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lundi 25 juillet 2011

Le conflit du Karabakh vu sous trois angles différents

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Trois visions différentes des conséquences du conflit du Karabakh.

Bakou, qui habituellement fait sa propagande anti-arménienne dès qu'une occasion se présente, mettant en avant sa puissance économique et militaire, nous donne cette fois-ci une analyse plus objective du devenir des dix-sept années de négociations. Il est difficile d'admettre que faire la guerre aux Arméniens ne se soldera pas forcément par la victoire de l'Azerbaïdjan et que de surcroit le Haut-Karabakh ne retournera jamais plus sous administration azérie.

Que l'UE soit intéressée par la résolution du conflit, on peut le comprendre aisément. Qui d'ailleurs a intérêt que dure encore le conflit ? Probablement seulement Bakou, pour lui permettre de continuer à se surarmer grâce à ses pétrodollars, car même la Turquie à d'autres objectifs avec son ‘zéro problème avec les voisins'. Ce qui pousse l'UE, ce n'est certainement pas le souci des droits de l'homme, pas plus que les beaux yeux des uns et des autres. Le bouclage définitif du projet Nabucco et sa mise en chantier d'ici la fin de l'année est autrement plus impératif pour l'UE. La branche Nord part de Bakou et va à Erzeroum via la Géorgie, alors que la branche Sud va de la Caspienne à Erzeroum via l'Iran. Avec un impératif : que le gazoduc ne traverse pas des régions à risques. Les Affaires ont besoin de calme.

Quant aux Etats-Unis, ce n'est pas tant le pétrole ou le gaz de la mer Caspienne qui est leurs soucis premiers dans la région, mais le devenir de l'Iran avec sa montée en puissance dans le nucléaire. Tant que l'Iran se contentait de faire parler de lui sur le plan des droits de l'homme, cela titillait Washington mais sans plus, alors que rentrer dans le club très privé des détenteurs de la ‘bombe' est une autre histoire, surtout quand Israël n'est pas loin.

* Brèves *


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Ogun Samast, alors âgé de 17 ans au moment des faits, principal suspect dans l'assassinat en Janvier 2007 du journaliste Hrant Dink a été condamné ce lundi à une peine de 23 ans de prison par un tribunal d'Istanbul, rapporte l'agence de presse Anatolie.

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"Le président Serge Sarkissian a officiellement réagi aux propositions de son homologue russe Dmitri Medvedev sur la façon de mettre fin à l'impasse actuelle dans le processus de paix du Haut-Karabakh," a indiqué vendredi le porte-parole du président, Armen Arzoumanian. Le contenu de la réponse n'a pas été rendu public.

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"Les relations bilatérales entre Bakou et Washington ne sont pas au mieux à l'heure actuelle," écrit ‘Le Journal de politique étrangère', dans un article intitulé ‘Les grands enjeux énergétiques de la Caspienne'.

"Bakou a investi un gros capital politique pour démontrer qu'il est un partenaire fiable pour les Etats-Unis, mais la région ne fait pas partie des priorités de la politique étrangère de l'administration Obama. Bakou n'approuve pas la position pro-arménienne des Etats-Unis concernant le conflit du Haut-Karabakh, ce qui affaiblit son poids. Loin d'être une question d'importance secondaire pour les dirigeants de Bakou, ce problème est profondément enraciné dans la société azérie et c'est devenu une question de fierté nationale pour le pays. Ce qui risque de devenir un sérieux obstacle au renforcement des relations bilatérales et plus largement menace d'impacter leur relation stratégique," écrit l'auteur.

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* Ali Hassanov et le conflit du Karabakh *


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"L'Azerbaïdjan comprend l'importance de la question chypriote pour la Turquie, mais est préoccupé par l'effet que la reconnaissance de la partie Nord de l'ile comme un État indépendant, pourrait avoir pour nous. Ce n'est pas que Chypre est moins importante pour nous que pour vous, mais ceux qui dirigent votre Etat savent très bien que si l'Azerbaïdjan reconnaissait la République Turque de Chypre Nord (RTCN), 15 [autres] États reconnaitraient le Haut-Karabakh. Prenez cela en considération. La Turquie ne voudrait pas de cela," a déclaré le Vice-premier ministre azerbaïdjanais, Ali Hassanov.

