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mercredi 17 août 2011

L'Artsakh est-il un État ‘fantôme' ?

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Les Etats-Unis, comme d'ailleurs toute grande puissance, n'aiment pas les empêcheurs de tourner en rond, sauf bien sûr si ces empêcheurs vont dans le sens de leurs intérêts. L'auteur de l'article du ‘New York Times' s'en prend à ces Etats, en fait des ethnies nationales, qui pour des raisons politiques ont été morcelées, et de citer notamment les conflits gelés dans l'espace postsoviétique. A noter que les Etats-Unis n'ont pas été et ne sont pas les derniers dans ce jeu de découpage.

Ce n'est pas parce que la puissance dominante de l'époque, en l'occurrence les bolcheviks, a fait du ‘découpage' dans les nations pour mieux régner, qu'il faut clore le chapitre et faire comme si rien ne s'était passé. Une injustice reste une injustice, même 90 ans après.

Ces Etats ‘fantômes' peuvent changer de statut selon la pression de la communauté internationale ou par voie militaire. D'où l'intérêt de chacun de mettre du sien, de négocier pacifiquement plutôt que laisser pourrir la situation.

Tout le monde désire solutionner ces situations en essayant de corriger, voire d'effacer, les conséquences, mais rares sont ceux qui s'attaquent à la racine du mal et essaient de traiter la cause.

* Brèves : nominations au Sud-Caucase *

* Par l'OSCE

Le diplomate turc Targay Koray vient de prendre ses fonctions de nouveau directeur du Bureau de l'OSCE à Bakou. Targay succède à un autre ambassadeur turc, Bilge Cankorel, appelé à d'autres fonctions en Juillet dernier.

"Le Bureau de l'OSCE à Bakou a établi une coopération fructueuse avec le gouvernement azerbaïdjanais, les partis politiques et la société civile, ce qui est essentiel pour améliorer la mise en œuvre [par le pays] de ses engagements envers l'OSCE. Je suis impatient de soutenir le gouvernement et les membres de la société civile dans leurs efforts dans les trois dimensions de l'OSCE," a déclaré Targay.

Targay Koray est un diplomate de carrière qui a servi dans plusieurs postes à l'étranger : Suisse, Syrie, Canada, Allemagne, Grèce et Malaisie. Avant sa nomination, Targay était ambassadeur de Turquie en République tchèque.

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* Par la Grande-Bretagne

M. Jonathan James Aves et sa femme Mme Katherine Jane Leach, ont été nommés ambassadeurs conjoints de Grande Bretagne en Arménie. Ils succèdent à M. Charles John Lonsdale, appelé d'autres fonctions. Le couple de diplomates prendra ses fonctions en Janvier 2012. Ils résideront à Erevan, et assureront la fonction d'ambassadeur par rotation de quatre mois.

M. Aves et Mme Leach ont rejoint le corps diplomatique en 1996 et 2000 respectivement, après une carrière dans le milieu universitaire et de chercheur sur l'opinion publique. Ensemble, ils ont plusieurs années d'expérience et de connaissance de l'histoire, des langues et de la culture du Sud-Caucase et de la région. Leurs carrières ont couvert un éventail de domaines : politique, sécurité, commerce et développement de l'UE, sécurité énergétique et droits de l'homme.

A leur nomination, ils ont déclaré : "Nous sommes ravis d'être nommés Ambassadeurs conjoints en Arménie. Nous croyons que notre énergie et l'expérience combinée donneront un nouvel élan pour rendre les relations bilatérales, traditionnellement chaleureuses entre le Royaume-Uni et l'Arménie, encore plus proches. Nous croyons qu'en travaillant ensemble, nos deux pays peuvent apporter une réelle contribution à notre mutuelle prospérité et sécurité."

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* Par l'UE

Le futur chef de la délégation de l'UE en Arménie sera un diplomate roumain, Traian Hristea. Ex-ambassadeur de la Roumanie en Ukraine, il occupe actuellement le poste de directeur du Département pronostic et planification au ministère roumain des Affaires étrangères. M. Hristea - 41 ans, marié, parlant couramment l'anglais et le russe – n'arrivera qu'en fin d'année, sous réserve d'agrément par les autorités arméniennes et la confirmation officielle de sa date d'entrée en fonction. Il succèdera ainsi à M. Raul de Luzenberger, appelé à d'autres fonctions dans l'administration européenne.

Parmi les 25 nouvelles nominations, on notera celle du diplomate français Jean-Maurice Ripert, nommé à la tête de la Délégation de l'UE en Turquie.

A ce jour, le successeur du représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase n'est pas connu. Le poste de M. Semnebi est vaccant depuis le 1er Mars.

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* L'Artsakh est-il un État ‘fantôme' ?

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"Il y a trois ans, la Russie et la Géorgie se sont combattus dans une guerre brève et brutale pour une obscure bande de terre montagneuse appelée Ossétie du Sud, qui avait déclaré son indépendance de la Géorgie. Faisant fi du droit international, la Russie est intervenue pour défendre l'Ossétie du Sud et plus tard a reconnu formellement les sécessionnistes comme gouvernement légitime. Il y a eu des centaines de morts, et des milliers de réfugiés ont fui la région contestée," écrivait le spécialiste de la région dans le ‘New York Times' du 15 Août.

"La guerre de 2008 a démontré le potentiel explosif créé par la présence d'Etats fantômes : des lieux avec des forces militaires, qui font des élections, bâtissent des économies locales et éduquent les enfants, mais habitent dans un brouillard juridique entre une existence de fait et la légitimité internationale."


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"Les Etats ‘fantômes' sont des sources de guerre, favorisant la violence, et transformant des Etats faibles en Etats encore plus faibles. Le Haut-Karabakh est loué par l'Arménie mais détesté par l'Azerbaïdjan, menant les deux côtés à stocker des armes en prévention d'une nouvelle guerre," poursuit l'article.

Avec environ 70.000 personnes, l'Ossétie du Sud est l'un des plus petits de ces bizarreries de la politique internationale. L'Abkhazie voisine, une autre république séparatiste, compte de l'ordre de 250.000 habitants (ces chiffres sont contestés). Le Haut-Karabakh et la Transnistrie sont les deux autres Etats séparatistes de l'ancienne Union soviétique. En descendant vers le Sud, on trouve la République turque de Chypre du Nord ; puis les territoires palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, et le territoire autogéré du Somaliland. Une demi-douzaine de ‘patchs' pourrait être ajouté à ce tableau, on arriverait ainsi à près de 40 millions de personnes.

Les Etats ‘fantômes' émergent souvent de guerres, et sont soutenus par la menace de nouveaux combats. A Gaza, le Hamas a mené une guerre avec Israël, même s'il a été réprimé comme de la criminalité locale.

Les dirigeants des Etats ‘fantômes' sont les champions du droit à l'autodétermination des peuples tandis que les pays auxquels ils sont rattachés, mettent en avant la stabilité des frontières. Coincés entre ces deux principes incompatibles, les gouvernements ‘fantômes' tendent à souligner les précédents inconfortables, les doubles standards et misent sur un appui étranger. Ainsi Moscou soutient l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, alors que l'Arménie soutient le Haut-Karabakh.

Puis l'auteur de l'article poursuit sur les divers cas d'États ‘fantômes'.

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Extrait de Times.am



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