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mardi 30 novembre 2010

Les documents Wikileaks concernent également l'Arménie

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Concernant la Turquie, mais une fois n'est pas coutume, rares sont les observateurs qui prenaient les engagements de la Turquie pour argent comptant. D'autant qu'avant même de signer l'accord sur les protocoles avec l'Arménie, les dirigeants turcs ont toujours déclaré vouloir lier les deux processus : la normalisation arméno-turque et la résolution du conflit du Karabakh. Le tout bien évidemment au profit de l'Azerbaïdjan.

A partir de là rien d'étonnant que la Turquie ait fait pression sur son alliée américain pour que la Résolution sur le génocide arménien soit remisée dans les placards du Congrès. Tout le monde se souvient du ballet diplomatique de l'équipe au pouvoir à Ankara, effectué à Washington à la veille du 24 Avril, date anniversaire de la commémoration du génocide arménien. Chantage qui a porté ses fruits, puisqu'Obama a failli à ses engagements, suivi en cela par tous les Hauts-fonctionnaires du Département d'Etat.

Ce qui n'empêche pas le tandem Erdogan/Davutoglu de vouloir toujours la normalisation des relations avec l'Arménie, mais … à leurs conditions.

Quant au désir évident des Etats-Unis de vouloir s'immiscer dans les Affaires de l'Arménie, il n'y a là rien d'étonnant quand on connaît le retard pris par Washington, comparativement à Moscou, sur son influence dans le Sud-Caucase. Mais de là à exiger par écrit, de l'autoriser à mettre son nez sur le contenu des marchandises au passage des postes-frontières, il faut vraiment se prendre pour … Dieu le maître.

Il serait intéressant de savoir si des sanctions équivalentes avaient été envisagées pour les dérapages successifs de l'équipe Ilham Aliev ?

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** La Turquie et ses relations avec l'Arménie **

La divulgation par Wikileaks de centaines de milliers de dépêches diplomatiques américaines montre entre autre le travail de la Turquie se servant des protocoles Turquie-Arménie, et en particulier dans la perspective de leur ratification, pour faire pression sur les dirigeants américaines qu'ils abandonnent la Résolution reconnaissant le génocide arménien et se déclarent pour un règlement du conflit du Haut Karabakh pro-azérie ; indique le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA).


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"Ces fichiers sont des preuves accablantes. Ils révèlent la candeur remarquable avec laquelle Ankara a, dès le premier jour, demandé aux États-Unis de faire pression pour insérer des conditions préalables dans les protocoles arméno-turcs. Il est malheureusement clair que les propositions des dirigeants turcs, plutôt que de rechercher la paix, ont été dirigées en vue d'utiliser la ratification éventuelle de ces accords pour bloquer la reconnaissance du génocide arménien et forcer les Etats-Unis à se déclarer pour une résolution pro-azérie du conflit du Haut-Karabakh," a explicité le directeur exécutif de l'ANCA, Aram Hamparian.

Dans une dépêche confidentielle du 25 Février 2010 de l'ambassade américaine à Ankara, l'ambassadeur américain James Jeffery a noté que la Turquie a clairement indiqué que la ratification des protocoles Turquie-Arménie est fondée sur l'approbation du Président azerbaïdjanais, Ilham Aliev. Plus précisément, en commentant la réunion du 18 Février, entre le Sous-secrétaire d'Etat William Burns et son homologue turc des Affaires étrangères (MAE) Sinirlioglu, J.Jeffery écrit :

"Sinirlioglu lancé un appel pour qu'il y ait ‘simultanéité' entre la ratification des protocoles avec l'Arménie et le processus de Minsk. Il a souligné une ‘forte réaction' contre les protocoles parmi les députés de la majorité (AKP) qu'il faudra surmonter avant que le gouvernement se risque à proposer une ratification. Il a mis en garde que l'adoption par le Congrès d'une résolution sur le génocide "compliquera" le travail de son gouvernement concernant la ratification. Il a indiqué que si quelque chose d'acceptable pour le président azerbaïdjanais Aliev peut être trouvé, alors nous pourrons ‘faire avancer' la ratification des protocoles."

Radio Publique d'Arménie

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** L'Iran et ses relations avec l'Arménie **

Toujours à partir des informations diffusées par WikiLeaks, on apprend qu'il y a deux ans, les États-Unis ont accusé l'Arménie d'avoir réexporté des armes vers l'Iran et l'ont menacée de sanctions.

Le document révèle que les Hauts-fonctionnaires de l'administration Bush ont fait part de leur "profonde inquiétude" au président Serge Sarkissian, et qu'ils n'ont pas été convaincus par son démenti, pour des faits remontants à 2003.


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En Décembre 2008, dans une dépêché envoyée par l'ambassade américaine à Erevan, le sous-secrétaire d'Etat d'alors, John Negroponte, a pressé Sarkissian à prendre des mesures de grande envergure pour "s'assurer que de tels transferts ne se reproduiront pas à l'avenir. Malgré la relation étroite entre nos deux pays, ni l'administration ni le Congrès des États-Unis ne peuvent ignorer cette affaire," écrivait-il.

"Selon la loi, le transfert d'armes nous obligera à examiner s'il existe une base pour vous imposer des sanctions. Si sanctions il y a, elles pourraient inclure l'arrêt de l'aide américaine et certaines restrictions à l'exportation. Pour éviter de telles sanctions, il est essentiel que vous présenter des preuves convaincantes que votre gouvernement est maintenant en partenariat avec nous et nous assurer que de tels transferts ne se reproduiront pas dans l'avenir," avait averti M. Negroponte.

Ainsi, cet engagement doit se faire sous la forme d'une promesse écrite de resserrer les contrôles à l'exportation et de permettre aux fonctionnaires des États-Unis de mener des inspections "inopinées" aux postes-frontières arméniens. Erevan devra également « consulter » Washington avant de vendre des armes ou des produits à double usage vers des pays qui ne sont pas membres de l'UE ou de l'OTAN.

On ne sait pas si le président Sarkissian a accepté ou non ces demandes et a signé un accord en la matière avec les Américains. Les Services présidentiels sont restés muets sur le sujet. "Je m'abstiendrai de tout commentaire sur des documents secrets d'autres pays," a déclaré le porte-parole présidentiel, Armen Arzoumanian.

Le porte-parole du Parti Républicain (HHK), Edouard Charmazanov, a déclaré que les relations de l'Arménie avec l'Iran ont toujours été ‘très transparentes'. "Et si quelqu'un fait des déclarations contraires, alors c'est à lui d'apporter la preuve de ses dires."

De son côté, Giro Manoyan, membre de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA-D), un autre acteur majeur qui faisait partie de la coalition gouvernementale entre 2003 et 2009, a mis en doute la crédibilité des allégations des États-Unis. Pour lui, les États-Unis n'ont jamais imposé de sanctions, ce qui signifie que les menaces de Negroponte ‘étaient infondées'. Pour le directeur du Bureau du Hay Tad et des Affaires Politiques, Washington aurait tout simplement cherché à empêcher l'utilisation possible du territoire arménien dans les achats militaires de l'Iran et surtout pouvoir inspecter à volonté les installations de la frontière arménienne.

L'ambassade des Etats-Unis a, quant à elle, refusé de commenter le contenu du document divulgué, déclarant : "De telles dépêches sont souvent des expressions préliminaires et incomplètes de la politique étrangère, et elles ne devraient pas être considérées comme ayant qualité pour agir directement ou indirectement sur la politique américaine."

Le document de 2008 ajoute que le Département d'Etat prévoit d'envoyer une équipe de fonctionnaires à Erevan, qui présentera une preuve supplémentaire concernant les transferts d'armes et "rendra déraisonnable pour Sarkissian de poursuivre ses dénégations." Et d'ajouter : "Des Hauts-fonctionnaires arméniens ont été directement impliquées dans cette affaire, mais ne donnerons pas de noms."

(…)

A noter que S.Sarkissian était durant cette période le ministre de la Défense de Robert Kotcharian.

Au cours des dix dernières années, les postes-frontières arméniens et les services des douanes ont été dotés de matériel de fabrication américaine telle que les systèmes de radiocommunication, des détecteurs humains, des détecteurs de métaux, des ponts-bascules pour les camions de marchandises, et des unités de rayons X. Les matériels ont été fournis dans le cadre de l'exportation par le gouvernement américain du Programme Contrôle et Assistance à la Sécurité des Frontières (EXBS) mis en œuvre dans des dizaines de pays à travers le monde.

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dimanche 28 novembre 2010

L'Azerbaïdjan se prépare, à sa manière, pour le Sommet de l'OSCE à Astana.

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comme cela a été indiqué plusieurs fois dans les commentaires, il y a les aboyeurs officiels qui rêvent d'en découdre avec les Arméniens et les modérateurs, type Elmar Mammediarov, qui essaient d'atténuer les propos des précédents. Le dernier mot restant bien évidemment au chef de l'Etat, Ilham Aliev, du clan Aliev.

Le président azéri hésite à passer à la vitesse supérieure, car face à la communauté internationale il sera le déclencheur des hostilités, et donc l'auteur d'un fort déséquilibre régional, en totale opposition aux propositions des pays médiateurs coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Il aura certes le soutien officieux de la Turquie, mais pas plus, et surtout pas un soutien ou une aide de l'étranger, mercenaires mis à part.

Les grandes puissances, OTAN compris, verraient d'un très mauvais œil cette aventure mettant en péril les approvisionnements énergétiques de l'Occident, et de surcroit juste à proximité de l'Iran. L'Azerbaïdjan n'est pas la Russie ; ce que l'on a accepté, même difficilement de Moscou, sera refusé à Bakou.

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** Mubariz Ahmedoğlu **


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Comme prévu, à la veille du sommet de l'OSCE à Astana, Bakou à de nouveau commencé à proférer des menaces, à lancer des ultimatums, et à faire des déclarations sur "l'invincibilité" de l'armée azerbaïdjanaise, qui atteindra Erevan, s'appuyant sur la supériorité de son budget militaire.

Selon Mubariz Ahmedoğlu, le principal porte-parole de la propagande d'Aliev, l'Azerbaïdjan est tout à fait prêt pour une guerre.

