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mercredi 27 avril 2011

Turquie et Azerbaïdjan : Des amis qui vous veulent du bien

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Dans le conflit du Karabakh, il y a le langage diplomatique et il y a la réalité sur le terrain. Mais il arrive par moment que le langage diplomatique n'arrive pas à masquer totalement les pensées réelles du diplomate. Ainsi pour que les menaces cessent, alors que c'est contraire à l'un des principes de base, il faut que l'Arménie ‘restitue' tous les territoires occupés, bref que l'Azerbaïdjan recouvre son intégrité territoriale, Haut-Karabakh inclus ; dixit Mammediarov.

Bakou ne veut absolument pas tenir compte que 20 ans après le début des hostilités, nombre d'événements se sont déroulés tant en Artsakh que les pays du Sud-Caucase ou dans la région en générale. Aussi vouloir retrouver un Azerbaïdjan, tel qu'il existait au moment de l'éclatement de l'Union soviétique est irréaliste, et une nouvelle guerre contre le Karabakh n'arrangera certainement pas les affaires du clan Aliev.

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Turquie ou l'hôpital qui si fout de la charité.

Quand la Turquie donne des leçons de morale aux autres, il faut comprendre : Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais. Exemples :

Quand Ankara dit qu'il ne faut pas occuper une partie du territoire du pays voisin pour soutenir ses compatriotes, il faut comprendre Haut-Karabakh mais non Chypre.

Quand Namik Tan dit : "Les jugements d'un tiers concernant l'histoire des relations Turquie-Arménie (…) sont totalement inacceptables" cela n'a bien sûr rien à voir avec les propos du sieur Erdogan jugeant l'histoire des relations Israélo-palestiniennes.

Toutefois, en fin diplomate qu'il n'est pas, Monsieur Tan a raison sur un point : quand un chef d'Etat prend la parole, ses propos ont forcément une coloration politique.

Il y en a qui ferait bien de balayer devant leur Porte, surtout quand elle est Sublime.

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* Réunion tripartite sur le conflit du Karabakh *

"L'Arménie et l'Azerbaïdjan progressent lentement vers la résolution du conflit du Haut-Karabakh grâce aux efforts de médiation active de la Russie. Il y a de plus en plus de mouvements. Sachant que garder le statu quo conduira à des conséquences négatives," a déclaré le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Elmar Mammadyarov.

Mammediarov a été interviewé par le quotidien libéral russe quotidien “Moskovskie Novosti” à l'issue de la réunion de vendredi avec ses homologues russe et arménien à Moscou. Aucun détail sur les discussions trilatérales n'a été divulgué. Toutefois, il a ajouté :

"La participation active de Dmitri Medvedev au nom de la Russie a déjà porté ses fruits. À la dernière réunion du 5 Mars à Sotchi, nous avons vu une lueur d'espoir nous indiquant que nous nous dirigions dans la bonne direction. J'espère qu'une percée se fera plus rapidement que prévue. Après tout, les principes [pour la résolution du conflit] ne sont pas l'accord de paix. Il faut redoubler, voire tripler d'efforts, pour ce faire."

Le ministre azéri a également précisé que Bakou cessera de menacer de résoudre le conflit par la force que si les parties conclurent un accord de paix impliquant la libération des territoires azerbaïdjanais occupés. Dans le même temps, il a exprimé sa confiance que l'Azerbaïdjan finira par mettre en place des relations ‘de bon voisinage' avec l'Arménie. Et de conclure :

"C'est avec plaisir énorme que nous pourrions ainsi développer une telle politique envers l'Arménie. Nous mettrons tôt ou tard ceci en œuvre, dès que nous aurons éliminé les conséquences négatives du Karabakh."

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A propos du 24 Avril

* Brève

Le parlement et le ministère des Affaires étrangères turc ont dépêché une délégation en France avant le vote sur le projet de loi pénalisant la négation du génocide arménien, qui doit être débattu le 4 mai au Sénat. Leur travail consistera à prendre le contre-pied des arguments avancés par les promoteurs du projet de loi.
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Selon Hurriyet, la délégation conduite par le député Yasar Yakis (AKP) est composée de représentants spécialisés dans la politique étrangère des partis politiques : Osman Korutürk (ex-ambassadeur de Turquie en France de 2005-2009), Nur Memecan (AKP), Suna Tuğrul Türkes(MHP), et Gülsün Bilgehan (CHP).

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* Stephen Harper


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Le Premier ministre canadien Stephen Harper a publié une déclaration sur l'anniversaire du génocide arménien. "Il y a 96 ans, le peuple arménien a subi une souffrance terrible et des pertes de vie. Nous ne devons jamais oublier les leçons de l'histoire. Ni permettre aux inimitiés de l'histoire de nous diviser."

Les Arméno-Canadiens, venant des principales villes du Canada, ont marqué le 96e anniversaire du génocide arménien le 25 avril. Y participaient toutes les organisations arméniens, politiques, religieuses ou civiles. La cérémonie s'est poursuivie devant le Parlement canadien, suivie d'une marche dans les rues d'Ottawa, et une manifestation devant l'ambassade de Turquie.

Le Canada a officiellement déclaré en 2006 que les massacres perpétrés dans l'Empire ottoman en 1915 étaient un génocide.

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* Marie Yovanovitch


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"C'est un jour très triste, et chaque année, le personnel de l'ambassade américaine se rend au mémorial du génocide arménien en cette journée de commémoration importante. Le président américain Barack Obama a souligné dans son discours que nos cœurs et nos prières sont avec les Arméniens du monde entier. Je pense que le discours d'Obama était fort, ce qui prouve son attachement au peuple arménien. Dans son message, il a souligné l'importance de la recherche pour l'avenir, qui permettra d'éviter la répétition de telles tragédies," a déclaré l'ambassadeur américain en Arménie, Marie Yovanovitch.

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* Namik Tan


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L'ambassadeur de Turquie à Washington, Namik Tan, a fustigé les propos de la déclaration du président Barack Obama au sujet des événements de 1915 :

"La déclaration du président Obama est une description illicite, déformée et politiquement unilatérale de l'histoire. Nous le regrettons vivement. Les jugements d'un tiers concernant l'histoire des relations Turquie-Arménie sur la base de leurs propres évaluations politiques nationales sont totalement inacceptables. Ces déclarations déloyales vont compliquer davantage les efforts visant à trouver les éléments justes de l'histoire commune des Turcs et des Arméniens. L'interprétation unilatérale des douleurs de l'histoire ne servira pas à réaliser un compromis et la paix entre les parties. Au contraire, les Etats-Unis devraient encourager le dialogue et la normalisation entre la Turquie et l'Arménie. Les Etats-Unis ne doivent pas empêcher ce dialogue avec des déclarations unilatérales et à motivations politiques."

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Extraits de Armenialiberty et de la Radio publique d'Arménie



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