grande-Bretagne et l'Espagne ne manquent pas une occasion de faire savoir leur ‘ardent' désir de voir la Turquie intégrer l'Europe.

La Perfide Albion comme l'Oncle Sam, en bon atlantistes qu'ils sont, soutiennent mordicus leur allié de l'OTAN et leur allié dans la région avec Israël, le digne successeur de l'empire ottoman, qu'il soit laïc ou islamique. Quant aux accrocs permanents aux libertés ou au Droit, ils passent au second plan. Quant au contentieux avec l'Arménie et les Arméniens, c'est relégué aux calendes grecques.

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La Turquie est un allié important en Afghanistan, dispose de la plus importante armée de l'OTAN en effectifs, après les Etats-Unis, et constitue un élément clef de l'organisation atlantique au Proche-Orient. Les Etats-Unis et la Grande Bretagne s'inquiètent de voir la Turquie, lassée des lenteurs du processus d'adhésion, se tourner vers l'Orient et plus particulièrement vers l'Iran.

Ankara a entamé les négociations d'adhésion à l'UE en 2005, mais les Vingt-sept se déchirent sur l'intégration de la Turquie, le président Nicolas Sarkozy et la Chancelière Angela Merkel étant les plus ardents détracteurs à voir un pays musulman de 73 millions d'habitants entrer dans l'Europe, auquel il faut ajouter l'impasse à Chypre et de la lenteur des réformes en Turquie. Aussi, ils défendent l'idée d'un "partenariat privilégié" plutôt qu'une adhésion pleine et entière.

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** Position allemande **


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Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a estimé que la Turquie n'était pas mûre pour intégrer l'Union européenne, dans un entretien au quotidien allemand Bild aujourd'hui.

"Si la question (d'une adhésion de la Turquie à l'UE) devait être décidée aujourd'hui, la Turquie ne serait pas en mesure de rejoindre l'UE et l'UE ne serait pas en mesure de l'accueillir", a déclaré le ministre libéral à la veille d'une visite à Istanbul. "Il est en revanche de notre intérêt que la Turquie s'oriente vers l'Europe (et) pas seulement pour des raisons économiques. (…) Le pays peut aider de façon très constructive au règlement de nombreux conflits, qu'il s'agisse de l'Afghanistan, de l'Iran, du Yémen ou du Proche-Orient", a-t-il ajouté.

Mais "celui qui donne l'impression que l'adhésion est proche se trompe", a insisté le ministre, laissant ouverte la question d'un référendum pour décider de l'adhésion turque à l'UE. "On ne devrait pas spéculer sur des choses qui seront d'actualité dans des années". La chancelière Angela Merkel et son parti chrétien-démocrate CDU s'opposent à une pleine adhésion de la Turquie à l'UE, mais les libéraux du FDP de M. Westerwelle sont considérés comme plus ouverts aux ambitions européennes d'Ankara.

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** Position anglaise **


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A l'occasion de sa première visite à Ankara depuis sa prise de fonctions, en mai, David Cameron a estimé que la Turquie, de part son vaste potentiel économique et son influence croissante au Proche-Orient, contribuerait à la prospérité et la stabilité politique de l'UE.

"C'est une chose que je poursuis très fortement, avec passion. Ensemble, je souhaite que nous tracions la route d'Ankara à Bruxelles", a dit David Cameron dans un discours à la Chambre de Commerce et de Négoce de matières premières turque.

La puissance économique turque va grandissante et, selon lui, représentera à l'avenir un marché intéressant pour les entreprises britanniques. Il a souhaité que la valeur des échanges bilatéraux double en cinq ans, affirmant que le commerce serait le moteur de la relance économique.

Lors de son entrée au 10 Downing Street, Cameron avait émis le souhait de concentrer sa diplomatie sur l'aspect économique. Dans cette perspective, il entend opérer un rapprochement avec les grands pays émergents. Après la Turquie, il doit se rendre en Inde entouré de nombreux dirigeants d'entreprise.

David Cameron a insisté sur la qualité de partenaire stratégique de la Turquie, présente en Afghanistan et susceptible d'aider à sortir d'impasses diplomatiques telles que le dossier nucléaire iranien ou le conflit israélo-palestinien.

"Aucun autre pays n'a le même potentiel pour construire une entente entre Israël et le monde arabe", a-t-il dit tout en reconnaissant que l'intervention militaire israélienne contre une flottille à destination de la bande de Gaza, dont le navire de proue était turc, a nui aux relations israélo-turques.

"J'exhorte la Turquie et Israël à ne pas renoncer à cette amitié", a-t-il dit. Évoquant la situation à Gaza, il a en outre usé de propos fermes, à même de trouver un écho favorable en Turquie. "On ne peut et on ne doit pas permettre que Gaza reste un camp de prisonniers", a-t-il déclaré.

A la lumière de l'importance unique de la Turquie en termes de sécurité, de diplomatie et d'économie, il a dit être "en colère" de voir les efforts d'Ankara pour rejoindre l'UE sapés par l'opposition de certains dirigeants européens.

Pour David Cameron, les opposants à l'entrée de la Turquie dans l'UE appartiennent à trois catégories : des protectionnistes qui voient sa puissance économique comme une menace, des esprits "polarisés" qui veulent la voir choisir entre Orient et Occident, et des personnes pleines de préjugés qui se méfient de l'Islam, malgré la tradition laïque de ses institutions.

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** Position européenne **

La Commission européenne a salué la volonté clairement affichée aujourd'hui par le Premier ministre britannique David Cameron de promouvoir l'entrée de la Turquie dans l'UE, réaffirmant que le pays avait une "perspective" d'entrée dans le bloc comptant aujourd'hui 27 pays.


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Le commissaire à l'élargissement Stefan Füle et la diplomate en chef de l'UE Catherine Ashton étaient en Turquie le 13 juillet et y ont "réaffirmé la perspective d'une entrée dans l'UE de la Turquie. A cet égard, nous ne pouvons que saluer la volonté qu'a le Premier ministre Cameron de faire avancer cette procédure", a indiqué mardi un porte-parole de la Commission.

"La Commission a aussi exprimé l'espoir que davantage de chapitres dans les négociations puissent être ouverts cette année, si la Turquie remplit les conditions nécessaires. Bien sûr, le moteur de toute cette procédure, ce sont les réformes qui ont lieu en Turquie", a souligné son porte-parole.

L'UE a fait un geste fin juin en ouvrant un nouveau "chapitre" concernant les aspects de sécurité alimentaire, le 13ème. Cependant un seul chapitre, sur les 35 prévus dans les négociations, a été bouclé à ce jour.

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Extraits du Figaro, de l'Express et de l'AFP



mardi 27 juillet 2010

"L'UE entrevoie une solution viable au conflit du Karabakh" (P. Semneby)

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Là où Monsieur Semneby se trompe c'est de croire que Bakou acceptera le résultat du vote sur le statut définitif. Comme l'ont répété tous les dirigeants azerbaidjanais sans exception, il n'est pas question d'accorder une quelconque indépendance au Haut-Karabakh, lequel ne pourra acquérir au mieux qu'une très haute autonomie dans le cadre de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan. Quant à la ‘bonne foi' c'est une notion à géométrie variable tout comme celle de l'autodétermination, les dictionnaires azéris ayant pour certains mots leur propre définition.

Donc que le processus soit long, moyen ou court cela ne changera rien à la situation finale. N'oublions pas non plus les propos des habitants et des dirigeants du Haut-Karabakh pour qui retourner sous juridiction azéri est INENVISAGEABLE.

Monsieur le Représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, tout comme d'ailleurs l'UE, devrait plutôt penser à l'argumentaire à fournir au président Aliev pour éviter qu'il ne transforme la guerre larvée contre le Karabakh, en guerre ouverte contre l'Arménie.

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Le représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, Peter Semneby, a déclaré que : "Tout vote sur le statut définitif du Karabakh ne peut avoir lieu qu'après un long processus. Maintenant, il est nécessaire de parvenir à un Accord sur la façon dont le processus de règlement devra se dérouler pour créer des garanties pour toutes les parties."

Concernant l'efficacité du Groupe de Minsk de l'OSCE, P. Semneby a indiqué que l'UE soutient toujours son action.

"Je crois que la communauté internationale doit démontrer à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan que nous attendons d'eux de négocier de bonne foi pour régler le conflit. Nous avons déjà les contours de ce que, à mon avis, pourrait devenir une solution viable au conflit. Maintenant, il est nécessaire de convaincre les parties d'accepter ces principes," a-t-il poursuivi.

Quant à la normalisation des relations arméno-turques et à son lien avec le conflit du Karabakh, il a précisé qu'il n'y avait pas de lien formel entre les deux processus. Toutefois, selon le diplomate, on ne peut nier que tout ce qui se déroule dans l'un de ces processus a un impact sur le climat de confiance, et cela devrait être pris en considération ; rapporte l'agence Interfax.

