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vendredi 28 janvier 2011

Haut-Karabakh : Déclaration écrite à l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe

Constitution d'un Etat démocratique par la république du Haut-Karabakh

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Déclaration écrite no 470 du 27 janvier 2011 (Doc. 12507)

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La présente déclaration écrite n'engage que ses signataires




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L'Azerbaïdjan a déclaré prendre la succession de la république d'Azerbaïdjan qui existait de 1918 à 1920. Mais le Haut-Karabakh (Artsakh) n'a jamais fait partie de cet état, et c'est uniquement à cause d'un « pacte » entre les kémalistes et les bolcheviques que l'Artsakh a fait partie de l'Azerbaïdjan soviétique.

En 1991, le peuple du Karabakh a voté en faveur de son indépendance dans le cadre d'un référendum qui a été observé et reconnu par de nombreux observateurs internationaux. Refusant toutefois d'accepter l'exercice légitime, par les Arméniens de l'Artsakh, de leur droit à l'autodétermination, l'Azerbaïdjan a lancé une attaque massive qui s'est terminée par le cessez-le-feu de 1994.

Malgré le fait que l'Azerbaïdjan continue de violer le cessez-le-feu, les Arméniens du Karabakh poursuivent la construction pacifique de leur Etat démocratique dans le respect des normes internationales, dont une des principales étapes a été le référendum constitutionnel de 2006. De nombreux observateurs, experts et journalistes internationaux ont confirmé que ce référendum, ainsi que plusieurs élections présidentielles, législatives et locales organisées par la suite, avaient été démocratiques, libres et équitables. Des dizaines de partis politiques, de médias et d'ONG opèrent dans l'Artsakh, et son économie de marché et sa législation nationale sont conformes aux normes internationales.

Poursuivant son objectif de construire un État démocratique, la République du Haut-Karabakh est un État dûment constitué qui mérite d'être reconnu par la communauté internationale et d'adhérer à toutes les organisations internationales.

Signataires : [1]

POSTANJYAN Zaruhi, Arménie, PPE/DC

AGHAJANYAN Artsruni, Arménie, ADLE

BADEA Viorel Riceard, Roumanie, PPE/DC

BADRÉ Denis, France, ADLE

BLUM Roland, France, PPE/DC

ERR Lydie, Luxembourg, SOC

FISCHEROVÁ Jana, République tchèque, GDE

FOŘT Stanislav, République slovaque, ADLE

FOURNIER Bernard, France, PPE/DC

GAUTIER Gisèle, France, PPE/DC

GREFF Claude, France, PPE/DC

HARUTYUNYAN Davit, Arménie, GDE

KALMÁR Ferenc, Hongrie, PPE/DC

KANELLI Liana, Grèce, GUE

KUODYTĖ Dalia, Lituanie, ADLE

LOEPFE Arthur, Suisse, PPE/DC

MAISSEN Theo, Suisse, PPE/DC

MARGARYAN Grigori, Arménie, ADLE

MARLAND-MILITELLO Muriel, France, PPE/DC

MELIKYAN Armen, Arménie, ADLE

NAGHDALYAN Hermine, Arménie, ADLE

OSCARSSON Mikael, Suède, PPE/DC

PELEGRINI Peter, République slovaque, SOC

ROCHEBLOINE François, France, PPE/DC

ROUQUET René, France, SOC

RUSTAMYAN Armen, Arménie, SOC

STOLFI Fiorenzo, Saint-Marin, SOC

STUMP Doris, Suisse, SOC

ZOHRABYAN Naira, Arménie, ADLE



Total = 29




[1] PPE/DC : Groupe du Parti populaire européen

SOC : Groupe socialiste

ADLE : Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe

GDE : Groupe des démocrates européens

GUE : Groupe pour la gauche unitaire européenne

NI : non inscrit dans un groupe


Le Président Serge Sarkissian réitère la position de l'Arménie sur les deux processus en cours.

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Reprenant le contenu des discours prononcés devant les parlementaires chypriotes-grecs à la conférence de presse conjointe avec le président grec Karolos Papoulias à Athènes, le Président Serge Sarkissian a fait l'amer constat que les protocoles turco-arméniens signés le 10 Octobre 2009, étaient dans une impasse et que sauf changement de la position d'Ankara, l'Arménie se désengagera officiellement de l'Accord. Les récents propos des dirigeants turcs, Abdullah Gül et Ahmed Davutoglu, ne font hélas que confirmer les craintes du Président Sarkissian.

Quant aux négociations de paix, mis à part que les deux parties continuent de se rencontrer sous l'égide des médiateurs internationaux et/ou avec des dirigeants du Kremlin, force est de constater que les pourparlers non seulement piétinent, mais se dégradent, depuis la dernière déclaration des pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE au Sommet d'Astana.