"Notre armée est beaucoup plus forte que l'armée arménienne, indépendamment de son état, et notre seul ennemi est l'Arménie. Le Sommet de l'OSCE à Astana sera un point critique, une barrière, après quoi un nouveau champ de manœuvres s'ouvrira pour l'Azerbaïdjan. Le choix de l'Azerbaïdjan dépend de la décision du Sommet. Toutefois, les récentes mesures prises par Erevan suggèrent que l'Arménie choisit la guerre, cela signifie que l'Azerbaïdjan va s'engager dans une guerre finale et victorieuse," a déclaré Ahmedoğlu. En d'autres termes, si à Astana l'Arménie est étiquetée comme un agresseur et un occupant, elle devra l'accepter et restituer ses territoires à Bakou, mais on ne sait pas pourquoi.

L'analyste politique a ensuite raconté des histoires sur la misère de l'Arménie, qui n'a besoin d'une guerre pour survivre. En outre, il a eu recours sans hésitation à des propos insultants. Par exemple, il a déclaré que les manœuvres militaires sont organisées ... pour nourrir les soldats. On ne pouvait pas sortir une plus grande absurdité. Cependant, les politologues azerbaïdjanais n'ont jamais déployé d'efforts pour mettre leurs idées en conformité avec la logique, ce qui a entraîné une aggravation permanente de la situation et de l'hystérie, créant par là même une nouvelle génération, qui est prête à se battre pour les pétrodollars du clan Aliev.

"Il est vrai qu'aucun des dirigeants arméniens n'est en mesure de justifier l'histoire de l'Arménie par un retour des territoires occupés que par voie militaire, donc l'Arménie n'a pas d'autre choix que de faire la guerre à l'Azerbaïdjan. Les Arméniens sont privés d'une haute culture et d'une logique pour concevoir la nécessité de vivre en conformité avec les lois civiles et internationaux autrement qu'en agressant et occupant le territoire de l'autre. Grâce à cette même logique, elle sera vaincue dans la nouvelle guerre, et ainsi, la société arménienne se calmera et acceptera la nouvelle réalité," a déclaré le sieur Ahmedoğlu.

Toujours selon cette logique, l'Azerbaïdjan, qui a perdu la première guerre du Karabakh, n'a pas accepté la nouvelle réalité et aspire à se venger. Et la chose la plus importante, est que tout ce qui est exprimé à Bakou reflète la situation réelle en Azerbaïdjan, qui n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des populations dans les régions inondées, qui n'ont ni abris ni moyens de subsistance. Cependant, ce n'est pas le souci d'Aliev - il lui suffit d'intensifier l'hystérie avant le Sommet d'Astana et obtenir ainsi carte blanche de la communauté internationale, que personne d'ailleurs ne lui donnera. Et les diverses déclarations faites en tribune par les analystes politiques sont dictées par lui. Toutefois, comme il n'y a pas d'autres analystes politiques à Bakou, on peut dire qu'ils gagnent leur pain avec la propagande anti-arménienne, ce qui est une chose facile, car on évite ainsi le froid des tranchées ou les déplacements sous le feu.

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** Niyazi Niazov **


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Niyazi Niazov, le doyen de la faculté des Relations Internationales de l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg, a déclaré que Bakou n'excluait pas la reprise des hostilités dans le Haut-Karabakh.

"Si une nouvelle guerre débute, l'ONU peut inciter Bakou à cesser les opérations militaires et à retourner à la table des négociations. Dans ce cas précis, l'Azerbaïdjan ignorera cette demande et poussera l'ONU à renoncer à la politique de deux poids deux mesures," a déclaré le doyen.

Malheureusement, Niazov ne dit rien de nouveau. Il y a comme une impression que Bakou est en train de préparer la communauté internationale à une nouvelle guerre. L'Azerbaïdjan a repris la réflexion du célèbre expert Thomas de Waal disant que l'Azerbaïdjan ne voulait pas perdre encore 10-15 ans à négocier.

Ce n'est pas difficile de comprendre la signification de ces mots. Cependant, l'Arménie n'est pas non plus censée rester inactive et espérer l'aide de la communauté internationale, laquelle n'a pas bougé le petit doigt lors des massacres de la population arménienne en Azerbaïdjan ni lors de la démolition des monuments arméniens au Nakhitchevan. En outre, la communauté internationale semble ne pas remarquer la course aux armements et la croissance sans précédent du budget de la défense de l'Azerbaïdjan.

Il n'est pas non plus exclu que dans le cas d'une nouvelle guerre, la communauté internationale fasse pression sur l'Arménie afin d'épargner Bakou, ou pour être plus précis, les oléoducs et les gazoducs.

Si ces pipelines ont une grande importance, ce n'est pas forcément le cas de l'intégrité territoriale d'un obscur Azerbaïdjan apparu sur la carte suite au vague tracé de la main de Staline.

Rappelons-nous les mots de l'ayatollah Khomeiny sur ses derniers jours : "Il n'y a pas de pays appelé Azerbaïdjan. Il y a seulement la République Bakou."

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Garinée Ter-Sahakian – PanArmenian.net – Département Analyse



samedi 27 novembre 2010

Conflit du Karabakh : Le groupe de Minsk de l'OSCE s'active

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Le groupe de Minsk a beau mettre les bouchées doubles, les positons restent inchangés. Si une quelconque évolution s'était produite, il est clair que cela aurait transparue dans les déclarations. Mis à part l'échange de prisonniers et le rapatriement des corps des victimes, actés lors de la réunion trilatérale de Moscou avec le président Medvedev, on se dirige donc vers un statut quo habituel.

Le refus du président Ilham Aliev de deux des trois principes de base proposés par les pays médiateurs, associé au refus de l'Arménie de faire quoique ce soit avant que ne soit clarifié le statut définitif du Haut-Karabakh, bloquent le processus de négociations. Il serait peut-être temps aux grandes puissances de laisser tomber les discours lénifiants et de s'attaquer aux racines du mal.

La Turquie a beau jeu avec ce conflit qui n'en finit pas :

Le président turc Abdullah Gül a déclaré jeudi en Suisse que son pays est fermement engagé à normaliser ses relations avec l'Arménie, après près d'un siècle de désaccord sur les massacres durant la 1ère guerre mondiale, en soulignant : "Il est évident que ces sujets ne sont pas faciles à résoudre. Cependant, nous maintenons notre ferme engagement à mettre en vigueur les protocoles, qui visent à la normalisation des relations turco-arméniennes. Nous poursuivrons nos efforts afin qu'une paix durable et globale s'installe dans le Caucase. J'espère que le président arménien Serge Sarkissian poursuivra avec le même courage, de sorte que le processus puisse être couronné de succès."

Le piège est tellement grossier, que la diplomatie des pays occidentaux doit déployer tout son savoir faire pour nous faire avaler ces contre-vérités.

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Le 26 Novembre, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a reçu les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, Bernard Fassier (France), Robert Bradtke (USA) et Igor Popov (Russie) ainsi que le Représentant personnel du Président de l'OSCE, Andrzej Kasprzyk.

Les coprésidents ont informé le ministre Nalbandian des résultats de leurs discussions à Bakou avec le président de l'Azerbaïdjan et son ministre des Affaires étrangères.

Les interlocuteurs ont discuté du processus en vue de préparer le prochain Sommet de l'OSCE à Astana.

Dans leur déclaration, les Services du Président Serge Sarkissian ont mentionné la préparation du sommet de l'OSCE lors de la rencontre du chef de l'Etat avec les diplomates en visite. Mais aucun détail n'a été donné.

"Cette réunion est très important et nous devons donc nous préparer sérieusement pour ce faire," avait déclaré jeudi Bernard Fassier à Bakou, le coprésident français du Groupe de Minsk.

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Le même jour, le ministre arménien a reçu le président honoraire de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, et président du Conseil exécutif de l'Institut de Recherche Internationale sur la Paix de Stockholm, Goran Lenmarker.

Les interlocuteurs ont abordé en détail la coopération et ses perspectives entre l'Arménie et l'Union européenne. À la demande de son hôte, le ministre Nalbandian a présenté les derniers développements dans le processus de règlement du problème du Karabakh.

Goran Lenmarker a exprimé sa confiance, indiquant qu'il n'y avait pas d'alternative autre qu'un règlement pacifique du conflit.

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** Rectificatif **


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Suite au communiqué de l'OTAN (§35) [1]à l'issue du Sommet de Lisbonne concernant le Caucase, la radio publique d'Arménie a demandé des précisions aux diplomates des ambassades américaine et française d'Erevan en ce qui concerne leur position sur le règlement du conflit du Karabakh en tant que pays coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE et membres de l'OTAN.

"Les pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE ont déclaré à plusieurs reprises leur position sur le processus de règlement, indiquant que le conflit doit être réglé sur la base des trois principes : - non usage de la force ou de la menace de la force, - intégrité territoriale, - et droit des peuples à l'autodétermination. Cependant, l'OTAN a gardé ses précédentes formulations généralisées sur les conflits du Sud-Caucase dans sa déclaration de Lisbonne ; formulation qui ne coïncide pas avec les déclarations antérieures des pays coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE sur le règlement du conflit du Karabakh ", indique le courrier envoyé aux ambassades américaine et française.

"Les Etats-Unis restent attachés à un règlement pacifique et durable du conflit, à travers le processus du Groupe de Minsk et sur la base des trois principes de l'Acte final d'Helsinki – non recours à la force ou la menace de la force, intégrité territoriale et droit des peuples à l'autodétermination - , qui ont ensuite été consolidés dans les déclarations conjointes des présidents Obama, Sarkozy et Medvedev publié à L'Aquila en 2009 et à Muskoka en 2010," a répondu officiellement l'ambassade des Etats-Unis.

"En tant que pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, la France reste attachée au règlement négocié du conflit du Haut-Karabakh sur la base des principes de l'Acte final d'Helsinki - le non-usage de la force ou la menace de la force, l'intégrité territoriale et de la droit des peuples à l'autodétermination - , ainsi que sur les éléments inclus dans les déclarations d'Aquila et de Muskoka des présidents Sarkozy, Medvedev et Obama," a répondu officiellement l'ambassade de France.

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Radio Publique d'Arménie




[1] **L'OTAN soutient l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la République de Moldova, et continuera également à soutenir les efforts vers un règlement pacifique de ces conflits régionaux, en tenant compte de ces principes.**


Parmement Européen : Appel à reconnaître le génocide arménien

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Laszlo Tökes (PPE), Vice-Président hongrois du Parlement européen a fait appel au Président du PE qu'avant la fin du 95ème anniversaire du génocide des Arméniens il fasse appel aux Parlements des pays européens pour reconnaître le génocide.

