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jeudi 9 juin 2011

Haut-Karabakh : Les jeux sont faits avant même la fin des rencontres

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Plus on a de hautes fonctions, plus le discours devient diplomatique.

En écoutant les présidents et les ministres, on est proche d'un accord général et la réunion des présidents à Kazan le 25 juin va déboucher sur un accord-cadre.

En écoutant ‘le cran' en-dessous, les propos changent quelque peu. Le fossé entre les uns et les autres, est toujours aussi large et les achats massifs d'armes ne vont certainement pas le combler, sans compter les violations du cessez-le-feu.

Quant à l'interprétation des principes et/ou des éléments de base proposés par les médiateurs la première fois en Novembre 2007 à Madrid, revus et corrigés depuis, elle n'a, pour ainsi dire, pas varié : L'Azerbaïdjan veut récupérer à tout prix les sept districts entourant le Haut-Karabakh, lequel Haut-Karabakh sera doté d'une très grande autonomie au sein de l'Azerbaïdjan.

Si la navette diplomatique des médiateurs a atteint les limites de ses possibilités, c'est loin d'être le cas des trois pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE – Etats-Unis, Russie, France.

* Brève *


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Lors d'une table ronde, intitulée "La Turquie à l'aube des élections," le Directeur de l'Institut des Etudes Orientales de l'Académie des Sciences d'Arménie, Ruben Safrastian, a déclaré que l'AKP gagnera très probablement les prochaines élections parlementaires en Turquie.

Cependant, il y a certaines forces en Occident, qui ne veulent pas la victoire de l'AKP, liée au fait que la politique étrangère de la Turquie est devenue imprévisible et avec des éléments anti-arméniens et anti-israéliens solides.

Quant à l'intégration de la Turquie dans l'Europe, Ankara n'a fait aucune concession, que ce soit dans le problème kurde ou celui de Chypre. Pour étayer ses propos, il s'est référé à un article publié dans ‘The Economist', dans lequel l'auteur exhorte les citoyens turcs à voter contre le parti d'Erdogan aux élections législatives du 12 Juin prochain.

Safrastian a indiqué que l'élection se déroulera dans un contexte de forte pression sur les militaires. De nombreux militaires ont été soit arrêtés ou soit en détention provisoire pour prévenir une attaque surprise.

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Le 8 Juin, le Président de la République d'Artsakh, Bako Sahakian, a rencontré les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE arrivés la veille en traversant la ligne de contact.

Pour le président, retirer les tireurs d'élite de la ligne de contact, serait une étape essentielle pour renforcer la confiance et aurait un impact positif sur le processus de négociation. Les parties ont convenu qu'il n'y a pas d'alternative à un règlement pacifique du conflit du Karabakh.

M. Sahakian a une fois de plus présenté la position des dirigeants de Stepanakert, soulignant que tout changement drastique dans le processus de négociation est impossible sans l'implication directe du Karabakh dans les négociations.

Le ministre des Affaires étrangères de la RHK, Gueorgui Pétrossian, le Représentant personnel du président en exercice de l'OSCE, Andrzej Kasprzyk, ainsi que d'autres officiels participaient à la réunion.

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Commentant la réunion entre les médiateurs et le président Sahakian, le Chef du Département central d'information du Bureau présidentiel de la RHK, David Babayan, a déclaré :

"C'était une réunion ordinaire ... les questions en suspens ont été au centre des discussions. Plus précisément, la participation Artsakh aux négociations, le retrait des tireurs d'élite de la ligne de contact et la position destructrice de l'Azerbaïdjan, ont été discutés."

"Seulement des idées ont été échangées, et des travaux sont effectués pour améliorer les mécanismes d'enquête sur les incidents sur la ligne de contact. Il n'y a pas encore de tels mécanismes, mais la mission d'observation de l'OSCE dans la zone de conflit, conjointement avec les ministères de la Défense du Karabakh et de l'Azerbaïdjan, devrait se développer, de sorte que la communauté internationale donne une réponse pertinente aux politiques de violations du cessez-le-feu."

Concernant les déclarations de certains experts sur les progrès considérables possibles après la rencontre de Kazan du 25 juin prochain, David Babayan a ajouté : "Il n'y a pas de conditions préalables à une percée. Tout d'abord, le format des négociations n'est pas respecté. Et si l'Artsakh, l'un des principaux partis concernés, ne participe pas aux négociations, quelle logique y a-t-il ? Comment peut-il y avoir une percée ?"

Pour Babayan, les parties ont des écarts importants et des approches différentes sur les mêmes principes. Ainsi, l'Artsakh et l'Azerbaïdjan interprètent à leur manière le droit à l'autodétermination, la notion d'intégrité territoriale ainsi que d'autres points. "Aussi, je ne vois pas de conditions favorables à des progrès, surtout si l'on tient compte de la politique destructrice de l'Azerbaïdjan." Il faisait en cela référence à la déclaration du Vice-ministre azéri des Affaires étrangères, Araz Azimov, pour qui ‘l'autodétermination doit se faire dans le cadre de l'Azerbaïdjan.'

"Ce n'est pas réaliste. En outre, cela montre un manque de respect envers les efforts des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Une telle philosophie ne peut pas conduire à un résultat positif."

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Suite à la réunion de Stépanaguerd, le coprésident français, Bernard Fassier, a exprimé l'espoir que la version finale des principes de Madrid sur le règlement du conflit sera approuvée prochainement.

Il a ajouté que des modifications mineures doivent être apportées pour finaliser le document discuté lors de la dernière rencontre Sarkissian-Medvedev-Aliev en Mars dernier à Sotchi.

Son collègue russe, Igor Popov, a à son tour noté que les travaux sur les principes de règlement du conflit sont en cours, mais qu'un certain nombre de questions nécessitent encore des améliorations pour être prises en compte à la rencontre de Moscou du 11 Juin prochain entre les ministres des Affaires étrangères arménien, azéri et russe. En cas d'accord, les principes seront finalisés lors de la réunion présidentielle Arménie-Russie-Azerbaïdjan du 25 à Kazan.

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L'Arménie tient à la normalisation des relations avec l'Azerbaïdjan, a déclaré le premier ministre arménien.

S'adressant au Forum économique mondial sur l'Europe et l'Asie centrale à Vienne, Tigrane Sarkissian a déclaré que le Groupe de Minsk est "désormais proche de la réussite et la déclaration de Deauville faite par les pays coprésidents en est la preuve."

La partie arménienne accepte les dispositions de base de la déclaration et est prête à afficher la volonté politique pour parvenir à un accord. Toutefois, a-t-il souligné, "l'Azerbaïdjan, doit aussi faire preuve de volonté politique pour signer un accord qui pourrait servir de base pour les négociations futures."

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Selon le directeur du Centre d'Etudes Régionales, il y a un risque de déclenchement intempestif d'une nouvelle escalade au Haut-Karabakh.

"Toutefois, la reprise des hostilités semble illogique, car Bakou a peu de chance de gagner la guerre. L'Azerbaïdjan doit compter encore 8-10 ans pour atteindre le niveau des forces armées arméniennes, car l'achat d'armement est insuffisant dans des mains maladroites. Un pays peut posséder les derniers équipements militaires modernes et être vaincu à cause de la mauvaise formation de son armée," a souligné Richard Guiragossian.

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Extraits de PanArmenian.net



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