De même qu'Ankara met une pré-condition à la ratification des protocoles, Bakou ne retient qu'un seul des principes de base à savoir : l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et refuse toute notion d'indépendance du Haut-Karabakh, référendum ou pas.

Si la rupture de l'Accord turco-arménien ne changera pas grand-chose à la situation actuelle, celle des négociations de paix entrainera une reprise partielle voire totale de guerre arméno-azérie. Il serait peut-être temps que les grandes puissances ne se contentent pas de diffuser seulement des paroles lénifiantes.

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Interview accordée par le président arménien Serge Sarkissian à Echo Moskvi

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** Le conflit du Haut-Karabakh **


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"Le règlement pacifique est la seule façon de résoudre le conflit du Haut-Karabakh. La seule option est d'organiser un référendum dans le Haut-Karabakh ou de reconnaître les résultats du référendum effectué en 1991 en conformité avec la législation de l'Union soviétique et le droit international. Le problème ne peut être résolu que grâce à des compromis," a déclaré Serge Sarkissian

Selon le président arménien, tous les problèmes humanitaires dans le Haut-Karabakh ne peuvent être résolus qu'après qu'une solution politique soit trouvée. "Quand je parle de la paix à long terme, je veux dire des changements dans la psychologie des gens. Il y a une telle rhétorique anti-arménienne et une xénophobie en Azerbaïdjan, qu'un nouveau concept est apparu - intriguant tous les Arméniens. Les Azéris accusent les Arméniens d'être la cause de tous leurs problèmes, allant de celui des réfugiés au dysfonctionnement de leurs fers à repasser domestiques.

(…)

Les questions humanitaires pouvaient et devaient être discutées en 1995, au lendemain de la signature du cessez-le-feu. C'était une très bonne occasion pour nous tous d'essayer d'oublier la douleur, d'une certaine manière. Cependant, les dirigeants azerbaïdjanais ont choisi une autre voie, ils ont commencé à s'armer. Ils ont préféré attendre des temps meilleurs, quand l'Azerbaïdjan aurait beaucoup de pétrodollars pour acheter des armes et résoudre le problème par la force.

L'Azerbaïdjan est le seul pays de l'OSCE qui se vante de l'augmentation de ses dépenses militaires. Ce n'est pas très clair pour moi ; Ou pour dire la vérité, c'est plutôt très clair. Je ne comprends pas la position des Etats membres de l'OSCE, des puissances mondiales, qui déclarent toujours que la paix doit être établie au Karabakh de manière pacifique, et que tous les problèmes doivent être résolus pacifiquement. Il n'y a rien à dire, ce sont de bonnes résolutions, mais cela reste seulement au stade des déclarations, et ne sont jamais suivie d'actes. Nous avons tous signé le Traité sur les Forces Conventionnelles en Europe, qui établit des quotas. Je comprends toute la complexité d'un tel traité et l'attitude de certains pays face à ce traité. Mais alors, nous devons dire : soit que l'Accord n'existe pas, soit faire appel aux collègues et aux membres de l'Organisation pour se conformer aux engagements conventionnels," a indiqué le président.

Parlant de la possibilité d'une reprise des actions militaires, le Président Sarkissian a déclaré que ce serait l'option la plus mauvaise. "Pour dire la vérité, nous n'avons pas le choix. Notre volonté seule pour résoudre pacifiquement le conflit ne suffit pas. S'il n'y a pas d'autre issue, nous nous retrouverons dans la situation des débuts des années 90, et nous devrons protéger notre population par tous les moyens.

Je me souviens très bien la situation entre 1988 et 1994, alors que beaucoup de gens prédisaient que dans quelques jours les Azerbaïdjanais boiraient le thé à Stepanakert ou se lavaient les pieds dans le lac Sevan en cas d'actions militaires de grandes envergures. Dieu merci, cela ne s'est pas produit, parce que nous avons protégé notre terre, nos familles et nos foyers.

En 1994, l'Azerbaïdjan a été tout simplement obligé de demander une trêve. En 1993, quatre Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies ont exigé que les hostilités s'arrêtent immédiatement, mais l'Azerbaïdjan n'a pas voulu s'exécuter. Maintenant, Bakou essaie de jeter la faute sur nous, avançant que c'est l'Arménie qui ne s'est pas conformée à ces Résolutions. Mais, la communauté internationale sait que cela ne dépendait pas de nous, et que nous avons dû nous défendre.