"La Turquie a le droit d'attendre que l'Azerbaïdjan reconnaisse la RTCN. La seule raison pour que cela ne soit pas encore arrivée est que d'autres Etats reconnaîtraient à leur tour l'indépendance du Haut-Karabakh," et d'ajouter qu'il y a des Turcs qui souhaitent ouvrir la frontière turco-arménienne, mais que l'Etat turc empêche que cela se produise.

"J'avais cru en 2001 que le temps était allait jouer en notre faveur concernant le conflit du Karabakh, mais j'ai cessé d'y croire. Au contraire, le problème s'enlise dans la durée. Le temps a joué en notre faveur seulement sur le plan économique, mais il est contre nous politiquement. Nous avons toujours dit que si les choses continuaient de cette façon, on pourrait déclarer la guerre. Nous aurions aimé voir la Turquie nous soutenir, mais il y a le droit international. De plus, il y a des accords militaires entre la Russie et l'Arménie. La Turquie ne peut pas intervenir [militairement], bien que nous voyons qu'elle nous soutient politiquement. Ce n'est pas comme si la Turquie rentrait en guerre contre la Russie de toute façon."

"Bakou est en négociation avec Erevan dans le seul but de négocier, vu que l'Azerbaïdjan serait étiqueté comme ‘État anti-démocratique' s'il ne participait pas aux réunions," a souligné Hassanov.

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* L'UE et le conflit du Karabakh *


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"L'Union européenne est susceptible d'apporter sa participation à la résolution du conflit du Karabakh, tout comme elle est prête à fournir une aide financière pour promouvoir le règlement et reconstruire la région. Nous encourageons de plus en plus les mesures de confiance à la fois en Transnistrie et au Karabakh. C'est un début, Bruxelles est prêt à s'engager, et sa volonté de résoudre le conflit croît de plus en plus," a déclaré le commissaire européen à l'Elargissement et à la Politique européenne de voisinage, Stefan Füle.

Stefan Füle a déclaré que Bruxelles s'est engagé à résoudre le conflit parallèlement aux travaux de médiateurs du Groupe de Minsk. Il a indiqué que le remplacement de l'un des coprésidents n'est pas important. Il pense que les côtés et le Groupe de Minsk doivent permettre une plus grande implication de l'UE. Il a affirmé le renforcement des capacités de l'UE dans ce domaine.

Le Commissaire a déclaré en outre des mesures de confiance : l'UE peut, maintenant et à l'avenir, fournir un paquet significatif d'aides quand les côtés parviendront à un accord durable. Ce paquet inclura des mesures qui favoriseront le développement économique et social. Si nécessaire, l'UE peut reconstruire des infrastructures pour relier certaines régions à d'autres pays, ainsi que renforcer le rôle de la société civile et d'autres forces qui peuvent être utiles à la réconciliation.

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* Alexandre Douguine et le conflit du Karabakh *


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"Tôt ou tard, les provocations dans la zone du conflit du Karabakh déclencheront la reprise des hostilités. Je ne pense pas possible d'y résister maintenant, car nous sommes trop faibles et désorientés en ce moment. Même en Iran, la cinquième colonne américaine tente de surmonter la dure résistance mise en place par les dirigeants du pays. C'est un jeu très complexe et important," a déclaré le chef du Mouvement Eurasien International, Docteur en sciences politiques, le professeur Alexandre Douguine.

Il est très difficile de lutter contre l'ennemi qui est à l'intérieur, selon lui : "Nous avons permis aux Américains d'effectuer la répartition des zones d'influence dans le monde dans leur propre intérêt. Par conséquent, si tôt ou tard la guerre reprenait au Karabakh, les perdants en seraient l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Russie, la Turquie et l'Iran. Les Américains ne se calmeront pas avant d'y parvenir. Ils n'ont pas un plan daté pour réaliser cela, mais ils ont un paradigme et un algorithme communs, et les provocations frontalières servent à marquer le temps. Malheureusement, nous sommes des observateurs passifs de ces intrigues de la géopolitique américaine," a déclaré Douguine ; rapporte le quotidien azéri Zerkalo.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



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