PanARMENIAN.Net



The EU catch a glimpse one viable solution to the Karabakh conflict (P. Semneby)

EU Special Representative for the South Caucasus Peter Semneby said that any voting on the Karabakh status can take place only after a long process. Now it is necessary to reach an agreement on the principles of how the settlement process should develop to create guarantees for all the sides, he said.
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Referring to the efficiency of the OSCE Minsk Group, Semneby noted that the EU continues supporting the OSCE Minsk Group's activity.

“I believe that the international community needs to demonstrate to Armenia and Azerbaijan that we expect them to negotiate in good faith to settle the conflict. We already have the outlines of what, to my opinion, could become a viable solution to the conflict. Now it is necessary to convince the sides to accept these principles,” said Semneby.

As for the Armenian-Turkish normalization and its tie with the Karabakh conflict, he said that there is no a formal tie between the processes. However, according to Semneby, one cannot deny that whatever takes place in one of these processes, it has an impact on the atmosphere of confidence, and this should be taken into consideration, Interfax reported.

PanARMENIAN.Net



lundi 26 juillet 2010

Réactions arméniennes à l'annonce de la décision de la CIJ

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

La FEAJD a donné son point de vue dans sa déclaration du 23 juillet.

Comme indiqué par plusieurs observateurs et déclarations, il n'y a plus d'antinomie stricte entre les deux principes du droit international : Autodétermination des peuples et Intégrité territoriale.

Bakou serait bien inspiré de comprendre la portée de la décision de la CIJ, mais également, que le mot ‘autodétermination' peut signifier autonomie, tout comme indépendance, si telle est la volonté du peuple. Et par peuple, on entend la population qui vit au Haut-Karabakh et non le million de réfugiés azéris qui habitait les districts environnants. Lesquels n'ont pas besoin d'indépendance puisqu'ils vivent déjà dans un Etat indépendant : l'Azerbaïdjan.

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** Ministère des A.E de la RHK **


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Le ministère des Affaires étrangères de la République du Haut-Karabakh a publié une déclaration sur la décision de la Cour Internationale de Justice concernant l'indépendance du Kosovo :

"Le 22 Juillet 2010, la Cour Internationale de Justice a confirmé que le droit des peuples à l'autodétermination et son application ne viole aucun principe ou norme de droit international général, y compris le principe de l'intégrité territoriale.

La décision est d'une grande portée juridique, politique et morale. Elle peut servir de précédent et ne peut être limitée à l'exemple du Kosovo seulement.

Conscient de leur droit à créer un Etat indépendant, le peuple de l'Artsakh a été contraint de résister à l'agression militaire lancée par l'Azerbaïdjan, qui a abouti à de nombreuses pertes en vies humaines, et des dizaines de milliers de personnes déplacées qui sont devenues des réfugiés. Cette action n'a pas encore été correctement évaluée par la communauté internationale.

Le peuple de l'Artsakh continue de bâtir un Etat démocratique, en le transformant en une composante du système de sécurité régionale du Sud-Caucase.

Le droit du peuple de l'Artsakh à construire son propre État et à maîtriser son destin sera sans aucun doute reconnu par la communauté internationale, car il a été réalisé en conformité avec les principes fondamentaux du droit international et doit être considéré comme une réalisation équitable."

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** Bako Sahakian **


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"Indépendamment de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, le Haut-Karabakh continuera de travailler à la reconnaissance internationale de la République d'Artsakh," a déclaré le président de la République du Haut-Karabakh, Bako Sahakian, aux journalistes à Stepanakert. Le président a évalué la décision de la Cour de La Haye comme un événement important qui crée une nouvelle situation politique.

En réponse à la question sur la politique poursuivie par l'Arménie dans le processus de négociation, Bako Sahakian a déclaré : "La politique mise en œuvre par l'Arménie est évidemment constructive et contribue au règlement du conflit du Karabakh. Le président arménien ne poursuit pas une politique radicale, c'est un fait salué par nous et par la communauté internationale. Face à cela, l'Azerbaïdjan prend des mesures pour faire échouer le processus de négociation. Le Karabakh fait de son mieux pour contribuer à aider l'activité du Groupe de Minsk de l'OSCE. Toutefois, les médiateurs ne parviennent pas à obtenir de meilleurs résultats parce la RHK ne participe pas aux négociations. Les coprésidents ont également fini par comprendre qu'une solution durable n'est possible qu'avec la participation de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et du Karabakh," a-t-il souligné.

Touchant à la possibilité de changer le format du Groupe de Minsk, et particulièrement aux propositions de l'Iran, Bako Sahakian a répondu que de telles modifications du format ne peuvent pas contribuer à améliorer l'efficacité du Groupe de Minsk.

Selon le président de la RHK, la position de l'Artsakh n'a pas changé au fil des ans : "L'indépendance et la sécurité de l'Artsakh ne peuvent pas être objets de négociation."

Quant à la reconnaissance de la RHK par l'Arménie, le chef de l'Etat a déclaré : "cette reconnaissance ne doit pas être une fin en soi. C'est un processus qui doit avoir des motifs valables. Bien sûr, la République d'Artsakh est la plus intéressée dans ce domaine, mais elle ne peut pas ignorer le fait que l'Arménie a certains engagements devant la communauté internationale."

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** Assemblée Nationale de la RHK **


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Les forces politiques de l'Assemblée nationale de la RHK - La Mère Patrie, le parti Démocratique et la FRA-Dachnaktsoutioun – ont publié la déclaration suivante :

"Sur la base des grands principes du droit international et conformément à la législation de l'URSS, le 10 Décembre 1991, le peuple du Haut-Karabakh a proclamé son indépendance par référendum.

Au cours des vingt dernières années, la RHK a fait face aux attaques militaires de l'Azerbaïdjan, a obtenu la conclusion de l'accord de cessez-le-feu, et s'est engagé sur la voie d'un Etat démocratique à part entière. Notre peuple aspire à la reconnaissance internationale de l'indépendance.

Le 22 Juillet, la Cour Internationale de Justice a confirmé que le droit des peuples à l'autodétermination et que son application ne violait aucun principe du droit international, y compris le principe de l'intégrité territoriale."

Cette déclaration précise également que les forces politiques réaffirment la volonté du peuple de l'Artsakh de résoudre les problèmes existants par la voie de négociations pacifiques fondées sur le droit international.

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** Vahan Hovhannissian **


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Vahan Hovhannissian, membre du Bureau de la FRA-Dachnaktsoutioun, se félicite de la déclaration du Président Serge Sarkissian indiquant que : "l'Arménie recherchera d'autres moyens si l'Azerbaïdjan refuse d'accepter les principes de Madrid," bien que celle-ci soit quelque peu tardive.

"La dernière déclaration des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, précisait que l'Azerbaïdjan n'avait pas le droit de sélectionner certains principes et en écarter d'autres," a-t-il précisé.

Selon le député, la décision de la Cour Internationale de Justice sur le Kosovo peut servir comme nouvel argument pour la reconnaissance internationale de la RHK : "Le verdict est juste et correspond à nos intérêts."

Concernant la normalisation des relations arméno-turques, Vahan Hovhannissian a déclaré : "le processus est dans une impasse depuis que nous avons mis l'accent sur la ratification des protocoles, et non sur l'ouverture de la frontière." Selon lui, la décision correcte serait de dénoncer l'accord du 10 Octobre dernier.

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** Chavarche Kotcharian **


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Le Vice-ministre des Affaires étrangères arménien, Charvarche Kotcharian, a déclaré que la décision de la Cour Internationale de Justice sur le Kosovo était sans précédent, puisque pour la première fois il fait référence à la corrélation entre les deux principes : l'intégrité territoriale et l'autodétermination des peuples.

"L'autodétermination des peuples est l'un des objectifs des Nations Unies, tandis que l'intégrité territoriale est un outil pour atteindre cet objectif. Quand il y a l'autodétermination, l'intégrité territoriale devient secondaire. C'est ce que la décision de la CIJ sous-entend," a-t-il souligné.

Il a également cité le président de la CIJ, Hisashi Owada, disant que : "le droit international ne contient pas d'obstacles pour déclarer l'indépendance" ; Ainsi que les paroles des représentants officiels des Etats-Unis : "le droit international n'interdit pas la déclaration d'indépendance, pas plus qu'il le permet."

"Après tout cela, il devient évident que les accrétions de l'Azerbaïdjan sont en contradiction avec le droit international. La Cour internationale a réellement dit ‘oui' à l'indépendance des deux Etats albanais – l'Albanie et le Kosovo. Nous savons tous que les Albanais vivant au Kosovo sont majoritaires. Après tout cela, les dirigeants azerbaïdjanais ne seront plus en mesure de déclarer que les Arméniens ne peuvent pas avoir deux Etats," a souligné le diplomate arménien.