Je me suis souvenu du passé, parce que l'histoire a tendance à se répéter. Les Azéris pensent qu'aujourd'hui leur armée est si puissante qu'elle sera en mesure de résoudre la question par une Blitzkrieg [guerre éclair]. Nous sommes prêts à toute évolution des événements," a déclaré le Président Sarkissian.

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** Relations turco-arméniennes **


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"Nous sommes prêts à établir des relations avec la Turquie, si les Turcs veulent ratifier les protocoles sans aucune condition préalable. Par contre, nous ne sommes pas prêts pour de nouvelles négociations ou pour apporter des changements dans les protocoles," a déclaré Serge Sarkissian.

Le président a exprimé sa gratitude envers la Russie, la France et les États-Unis pour leurs déclaration stipulant que les relations arméno-turques doivent être établies sans conditions préalables.

"C'est pourquoi je ne vois pas l'utilité de nouvelles négociations. De quoi parlerons-nous, si ce n'est de la ratification des protocoles par le Parlement turc ?

Si rien ne change, la seule option correcte pour l'Arménie sera le retrait de sa signature des documents. Dans ce cas, les protocoles n'auront aucune validité, même s'ils sont ratifiés par la Turquie. Je dis tout cela parce que, même maintenant que la balle est dans leur camp, les Turcs essaient d'interférer avec le règlement du conflit du Karabakh ou d'autres processus et parlent de leadership dans la région et de politique néo-ottomane.

(…)

Seul un pays, qui n'a pas de problèmes avec ses voisins peut prétendre à devenir chef de file dans la région, mais la politique de la Turquie du ‘zéro problème avec les voisins' consiste à chercher des solutions acceptables seulement pour les Turcs et la Turquie," a souligné le président Sarkissian. Et d'ajouter : "S'ils cherchent à influer sur certains processus qui se déroulent dans la région, ils doivent être constructifs."

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Radio Publique d'Arménie



President Serzh Sargsyan : Relations with Turkey and Azerbaijan

Interview Armenian President Serzh Sargsyan with Echo Moskvi

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** Nagorno Karabakh conflict **


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“Peaceful settlement is the only way to solve the Nagorno Karabakh conflict. The only option is to hold a referendum in Nagorno Karabakh or recognize the results of the referendum held in 1991 in compliance with the legislation of the Soviet Union and international law. The issue can be solved only through compromise,” Serzh Sargsyan said

According to President Sargsyan, all humanitarian problems in Nagorno Karabakh can be solved only after a political solution is found. “When I'm speaking about long-term peace, I mean changes in the psychology of people. There is such an anti-Armenian rhetoric and xenophobia in Azerbaijan, that even a new term has appeared - intrigues of all Armenians. Azeris accuse Armenians of all their problems, ranging from refugees to iron malfunctioning in their houses.”

“The humanitarian issues could and had to be discussed in 1995, after the truce was signed. It was a very good opportunity for us to somehow try to forget the grief. However, the Azerbaijani leadership chose another way, they began to arm. They started waiting for better times, when Azerbaijan would have lots of oil dollars to buy weapons and solve the issue by force,” Sargsyan said.

“Azerbaijan is the only country in OSCE area that boasts of the manifold increase of its military spending. It is rather unclear for me. To tell the truth, it is clear. I don't understand the position of OSCE member states, of the world powers, who always say peace should be established in Karabakh and all issues should be resolved peacefully. On one hand these are good words, but they become only declarations, when no deeds follow. We all signed the Treaty on Conventional Armed Forces in Europe, which sets quotas. I understand all the complexities of the treaty and some countries' attitude towards the treaty. But either we must say the agreement does not exist, or call on colleagues and members of the organization to comply with treaty commitments,” the President noted.

Speaking about the possibility of resumption of military actions, President Sargsyan said it would be the most undesirable way. “To tell the truth, we have no choice. Only our desire to resolve the conflict peacefully is not enough. If there is no other way out, we will find ourselves in the situation of the early 90s. We should protect our population by all means,” he said.

“I remember very well the situation from 1988 to 1994, when many were saying that in a few days Azerbaijanis would drink tea in Stepanakert or wash their feet in Sevan in case of large-scale military actions. Thank God, it did not happen, because we protected our land, families and homes."

"In 1994, Azerbaijan was simply forced to ask for truce. In 1993 four UN Security Council resolutions demanded that the hostilities be immediately stopped, whereas Azerbaijan failed to do so. Now it tries to present that Armenia failed to comply with these resolutions. However, the international community knows that it did not depend on us. We had to defend ourselves.”

“I remembered the past, because history tends to repeat. Azeris think today that their army is so powerful that they will be able to solve the issue through a Blitzkrieg. We are ready for any development of events,” President Sargsyan stated.