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Vidéo de l'intervention du député Laszlo Tökes



vendredi 26 novembre 2010

Sondage des Arméniens en Arménie et au Karabakh : Quelques détails supplémentaires

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Si nos connaissons un peu mieux les sentiments profonds des Karabakhis envers l'Azerbaïdjan, il est intéressant d'analyser leur ressenti envers l'Union européenne.

Dans le cadre des négociations de paix, même si la France est présente dans le Groupe de Minsk de l'OSCE, l'UE est officiellement absente. On connaît l'impact permanent de la Fédération russe, celle des Etats-Unis se fait sentir depuis quelques années à travers les subventions octroyées au Karabakh et la présence de la France porte essentiellement sur des activités culturelles, la plupart en Arménie. Au Karabakh, seules des ONG ou des collectivités locales interviennent, mais pas l'Etat français. L'UE n'accorde rien au Karabakh, car pour elle la RHK n'a pas d'existence officielle. Tout au plus porte-t-elle un jugement de valeur sur les différentes élections, qui d'ailleurs pour elle, n'ont pas lieu d'être. C'est aussi bien évidemment le cas des politiques de Bruxelles, qu'ils soient ou non, à la tête de commissions et dans une moindre mesure, des députés européens de Strasbourg.

L'Azerbaïdjan fait un lobbying forcené auprès des instances internationales et notamment européennes, relayé en cela par son fidèle mentor, la Turquie, chouchoutée par les technocrates de Bruxelles. L'Arménie, bien que faisant partie du Partenariat Oriental et du Programme Européen de Voisinage, a du mal à faire valoir ses arguments.

Si l'on veut que cette situation évolue quelque peu en faveur des habitants du Karabakh, il est indispensable que les Organisations et les associations arméniennes d'Europe interviennent auprès de leurs députés. Cela a été récemment le cas de la Fédération Euro-Arménienne qui a accompagné une délégation de parlementaires européens au Karabakh.

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Suite de l'article d'hier portant sur le ressenti de la population d'Arménie et de l'Artsakh (RHK) sur la situation intérieure du Karabakh, la Turquie, le conflit du Karabakh, l'UE, l'OSCE et d'autres acteurs internationaux pertinents pour les Arméniens.

La marge d'erreur est estimée à +/- 3,45%.


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Selon le sondage de EuFoa en collaboration avec Populus et IPSC, les gens du Haut-Karabakh sont encore plus positifs au sujet des dirigeants de leur pays que les compatriotes d'Arménie, et ils sont fortement en faveur du président Bako Sahakian.

80% de la population du Karabakh déclarent que leur pays va dans la bonne direction avec des progrès réalisés dans tous les domaines. Ils pensent que la qualité de vie globale s'est sensiblement améliorée au cours des cinq dernières années, notamment dans le domaine de la sécurité (favorables 7, défavorables 19), de l'éducation (7,15) et des infrastructures (7,14) ; par contre les progrès économiques sont médiocres (6,13), quant à dans la lutte contre la corruption, elle est reléguée à la fin (5,66). Fait intéressant, chacun on voit plus de progrès dans le pays de l'autre, ainsi les Arméniens d'Arménie pensent que le développement de la RHK a été meilleur que chez eux, et vis et versa.

En Arménie comme dans le Haut-Karabakh, les habitants doutent de l'engagement de la Turquie quant à la réconciliation arméno-turque 12 mois après la signature de l'accord. Ils approuvent massivement (84% contre 11%) la décision du président arménien de suspendre la ratification des protocoles arméno-turcs, suite aux problèmes soulevés par la Turquie pour la ratification. Beaucoup pensent qu'il sera très difficile de conclure un rapprochement avec la Turquie sur tous les sujets, sentiment renforcé par les réticences de la Turquie à vouloir ratifier les protocoles. Néanmoins les Karabakhis pensent qu'il y aurait de réels avantages à un rapprochement arméno-turc. Ils sont convaincus que l'économie arménienne profiterait plus du commerce international (80%) et une majorité pense que cela rapprocherait plus l'Arménie de l'Europe (61%) et fournirait plus d'options pour la politique étrangère arménienne (54%).

Si la population de la RHK est mieux informée sur l'état actuel de la résolution du conflit que leurs compatriotes d'Arménie (68% contre 50%), leurs opinions sur les composantes d'un accord de paix éventuel sont similaires. Ainsi, ils soutiennent fermement les mesures qui, selon eux, garderont le Haut-Karabakh étroitement associé avec l'Arménie, alors qu'ils sont fermement opposés à des mesures qui, selon eux, céderaient trop à l'Azerbaïdjan. Ils restent modérément favorables aux mesures qui leur semblent pouvoir favoriser la paix, mais sans compromettre les liens du Haut-Karabakh avec l'Arménie.

Les Karabakhis sont très fortement en faveur d'un couloir reliant les deux pays. Ils croient fermement que s'il y avait une consolidation du cessez-le-feu, cela réduirait les pertes (67%), faciliterait le travail de l'OSCE pour faire avancer les négociations de paix (64%), et réduirait le risque d'un déclenchement d'une nouvelle guerre (60%). Près de la moitié d'eux pense aussi qu'il serait plus facile d'avoir des mesures de confiance entre les parties en conflit. Cependant, à une très grande majorité ils s'opposent à des mesures qui, selon eux, entraîner trop de cessions à l'Azerbaïdjan, en particulier le retour sous contrôle azerbaïdjanais des territoires entourant le Haut-Karabakh, même si cette zone est démilitarisée et que cela fasse partie de accord de paix global.

Bien qu'ils soient plus informés sur le Groupe de Minsk de l'OSCE que leurs compatriotes d'Arménie, leur perception de son rôle et de ses activités ne sont pas plus positives. Une personne sur deux (51%) déclare qu'elle est informée des objectifs et des activités des médiateurs, alors que seules 38% le sont en Arménie.

La réputation de l'UE dans le Haut-Karabakh est encore plus faible que celle de l'OSCE. Seulement 16% déclarent avoir confiance en elle, et encore moins (14%) la considèrent comme une organisation favorable à l'Arménie et à la RHK. A peine 20% de la population arménienne – dans les deux Etats - pensent que l'UE a un rôle important dans le processus de règlement du conflit, chiffre qui tombe à 10% pour ceux qui pensent que l'UE est une organisation intéressée par un accord de paix.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie

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Sondage détaillé de l'EuFoA (Anglais - 49 pages)

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jeudi 25 novembre 2010

Nagorno Karabakh poll

The Nagorno Karabakh poll of the first ever internationally conducted Comparative Opinion Polls in Armenia and Nagorno Karabakh on Socio-Political Issues and Foreign Relations published by the European Friends of Armenia (EuFoA).

The survey that was carried out between October 22 and 26, 2010 comprised 804 face-to-face interviews in Stepanakert and 5 regions of Askeran, Hadrut, Martakert, Martuni and Shushi.


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Comments by EuFoA Secretary General, Dr Michael Kambeck :

“Our data suggests that people in Nagorno Karabakh clearly want peace, but following a list of historic and recent events, they have little trust in most international organizations and countries. We were surprised by how clearly they favor ceasefire consolidation, removing snipers from both sides of the line of contact and installing international observers. People in NK see that this would help avoid casualties, reduce the likehood of war and facilitate the peace negotiations, all of which they apparently rate higher that their potential fears about removing their snipers or mistrusting observers. - This data means homework for the OSCE and other European institutions.”

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Only a quarter in NK say that the OSCE MG is the organization which is most supportive of Armenia and Nagorno Karabakh.

43% think that the MG has a role to play in the conflict settlement but less than a third of people in Artsakh believe that the organization is among those most interested on a peace deal.

Russia is seen extremely positively in Nagorno Karabakh. Levels of trust (85%), supportiveness for Karabakh and Armenia (78%), a strong role in the conflict settlement (87%) and interest in peace (80%) are much higher than the next best country or organization (France: 32%, 40%, 46% and 23% respectively.

People in Nagorno Karabakh are more informed about the current stage of the conflict settlement than people in Armenia (68% to 50%), according to the Nagorno Karabakh poll of the first ever internationally conducted Comparative Opinion Polls in Armenia and Nagorno Karabakh on Socio-Political Issues and Foreign Relations published by the European Friends of Armenia (EuFoA).

Karabakh residents strongly support measures which they think will keep Nagorno Karabakh closely associated with Armenia, strongly oppose measures which they think cede too much to Azerbaijan, and are moderately supportive of measures which they think may encourage peace but without compromising Nagorno Karabakh's ties with Armenia.

They support a future determination of the final status of Nagorno Karabakh through a legally binding expression of will as a final step of a comprehensive peace deal. However, they strongly oppose internally displaced persons and refugees having the right to return territories surrounding Nagorno Karabakh and overwhelmingly oppose returning these territories to Azerbaijan's control.

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PanArmanian.net



Les habitants du Haut-Karabakh et le conflit : Sondage

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Les trois coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ainsi que le Représentant personnel du Cabinet du Président de l'OSCE ont repris leur tournée régionale.

Le 24 Novembre, ils ont rencontré le ministre russe des Affaires étrangères. Aujourd'hui, ils sont arrivés à Bakou et rencontreront demain le Président et son ministre des Affaires étrangères. Le 26, ils sont attendus à Erevan pour la même démarche. Le règlement du conflit du Karabakh a été et sera au cœur des discussions, avant le Sommet de l'OSCE à Astana des 1ers et 2 Décembre.

Il faut bien que quelque chose soit présenté à Astana pour que les pays coprésidents et/ou les médiateurs puissent sortir un communiqué après avoir rencontré les présidents Serge Sarkissian et Ilham Aliev. Comme rien de nouveau ne s'est dit de par et d'autre de la frontière, le communiqué aura une portée générale sur ce que les parties en conflit doivent faire et ne pas faire. Mais surtout rien sur ce que eux, Etats-Unis, France et Russie, devraient faire pour faire respecter les engagements et les déclarations des uns et des autres.

Ceci explique sans doute cela, c'est-à-dire le ressenti des habitants du Karabakh face à ces tergiversations et atermoiements. Un sondage que les décideurs, quelle que soit leur nationalité, devraient étudier. Et notamment le président Aliev qui s'il arrive à faire passer son point de vue auprès des politiques et des Organisations internationales, aura fort à faire avec la RHK.

