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samedi 16 juillet 2011

Relations Turquie-UE

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Comme indiqué dans mon précédent commentaire, les négociations d'adhésion de la Turquie avec l'Union européenne marquent le pas depuis un an, date d'ouverture du treizième chapitre sur les 35 prévus. C'est peu depuis près de six ans que durent les pourparlers, et il y a de fortes chances que nombre de chapitres ne seront pas ouverts cette décennie.

Pour mémoire, la Croatie qui a démarré les négociations d'adhésion en même temps qu'Ankara, a clos le 31ème chapitre en juin dernier. Le traité final devrait être signé à la fin de l'année avant l'adhésion pleine et entière prévue au 1er juillet 2013, après validation par les Etats membres.

Pourquoi un tel retard pour la Turquie, plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord le contexte international a changé avec l'apparition de la crise monétaire occidentale et son impact sur les pays européens et notamment sur les pays à fort endettement. Plus près de nous, l'explosion des révoltes dans les pays arabes du Sud méditerranéen. L'impact de ce contexte est valable pour tous les pays candidats ou en cours de négociations.

Une autre raison tient au pays candidat lui-même. C'est un gros pays émergeant, et qui depuis peu fait partie du G20. L'entrée dans l'UE d'ici une douzaine d'années de 80 millions de musulmans gouvernés par un parti islamiste, même modéré, risque fort de poser des problèmes et aux dirigeants et à la population européenne.

Mais le motif principal à la réticente de l'UE tient aux dirigeants turcs qui, en vue de se rapprocher des valeurs de l'UE, s'engagent à réaliser des modifications profondes dans la constitution, dans le code pénal ou dans les lois, mais qui en pratique se contentent de petites réformettes. Ne pas honorer ses engagements est monnaie courante en politique, mais ne pas honorer sa signature est plus lourd de conséquences pour un Etat. C'est le cas envers Chypre avec le refus d'ouverture douanière, c'est le cas envers l'Arménie avec le refus de ratifier les protocoles.

Lorsqu'on déclare vouloir ‘zéro problème avec ses voisins', qu'on occupe militairement depuis 1974 38% du territoire de l'un, qu'on maintient depuis 1994 un autre sous blocus, qu'on se dit fier d'être le successeur de l'empire ottoman avec une tache indélébile d'avoir été le premier Etat génocidaire du XXème siècle et d'être toujours négationniste un siècle plus tard, la moindre des choses avant de critiquer et de donner des leçons aux autres, c'est de commencer par balayer devant sa porte, aussi sublime soit-elle.

* Brève *

Le projet "Mains tendues", de deux artistes hollandais, alternative à la sculpture de Mehmet Aksoy à Kars qui a été déboulonnée à la demande d'Erdogan, ne porte pas de message politique, mais propose un espace de négociation en cours symbolisé par des moules en plâtre de mains de personnes ; rapporte le quotidien turc Hurriyet.
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Les promeneurs istanbuliotes à Pangalti ou aux abords de la place Taksim, peuvent trouver surréaliste la sculpture représentant une main géante roulant autour d'un sac d'ordures. La sculpture n'a pas été envoyée à la ferraille comme celle de Kars, mais représente un élément apporté par deux artistes néerlandais au débat actuel entre Art et Politique.

Wouter Osterholt et Elke Uitentuis tournent tous les jours à Istanbul avec leur ‘sac d'ordures' et une copie de la sculpture de Mehmet Aksoy, débattue depuis plusieurs mois - le "Monument à l'Humanité" - placé au dessus de celui-ci, et demandant aux passants s'ils peuvent faire un moule en plâtre de leurs mains.

(…)

"Quand nous marchons avec notre sac, beaucoup de gens s'arrêtent et nous demandent ce que c'est et si nous voulons entamer un dialogue. Nous leur demandons ce qu'ils pensent de la sculpture et du débat, et leur proposons de faire une copie de leur main. C'est à eux de décider du geste qu'ils veulent faire, la plupart des gens choisissent soit une main tendue, ou le signe de la victoire ou le poing levé," a déclaré Uitentius.

Jusqu'à présent, Osterholt et Uitentuis ont recueilli 105 mains. À la fin du projet, ils comptent se rendre à Kars et les déposer à l'endroit où se dressait autrefois le monument d'Aksoy.

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* Relations Turquie-UE *

Le conflit chypriote est un obstacle majeur à l'adhésion de la Turquie à l'UE, en plus de l'opposition de principe des deux poids lourds de l'UE, la France et l'Allemagne. Les Chypriotes grecs insistent sur le fait que la Turquie ne peut rejoindre le bloc tant que le conflit chypriote n'est pas résolu.