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Extraits de la radio Publique d'Arménie



samedi 24 juillet 2010

Saakachvili prêt à réitérer l'histoire des années 20

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a beau jeu avec l'Azerbaïdjan, tout comme d'ailleurs avec la Turquie. Bien que le maillon faible des voies énergétiques partant de Bakou, il n'est reste pas moins incontournable, l'Arménie étant impensable, l'Iran pas trop sûr quant à la Russie, elle dispose de ses propres oléoducs/gazoducs à travers le Caucase du Nord.

La guerre avec la Russie l'a fortement affaiblie en plus de la perte de deux de ses provinces. Aussi les royalties provenant de ses deux voisins turcophones sont les bienvenus sans compter les taxes prélevés sur les marchandises en transit des imports/exports de l'Arménie.

Il n'y a aucune solidarité avec sa voisine y compris sur le plan religieux, au contraire il y a une politique de géorgisation forcée des églises non orthodoxes, catholiques et apostoliques arméniennes essentiellement, en plus d'une oppression calculée de ses minorités, azéris compris.

Reste le levier le plus important : le Djavaghk. Malgré les sourires diplomatiques et les promesses hypocrites de Tbilissi, Erevan a les pieds et poings liés sur ce dossier. C'est à la diaspora et aux ONG que revient le travail de veille et d'alertes sur les ‘dérapages nationalistes' de l'administration géorgienne.

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Ilham-Aliev-et-Saakashvili1
"Les relations entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan sortent de la simple coopération, c'est pourquoi nos pays devraient s'unir en une confédération," a déclaré le président géorgien Mikhaïl Saakachvili lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev à Batoumi. Essayons de comprendre exactement ce que voulait dire M. Saakachvili, tout en gardant à l'esprit que dans chaque plaisanterie il y a une part de ... plaisanterie. Et ce qui reste, c'est la vérité.

Lorsque le président d'un pays fait ce genre de déclaration, c'est qu'il a un but. Les objectifs de Saakachvili peuvent être variés : - la normalisation des relations russo-géorgiennes ; - le règlement de la question arménienne dans le Djavaghk ; - le souhait de la Géorgie de rejoindre l'UE et l'OTAN. En fait, Ilham Aliev ne risque pas de l'aider sur ce dernier point, au contraire. Mais il est vraisemblable qu'il donnera un coup de main s'agissant des relations russo-géorgiennes. Toutefois, si Aliev commence à partager les ‘secrets' du règlement du conflit avec M. Saakachvili, en plus de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, le président géorgien aura sur les bras un problème de plus, le Djavaghk. Aussi, Aliev traitera la suggestion de son collègue géorgien avec réserve, vu qu'il a besoin de la Géorgie en tant que voie de transit, bien que peu fiable, influençable, mais nécessaire au transport du pétrole de Bakou vers la Turquie. Toutefois, si l'Azerbaïdjan et la Géorgie décidaient de former une confédération avec la Turquie, deux d'entre eux disparaitraient dans cas et leurs présidents deviendraient des gouverneurs de province. Ce scénario ne conviendrait pas du tout à l'Arménie, néanmoins, elle doit se tenir prête aussi pour cette configuration.

Mais trêve de supputations, en particulier parce que la Turquie a ses propres problèmes, et malgré les assurances enthousiaste du premier ministre Erdogan que "le pays a pris un chemin droit et démocratique, et qu'il est un pont entre l'Orient et l'Occident." Nous avons déjà discuté de la politique étrangère du "zéro problème avec les voisins". Par ailleurs, si la Turquie se voulait être un pont entre l'Orient et l'Occident, le rêve s'est brisé quand les islamistes ont pris le pouvoir.

Mais revenons à la déclaration du président géorgien. Très probablement, c'était juste une déclaration non contraignante, appelant à mettre en place un spectacle de fraternité avec l'Azerbaïdjan. Il serait faux de dire que la Géorgie a besoin d'un voisin, il suffit à Bakou de lui insuffler ce sentiment. Les intentions d'Aliev sont évidentes : si les choses tournent mal (dans le cas où éclaterait la guerre au Karabakh), la Géorgie devra lui venir en aide. Mais ses calculs se révéleront difficilement exacts. Saakachvili ne pourra jamais tenir tête à la communauté mondiale, d'autant plus que les États-Unis et la France, sont contre toute action militaire de la part de l'Azerbaïdjan.

Un petit rappel historique concernant ‘les années 20'. Le 12 Mars 1922, la conférence des représentants de la CEC à Tbilissi avec les RSS d'Azerbaïdjan, d'Arménie et de Géorgie, a approuvé le traité sur la création de l'Union Fédérale des Républiques Socialistes Soviétiques de Transcaucasie (FUSSRT). Le 13 Décembre 1922, le 1er Congrès des Soviets de Transcaucasie modifiait le FUSSRT en TSFSR (Républiques Socialistes Fédératives de la Transcaucasie Soviétique), tout en maintenant l'indépendance des trois Républiques. Le Congrès a approuvé la Constitution du TSFSR, formé de la CEC, de l'URSS et des gouvernements de Transcaucasie : le Conseil des Commissaires du Peuple du TSFSR. Le 30 Décembre 1922, le TSFSR rejoint les RSFSR et la RSS de Biélorussie pour devenir l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Conformément à la Constitution de l'URSS de 1936, les RSS d'Azerbaïdjan, d'Arménie et de Géorgie rejoignent l'URSS en tant que Républiques Soviétiques indépendantes, abolissant de fait le TSFSR.

Karine Ter-Sahakian – PanArmenian – département Analyse



vendredi 23 juillet 2010

De la non-ouverture de la frontière turco-arménienne

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La messe prévue dans l'église Sainte Croix de l'île d'Aghtamar sur le lac de Van, démunie de sa croix du dôme et transformée en Musé le reste de l'année, avait engendré l'espoir que la frontière turco-arménienne, fermée depuis 1993, serait ouverte quelques jours pour permettre aux pèlerins d'Arménie d'assister à la cérémonie ; sans compter les retombées politiques et financières pour la région.

Que nenni, vu que Bakou a de nouveau imposé son point de vue à Ankara, lequel d'ailleurs ne s'est pas fait prié dès qu'il s'agit de contrarier l'Arménie et les Arméniens. Par contre cela ne le dérange pas de franchir la frontière dans l'autre sens pour des exercices de l'OTAN.

Parler de ‘réouverture' de la frontière turco-arménienne est un euphémisme propre à la Turquie vue qu'elle n'a jamais été officiellement ouverte mais officiellement fermée par Ankara en 1993. Durant la période soviétique, les rares échanges commerciaux qui existaient entre la RSS d'Arménie et la Turquie transitaient par la RSS de Géorgie, plus facile de passage ; et l'obtention de visas dans le sens Turquie vers Arménie relevait d'un tour de force.

A noter toutefois lors du séisme de 1988, le passage des secours par cette frontière une unique fois. Même l'envoi de marchandises de première nécessité par voie ferrée ou par voie terrestre était interdit ; tout le monde se souvient des trains bloqués en Anatolie et de ce qu'il advint des marchandises.

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** Du côté arménien **


Haik-Demoian1_medium
"L'ouverture de la frontière arméno-turque en Septembre, même temporairement, n'est pas réaliste. D'ailleurs, il est préférable pour la Turquie de garder la frontière fermée pour des raisons de sécurité en raison de l'aggravation de la lutte contre les groupements kurdes en Anatolie orientale. Ce n'est pas la première fois que la Turquie fait des déclarations pour induire en erreur la communauté internationale," a déclaré le directeur du Musée-Institut du génocide arménien, l'historien Haïg Demoian, lors d'une conférence de presse.

Selon l'historien, les relations arméno-turques ne devraient pas être considérées comme un processus distinct. Elles devraient être évaluées dans le contexte des développements régionaux.

"La première étape des relations arméno-turques s'est terminée avec la signature des deux protocoles, mais pas leur ratification, c'est à dire la partie turque a dévalué l'essence même de ces documents.

Ces deux protocoles ont permis de mettre à jour deux bluffs turcs, en vue de tromper la communauté internationale depuis l'indépendance de l'Arménie. Le premier est que l'Arménie a des revendications territoriales. Le second, concerne le génocide des Arméniens. La partie turque n'a pas ratifié les protocoles, qui prévoit une sous-commission sur les questions historiques, parce qu'elle a compris que, indépendamment de la signature et de la ratification des protocoles, la reconnaissance internationale du génocide des Arméniens continuera à être un processus distinct," a précisé Haïg Demoian.

Extrait de Radiolour

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** Du côté turc **

Les commentateurs des médias turcs ont évoqué la possibilité d'une ouverture de la frontière suite à l'annonce faite en début de ce mois-ci que le ministère de l'Intérieur avait demandé aux autorités locales des provinces frontalières de Kars et de Igdir, d'estimer les délais de préparation en vue d'une possible ouverture. Le ministère a demandé aux bureaux des gouverneurs des deux provinces combien de temps il faudra pour que les postes-frontières et les routes soient pleinement fonctionnels dans le cas d'une éventuelle réouverture de la frontière.


