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mercredi 20 juillet 2011

Rencontre arméno-turque

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Il est facile de promettre une ouverture prochaine de la frontière surtout lorsqu'on ne donne pas de date et que de plus, on évite de préciser que celui-ci est corrélé à la résolution du conflit du Karabakh. La communauté arménienne se souvient encore qu'à l'inauguration en octobre dernier de l'église Sainte Croix d'Akhtamar, la Turquie a refusé d'ouvrir la frontière de Kars même pour un week-end. En Turquie, il y a ce que l'on dit publiquement voire officiellement et ce que l'on fait en pratique.
Il est également notoire que la diplomatie ottomane est très bien rodée. Elle est capable de faire miroiter et faire avaler aux étrangers, et notamment aux Occidentaux, à peu tout ce qu'elle veut. Aussi les dirigeants turcs n'hésitent pas à apposer leur signature au bas de traités politiques surtout s'ils ne comptent pas le respecter, en y ajoutant des conditions après coup.
Ainsi, tout le monde a en mémoire la signature en grande pompe du Traité sur les Protocoles de normalisation des relations arméno-turques, en Octobre 2009.
Tout le monde se souvient également, du moins dans l'Union européenne, de la signature par Ankara en Juillet 2005 de l'extension de l'accord d'union douanière liant la Turquie à l'UE aux dix pays membres de l'Union entrés dans l'UE en mai 2004, dont la République de Chypre, et ce pour pourvoir ouvrir les négociations d'adhésion en octobre de la même année. La Grande-Bretagne et l'Espagne avaient hâte de voir rentrer la Turquie dans le concert européen, il n'est pas nécessaire de se demander pourquoi …. Le lundi 21 mars 2005, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait promis à Bruxelles que la Turquie respecterait les engagements attendus d'elle par les Européens avant l'ouverture prévue le 3 octobre de ses négociations d'adhésion. "Les pas qui doivent être faits d'ici là le seront assurément", avait déclaré M. Erdogan à l'issue d'un dîner de travail avec le premier ministre grec, Costas Caramanlis, à la veille du sommet européen de Bruxelles.
Aussi quand le même Recep Tayyip Erdogan déclare qu'il va geler les relations avec l'UE, si l'on n'exhausse pas ses vœux, tout le monde trouve cela normal. L'aveuglement a des limites, même à Bruxelles.
* Brève *
Le 19 Juillet, le ministre des Affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a reçu le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb.
Le ministre a mis l'accent sur le développement des relations franco-arméniennes, notamment sur les réalisations considérables de la coopération décentralisée dans la politique, économie, culture et éducation. Les interlocuteurs ont également souligné l'importance de la communauté arménienne dans la coopération interétatique.
Gérard Collomb a souligné la contribution de la communauté arménienne dans le développement de la France et de la ville gérée par lui.
Au cours de la réunion, Edouard Nalbandian a abordé les travaux préparatoires de l'Assemblée générale des villes francophones qui se tiendra à Erevan à l'automne 2011.

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Le maire de Lyon a également rencontré le président Serge Sarkissian.
"Je suis heureux de voir que la coopération permanente entre Erevan et Lyon favorise les liens d'amitié entre les peuples des deux pays", a déclaré le président, exprimant l'espoir de renforcer la collaboration grâce à de nouvelles initiatives et de programmes.
Le président Sarkissian a également remercié le maire de Lyon, et des membres du Conseil municipal pour leur préoccupation envers les Arméniens et la question arménienne. "Notre peuple est reconnaissant envers ceux qui partagent notre douleur et reconnaissent le génocide arménien, et qui de plus luttent contre la politique de négation," a déclaré le chef de l'Etat.
Rappelons que Lyon et Erevan sont jumelés depuis 1992.

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* Rencontre arméno-turque *
La frontière avec l'Arménie pourra éventuellement se rouvrir pour le trafic transfrontalier, selon ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu.
"Le ministre turc des Affaires étrangères est sûr que la frontière sera rouverte, tôt ou tard, afin que nous puissions nous rendre en Turquie et visiter des sites historiques," a déclaré Arthur Ghazarian, le patron de l'Union des fabricants et entrepreneurs d'Arménie, au quotidien Hürriyet après une rencontre avec Ahmet Davutoglu à Ankara.
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Un groupe de cinq personnes d'ONG arméniennes, venu visiter la Turquie à l'invitation de la Fondation TEPAV - Les Politiques Economiques de la Turquie -, a rencontré Davutoğlu et le Sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu, pour discuter du processus de normalisation turco-arménien, actuellement dans l'impasse.
"Nous avons demandé au ministre quand le processus allait redémarrer. Malheureusement, aucune date exacte n'a été donnée, mais j'ai reçu l'assurance que la partie turque mettra en œuvre des mesures nécessaires à cette fin," a déclaré Mikael Hovannissian de la Fondation Eurasia Partnership.
La délégation a indiqué au ministre que la société arménienne, tout comme la communauté internationale, attendait cette ouverture.
"Les relations turco-arméniennes sont comme un train qui commence à bouger. Il n'y a pas de marche arrière, pas plus que nous pouvons arrêter le train en marche, nous ne pouvons qu'aller de l'avant," a déclaré Aghavni Karakhanian, directrice de l'Institut de la Société civile et du Développement Régional. Et Ghazarian d'ajouter : "Nous avons dit que la balle est dans le camp de la Turquie."
Richard Guiragossian du Centre d'Etudes Régionales a indiqué qu'il a d'abord été impressionné par ‘le temps accordé' par le ministère et par le fait que le ministre lui-même était ‘très avenant.' "J'ai été impressionné par la qualité de Davutoğlu et ses échanges francs et ouverts avec nous," a-t-il souligné.
Le génocide arménien de 1915 a également été abordé lors de la réunion. La délégation a indiqué qu'il y avait une prise de conscience beaucoup plus présente en Turquie depuis quelques années. Guiragossian a déclaré à Davutoğlu que "la frontière mentale est déjà ouverte entre les deux pays voisins, bien que la frontière est toujours étanche – sentiment partagé par le ministre des Affaires étrangères."
Les Arméniens ont déclaré qu'ils avaient été impressionnés par les discussions franches et ouvertes au sein du ministère ; rapporte le quotidien Hurriyet.
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* Turquie *