On remarquera que l'EuFoA n'a pas demandé aux personnes sondées si elles étaient prêtes à retourner sous administration azérie. Sage précaution ...

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Un sondage mené pour la première fois en Arménie et au Haut-Karabakh (RHK), portant sur des sujets sociopolitiques et de relations extérieures, a été réalisé par l'Organisation : les Amis européens de l'Arménie (EuFoA).

L'enquête a été réalisée du 22 au 26 Octobre dernier à Stepanakert et dans les cinq régions - Askéran, Hadrout, Mardakert, Mardouni et Chouchi. Il a porté sur un échantillon de 804 personnes.


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Le Secrétaire général de l'EuFoA, Mikael Kambeck a apporté le commentaire suivant :

"Nos données indiquent clairement que les habitants du Haut-Karabakh veulent la paix, mais après une série d'événements historiques et récentes, ils ont peu confiance dans la plupart des pays et des organisations internationales. Nous avons été surpris par leur volonté de vouloir consolider l'accord de cessez-le-feu, et la suppression des tireurs d'élite des deux côtés de la ligne de contact avec l'installation d'observateurs internationaux. Les habitants de la RHK pensent que cela permettrait d'éviter les pertes, de réduire la pression de cette pseudo-guerre et faciliterait les négociations de paix. Tout cela est apparemment plus important que leur crainte potentielle sur la suppression de leurs tireurs d'élite ou celle de se méfier des observateurs. - Ces données peuvent servir à l'OSCE et à d'autres institutions européennes - ."

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Moins d'un quart des habitants du Haut-Karabakh déclarent que le Groupe de Minsk de l'OSCE est l'organisation à laquelle ils font le plus confiance.

43% pensent que le Groupe de Minsk a un rôle à jouer dans le règlement du conflit, mais moins d'un tiers des personnes de l'Artsakh (RHK) pensent que l'organisation est la plus intéressée par un accord de paix.

La Russie est perçue très positivement dans la RHK. Les niveaux, de confiance (85%), de soutien pour le Karabakh et l'Arménie (78%), le rôle important dans le règlement du conflit (87%) et sur l'intérêt d'une paix (80%), sont beaucoup plus élevés que le pays (ou l'organisation) suivant ; en l'occurrence la France avec respectivement : 32%, 40%, 46% et 23% d'avis positifs.

Les gens dans le Haut-Karabakh sont mieux informés sur l'état actuel du règlement du conflit que les habitants d'Arménie (68% à 50%).

Les habitants de la RHK soutiennent fermement les mesures qui, selon eux, permettent de garder le Haut-Karabakh étroitement associé à l'Arménie, et sont fermement opposés aux mesures qui céderaient trop à l'Azerbaïdjan. Ils sont modérément en faveur de mesures susceptibles de favoriser la paix, mais sans compromettre les liens Artsakh-Arménie.

Ils appuient toute décision sur le statut final du Haut-Karabakh reposant sur une expression juridiquement contraignante de la volonté de la population, et ce comme l'étape finale d'un accord de paix global. Cependant, ils s'opposent fortement au retour des personnes déplacées et aux réfugiés dans les territoires entourant le Haut-Karabakh. C'est également à une écrasante majorité qu'ils rejettent un quelconque retour de ces territoires sous contrôle azerbaïdjanais.

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Extrait de PanArmenian.net



mercredi 24 novembre 2010

90ème anniversaire de la décision arbitrale du Président Woodrow Wilson

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La mission confiée au Président Woodrow Wilson découle directement du Traité signé le 10 Août 1920 à Sèvres, dans la banlieue parisienne.

Mais à l'inverse d'un Traité, d'un Accord ou d'un Protocole, la décision arbitrale n'a nul besoin d'être ratifiée par un parlement, de surcroit lorsqu'il porte ‘le grand sceau des États-Unis d'Amérique, signé par un Président des États-Unis, et cosigné par le Secrétaire d'Etat'.

Dans le cas de la Turquie, le Traité de Sèvres, bien que juridiquement valable n'a pas été ratifié par le parlement de la Sublime Porte (qui se trouvait à Constantinople) sous la pression du nationaliste Mustapha Kemal (lequel se trouvait à Ankara) et qui briguait la place du Sultan Mehmed VI ; chose qu'il mit à exécution le 1er Novembre 1922.

Le spectre de la guerre civile s'éloignant avec le basculement massif en sa faveur, Mustafa Kemal s'attaque aux troupes étrangères. En septembre 1920, Kemal charge Kazım Karabekir d'attaquer et de repousser les forces arméniennes au-delà des frontières turques. Les Turcs sont soutenus par les soviétiques qui leur livrent des armes. Lénine et Trotski envoient le vice-commissaire Frounze pour appuyer et conseiller l'armée turque.

S'ensuivent les reprises des villes de Sarıkamış (province de Kars) le 20 septembre 1920, de Kars le 30 octobre 1920 et de Gumri le 7 novembre 1920. Un traité de paix avec l'Arménie est signé à Gumri. Le 10 octobre 1921, la France envoie M. Henry Franklin-Bouillon pour la signature d'un traité avec le gouvernement d'Ankara. Ce traité (dit traité d'Ankara) a une importance capitale, car non seulement c'est la première fois qu'une puissance occidentale traite directement avec le gouvernement d'Ankara en délaissant le sultan Mehmed VI, mais aussi parce que la France se retire de la liste officielle des ennemis de la Turquie et qu'elle considère le Traité de Sèvres nul et non avenu.

Les clauses du Traité n'eurent donc pas le temps d'entrée en vigueur et Atatürk, fin politique, mettait en chantier le Traité de Lausanne qui fut signé en Juillet 1923, qui enterrait à jamais le Traité de Sèvres.

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C'est le Traité de Kars, signé en Octobre 21 entre la Turquie kémaliste et les trois pays transcaucasiens (soviétisés un an plus tôt), qui définit le tracé actuel de la frontière. Ankara, jusqu'à l'été 2009, posait à l'Arménie trois conditions pour normaliser ses relations avec elle :

- 1- Se retirer du Karabakh et restituer tous les territoires à l'Azerbaïdjan ;

- 2- Abandonner la poursuite de la reconnaissance du génocide par la communauté internationale ;

- 3- Et reconnaître définitivement le tracé actuel de la frontière.

Si depuis l'Accord du 10 Octobre 2009 seul le premier point est mis en avant comme condition initiale à la ratification les Protocoles arméno-turcs, cela ne signifie en rien que les deux autres ont été abandonnés, mais simplement mis en sourdine.

Ce qui prouve qu'il a bien un problème entre la décision arbitrale du Président Wilson et la situation actuelle.

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** Ara Papian **


Ara-Papian1_medium
"Durant les dernières décennies, le 24 avril a été l'une des grandes dates sur le calendrier du peuple arménien, un jour qui représente très probablement la manifestation la plus importante de la volonté politique de tous les Arméniens. Cette date a d'abord représenté un jour de recueillement et de souvenir, puis s'est transformée peu à peu en un jour d'indignation et de demande de justice pour la reconnaissance du génocide arménien. Néanmoins, le 24 avril est un jour de perte, une journée dédiée à la reconnaissance de la plus grande des pertes.

Cependant, en tant que nation et en tant que communauté à la poursuite de la justice, nous avons besoin d'une journée de victoire et de réparation, d'une journée de la justice et de nos droits. Nous avons une telle journée, une journée qui maintient la flamme de la victoire en vie, c'est le 22 Novembre : date de la sentence arbitrale du président américain Woodrow Wilson délimitant la frontière entre l'Arménie et la Turquie. Ce jour-là, la sentence arbitrale accordée à la République d'Arménie a fait partie de notre patrie historique, dans le Nord-est. Ce jour-là a été mis en place et appliqué pour toujours, une décision, qui est contraignante, légalement inviolable et imprescriptible pour l'existence de nos droits, et le tout, conformément au droit international.

Vu que la sentence arbitrale a été rendue sur la base d'un compromis sans réserves de la part de la Turquie et de l'Arménie, mais également de l'Empire britannique, de la France, de l'Italie, du Japon, de la Pologne, du Portugal, de la Belgique, de la Grèce, du Canada, de l'Inde, de l'Afrique du Sud, de l'Australie, de la Nouvelle Zélande, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, de la Roumanie, pour certains forcé de la signer, elle est donc obligatoire, inviolable et imprescriptible pour tous les pays cités ci-dessus et les Etats qui leur ont succédés. Il est également contraignant, inviolable et imprescriptible pour les États-Unis, vu que la sentence arbitrale porte le grand sceau des États-Unis d'Amérique, signé par un Président des États-Unis, et cosigné par le Secrétaire d'Etat.

Selon les principes fondamentaux du droit international, codifiés par de nombreux documents internationaux, la sentence arbitrale doit être exécutée par toutes les parties citées dans le document, à savoir, les pays signataires. Il est de leur devoir, sans réserves, et de leur responsabilité absolue. Aussi, ce devrait être un problème pan-national pour nous, de demander à ces pays le 22 Novembre de chaque année, d'exercer leur responsabilité selon le droit international, et ne pas le faire tout simplement comme un geste de bonne volonté, mais comme une obligation internationale immédiate et inviolable, qui a été soigneusement oubliée, et refusée en partie.

Le 22 Novembre doit être devenir un jour de restauration de la justice, des demandes de réparations nationales et le rétablissement de nos droits spoliés. Selon les mots de ce grand arménien, Karékine Nejdeh : ce jour devrait être la ‘Hayrenadiroutian Or - Journée nationale du Patrimoine'."

Modus Vivendi

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** Serge Sarkissian **


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Le Président Serge Sarkissian a pris la parole à la conférence consacrée au 90e anniversaire de la décision arbitrale de Woodrow Wilson. Extrait :

"Chers participants à la Conférence,

Il y a quatre-vingt dix ans, le 22 Novembre 1920, le Président des Etats-Unis, Wilson Woodrow, a rendu une décision arbitrale sur les frontières de l'Arménie.

Cela a été probablement l'un des événements les plus marquants de notre nation au 20e siècle, événement qui a appelé au rétablissement de la justice historique et à l'élimination des conséquences du génocide arménien perpétré dans l'Empire ottoman. La sentence arbitrale définit et reconnait internationalement les frontières de l'Arménie dans lesquelles le peuple arménien, qui avait connu l'enfer du ‘Medz Yeghern – Grande Catastrophe', a édifié son Etat.