Ahmed-Davudoglu_medium
Davutoğlu, interviewé par des journalistes samedi à Almaty, en marge de la réunion de l'OSCE, a déclaré que la demande aux autorités locales n'a été rien d'autre qu'un échange d'informations concernant le niveau de préparation à une éventuelle situation de post-catastrophe, comme un tremblement de terre, et sur les moyens de livrer l'aide aux victimes. "Il n'y a rien concernant une ouverture de la frontière. Ce n'est pas à l'ordre du jour du gouvernement et les médias ont déformé les propos," a-t-il précisé.

La Turquie a fermé sa frontière en 1993 en signe de solidarité avec l'Azerbaïdjan dans sa guerre avec l'Arménie dans le Haut-Karabakh. Quand la Turquie a signé les deux protocoles sur le rétablissement des relations diplomatiques et sur l'ouverture de la frontière avec l'Arménie en Octobre, l'Azerbaïdjan a protesté avec véhémence, avançant que la normalisation des relations turco-arméniennes sans progrès dans le conflit du Haut-Karabakh, pourrait créer des risques pour la stabilité régionale. La Turquie a fait machine arrière, déclarant que la frontière ne sera ouverte que si l'Arménie se retire des territoires azerbaïdjanais occupés.

À Almaty, Davutoğlu a eu des entretiens avec son homologue azerbaïdjanais, Elmar Mammediarov, au cours desquels la question des frontières a été soulevée : "J'ai dit à Elmar qu'il n'y avait aucune prévision en ce sens. Personne ne doit s'attendre à un tel événement."

Malgré l'impasse dans les efforts de réconciliation de la Turquie et de l'Arménie, la Turquie envisage de prendre part à un exercice de l'OTAN qui se tiendra en Arménie sur le thème : Réponse aux catastrophes par le Centre de Coordination (EADRCC). "Au cours des discussions techniques au siège de l'OTAN à Bruxelles il y a quelques temps, quand une telle possibilité a été soulevée par les responsables de l'OTAN, la partie turque a répondu favorablement," a déclaré un responsable. Vendredi, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que l'ouverture des frontières ne pourra se faire que dans le cadre de l'exercice et ce, de façon ‘exceptionnelle et temporaire'.

En plus des problèmes liés au conflit du Haut-Karabakh, le processus de réconciliation turco-arménien est également dans l'impasse depuis Janvier, après qu'une cour arménienne a confirmé la légalité des protocoles, mais a souligné qu'ils ne pouvaient pas être en contradiction avec la position officielle d'Erevan sur le ‘prétendu' génocide arménien, lequel doit être reconnu internationalement. La Turquie accuse Erevan d'essayer de mettre des pré-conditions.

"La partie arménienne maintient sa position, qui empêche une solution," a déclaré Mammediarov aux journalistes après sa rencontre avec Davutoğlu. Selon le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, une fois un Accord de paix signé entre les deux nations, l'Arménie se retira immédiatement de cinq des sept districts occupés, tandis que Kelbadjar et Latchine ne seront retournés que cinq ans plus tard. "Mais au cours de la réunion de samedi, l'Arménie a insisté sur le référendum devant déterminer le statut définitif du Haut-Karabakh, avant de s'engager sur un retrait. Et donc, les pourparlers sont restés sans résultat," a souligné Mammediarov.

Extrait de Todays.Zaman

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** Côté français **


Pierre-Lellouche2_medium
Le ministre français des Affaires européennes, Pierre Lellouche, a déclaré que la résolution du conflit du Karabakh est principalement freinée par la politique intérieure :
"Et nous encourageons la presse et les politiciens locaux, du côté turc comme du côté arménien. Nous avons beaucoup soutenu la diplomatie du football. Nous avons assisté à la signature d'un Accord. Malheureusement, celui-ci n'a pas été ratifié. Nous voulons vraiment que ces deux pays parviennent à une solution par la négociation. Il en est de même pour l'Azerbaïdjan, qui a un réel potentiel économique. Et bien sûr, il ne faut pas oublier le problème des réfugiés, auquel il faut trouver des solutions."

Répondant à la question si les efforts de la Turquie peuvent aider à résoudre cette situation, Pierre Lellouche, a déclaré : "Je leur ai demandé depuis longtemps d'ouvrir la frontière terrestre. Vous savez que la frontière aérienne est ouverte. Les Turcs ont tout à gagner à l'ouverture de la frontière avec l'Arménie, mais certainement pas en l'isolant. J'espère donc que la Turquie fera ce geste, mais bien sûr c'est difficile d'autant qu'il existe des affinités religieuses et ethniques avec l'Azerbaïdjan, et sans oublier les nombreux réfugiés."

Extrait de PanArmenian



La décision de la CIJ sur le Kosovo doit s'appliquer au Haut Karabagh

La Cour internationale de Justice a donné, ce jeudi 22 juillet 2010, son avis juridique consultatif sur la conformité de la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo avec le Droit international.
La-Haye-CIJ_medium

La Fédération Euro-arménienne pour la Justice et la Démocratie a pris acte de l'avis des juges qui ont retenu que la proclamation d'indépendance du Kosovo « ne constitue pas une violation du droit international », et projette cette décision au cas de l'indépendance du Haut Karabakh.

La Fédération estime que, bien qu'il faille examiner avec attention le contenu et les arguments de la décision de la CIJ, cet acte historique est de nature à assouplir les positions des Etats et instances internationales vis-à-vis de l'indépendance du Karabakh.

Selon la Fédération, le Karabakh a une légitimité encore plus évidente que le Kosovo pour jouir de son droit à l'autodétermination pour plusieurs raisons :
- « Le Haut Karabakh n'a jamais fait partie d'un Azerbaïdjan indépendant, il n'a donc pas fait acte de sécession de l'Azerbaïdjan » a déclaré Hilda Tchoboian, Présidente de la Fédération Euro Arménienne.
- Le processus d'indépendance, initié le 2 septembre 1991, confirmé par le référendum du 10 décembre 1991 s'est déroulé dans le strict respect du droit interne en vigueur en URSS.
- De plus, la population arménienne a fait l'objet de discriminations par les autorités azerbaïdjanaises pendant des décennies, et a été soumise aux violations caractérisées des Droits de l'Homme avec, notamment, des tentatives d'extermination et de déportations par l'Azerbaïdjan.
- Enfin, outre les dispositions du droit international plaidant en faveur du droit à l'autodétermination, la Fédération considère que le droit international ne contient pas de disposition explicite interdisant l'autodétermination des peuples.

« Le groupe de Minsk devra intégrer rapidement cette décision de la CIJ dans ses propositions du processus de paix » a expliqué Hilda Tchoboian.

« L'Azerbaïdjan n'avait pas de légitimité pour refuser l'indépendance du Haut Karabakh ; après cette acte juridique de portée internationale et par extension de celui-ci, le Droit international lui interdit de rejeter cette indépendance. » a conclu Hilda Tchoboian.

La Haye - le 22 juillet 2010



mercredi 21 juillet 2010

Accord d'Association UE-Arménie

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Transformer la société, les hommes et surtout les habitudes héritées de 70 ans de régime communiste est un travail effectivement long et compliqué. Depuis la chute de l'URSS en 1989, l'Arménie comme nombre d'autres pays du bloc a subi grosse émigration essentiellement pour des raisons économiques. L'amélioration du niveau de vie et des libertés en générales, devraient non seulement stopper cette tendance mais surtout l'inverser, surtout par ces temps de crise mondiale.

Seulement, vouloir dissocier ces actions de l'UE de la politique en générale est un vœu pieux. Qu'on le veuille ou non, les décisions du Parlement et/ou du Conseil des ministres européen influent sur la politique étrangère de ces pays, et plus particulièrement sur la politique régionale des trois pays du Sud-Caucase.

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L'Arménie a commencé lundi le premier tour des négociations avec l'Union européenne pour un ‘accord d'association' qui améliorera sensiblement ses liens politiques et économiques avec l'UE.

L'accord issu du programme de Partenariat oriental de l'UE pour six anciennes républiques soviétiques [1] , ouvrira pour ces pays un régime de libre-échange permanent avec l'Union européenne et faciliter les procédures de visa pour ses citoyens voyageant dans l'Union. Il prévoit également une harmonisation des lois, des règlements et des politiques gouvernementales avec les normes de l'UE.


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Avant que ne démarrent les négociations, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a eu une réunion avec le chef de la délégation de l'UE, Gunnar Wiegand, et président de la Direction Europe de l'Est, Caucase et Asie centrale. Dans son allocution d'ouverture, le chef de la diplomatie arménienne à souligné un certain nombre de points :

"Notre volonté d'approfondir les relations avec l'Union européenne a été réaffirmée lors de la visite du Président Serge Sarkissian à Bruxelles en mai.