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"Ankara gèlera ses relations avec l'Union européenne si la République de Chypre assume la présidence de cette organisation, avant que le problème de l'ile ne soit résolu. Nous considérons qu'il est honteux de s'asseoir à la table des négociations avec eux (les Chypriotes grecs) aux Nations-Unies. Nous n'allons pas négocier avec un pays que nous ne reconnaissons pas," a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avant sa visite mardi après-midi dans la partie turque de l'île (RTCN), pour marquer l'anniversaire de l'armée turque.
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La secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Hillari Clinton, qui se trouvait à Istanbul pour participer à la réunion du groupe de contact avec la Libye, a rencontré les dirigeants de l'opposition du Parti Républicain du Peuple et du Parti Paix et Démocratie Kurde.
Au cours de la réunion, Mme Clinton a abordé les relations arméno-turques. Les représentants du CHP ont été surtout choqués par la question de la Secrétaire d'Etat, portant sur leur opposition à ratifier les Protocoles arméno-turcs.
"Les autorités turques m'ont dit que la question de ratification des protocoles arméno-turcs n'a pas été débattue au Parlement parce que le CHP est contre," a-t-elle déclaré.
En réponse, le chef du Parti, Kemal Kılıçdaroğlu a exprimé sa surprise en disant que les autorités ont la majorité au Parlement et peut faire passer les Protocoles au moment qu'elles veulent.
L'opposition a également noté que les dirigeants ne divulguent aucune information sur les protocoles et sur le conflit du Karabakh, et que par conséquent l'opposition suit les développements qu'à travers les médias.
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* Lettre à Ban Ki-Moon *

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Le 18 Juillet, le représentant permanent de l'Arménie à l'ONU, Karen Nazarian, a adressé une lettre au Secrétaire général, Ban Ki-moon.
Il attire l'attention du Secrétaire général sur les violations incessantes du régime de cessez-le par les forces armées azerbaïdjanaises sur la ligne de contact, et que "de telles actions provocatrices sont en contradiction avec les négociations en cours dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, les déclarations des chefs des pays coprésidents, les Statuts de l'ONU et l'Acte final d'Helsinki."
Karen Nazarian exprime sa préoccupation devant le fait que les dirigeants azerbaïdjanais répandent une propagande anti-arménienne, et que c'est devenu un élément permanant de la politique étrangère de l'Azerbaïdjan. Les dernières preuves en date sont les discours du président azerbaïdjanais lors de la parade militaire du 26 Juin 2011, et du Congrès mondial des Azerbaïdjanais. Et d'indiquer que de telles actions sont des violations évidentes des engagements internationaux de ce pays.
"L'Arménie s'est engagée à poursuivre les négociations sur le règlement du conflit du Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, qui est un moyen efficace et le seul format légitime pour la médiation. Il est temps pour l'Azerbaïdjan de comprendre qu'il doit cesser d'entraver l'activité des médiateurs et se concentrer sur le processus de négociation au lieu de diffuser des informations sans fondement et offensives."
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* De la participation de la RHK aux négociations *

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Andrei Areshev, expert à l'Institut d'Etudes Politiques et Sociales de la mer Noire et de la Caspienne, a apporté son commentaire sur l'état actuel des négociations pour le règlement du conflit du Karabakh.
"Des négociations directes entre l'Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh auraient été plus logique ; en cédant sa place à la table de négociation au Karabakh, l'Arménie resterait garant de la sécurité de la RHK. Cependant il est difficile de dire si cette option est viable dans les circonstances actuelles. Non seulement Erevan et Stepanakert, mais aussi les parties qui désirent éviter la perte de l'équilibre actuel des forces, tiennent à la préservation de l'état actuel des choses," a-t-il souligné.
L'expert caractérise la garantie de la sécurité de la RHK comme étant un élément important du règlement du conflit, en particulier dans la situation internationale actuelle, où même le statut d'un membre de l'ONU ne peut pas le sauver de bombardements.
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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net


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