Les forces perfides et brutales ont contrecarré les possibilités de mettre en œuvre la Sentence arbitrale du président Wilson. Néanmoins, son importance ne doit pas être sous-estimée : à travers cette décision, l'aspiration du peuple arménien pour sa patrie perdue prenait corps avec une force vitale et juridique.

Avec l'effondrement des empires après la Première Guerre mondiale, un certain nombre de nations européennes ont eu la possibilité de parvenir à l'autodétermination par la création de leur propre nation. Le Président Wilson a souhaité que l'Arménie soit l'une de ces nations qui s'appuie sur toutes les possibilités offertes par la civilisation européenne. Il savait ce que la responsabilité d'un grand Etat signifie, il n'a pas ignoré les souffrances des petites nations.

Même aujourd'hui, grâce à la puissance de son héritage historique, Woodrow Wilson appelle au renforcement du droit international, à la prévention des génocides et à prendre des mesures pour empêcher l'impunité de la force brutale. Il est celui que la nation arménienne reconnaissante se souvient, et se souviendra pour toujours comme un défenseur de la justice et un véritable ami."

Radio publique d'Arménie

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Décision du Président des États-Unis d'Amérique

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90th Anniversary of Woodrow Wilson's Arbitral Award

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** Ara Papian **


Ara-Papian1_medium
For the past few decades now, the 24th of April has served as one of the major dates on the calendar for the Armenian people, a day representing perhaps the most significant manifestation of united Armenian political will. In the Armenian world, this date began first as one of requiems and remembrance, gradually developing into a day of righteous indignation and demands for justice through the recognition of the Armenian Genocide. Nevertheless, the 24th of April is a day of loss, a day dedicated to acknowledging that greatest of losses.

However, as a nation and as a community in the pursuit of justice, we need a day of victory and reparation, a day of the establishment of justice and our rights. We have such a day; the day which keeps the flames of victory burning is the 22nd of November, the date of the arbitral award of US President Woodrow Wilson deciding the frontier between Armenia and Turkey. On that day, the arbitral award granted to the Republic of Armenia a part of our historical heartland, in the north-east. That day put in place and enforced forever a ruling which is binding, legally inviolable and perpetual for the existence of our rights, all in accordance with international law.

As the arbitral award was realised on the basis of the unqualified compromis of Turkey and Armenia, as well as of the British Empire, France, Italy, Japan, Poland, Portugal, Belgium, Greece, Canada, India, South Africa, Australia, New Zealand, Czechoslovakia, Yugoslavia, Romania, having been enforced upon signing, it is therefore binding, inviolable and perpetual for all of the above countries and their successor states. It is also binding, inviolable and perpetual for the US, as the arbitral award bears the Great Seal of the United States of America, signed by the US President, and co-signed by the Secretary of State.

According to the basic principles of international law, codified by numerous international documents, the arbitral award is to be carried out by all parties to that document, that is, by the countries which formed part of the compromis. It is their duty without reservation, their absolute responsibility. Thus, it ought to be a pan-national issue for us, to demand from those countries on the 22nd of November each year, to carry out their responsibility as per international law, and not to do so simply as a gesture of goodwill, but as an immediate and inviolable international obligation, which has lain forgotten, and which has partly been denied.

The 22nd of November must be rendered a day of restoration of justice, of demands for national reparations and the re-establishment of our dispossessed rights. In the words of that great Armenian, Garegin Nzhdeh, Hayrenadiroutian Day – National Patrimony Day.

Modus Vivendi

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** Serzh Sargsyan **


Serge-Sarkissian39_medium
President Serzh Sargsyan today issued an address to the Conference dedicated to the 90th Anniversary of Woodrow Wilson's Arbitral Award: the message reads, in part:

“Dear Participants of the Conference,

Ninety years ago on November 22, 1920, the President of the United States Woodrow Wilson made an Arbitral Award regarding Armenia's borders.

It was probably one of the most momentous events for our nation in the 20th century which was called up to reestablish historic justice and eliminate consequences of the Armenian Genocide perpetrated in the Ottoman Empire. The Arbitral Award defined and recognized internationally Armenia's borders within which the Armenian people, who had gone through hell of Mets Eghern, were to build their statehood.

Perfidy and brutal force thwarted opportunities for calling President Wilson's Arbitral Award to life. Nevertheless, its significance is not to be underestimated: through that decision the aspiration of the Armenian people for the lost Motherland had obtained vital and legal force.

With the collapse of empires after World War I, a number of European nations had been endowed with the opportunity to achieve self-determination through the creation of their own nation states. President Wilson wished Armenia to be one of those nations which would employ all opportunities offered by the European civilization. He knew what the responsibility of a great state means; he didn't ignore sufferings of small nations.

Even today, through the power of his historic legacy, Woodrow Wilson entreats to strengthen international law, prevent genocides and undertake measures to restrain the impunity of brutal force. He is the one whom the grateful Armenian nation remembers and will remember for ever as an advocate of justice and a true friend.”

Public Radio of Armenia

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Decision of the President of the United States of America

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mardi 23 novembre 2010

Chypre appelle à reconnaître le génocide arménien

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La Chambre des Représentants de Chypre a reconnu le génocide arménien en Avril 1982. Le fait que ce soit un chypriote d'origine arménienne qui préside aux destinées du parlement, donne forcément un relief supplémentaire à la présente déclaration.

Chypre est membre de l'UE depuis 2003. L'UE, obnubilée par l'entrée de la Turquie en son sein, a ouvert les négociations d'adhésion en 2005 avec cette dernière, alors qu'elle occupe militairement toujours un tiers de l'Ile de Chypre. On se souvient qu'en juillet 2005, elle avait signé l'extension de l'accord douanier avec les derniers pays rentrés dans l'UE, mais avait exclu Chypre.

L'UE mais également les Etats-Unis obligent Chypre à rester tranquille sur ce sujet et surtout à éviter d'utiliser son droit de veto contre la Turquie malgré cette situation et les dérapages continuels d'Ankara envers ses engagements. Croire que les Organisations internationales sont impuissantes à faire entendre raison à Ankara, est un leurre. La Sublime Porte, ancienne ‘Homme malade de l'Europe', forte de son impunité, a rejoint le G20 et vise la prédominance dans la région, Sud-Caucase inclus.

Dans ces manigances géo-politico-économiques les petits pays ont rarement le dernier mot, surtout si les raisons des plus forts ne sont pas les meilleures.

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Marios-Garoyan1_medium
"Le président de la Chambre des Représentants de Chypre, Marios Garoyian, a appelé à la reconnaissance du génocide arménien, indiquant que l'auteur de ce crime, la Turquie, ne peut plus rester impuni.

Aujourd'hui, nous nous remémorons le génocide arménien, un crime contre l'humanité qui est resté impuni, et nous appelons une fois de plus la communauté internationale à reconnaître ce crime odieux," a-t-il déclaré dans son discours lors d'un service religieux spécial dans l'église arménienne locale, ajoutant que "la vérité historique doit être enregistrée."

M.Garoyian a souligné que la Turquie, ce grand coupable, doit assumer les conséquences de ses actes et a décrit les tentatives d'Ankara de faire la paix avec l'Arménie comme une ‘démarche sournoise n'ayant aucune once de crédibilité.' "Ce sont des actions et des initiatives visant à tromper les Arméniens et à fausser l'histoire, et en tant que telles, elles sont à rejeter par le peuple arménien," a-t-il souligné.

Le Président de la Chambre, Arménien lui-même, a indiqué que les Arméniens se battent aussi pour que justice soit rendue pour Chypre, leur patrie, qui est divisé depuis l'invasion turque de 1974. "Nous aspirons à une solution juste, fonctionnelle et viable, et nous demandons à la communauté internationale de faire face à l'intransigeance et à l'audace de la Turquie d'une manière décisive pour qu'un Chypre réunifié retrouve sa liberté, la démocratie, la justice et la prospérité pour tous ses citoyens, Chypriotes grecs, Chypriotes turcs ou Maronites.

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Radio Publique d'Arménie



Call for recognition of the Armenian Genocide

Marios Garoyian, President of the House of Representatives of Cyprus, has called for the recognition of the Armenian Genocide, saying that Turkey, the perpetrator of this crime, can no longer go unpunished.


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“Today we turn our memory to the Armenian Genocide, a crime against humanity which is still unpunished, and we call once more on the international community to recognise this heinous crime,” he said in his address at a special church service to mark a religious celebration at the local Armenian church, adding that the historical truth must be recorded.

Garoyian pointed out that Turkey, the big culprit, must bear the consequences of its actions and described Ankara's attempts to make peace with Armenia as “devious”, saying they “lack any shred of credibility.” “These are moves and initiatives to deceive the Armenians and distort history and as such are rejected by the Armenian people,” he stressed.

The House President, an Armenian himself, said Armenians are also fighting for justice in Cyprus, their homeland, which has been divided since the 1974 Turkish invasion. “We are striving for a just, functional and viable solution, and we call on the international community to deal with Turkey's intransigence and boldness in a decisive manner so that Cyprus regains its freedom, democracy, justice and prosperity for all its legal citizens, Greek Cypriots, Turkish Cypriots, Maronites, Armenians and Latins,” he added, Famagusta Gazette reports.

Public Radio od Armenia



lundi 22 novembre 2010

L'OTAN, l'Azerbaïdjan et le conflit du Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Bien que l'OTAN ne compte pas remplacer ou conseiller le groupe de Minsk de l'OSCE dans le conflit du Karabakh, le communiqué final du Sommet de Lisbonne stipule au §35 :

« « Notre vision étant celle d'une zone euro-atlantique en paix, la persistance de conflits régionaux de longue durée dans le Sud-Caucase et en République de Moldova reste une source de préoccupation majeure pour l'Alliance. Nous exhortons toutes les parties à œuvrer de manière constructive, et avec une volonté politique renforcée, au règlement pacifique des conflits, et à respecter les cadres de négociation actuels. Nous les appelons toutes à éviter de prendre des mesures portant atteinte à la sécurité et à la stabilité régionales. Nous restons déterminés à soutenir l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la République de Moldova, et nous continuerons par ailleurs d'appuyer les efforts visant à parvenir à un règlement pacifique de ces conflits régionaux, compte tenu de ces principes. » »

Ce qui explique pourquoi le président arménien Serge Sarkissian ne s'est pas rendu au Sommet de l'OTAN ce week-end à Lisbonne. (Cf l'article d'hier)

Que l'OTAN veuille ‘la sécurité et à la stabilité régionales' se comprend volontiers, mais on peut se demander pourquoi elle insiste plus particulièrement sur ‘l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté' des pays du Sud-Caucase ? Alors que pertinemment c'est à cause de ces principes rigides que les pouvoirs centraux de Tbilissi et de Bakou ont du faire face à leurs régions qu'ils négligeaient, voire même écrasaient, depuis des décennies mais surtout depuis la fin de l'URSS, pour des motifs essentiellement nationalistes. Les décisions de l'OTAN sont tout, sauf altruistes.