Les liens entre l'Arménie et le peuple arménien avec l'Europe sont aussi vieux que le continent européen. Ils remontent à la profondeur des siècles, à l'époque, quand les fils éclairés de notre nation ont contribué à la formation du système de valeurs appelé les valeurs européennes.

Depuis l'indépendance, l'Europe a été une de nos priorités de politique étrangère. Nous attachons une grande importance à l'approfondissement des relations avec l'Union européenne. À cet égard, le partenariat oriental ouvre des perspectives d'établissement de relations de qualité nouvelle, en particulier grâce à l'Accord d'association," a-t-il déclaré.

Selon le ministre Nalbandian, la coopération entre l'UE et l'Arménie a beaucoup progressé dans les domaines de la politique étrangère, du dialogue politique, de la justice, des libertés et de la sécurité, de la coopération économique et énergétique, etc.


Gunnar-Wiegand_medium
Le chef de la délégation européenne a présenté la déclaration de bienvenue du Haut Représentant de l'UE, et Vice-présidente de la Commission européenne, la baronne Catherine Ashton, pour l'ouverture des négociations.

"Il s'agit d'un Accord ambitieux, de grande envergure. Cela aura un effet durable sur la manière dont le pays organisera son économie et la façon dont nous conduirons le processus de réforme permettra à l'Arménie de se rapprocher encore plus de l'Union européenne," a déclaré le chef de la délégation pour l'Arménie, aux journalistes à Erevan.


Karine-Ghazinian2_medium
Côté arménien, la délégation est conduite par la Vice-ministre des Affaires étrangères, Karine Kazinian, laquelle a confirmé que le processus de négociation prendra des années. "Nous avons déjà identifié les domaines à partir desquelles nous allons commencer, mais il est difficile de dire combien de temps cela prendra : trois, quatre ou cinq ans. Mais la chose importante est que les négociations aient commencé et que nous sommes prêts pour ce faire. Nous sommes également prêts à n'épargner aucun effort pour suivre les lignes directrices que nous avons avec l'Union européenne et pour mener le processus à son terme," a-t-elle souligné à la conférence de presse conjointe avec Gunnar Wiegand.

Pour sa part, Wiegand a aussi refusé de spéculer sur les délais de signature de l'Accord. "Cet objectif est ambitieux, et l'ambition a besoin de temps pour bien faire les choses. Nous serions certainement de mauvais gestionnaires pour fixer maintenant artificiellement une date limite. Nous voulons obtenir un bon Accord avec des effets durables pour tous les citoyens."

Des équipes distinctes de négociateurs européens ont entamé des pourparlers similaires avec les gouvernements géorgien et azerbaïdjanais en fin de semaine dernière. Dans une déclaration publiée avant l'entretien, Catherine Ashton avait exprimé sa confiance que les Accords d'association seront ‘un catalyseur pour les réformes intérieures" dans les trois Etats du Sud-Caucase.

L'exécutif de la Commission européenne a déjà prévu une première tranche de 32 millions d'euros (40 millions de dollars) pour financer ces réformes.

La démocratisation, la protection des droits de l'homme et un meilleur Etat de droit, sont une autre condition énoncée pour la participation de l'Arménie dans le partenariat oriental.

Gunnar Wiegand a insisté sur le fait que l'UE suivra de près les développements politiques dans le pays et le respect par les autorités arméniennes des droits de l'homme. Il a rejeté les critiques de l'opposition comme quoi l'UE a été indulgente envers le gouvernement de Serge Sarkissian, en raison de sa politique, soutenue par l'Occident, concernant la Turquie et le conflit du Haut-Karabakh. "Nous séparons les normes démocratiques et les droits de l'homme, des défis multiples que mène l'Arménie en politique régionale et étrangère," a précisé le Haut-fonctionnaire européen.

Tous les ministères et organismes gouvernementaux concernés sont impliqués dans les négociations.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty




[1] Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine et Biélorussie


mardi 20 juillet 2010

Haut-Karabakh : Les deux ministres des Affaires étrangères concernés commentent la réunion d'Almaty

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il n'y a qu'une seule façon d'interpréter le mot ‘autodétermination', c'est celle qui est admise par la communauté internationale à savoir :

Le droit d'une collectivité, d'une population à se donner un statut politique tel qu'elle assume en pleine souveraineté la responsabilité de sa vie publique.

Bakou en a inventé une autre : ‘Autodétermination' signifie ‘Autonomie', et donc le Haut-Karabakh fera toujours partie intégrante de l'Azerbaïdjan. CQFD.

Il est évident que dans ces conditions les négociations peuvent durer encore de nombreuses années. Sauf si Ilham Aliev perd patience ..., mais c'est une autre histoire.

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** Edouard Nalbandian **


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Le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a apporté les commentaires suivants concernant sa réunion de samedi dernier avec les ministres des A.E des pays médiateurs et son homologue azerbaidjanais.

"Primo, la réunion d'Almaty a été utile, mais aucune déclaration commune aux cinq participants n'a été possible en raison de la position non-constructive de l'Azerbaïdjan.

Deuxio, en plus d'un rappel des déclarations précédentes - faites à Aquila le 10 Juillet 2009, puis à Athènes le 1er Décembre 2009, et la dernière à Muskoka le 26 Juin 2010, lesquelles s'appuyaient sur les principes d'Helsinki, - la déclaration souligne que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer le cessez-le de 1994. Pendant de nombreuses années, l'Azerbaïdjan a refusé de renforcer le cessez-le feu. Les pays coprésidents ont une fois de plus souligné la nécessité de créer une atmosphère plus favorable à un dialogue politique plus poussé pour aboutir à des Accords.

Tertio, cette déclaration fait référence à la provocation de la partie azerbaïdjanaise les 18-19 Juin derniers. Je pense que la déclaration est adressée à ceux qui profèrent des déclarations publiques inflammatoires, aggravant ainsi la situation, ce qui ne contribue pas à un règlement [pacifique] du conflit," a déclaré le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian.

Radio Publique d'Arménie

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** Elmar Mammediarov **


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Le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Elmar Mammediarov, a fait les commentaires suivants aux médias lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien à Bakou.

"Donner l'indépendance au Haut-Karabakh n'est pas sujet à négociations. Les Arméniens ont un état indépendant qui est l'Arménie. L'autodétermination que les Arméniens du Haut-Karabakh peuvent avoir ne peut se dérouler que dans le cadre d'une autonomie au sein de l'Azerbaïdjan", a indiqué le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères.

Il a noté avec regret que la réunion d'Almaty a été infructueuse. L'Arménie a refusé de faire une déclaration dans le format ‘3+2', qui convenait à Bakou.

Le ministre a indiqué que les détails des pourparlers ont été annoncés pour informer le public sur les négociations. "Aujourd'hui, les négociations ne sont plus secrètes. Le plan des négociations est connu de tous, il a été indiqué dans le communiqué des Présidents au sommet du G8 à Toronto. C'est une question très sensible pour l'Arménie et la communauté arménienne du Haut-Karabakh", a-t-il ajouté.

Le ministre a rappelé que la partie azerbaïdjanaise est toujours disposée à poursuivre les négociations, mais que leur efficacité dépendra de la partie arménienne.

Today.az



Edward Nalbandian about Almaty meeting

“The meeting in Almaty was useful, although there was no possibility of issuing a five-sided statement because of Azerbaijan's non-constructive position,” Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian said.


Edouard-Nalbandian29_medium
"Representatives of the OSCE Minsk Group co-chair countries, Foreign Minister of the Russian Federation Sergei Lavrov, Foreign Minister of France Bernard Kouchner, and Deputy Secretary of State of the United States James Steinberg issued a statement on the Karabakh issue. This statement first of all recalled the joint statement on Nagorno-Karabakh of December 1, 2009 at the OSCE Ministerial meeting in Athens and reminded the sides of their commitment to seek a peaceful settlement to the Nagorno-Karabakh conflict based on the principles contained in the Helsinki Final Act, particularly those related to refraining from the threat or use of force, the territorial integrity of states, and the equal rights and self determination of peoples. They reiterated that the elements articulated by Presidents Medvedev, Sarkozy, and Obama on July 10, 2009 at L'Aquila and repeated at Muskoka on June 26, 2010 must be the foundation of any fair and lasting settlement to the conflict,” the Foreign Minister said.

“Secondly, the statement emphasizes that additional actions are needed to reinforce the ceasefire of 1994. In the course of many years Azerbaijan has been refusing to reinforce the ceasefire. The co-chair countries once again stressed the necessity of it to create a more favorable atmosphere for further political dialogue and reaching agreements,” the Minister stated.