L'UE dit qu'Ankara doit respecter sa promesse de permettre aux chypriotes grecs de circuler dans le Nord de l'île, selon l'accord de 2005 - le protocole d'Ankara. La Turquie déclare pour sa part que l'UE doit mettre fin à son blocus de la partie chypriote turque, soit 38% de l'ile.


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"Les relations entre la Turquie et l'Union européenne ‘gèleront' si Chypre prend la présidence de l'UE en Juillet 2012 sans une solution pour l'île divisée," a déclaré le 13 Juillet le ministre turc des Affaires étrangères.

Ahmet Davutoglu a ajouté qu'il voulait voir "un nouvel élan" au processus d'adhésion de la Turquie, maintenant que les élections législatives turques sont terminées : "Si le côté chypriote grec fait trainer les négociations et prend la présidence de l'Union européenne en Juillet 2012, cela signifie non seulement un blocage pour l'île, mais aussi un blocage, voire un point de congélation, dans les relations Turquie-UE. Nous devons prendre des mesures dès maintenant et avant la fin de l'année, pour empêcher ce blocage."

"Nous voulons voir un nouvel élan au processus d'adhésion, maintenant que les élections turques sont terminées," avait déclaré le commissaire européen à l'Elargissement, Stefan Fuele, lors d'une conférence de presse avec le ministre turc chargé de l'UE, Egemen Bagis.

Lors d'une visite dans la partie turque au Nord de l'île ce week-end, Davutoglu a déclaré que la Turquie espère que les conditions pour la réunification de Chypre seront acceptées d'ici la fin de l'année, afin qu'un référendum puisse avoir lieu début 2012 ; rapporte le ‘Financial Mirror'.

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* Edouard Nalbandian à Londres *


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"Bakou trompe son opinion publique, en prétendant que l'Acte final d'Helsinki prévoit que le règlement des conflits doit se dérouler dans le cadre de l'intégrité territoriale. Car le document ne précise pas quel lieu est concerné. À ceux qui extraient de l'Acte final uniquement les lignes qui leur conviennent et laissent de côté le reste du document, je tiens à leur rappeler que la loi stipule, qu'en cas de lectures divergentes du droit international, c'est le statut de l'ONU qui prime," a déclaré le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, lors de sa conférence à l'Institut International d'Etudes Stratégiques de Londres.

Nalbandian a rappelé que la déclaration commune faite à Deauville par les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, porte avant tout sur l'établissement de la paix et non sur des préparatifs de guerre : "Evidemment, c'était adressé à l'Azerbaïdjan, mais l'Azerbaïdjan a répondu avec : - des menaces de reprise de la guerre ; - une énorme parade militaire ; - et se vantant qu'en sept ans, le budget militaire avait été multiplié par vingt."

Il a rappelé que sans le consentement du Karabakh sur les principes fondamentaux, il sera impossible de signer un traité de paix ; tout comme sans l'implication directe du Karabakh dans les pourparlers, il sera impossible de signer un accord sur le règlement du conflit.

"La déclaration de Deauville parle de l'inacceptabilité de maintenir le statu quo. Soit, mais c'est tout l'ensemble des propositions - les trois principes et les six éléments - énoncé par les chefs des pays coprésidents, qui doit être rempli. Ainsi, il y a un point important que l'Azerbaïdjan essaie d'occulter. C'est le droit de la population du Haut-Karabakh à détermination son statut final, par l'expression libre et légale de la volonté populaire," a déclaré Nalbandian.

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* Des subventions pour l'Arménie *

L'Union européenne a alloué 19,1 millions d'euros pour des réformes institutionnelles en Arménie.

Le 13 Juillet 2011, le Conseil a adopté la première partie du programme d'action annuel 2011 pour l'Arménie, afin de l'aider à renforcer les capacités techniques et administratives des principales institutions arméniennes responsables de la mise en œuvre des futures coopérations Arménie-UE sur le commerce, la libéralisation des visas, les réformes socio-économiques et pour une meilleure qualité de la gouvernance.
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"Le ‘Printemps arabe' a conduit à des attentes accrues des réformes de la gouvernance pour le voisinage européen. L'impact de ces changements sur le partenariat de l'Est, l'Arménie inclus, ne peut être ignoré. L'adoption aujourd'hui du programme d'action annuel montre que l'UE demeure fermement résolue à l'autonomisation des sociétés dans les pays partenaires voisins désireux de prendre possession de ces réformes, qui sont très nécessaires pour le bien-être de leur population," a souligné le Commissaire à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, Stefan Füle.

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Extraits de PanArmenian.net



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