Vu sous cet angle, l'Alliance, comme les autres Organisations internationales, cherche avant tout à corriger les effets et non à essayer d'intervenir sur les causes.

Quant à la saga de la famille Aliev, elle n'est pas prête de se terminer avec un potentat qui tient les rênes du pouvoir, appuyé en cela par la communauté internationale ; il est clair que sa position et donc la situation évolueront très peu. Ce que l'on peut espérer tout au plus de la part des grandes puissances, c'est qu'elles fassent comprendre au sultan de Bakou qu'il garde pour lui ses idées de grandeurs et surtout de reconquêtes militaires.

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Les exercices combinés dans le Haut-Karabakh se sont avérés être une douche froide pour Ilham Aliev


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Ilham Aliev, suivant la vieille tradition russe, a commencé sur une note joyeuse, mais a terminé sur une note triste. Jusqu'à là rien d'étonnant. Les exercices combinés dans le Haut-Karabakh se sont avérés être exactement une douche froide, dont le clan Aliev avait besoin pour réfléchir un peu plus avant de proférer des menaces de guerre. Il faut de temps à autre appeler un chat un chat, et rappeler à Aliev Jr. les déboires de son père.

Les élections ont eu également leur effet sur la réduction de la rhétorique militariste de l'Azerbaïdjan, puisque les autorités de Bakou n'ont pas ressenti le besoin de réclamer à grand renfort de mots la ‘libération des terres'. Comme dans nombre de pays postsoviétiques, les élections ont été truquées. Cette fois-ci il n'y a pas eu d'affrontements ou de combats, le parti Azerbaïdjan-Uni est aux commandes comme avant. Donc, le Karabakh a été oublié pendant un certain temps, car il y avait des questions plus importantes à l'ordre du jour : - la division territoriale de la mer Caspienne et les prochains Sommets de l'OTAN et l'OSCE.

La question de la mer Caspienne a été réglée rapidement suite à la rencontre Medvedev-Aliev. Un Accord de coopération sur la sécurité a été signé avec une déclaration conjointe des Présidents à Bakou. Officiellement rien de plus, bien que dans les coulisses, de nombreux problèmes ont été abordés. Mais, apparemment, les parties ont été réticentes à rendre publiques toutes les questions litigieuses, qui vont des quotas de pêche à l'exploitation du pétrole. Le poisson et le pétrole sont les principales exportations de quatre des cinq pays entourant la mer Caspienne, et les controverses sont inévitables, surtout lorsqu'on connait la position de Bakou, qui est fermement convaincu qu'il est le seul à devoir bénéficier de ‘droits spéciaux' sur les richesses de la Caspienne. La position d'Ilham Aliev est compréhensible : cela réduirait la part de l'Azerbaïdjan et donc celle qui va dans les poches du clan Aliev, ce qui nuirait à l'avenir de son fils, le futur président de l'Azerbaïdjan. Il est vrai que l'élection du jeune Heydar au poste de chef de l'Etat n'est pour tout de suite, laquelle élection n'est d'ailleurs pas si évidente. On se souvient qu'Heydar Aliev n'a pas signé l'Accord sur le Karabakh à Key West, sous prétexte que cela mettrait en danger l'avenir de son fils. Et si nous devons croire les fuites diplomatiques de l'époque, l'Accord portait sur le statut d'indépendance du Haut-Karabakh. La même chose peut arriver à Ilham.

En ce qui concerne le Sommet de l'OTAN, il est peu probable qu'une résolution soit votée sur le conflit du Karabakh pour la simple raison que cette question ne relève pas de la compétence de l'Alliance, et toutes les tentatives de Bakou pour faire déplacer le processus de négociation de l'OSCE dans toute autre structure internationale, sont vouées à l'échec. Il n'est pas nécessaire d'obtenir un diplôme de l'Institut d'Etat de Moscou des Relations Internationales pour comprendre cela. Mais Aliev se comporte comme son père lui a enseigné : si vous continuez à répéter quelque chose pendant longtemps, il finira par arriver [ndlt : dite méthode Coué]. Hélas, ce n'est pas le cas ...

Quant au Sommet de l'OSCE à Astana, une autre déclaration sera faite là-bas, peut-être un peu plus difficile. Quoi qu'il en soit, tous les Appels et les demandes de l'OSCE resteront sur le papier, et aucun mécanisme ne fonctionnera jusqu'à ce que l'Azerbaïdjan retire ses tireurs d'élite de la ligne de contact [ndlt : et qu'elle accepte les deux autres principes de base du Groupe de Minsk de l'OSCE]. Très probablement, ce sera l'un des sujets abordés à Astana.

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Garinée Ter-Sahakian – Département Analyse



dimanche 21 novembre 2010

Karabakh : L'OTAN se démarquerait-elle des autres Organisations ?

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les buts poursuivis par l'OTAN et par l'Internationale Socialiste ne sont pas les mêmes. Si l'une est une Organisation militaire regroupant dix-neuf Etats, l'autre est une Organisation regroupant des partis politiques, socialistes (ou équivalents), du monde entier, qu'ils soient au pouvoir ou non. Aussi, une décision de l'OTAN, disposant de très gros moyens, peut avoir des conséquences catastrophiques pour un pays donné.

Concernant la région Sud-Caucase, l'Alliance cherche à ce que les conflits gelés, à défaut d'une résolution rapide, restent ‘gelés' aussi longtemps que possible. Motif : Elle a l'Iran dans son collimateur et ne tient pas à être gênée par les conflits locaux au cas où … . De plus, elle déploie en ce moment son bouclier anti-missile et a fort à faire avec une Turquie qui traine les pieds dès qu'il s'agit d'attaquer un voisin musulman, ayant de surcroit une communauté kurde sur son sol.

Que l'on veuille aider à la résolution du conflit du Karabakh, pourquoi pas, c'est toujours mieux que de proposer un amalgame incongru comme la Turquie. Toutefois, on peut se demander comment l'IS, une Organisation de plus de cent membres, comprenant entre autres des partis politiques turcs et azerbaidjanais, et n'ayant aucun pouvoir sur les Etats, peut réussir là où le groupe de Minsk de l'OSCE, coprésidé par les Etats-Unis, la Russie et la France, se casse les dents dessus depuis seize ans. Même une organisation comme l'ONU peine à gérer ce genre de situation - cf. le problème chypriote depuis 35 ans.

Négocier reste encore le meilleur moyen de résoudre les problèmes. Seulement il ne sert à rien d'avancer par étapes si l'on ne sait où l'on va. Dit autrement : il ne sert à rien de ‘restituer' quoique ce soit si le Haut-Karabakh doit retourner à terme sous administration azérie, comme au temps de l'Union Soviétique, conformément à l'intangibilité des frontières.

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** Objet de la discorde **


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Le porte-parole du président Sarkissian, Armen Arzoumanian, a déclaré qu'un projet de résolution est susceptible d'être adopté lors de la réunion de l'OTAN, relatif aux solutions des conflits ethniques dans le Sud-Caucase, mettant en avant que le principe de l'intégrité territoriale.

Suite à cette déclaration, le président Serge Sarkissian a annoncé vendredi soir qu'il ne participera pas au sommet de l'OTAN de Lisbonne en raison des plans de l'Alliance qui prévoient de préserver l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabakh. Aussi, l'Arménie sera représentée au sommet par les ministres de la défense et des Affaires étrangères.

L'Organisation n'a pas immédiatement réagi à cette annonce, d'autant que le projet de résolution, fortement contesté par Erevan, n'a pas encore été officiellement publié.

Dans une déclaration écrite, Arzoumanian a averti que ce type de déclaration est "inacceptable", et qu'il ne ferait que compliquer le processus de paix au Karabakh, "surtout dans le contexte de la récente hausse, sans précédent, des dépenses militaires de l'Azerbaïdjan et de la rhétorique arménophobe de ses dirigeants." Et d'ajouter : "l'Arménie ne peut pas accepter les ‘formulations généralistes' se rapportant aux différents conflits régionaux."

En début d'année, les médiateurs avaient déjà exhorté les parties en conflit de s'abstenir d'une interprétation sélective des éléments du règlement proposé. Lequel repose sur trois principes de base : Droit à l'autodétermination des peuples ; Non usage de la violence ou de sa menace ; Préserver l'intégrité territoriale.

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** Pessimisme pour le Sommet de l'OSCE **


Levon-Chirinian-et-Yervant-
Les politologues Levon Chirinian et Yervant Bozoyan n'attendent pas grand-chose du Sommet de l'OSCE qui se tiendra à Astana.

Selon Levon Chirinian, les exercices militaires qui se sont déroulés au Haut-Karabakh et les déclarations strictes du Président Sarkissian équilibrent quelque peu les positions avant le sommet d'Astana.

Les récentes réunions, Sarkissian-Medvedev et Aliev-Medvedev, ont fourni une autre occasion d'échanger les points de vue et de clarifier les positions. "De nombreuses forces sont intéressées par la région. Mais personne, sauf l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ne veut résoudre le problème. Ces réunions visent plutôt à maintenir la région sous contrôle, que de réellement résoudre les problèmes," a déclaré Chirinian.

Pour Yervant Bozoyan, les exercices militaires ont été certes tardifs mais très importants. Quant à la prochaine réunion à Astana, le politologue explique que l'adoption d'une feuille de route serait dangereuse pour l'Arménie.