“The statement refers to the provocation of the Azerbaijani side on June 18-19. I think it's obvious to everyone who the statement is addressed to, because it refers to inflammatory public statements, which aggravate the situation and do not contribute to the settlement of the conflict,” Minister Nalbandian stated.

Public Radio of Armenia



lundi 19 juillet 2010

Un nouvel ambassadeur américain en Turquie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Une semaine après la nomination de Matthew Bryza à Bakou, voici F.J. Ricciardone proposé pour Ankara. Coïncidence ou pas ? Toujours est-il que les deux groupes de pression américano-arméniens des Etats-Unis (ANCA pour Bryza et AAA pour Ricciardone) ont attiré l'attention de la Commission ad hoc du Sénat qui doit valider ces nominations.

Sans préjuger des consignes qui seront données par Washington, suite à la tournée dans la région de la Secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, il est a souhaité que ces nouveaux ambassadeurs ‘mettront de l'huile' dans les rouages des deux processus, arméno-turc et arméno-azéri. Toutefois, si les situations paraissent proches de prime abord, elles restent en pratiques bien distinctes.

Les relations arméno-turques sont dans une impasse depuis trois mois, suite à l'insistance d'Ankara de vouloir lier les deux processus, la résolution de l'un entrainant celle de l'autre. Autant Washington avait encore du poids il y a un auprès des dirigeants turcs, autant aujourd'hui les relations sont pour le moins distendues. Le nouvel ambassadeur aura fort à faire pour peser sur les décisions de la Turquie vis-à-vis de l'Arménie, une mission quasi impossible.

Les négociations arméno-azéries sont elles aussi dans une impasse et ce depuis beaucoup plus longtemps, en fait depuis l'arrivée au pouvoir d'Ilham Aliev. A l'inverse de la Turquie, où les Etats-Unis avaient du poids, ici ils pèsent peu face au poids lourd russe. Par contre, l'arrivée du nouvel ambassadeur donnera très certainement un nouvel élan aux relations avec les Etats-Unis. La raison en est très simple. Matthew Bryza, ex-médiateur du groupe de Minsk de l'OSCE, a une très bonne presse auprès des dirigeants azéris. Son cœur penche nettement pour les Turcs, qu'ils soient ottomans ou azéris, au sens figuré comme au sens propre. Sa femme est d'origine turque (mariage à Istanbul) et il a toujours mis en avant le point de vue de Bakou et minimisé sinon dénaturé celui d'Erevan.

Il serait peut-être temps pour Washington de revoir sa politique dans cette région et penser à réactualiser ses alliances.

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En début de semaine, l'administration Obama a officiellement proposé Francis-Joseph Ricciardone, Jr. comme ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, rapporte l'Assemblée Arménienne d'Amérique (AAA).

Cette nomination intervient à un moment où les relations entre la Turquie et l'Occident sont au plus bas suite à une série d'actions turques, et notamment le vote contre la position américaine à l'ONU sur une question essentielle de sécurité nationale concernant l'Iran et la non-prolifération nucléaire, les relations étroites de la Turquie avec le régime soudanais, accusé d'avoir commis un génocide au Darfour, et plus récemment l'incident de la "Flottille" au large de la bande de Gaza qui a entrainé un sérieux refroidissement des relations israélo-turques.

"Dans le passé, lorsque les relations de la Turquie avec l'Occident étaient chaleureuses, la tendance était d'adhérer au négationnisme turc concernant le génocide des Arméniens. L'AAA attend du candidat Ricciardone qu'il intervienne auprès de la Turquie pour qu'elle mette fin à sa campagne de négation et se réconcilie avec son héritage génocidaire.

Nous attendons également de l'ambassadeur des Etats-Unis qu'il fasse pression sur Ankara pour une levée du blocus de d'Arménie, qui date depuis 1994, et de s'assurer que la Turquie respecte son engagement international de normaliser ses relations avec l'Arménie sans conditions préalables", a déclaré le directeur général de l'AAA, Bryan Ardouny.
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"Cette nomination coïncide avec la tournée de la Secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, au Sud-Caucase, avec une visite spéciale au mémorial du génocide arménien à Erevan. Compte-tenu du geste de la Secrétaire d'État Clinton et de son soutien de longue date pour que les États-Unis reconnaissent le génocide des Arméniens, ainsi que les déclarations publiques du président Barack Obama et du vice-président Joe Biden, le processus de reconnaissance en cours au Sénat est une bonne occasion pour l'administration de réaffirmer sans équivoque la vérité historique du génocide des Arméniens.

Le dossier de la reconnaissance par les États-Unis est clair comme en témoigne la déposition des États-Unis devant la Cour Internationale de Justice en 1951. L'Ambassadeur Ricciardone serait bien avisé de suivre la tradition de l'Ambassadeur Henry Morgenthau et faire progresser la reconnaissance par la Turquie des conséquences du génocide des Arméniens", a poursuivi Bryan Ardouny.

L'AAA espère également que le Sénat incitera Ricciardone à rester vigilent en matière des droits de l'homme, de la liberté religieuse et sur le traitement des minorités, et plus précisément concernant l'article 301 du code pénal turc qui a entrainé l'assassinat du journaliste turco-arménien Hrant Dink. La persistance des retards dans le procès de l'assassin présumé de Dink, demeure un grave sujet d'inquiétude pour la liberté de la presse en Turquie et la sécurité des journalistes dans le pays.

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AZG



dimanche 18 juillet 2010

Le clan Aliev et le Haut-Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La dernière déclaration des pays coprésidents le groupe de Minsk de l'OSCE, faite hier au sortir de la réunion ministérielle d'Alma-Ata, montre un durcissement de la position des médiateurs quant à l'usage des menaces de guerres et plus encore de la force.

Les dirigeants de Bakou ne semblent pas, ou plus exactement ne veulent pas, prendre la mesure exacte des événements. Comme il a été dit à de nombreuses reprises, une négociation implique que chaque partie fasse des concessions. Aliev ne veut rien ‘lâcher', et le Haut-Karabakh doit toujours resté rattaché à l'Azerbaïdjan, référendum ou pas sur le statut définitif – Intégrité territoriale oblige- . Pourquoi un tel entêtement ? Qu'est-ce que le Karabakh face aux millions qu'il empoche quotidiennement ?

Comme il a été proposé dans le commentaire d'hier, il serait peut-être temps pour les pays médiateurs d'envisager d'autres approches, pacifiques il va de soi, que les sempiternels ‘il faut s'appuyer sur les principes …'.

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Le 14 Juillet 1969, Heydar Aliev fut élu premier secrétaire du Parti communiste azerbaïdjanais et selon les historiens azéris, une nouvelle page d'histoire a été tournée.


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Sans rentrer dans les détails de sa biographie, la chose la plus importante est qu'Aliev a créé l'Azerbaïdjan d'aujourd'hui, c'est à dire un sultanat héréditaire. Entre-temps, il a perdu le Haut-Karabakh et une partie de terres arméniennes volées par ses prédécesseurs, les communistes. Le Major-général de l'ex-KGB savait que, tôt ou tard, le Haut-Karabakh, sortirait de l'Azerbaïdjan, aussi, il fit de son mieux transférer les Arméniens du Karabakh dans d'autres régions de l''Azerbaïdjan. Dans une certaine mesure il a réussi, la communauté arménienne d'Azerbaïdjan a été détruite. Et les déclarations actuelles de son fils sur "le retour des azéris sur leurs terres ancestrales" ne sont rien d'autre que de la poudre aux yeux, et le plus souvent elles n'ont pas d'effets. Ces déclarations, en fait, masquent un risque sérieux : que cela devienne une règle permanente dans le pays. Il est intéressant de lire les médias azerbaïdjanais, Heydar Baba est décrit comme un petit dieu pour son peuple, juste après le Vrai.

En fait, tout n'est pas si simple, car l'inauguration de monuments dans toutes les villes et villages de l'Azerbaïdjan à la gloire des Aliev, ne peut pas nourrir un pays possédant des ressources énergétiques, mais dont la grande majorité vit dans la pauvreté. Il faut reconnaître qu'à l'échelle nationale, beaucoup de gens ont été pris dans les mailles du chef de file.

Et toutes les déclarations agressives et provocatrices du président Ilham Aliev ne sont rien, sinon un complexe d'infériorité. Il est difficile de vivre dans l'ombre d'un tel père, c'est à dire dans l'ombre d'une telle image, sans cesse glorifiée au cours des 15 dernières années.

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C'est devenue une tradition en Azerbaïdjan de faire des déclarations inadéquates avant chaque réunion des ministres des Affaires étrangères ou des présidents arménien et azerbaïdjanais, par les ‘sages' de Bakou pensant que l'Arménie, le Groupe de Minsk ou la communauté internationale va réaliser "un retour des Azéris sur leurs terres ancestrales."

Il peut sembler à un observateur qu'Aliev Jr. S'occupe exclusivement de son pays, de son peuple. Mais, en fait, cela n'a rien à voir ni avec le Karabakh ni avec la population azérie, qui souffrent encore des menaces d'inondations. Ce qui l'inquiète le plus, ce sont les pétrodollars, qui sont devenus une véritable catastrophe pour le pays. L'humeur d'Aliev a également été ébranlée par les Arméniens, qui très justement l'accusent d'occuper les régions de Chahoumian, Guedachen et Mardounachen. Soit dit en passant, contrairement à la propagande de Bakou, les blâmes de l'Arménie et du Haut-Karabakh sont tout à fait justifiés. Aussi, lors de la réunion d'Alma-Ata (Almaty), la question de la restitution des territoires revendiqués notamment par les Arméniens et non par la partie azerbaïdjanaise, a été abordée.

En gros, Ilham Aliev pourrait être plaint, mais pour une seule chose. Jusqu'à récemment, toutes ses déclarations belliqueuses étaient perçues mollement par la communauté internationale, qui d'une part, les considère tout à fait insensées, et de l'autre donne à Aliev un faux sentiment de sa propre importance. Toutefois, selon certaines sources, Aliev aurait reçu une douche froide à Saint-Pétersbourg et il est fort possible que le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais ait partagé le sort de son président lors de la réunion d'Alma-Ata. Après le conseil ministériel de l'OSCE, deux scénarios sont possibles, tous deux néfastes pour Aliev. Premier cas Aliev déclenche une guerre-éclair sur une semaine. Pendant ce temps, tous les canaux des pétrodollars sont fermés. Des actes terroristes peuvent avoir lieu sur l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, organisés par les Kurdes, profitant de la pagaille générale. La communauté internationale, le mondial de football étant achevé, va rapidement prendre le contrôle de la situation et mettre de l'ordre. Entre-temps Aliev perdra encore 20% de territoires, voire plus. La Turquie n'interviendra pas, en raison de ses obligations vis-à-vis de l'OTAN. En outre, la situation politique interne de la Turquie ne lui permet pas de se lancer dans une guerre. Le deuxième scénario est beaucoup plus plausible : Bakou accepte les propositions faites à Saint-Pétersbourg, où évidemment la question du statut du Haut-Karabakh et des trois régions arméniennes (sus citées), dominent. Au vue des événements, le pseudo-sultan devra quitter le pays. En un mot, les deux variantes sont désastreuses pour l'Azerbaïdjan.

En ce qui concerne l'Arménie, son rôle devrait être minime. Le Haut-Karabakh est un pays indépendant et prend des décisions relatives à sa propre sécurité. Ajoutons que la reconnaissance ou la non-reconnaissance de son indépendance par tel ou tel pays ne veut rien dire ici, comme d'ailleurs pour les frontières. Les frontières sont décidées par les deux pays concernés sur la base d'accords mutuels. Bien sûr, l'Arménie peut reconnaître l'indépendance du Haut-Karabakh, mais elle le fera seulement après Bakou.

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Extraits

Karine Ter-Sahakian – PanArmenian – Département Analyse



samedi 17 juillet 2010

Le conflit du Haut-Karabakh toujours au centre des discussions des pays médiateurs

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il est clair que les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE ne comptent pas utiliser autre chose que la persuasion verbale pour amener l'Arménie et l'Azerbaïdjan vers un accord de paix. Répéter à longueur d'années les principes d'Helsinki, même revus et corrigés, relève plus de la méthode Coué qu'une réelle médiation.

L'élément qui revient le plus souvent dans les déclarations des pays coprésidents du groupe de Minsk, est la résolution pacifique du conflit, en écartant les propos belliqueux, les menaces et le recours à la force. Or, cela ne semble pas affecter les dirigeants azéris plus que cela, puisqu'à intervalle régulier ceux-ci font appel à la violence verbale, à la désinformation ainsi qu'à des actions commandos.

Une solution à ce type de comportement serait par exemple, que les médiateurs demandent aux intéressés de signer un pacte de non-agression. Une autre solution serait que le pays attaquant trouverait en face de lui, en plus de son adversaire, les trois pays médiateurs. Une mise en garde de ce type face à un Monsieur Aliev surarmé, aurait certainement beaucoup plus de poids que des généralités ‘polies'.

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** Céleste Wallander **


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Le président Serge Sarkissian a reçu Céleste A. Wallander, la Sous-secrétaire adjointe à la Défense des Etats-Unis. Les interlocuteurs ont discuté de questions de sécurité régionale, y compris l'état actuel du règlement du conflit du Haut-Karabakh.

Mme Wallander a souligné que les États-Unis confirmaient leur position quant au non-usage de la force à tous les niveaux et qu'il n'y a pas d'alternative à un règlement pacifique du conflit du Karabakh.

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** Edouard Nalbandian **


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Le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a démenti la déclaration de son homologue azerbaïdjanais, Elmar Mammediarov, selon laquelle la question du retour de Latchine et de Kelbadjar à l'Azerbaïdjan, a été discutée lors de la dernière rencontre.

"C'est une contre-vérité absolue, la partie arménienne n'a jamais examiné la question du retour de Latchine et de Kelbadjar sous la juridiction de l'Azerbaïdjan. La question n'a jamais été discutée à Saint-Pétersbourg," a-t-il déclaré.

Puis il s'est envolé pour Almaty pour participer à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des 16-17 Juillet, réunissant les 56 pays membres de l'OSCE et les 12 États partenaires.

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** Groupe de Minsk **

Les chefs de délégation des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, les ministres des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergei Lavrov, de la France Bernard Kouchner, et le Sous-secrétaire d'État des États-Unis James Steinberg, ont publié aujourd'hui la déclaration suivante :

Déclaration


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« Les chefs de délégation des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, les ministres des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergei Lavrov, de la France Bernard Kouchner, et le Sous-secrétaire d'État des États-Unis James Steinberg, ont rencontré en marge de la réunion ministérielle informelle de l'OSCE, les ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan, Elmar Mammadyarov, et de l'Arménie, Edouard Nalbandian, à Almaty au Kazakhstan.

Les chefs de délégation des pays coprésidents ont rappelé la déclaration commune sur le Haut-Karabakh de 1er Décembre 2009 à la réunion ministérielle de l'OSCE à Athènes et leur engagement à rechercher un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, basé sur les principes contenus dans l'Acte final d'Helsinki, en particulier ceux liés à s'abstenir de menacer ou à l'emploi de la force, à l'intégrité territoriale des États, et à l'égalité des droits et à l'autodétermination des peuples. Ils ont réitéré que les éléments proposés par les présidents Medvedev, Sarkozy, et Obama le 10 Juillet 2009 à L'Aquila et répétés à Muskoka le 26 Juin 2010, doivent être le fondement de tout règlement juste et durable au conflit. Ces éléments proposés ont été conçus comme un tout intégré, et toute tentative visant à sélectionner certains éléments par rapport à d'autres, rendra impossible l'obtention d'une solution équilibrée. Le ministre Kouchner et le Secrétaire adjoint Steinberg ont exprimé leur satisfaction pour les efforts du Président Medvedev et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à combler le différant entre les parties, en tenant compte des positions tenues lors des réunions de Sotchi le 25 Janvier 2010 et de Saint-Pétersbourg le 17 Juin 2010. »

Les chefs de délégation de la Russie, de la France et des États-Unis ont souligné que les efforts déployés jusqu'ici par les parties au conflit n'ont pas suffi à surmonter leurs divergences. Ils ont déploré les développements récents qui ont accru la tension dans la région, y compris le grave incident armé de la nuit du 18-19 Juin 2010 et les déclarations publiques enflammées. Ils ont déclaré que l'usage de la force a créé la situation actuelle, et que son utilisation une nouvelle fois ne ferait que conduire à la souffrance, la dévastation, et générerait un héritage de conflits et d'hostilité qui allait durer pendant des générations. Ils ont exhorté à un plus grand esprit de compromis afin de parvenir à un accord sur une base commune pour la poursuite des négociations. Les mesures additionnelles prises par les côtés sont nécessaires pour renforcer le cessez le feu de 1994, créer une atmosphère plus favorable à un futur dialogue politique et aboutir à des accords. Les chefs de délégation des pays coprésidents ont renouvelé leur engagement à soutenir les côtés pour parvenir à un accord de paix, mais ont réaffirmé que pour mettre un terme au conflit du Haut-Karabakh cela relève en premier lieu des dirigeants azerbaidjanais et arméniens.

Almaty, Kazakhstan, 17 Juillet 2010

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de l'OSCE



vendredi 16 juillet 2010

Négociations UE - Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Cela part d'un sentiment louable. Mais à l'arrivée, on se rend compte qu'il y a un écart entre le souhaité et le réalisé, mais surtout la manière dont le pays s'en est approprié.