"Je pense qu'aucune feuille de route ne sera adoptée à Astana, car l'approche est rejetée non seulement par l'Arménie, mais aussi par la Russie. Toutefois, le fait même que la question soit soulevée dans les coulisses, est déjà dangereux en soi. Cela signifie que l'Arménie a subi des reculs considérables dans le brouhaha diplomatique de ces 2-3 dernières années."

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** Réactions favorables de la FRA-D aux propositions de l'Internationale Socialiste **


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"La récente réunion de l'IS à Paris a été importante, surtout pour l'adoption d'une résolution sur le Haut-Karabakh, car elle souligne les étapes que l'IS va prendre pour contribuer au règlement pacifique du conflit. Il est important que le document se réfère aux personnes déplacées des deux côtés, sur la nécessité de suivre les termes de la trêve de 1994, sur le retrait des tireurs d'élite de la ligne de front, ce qui a été nombreuses fois demandé par l'Arménie. Et la chose la plus importante est que l'IS exhorte les parties à faire preuve de volonté politique et à faire des concessions simultanées de même niveau," a déclaré le directeur du Bureau du Hay Tad et des Affaires politiques de la Fédération Révolutionnaire Arménienne (ARF-D), Kiro Manoyan.

L'IS a décidé de continuer à faire progresser le dialogue et le respect mutuel entre les milieux politiques et publics des parties en conflit à l'intérieur et l'extérieur de l'Organisation, en vue de finaliser un statut du Haut-Karabakh acceptable pour toutes les parties. L'organisation exhorte également les parties à s'abstenir de violer le cessez-le-feu.

"C'est une autre preuve que le problème ne peut se résoudre qu'avec la détermination finale du statut de la RHK," a déclaré Manoyan.

A noter que Kiro Manoyan et Alizade Araz, du Parti Social-démocrate azerbaidjanais, ont été élus coprésidents du Comité de l'IS pour la CEI, le Caucase et la Mer noire.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



vendredi 19 novembre 2010

Ilham Aliev rencontre ses homologues russe et iranien

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Décidément rien n'y fait ; c'est plus fort que lui.

Alors que ses voisins du Nord et du Sud parlent de normes et de droit international, de négociations pacifiques, le président Ilham Aliev ne peut s'empêcher de parler de menaces de guerre, avec comme seul objectif que l'Azerbaïdjan recouvre son intégrité territoriale.

On se demande honnêtement comment, dans ces conditions, se déroulent les pourparlers ‘de paix', qu'ils soient bilatéraux ou trilatéraux. Il est difficile de négocier face à un mur de refus. Et pourtant il n'y a pas d'autre choix, une guerre serait la pire des solutions, d'autant que cela ne résoudrait rien, au contraire.

Concéder un pouce de terrain à Bakou alors que l'avenir est plus qu'incertain, ne pourrait qu'encourager Aliev dans son obnubilation pour ne pas dire sa fixation.

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** Dimitri Medvedev **


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Lors de sa rencontre avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, avant le 3e Sommet de la Caspienne de jeudi, M. Medvedev a déclaré :

"La Russie est prête à déployer des efforts afin d'assurer la sécurité dans la région et d'aider au développement des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Récemment, certaines mesures ont été prises. Je partage le fait que le conflit du Haut-Karabakh doit être réglé conformément aux normes du droit international. Le travail se fait à tous les niveaux. Nous sommes prêts à contribuer à ce processus."

Il a rappelé que l'idée d'organiser le Sommet [d'Astrakhan] avait été lancée lors de sa visite en Azerbaïdjan en Septembre 2010. "Il est bon que les parties aient donné leur accord à cette initiative. Aujourd'hui, nous avons discuté des interactions dans la Caspienne," a-t-il ajouté.

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Radio Publique d'Arménie

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** Mahmoud Ahmadinejad **


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Mercredi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rencontré son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev à Bakou.

"Nous allons défendre l'Azerbaïdjan dans l'arène et dans toutes les organisations internationales. Nous sommes deux pays frères. Cette fraternité se poursuit, et elle se renforcera et s'approfondira progressivement," a souligné M. Ahmadinejad.

En ce qui concerne le conflit du Karabakh, il a appelé à une résolution pacifique et ‘juste'. "Nous sommes prêts à apporter notre contribution maximum pour une résolution rapide de ce problème par la voie de négociations, sur une base juste et dans le cadre du droit international," a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue.

Le gouvernement azerbaïdjanais a évité cependant de se faire l'écho d'accusations ou de demander publiquement à l'Iran de se joindre à l'Azerbaïdjan et à la Turquie pour participer au blocus économique de l'Arménie.

Aliev a indiqué qu'il avait informé le dirigeant iranien sur le déroulement du processus de paix au Karabakh, et d'ajouter : "J'espère que l'Azerbaïdjan rétablira son intégrité territoriale. Pour ce faire, nous devons être encore plus forts. Nous avons échangé nos points de vue sur le sujet aujourd'hui."

Armenialiberty

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Ilham Aliyev meets his counterparts from Russia and Iran

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** Dmitry Medvedev **

Russia is ready to facilitate the development of relations between Azerbaijan and Armenia and the Nagorno-Karabakh settlement, Russian President Dmitry Medvedev said.
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In his meeting with Azerbaijani President Ilkham Aliyev before the 3rd Caspian Summit on Thursday, Medvedev said, “Russia is ready to exert effort in order to ensure security in the region and help the development of relations between Azerbaijan and Armenia.”

“Recently certain steps have been taken. I agree that the Nagorno-Karabakh conflict should be settled in compliance with the norms of international law. The work is being done at all levels.” “We are ready to help this process,” he said.

He recalled that an idea of holding the summit had been put forth during his visit to Azerbaijan in September 2010. “It is good that the colleagues agreed with this initiative. Today we've discussed Caspian interaction,” he added.

Commenting on bilateral cooperation, Medvedev said, “Inter- governmental and business-like contacts are developing dynamically.” “Nothing should be invented in this field,” he said.

“It is necessary to intensify business-like contacts. I mean that our countries overcame the crisis. I believe that world crises have an impact on trade turnover. It decreased. We should do our best to increase it,” the Russian president pointed out.

Public Radio of Armenia

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** Mahmoud Ahmadinejad **


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Iran's President Mahmoud Ahmadinejad talks with his Azerbaijani counterpart Ilham Aliyev in Baku late on Wednesday.

“We will stand by Azerbaijan in all international organizations and in the international arena,” Ahmadinejad said, according to news reports from Baku. “We are two brotherly states. This brotherhood will continue, it will gradually strengthen and deepen.”

Turning to the Karabakh conflict, he called for its peaceful and “just” resolution. “We are ready to make our utmost contribution to a quick resolution of that problem by means of negotiations, on a just basis and within the framework of international law,” he told a joint news conference with Aliyev. The Azerbaijani government, however, has avoided echoing such accusations or publicly demanding that Iran join in Azerbaijan's and Turkey's long-running economic blockade of Armenia.

Aliyev added that he briefed the Iranian leader on the status of the Karabakh peace process. “I hope that Azerbaijan will restore its territorial integrity,” he told journalists. “To that end, we must get even stronger. There has been an exchange of opinions on that today.”

Armenialiberty

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jeudi 18 novembre 2010

Sur le front des processus arméno-turc et arméno-azerbaidjanais.

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Suite aux déclarations du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, liant systématiquement la normalisation des relations arméno-turques à la résolution du conflit du Karabakh favorable à l'Azerbaïdjan, le chef de la diplomatie arménienne, Edouard Nalbandian a déclaré :

"L'Arménie n'a pas repris les négociations avec la Turquie. Pour prouver la sincérité de son intention de normaliser les relations avec l'Arménie, la Turquie doit ratifier et respecter les protocoles sans conditions préalables. Telle est la position de l'Arménie et de la communauté internationale. Sinon, la Turquie devra assumer la responsabilité de l'échec du rapprochement avec l'Arménie."

La position de l'Iran concernant le conflit du Karabakh est proche de celle de la communauté et des organisations internationales : Les parties doivent négocier entre-elles sur la base des propositions avancées par mes médiateurs. Et c'est dans cet esprit que le président russe s'est rendu à Bakou. Mais arrivera-t-il à faire admettre à son homologue azéri qu'il doit mettre ses actes en conformité avec ses déclarations aux médiateurs ?


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En attendant, les échanges de tirs se poursuivent sur la ligne de contact et si Aliev maintient son refus des 2/3 des propositions de base des médiateurs, il est clair que sa rencontre avec son homologue arménien, le mois prochain à Astana dans le cadre de la réunion plénière de l'OSCE, n'apportera rien de nouveau, si ce n'est une déclaration générale sur la poursuite des négociations.

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad estime que le règlement du conflit du Haut Karabakh est possible par la négociation, la justice et le respect mutuel.

"Les peuples de la région doivent vivre dans la paix et l'amitié. Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas ignorer notre voisinage. C'est la géographie et l'histoire. Si nous essayons de résoudre les problèmes de façon juste et amicale, des solutions seront trouvées à tous les problèmes.

Nous avons déclaré à plusieurs reprises que l'Iran est disposé à aider à la résolution du conflit. L'ingérence des étrangers peut désamorcer le conflit, mais nous pensons que les problèmes régionaux doivent être réglés par les pays de la région. Les négociations doivent se poursuivre et peut-être qu'une solution sera trouvée avec l'aide de Dieu," a-t-il déclaré aux médias azerbaïdjanais.

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Lors de la réunion avec son homologue russe à Moscou, le Président Sarkissian a remercié la Russie pour sa médiation dans le règlement du conflit du Karabakh.

"L'Arménie cherche la paix et la stabilité dans le Caucase, et dirige tous ses efforts pour la recherche d'une solution pacifique et durable au problème du Karabakh. La Russie a toujours joué un rôle important dans le Caucase. J'espère que vos efforts donneront un résultat positif," a déclaré le président arménien.

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Le président russe, Dmitri Medvedev, vient d'arriver à Bakou pour discuter avec son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev, du conflit du Karabakh et des questions liées aux transports d'énergie à partir de la mer Caspienne.

"Je crois que les négociations sur le Karabakh seront au cœur de la réunion Medvedev-Aliev," a déclaré un membre de la délégation russe.

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PanArmenian.net



mercredi 17 novembre 2010

L'internationale Socialiste et le conflit du Haut-Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il est très louable de vouloir aplanir les effets désastreux d'une guerre, mais si l'on ne s'attaque pas aux causes en faisant fi de l'Histoire, le problème de fond ne sera pas résolu et donc il ressurgira tôt ou tard.