Les actions resteront de belles théories si les gouvernants ne changent pas leurs modes de penser et surtout d'agir. L'exemple du pays voisin qui depuis cinq ans négocie son entrée dans l'UE, est sous nos yeux. Les dizaines de millions d'euros versés par l'UE à la Turquie, n'ont pas modifié grand chose sur les droits de l'homme et sur les libertés en générale, bref les valeurs des Européens ne sont pas celles des Ottomans comme l'a si bien fait remarquer le ministre de la justice de l'époque, Cemil Çiçek.

Dire que les énergies fossiles de la région ont beaucoup à voir dans la sollicitude de l'UE envers le Sud-Caucase, serait un euphémisme. Les ‘belles phrases' servent avant tout pour la galerie. De plus, il y a souvent une grande différence entre les peuples européens et les dirigeants européens. Ce que font les derniers sont souvent en contradiction aux souhaits des premiers.

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La première série de négociations sur un accord d'association avec la Géorgie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie aura lieu dans les capitales des trois pays du Sud-Caucase la semaine prochaine. Les accords supposent des engagements des parties à un ensemble de valeurs partagées et couvrira un large éventail de domaines : politique, justice, liberté et sécurité, les politiques sectorielles concernant le commerce et la coopération, ainsi qu'une aide pour la prise en compte d'éléments clés de la législation et des normes de l'UE.

L'UE vient de lancer ces négociations avec les premières séances plénières : à Batoumi (Géorgie) le 15 Juillet, à Bakou (Azerbaïdjan) le 16 Juillet, et à Erevan (Arménie) le 19 Juillet.

Les négociations pour un accord d'association reflètent l'évolution du renforcement continu des relations à partir des premiers accords, entrés en vigueur en 1999. Elles démontrent également l'engagement de l'UE envers ses voisins de l'Est dans la réalisation de la possibilité d'élargir et d'approfondir les relations avec l'UE dans le cadre de l'initiative du partenariat oriental.

L'objectif principal des accords d'association est de parvenir à une association politique plus étroite et à une intégration économique progressive entre l'UE et les trois pays du Sud-Caucase. Le processus de négociation sera guidée par les principes d'inclusion, de différenciation, de conditionnalité et d'appropriation commune, ainsi que par un engagement ferme des parties à des valeurs et des principes communs, notamment la démocratie, la primauté du droit et le respect des droits de l'homme et la bonne gouvernance.


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La Vice-présidente de la Commission, Catherine Ashton, qui assistera à la réunion de Batoumi, a déclaré : "L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie ont montré une ambition claire d'intensifier leurs relations avec l'UE. Je suis personnellement convaincue que l'établissement d'un accord global d'association aura un impact positif non seulement sur les relations politiques, mais sur la vie des citoyens, en termes d'opportunités économiques, de contacts entre les peuples, d'environnement, pour n'en nommer que quelques-uns. Cet accord sera un catalyseur pour les réformes intérieures dans ces pays et peut nous aider à concentrer les ressources sur les institutions clés nécessaires pour faire de nouveaux efforts."

Les négociations sur l'accord d'association portera sur les objectifs et principes généraux des relations de l'UE avec chacun des trois pays, le dialogue politique et la coopération sur la politique étrangère et sécuritaire, sur la justice, les libertés et la sécurité, la coopération dans des secteurs spécifiques, les contacts entre les peuples (y compris dans les domaines comme l'éducation et la recherche) et le commerce.

L'UE négocie actuellement de semblables accords d'association avec l'Ukraine et la Moldavie.

Radio Publique d'Arménie



Negotiations EU - South Caucasus countries

The first round of negotiations on an Association Agreement with Georgia, Azerbaijan and Armenia will take place in the capitals of the three South Caucasus countries next week. The Agreements presuppose commitments of the parties to a set of shared values and will cover a wide range of areas, including Political dialogue, Justice, freedom and security, as well as trade and cooperation in sectoral policies and will help the countries to take on board key elements of the EU's legislation and standards.

The EU is launching the negotiations on the occasion of first Plenary Meetings to be held in Batumi (Georgia), on 15 July, in Baku (Azerbaijan) on 16 July and in Yerevan (Armenia) on 19 July.

The decision to open negotiations for an Association Agreement reflects an evolution of a continuous strengthening of relations building on the first agreements that entered into force in 1999. It also demonstrates the EU's commitment towards its Eastern neighbours in realising the opportunity to widen and deepen relations with the EU within the framework of the Eastern Partnership initiative.

The main objective of the Association Agreements is to achieve closer political association and gradual economic integration between the EU and the three Southern Caucasus countries. The negotiating process will be guided by the principles of inclusiveness, differentiation, conditionality and joint ownership, as well as by a strong commitment of the parties to shared values and principles, including democracy, the rule of law and respect for human rights and good governance.


Catherine-Ashton_maxi
Attending the event in Batumi and welcoming the launch of negotiations, the EU's High Representative/Vice President of the Commission Baroness Ashton said: “Armenia, Azerbaijan and Georgia have shown a clear ambition to intensify their relationships with the EU. I am personally convinced that through establishing a comprehensive Association Agreement this should impact positively not just on political relations but on the lives of citizens, in terms of economic opportunity, people-to-people contacts with the EU, the environment, just to name a few. This agreement will be a catalyst to the domestic reforms in these countries and can help us to focus resources on the key institutions needed to make further efforts. "

Negotiations on the Association Agreement will cover the general objectives and principles of relations of the EU with each of the three countries, political dialogue and co-operation on foreign and security policy, Justice, Freedom and Security issues, co-operation in specific sectors, people-to-people contacts (including areas such as education and research) and trade.

The EU is currently negotiating similar Association Agreements with Ukraine and Moldova.

Public Radio of Armenia



mercredi 14 juillet 2010

Génocide des Arméniens : Procès contre l'Etat allemand

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Etant allié avec l'empire ottoman (alliance des empires centraux durant la première guerre mondiale), le Reich a conseillé, fourni en armement et assisté sur le terrain les troupes turques en opérations.

En plus de l'Etat, les Banques allemandes n'ont pas été en reste. Aux comptes et aux assurances-vie que les Arméniens détenaient dans ces banques, il faut ajouter les valeurs dérobées et/ou confisqués aux Arméniens et déposées chez elles par les Turcs, qu'ils soient dirigeants ou pas.

RAPPEL : La loi du 20 avril 1922 prévoit la confiscation en Cilicie de tous les biens appartenant aux personnes qui avaient ‘quitté' la région ; - celle du 25 avril 1923 étend la confiscation à tous les Arméniens, quels que soient les motifs ou la date de leur départ du pays ; - celle de septembre 1923, article 2, interdit le retour des Arméniens en Cilicie et dans les provinces de l'Est (Arménie Occidentale).

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StefanTachdjian-et-sa-famil
Le procureur allemand Stefan Tachdjian intente un procès contre le gouvernement de la République Fédérale d'Allemagne affirmant que les massacres des Arméniens dans les années 1915/1916 sont un génocide au sens de la Convention des Nations Unies de 1948, et que de plus la RFA est coresponsable de ce génocide au même titre que le Reich allemand selon les critères de la Cour constitutionnelle fédérale allemande. La demande de procès a été déposée le 21 Juin.

"J'avais prévu de déposer ma demande le 24 avril 2010, mais mes journées étaient surchargées à l'époque. Je suis heureux d'avoir intenté cette action aujourd'hui, coïncidant avec la visite du président arménien en Allemagne. J'espère que la question sera examinée par les autorités des deux Etats. Le soutien de l'Arménie est très important pour la réussite du procès," a souligné Stefan Tachdjian dans son interview avec PanARMENIAN.Net.

Comme il l'avait déclaré en Mars 2007, il a présenté des preuves de la participation directe de soldats allemands dans le génocide des Arméniens, au Bureau du Bundestag s'occupant des questions du Caucase. "J'ai présenté des documents du ministère allemand des Affaires étrangères après avoir eu une conversation avec le ministre arménien des Affaires étrangères à Erevan, en décrivant les massacres perpétrés par des soldats allemands dans les villes d'Urfa et Zeitoun, les Commandants de l'armée allemande extirpaient les Arméniens des maisons pour faciliter les travail des Turcs," a souligné le magistrat, ajoutant qu'en Février 2010, le parti de gauche ‘Die Linke' avait posé les mêmes questions au gouvernement allemand, et que celui-ci avait fait les mêmes réponses que la Turquie concernant le génocide.

"Le gouvernement allemand a nié les faits, en indiquant que la question doit être étudiée par les historiens (…) C'est une honte pour l'Allemagne et c'est insupportable du fait que le génocide n'aurait pas eu lieu si le Reich allemand n'avait pas été d'accord."

La question sera examinée au tribunal administratif de Berlin et soumis à l'examen du gouvernement allemand. La première audition devrait avoir lieu dans six mois.

PanArmenian.Net



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