Comme toutes les organisations internationales, l'IS ne déroge pas à la règle. Elle s'appuie sur le droit international et sur les propositions des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (principes de base), laissant de côté le pourquoi de cette situation et s'attachant exclusivement aux conséquences. Et bien évidemment, elle oublie de citer les principaux intéressés à la résolution du conflit : la population arménienne qui vit là depuis des siècles.

Dire ce qu'il faut faire, c'est bien ; Inciter les récalcitrants à le faire, c'est mieux.

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Une délégation de la Fédération Révolutionnaire Arménienne Dachnaktsoutioun participait à la réunion du Conseil de l'Internationale socialiste (IS) qui s'est tenue à Paris les 15-16 Novembre 2010. À la fin de la réunion, une résolution sur le conflit du Karabakh a été adoptée, qui stipule :
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"Fortement encouragé par les réunions tenues par nos international cette année à Erevan (11-12 Juin) et à Bakou (11-12 Octobre) , où les représentants arméniens et azerbaïdjanais de nos partis membres ont pu s'engager dans un dialogue sans précédent sur leurs différences et leurs visions pour le règlement de la question du Karabakh, nous exprimons notre reconnaissance à nos partis et gouvernements membres de l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour accueillir les délégués des partis membres de l'Internationale socialiste de l'autre pays, et considère cela comme une étape extrêmement positive.

Nous voyons maintenant une opportunité et une nécessité d'utiliser les fondations qui ont été posées, pour construire le dialogue et la confiance au sein de nos internationales et sur l'ensemble de la scène politique dans ces pays.

Il est crucial de faire avancer la résolution du conflit du Haut-Karabakh entre les deux pays pour assurer la paix et la stabilité dans cette région. L'IS a lancé son initiative de paix pour préserver et poursuivre ses efforts pour faire avancer la résolution :

- Officialisation du statut du Haut Karabakh avec un statut final pour la région qui soit acceptable par tous ;

- Rétablissement des droits des personnes déplacées des deux côtés ;

- Appel au respect de l'accord de cessez-le-feu de 1994 ;

- S'abstenir de tous types de violations du cessez-le-feu, y compris les snipers ;

- Appel à toutes les parties du conflit d'afficher la volonté politique pour parvenir à un accord sur des concessions mutuelles, correspondantes, égales et simultanées pour aborder la question principale du conflit."

(…)

« La déclaration du coprésident du Parti Social-Démocrate d'Azerbaïdjan (PDSA), Araz Alizade, niant l'adoption d'un document sur le conflit du Karabakh à la réunion l'Internationale socialiste (IS), a probablement pour but le retour dans le pays de l'ex-président de l'Azerbaïdjan, Ayaz Moutalibov, actuellement recherché par la police, » a déclaré le directeur du Bureau du Hay Dat et des Affaires politiques de la FRA-D, Kiro Manoyan.

PanArmenian.net



Resolution on the Karabakh conflict adopted at SI Council

The Armenian Revolutionary Federation Dashnaktsutyun (ARFD) took part in the Council Meeting of the Socialist International (SI) in Paris on November 15-16, 2010. At the end of the Council Meeting a resolution on the Karabakh conflict was adopted, which reads:
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“Greatly encouraged by the meetings held by our International this year in Yerevan and Baku, where Armenian and Azerbaijani representatives from our member parties were able to engage in unprecedented dialogue over their differences and visions for the settlement of Karabakh issue, we extend our recognition to our member parties and governments of Armenia and Azerbaijan for hosting the delegates of Socialist International member parties from the other country, and view this as an extremely positive step.

We now see an opportunity and a need to make use of the foundations that have been set, to build dialogue and confidence both within our International and on the wider political stage in those countries.

It is crucial to advance the resolution of the conflict of Nagorno Karabakh among both countries to ensure peace and stability in that region. The SI which has launched its initiative for peace will preserve and continue its efforts to advance on:

Formalization of the status of Nagorno Karabakh and a final status for the region that is acceptable to all; establishment of the rights of displaced persons of both sides; calling for respect of the 1994 ceasefire agreement and refraining from all types of ceasefire violations, including sniper fire; calling on the parties of the conflict to display political will to reach an agreement on mutual, commensurate, equal and concurrent concessions to address the main question of the conflict.”

(...)

The statement of Social Democrat Party of Azerbaijan (SDPA) Co-Chairperson Araz Alizade, negating adoption of a document on Karabakh conflict at Socialist International (SI) Council Meeting in Paris, most probably aims at returning the ex-President of Azerbaijan Ayaz Mutalibov, currently wanted by the police, to the country, the head of Hay Dat ARFD Bureau and Political Affairs Office director Kiro Manoyan told.

PanArmenian.net



mardi 16 novembre 2010

Karabakh : Edouard Nalbandian apporte des précisions

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Depuis des années qu'Ilham Aliev joue sur deux tableaux ne surprend plus personnes. D'un côté face aux pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, il donne le change en laissant croire qu'il est prêt à négocier avec l'Arménie à partir des principes de bases proposés par mes médiateurs, lesquels relèvent timidement les non respects des engagements ; de l'autre il met en œuvre son désir de reconquête du Karabakh par des voies non-pacifiques : - usage quotidien de snippers ; - envois de commandos ; - et surarmement intensif.

Le risque majeur de ce petit jeu azéri, reste un dérapage incontrôlé des ‘va-t-en-guerre' débouchant sur des actions de plus grandes envergures et la reprise pure et simple de la guerre. A tout vouloir, Ilham Aliev risque de perdre sur de nombreux tableaux.

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"D'importants développements dans le processus de règlement du conflit du Karabakh ont eu lieu à Astrakhan le 27 Octobre dernier," a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, au Conseil indien de Relations Extérieures.

"À l'initiative du Président russe, les Présidents de l'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont rencontrés pour discuter du processus de règlement du problème du Karabakh. Les parties ont publié une déclaration conjointe à l'issue de la réunion, qui stipule qu'il est nécessaire de prendre des mesures supplémentaires pour l'établissement de la confiance mutuelle dans le domaine militaire et le renforcement du régime de cessez-le feu. Dans un premier temps les parties ont convenu d'échanger des prisonniers et les corps des tués. Nous avons commencé la mise en œuvre de l'accord au lendemain de la réunion. Il est dommage que l'Azerbaïdjan ait utilisé même cet échange pour tromper son public," a-t-il ajouté.

"Lors d'une cérémonie spéciale organisée à cette occasion du 7 Novembre [ndlt : élections législatives], le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a de nouveau déclaré sa volonté de résoudre le problème du Karabakh par la voie militaire. Le soldat azerbaïdjanais, qui avait tué cinq Arméniens et blessé trois autres, a été traité comme un héros."

"Les blessures de la guerre déclenchée par l'Azerbaïdjan ne sont pas encore été guéries que Bakou se prépare à un nouvel aventurisme, et les pétrodollars sont consacrés à la préparation d'une nouvelle provocation militaire. Si l'Azerbaïdjan souhaite trouver une solution au problème du Karabakh, il devrait pleinement participer aux négociations dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE plus pratiques que formelles," a-t-il conclu.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie



Recep Tayyip Erdogan rencontre des Arméniens d'Istanbul

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Rien de nouveau dans la position de la Turquie vis-à-vis de l'Arménie et des Arméniens en général, et ce malgré les remarques et les recommandations de l'UE dans son rapport 2010 sur l'état d'avancement de la Turquie vers les normes européennes.

Ankara appuie fermement la position de son alliée l'Azerbaïdjan en refusant toute ratification des accords signés en grandes pompes le 10 Octobre 2009. Erdogan, tout comme ses prédécesseurs, persiste et signe le négationnisme d'Etat concernant le génocide arménien, essayant au passage de dissocier la diaspora de la mère patrie sur ce sujet épineux.

Ces deux points ‘de détails' réglés, la Turquie est prête à faire amie-amie avec l'Arménie.

Quant au ‘zéro problème' avec les voisins, l'occupation de Chypre, le différend avec la Grèce, sans compter le blocus de l'Arménie, sont passés à trappe pour les besoins de la démonstration. La realpolitik des occidentaux prime sur les Droits de l'homme et les Libertés, et permet à des pays comme la Turquie de passer pour des démocrates.

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Ara-Gochunian-et-Erdogan_me
"La Turquie peut établir des relations amicales avec l'Arménie," a déclaré le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan au rédacteur en chef, Ara Gochunian, du quotidien arménien d'Istanbul, Jamanag ; rapporte Hurriyet.

"La Turquie n'est hostile à personne. Nous n'avons jamais utilisé les événements amers du passé pour former la vision de l'avenir. Après le succès de notre lutte de libération, nous avons commencé, ensemble avec tous les pays, une nouvelle époque et fondé des relations amicales. Nous pouvons faire la même chose dans le cas de l'Arménie. Laissons l'histoire aux historiens et aux scientifiques, nous pouvons avancer ensemble dans l'avenir. Je continue de croire que cela est encore possible," a déclaré M. Erdogan.

Il a également fait clairement référence à la campagne menée depuis des décennies par les Arméniens pour la reconnaissance internationale des massacres de 1915 des Arméniens de l'Empire ottoman comme étant un génocide ; précisant que la diaspora arménienne à travers le monde a été à la pointe de cette campagne, farouchement combattue par les gouvernements successifs d'Ankara.

Erdogan a décrit les efforts pour la reconnaissance du génocide, approuvée par Erevan, comme un "obstacle majeur" à la réconciliation turco-arménienne. "Je ne suis pas sûr qu'une partie de la diaspora arménienne soutienne la position de l'Arménie."

Toutefois, pour Erdogan, la condition préalable la plus importante pour une normalisation des relations entre les deux États voisins reste : - la résolution du conflit du Haut-Karabakh acceptable par l'Azerbaïdjan. C'est à cette condition
qu'Ankara ratifiera les protocoles turco-arméniens signés en Octobre 2009.

Ces déclarations du premier ministre turc sont considérées comme un message à l'Arménie à travers Jamanag.

Concernant l'activité de la communauté arménienne de Constantinople, le premier ministre turc a déclaré : "J'apprécie la contribution de la communauté arménienne de Turquie au développement du pays et à la préservation de la paix intérieure. Je considère que la communauté arménienne comme la richesse de la Turquie ".

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty



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