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** Turkish-Armenian Relations **


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We will possibly return to the issue of establishment of relations with Turkey, “if Turks ratify the protocols without any preconditions. We are not ready for new talks or implementation of changes in the protocols.”

Serzh Sargsyan expressed gratitude to Russia, France and the United States for their statement that the Armenian-Turkish relations should be established without any preconditions. “That is why I see no sense in the start of new negotiations. What will we be talking about? The only continuation will be the ratification of the protocols by the Turkish Parliament.”

“If nothing changes, the only correct option for Armenia will be the withdrawal of its signature from the documents. In that case the protocols will have no force even if ratified by Turkey. I'm saying all this because even now, when the ball is in their court, Turks are trying to interfere with the settlement of the Karabakh conflict or other processes and speak of leadership in the region and the policy of Neo-Ottomanism,” President Sargsyan declared.

Only the country, which has no problems with neighbors can be a leader in the region, while Turkey's policy of “zero problems with neighbors” results in the search for solutions acceptable only to Turks and Turkey,” Serzh Sargsyan said, adding: “If they wish to influence some processes taking place in the region, they should be constructive.”

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Public Radio of Armenia



mercredi 26 janvier 2011

Haut-Karabakh : La Turquie et l'Azerbaïdjan essaient de discréditer l'Arménie

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

"Nous en sommes désolés !" - C'est avec ces mots que le président de la République Turque s'excuse pour le massacre ‘non programmé' d'un million et demi d'Arméniens en 1915 par le gouvernement Jeunes Turcs. Et d'ajouter une phrase sibylline, signifiant : "Excusez-nous, on ne l'a pas fait exprès". Plus cynique, tu meurs.

Quant à son ministre des Affaires étrangères, il avoue tout simplement que la pré-condition de la ratification des protocoles était sous-entendue dans son esprit. Depuis quand un document officiel, signé en présence des grandes puissances, comporte-t-il des sous-entendus ? Monsieur Davutoglu sait pourtant qu'un Accord écrit ne peut porter que sur des éléments explicites, c'est le B-A BA du droit international. Mais c'est vrai qu'Ankara a l'habitude de ce genre d'entourloupe, il a fait le coup à l'Union européenne en Juillet 2005 en signant l'Accord d'extension douanière aux dix pays de l'UE, dont Chypre.

Plus la ficelle est grosse, et plus elle a des chances de passer. De surcroit quand le président et l'un des Vice-président de l'APCE sont Turcs, la manipulation de l'Assemblée s'en trouve facilitée.

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Comme nous l'annoncions hier, la rencontre tripartite de Moscou n'a débouché sur rien. Le seul point positif c'est que les deux parties continuent de se rencontrer, mais pour encore combien de temps ?

Les dirigeants azerbaidjanais ont hâte de déboucher sur du concret, conforme à leurs vœux, en s'aidant de la force si besoin est. Et au diable les engagements pris devant les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE lors du Sommet d'Astana le mois dernier.

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** L'Etat turc maintient son négationnisme **

La session d'hiver de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe s'est ouverte à Strasbourg. Bien que l'Arménie ne soit pas à l'ordre du jour de la session, le président turc et son ministre des Affaires étrangères ont répondu aux questions de la délégation arménienne.


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À la question posée par Naïra Zohrabian de la délégation arménienne, le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, a clairement indiqué hier que l'échec du processus arméno-turc est lié au conflit du Karabakh. "En signant ces protocoles, la Turquie poursuivait deux objectifs : la réconciliation des deux peuples et le règlement du conflit du Karabakh." Il a également indiqué au passage que 20% du territoire azerbaïdjanais était toujours occupé.


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"Nous ne pense pas que le mot ‘génocide' soit le terme approprié et qu'il y a eu génocide. Nous disons ouvertement qu'il est nécessaire de créer une commission, d'ouvrir toutes les archives, d'étudier tous les documents et que nous serons d'accord avec la décision de cette commission. S'il y a des pays tiers qui pensent qu'il a eu génocide, ils peuvent aussi participer à l'activité de la commission. (…) Oui, il y a eu des souffrances humaines il y a 100 ans, et nous en sommes désolés," a déclaré Abdullah Gül en réponse à une question sur le génocide arménien, et d'ajouter : "quand nous parlons de génocide, nous entendons par là des assassinats prémédités. Il n'a rien eu de tels."

Il a également rappelé qu'il a été le premier président turc à se rendre en Arménie, et qu'il désirait normaliser ses relations avec son voisin, mais tout en soutenant l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan.

"Tant qu'il y aura des problèmes sur ce sujet, il y aura un mur entre l'Europe et l'Asie. Si nous résolvons ces problèmes, le Caucase ouvrira grande la porte de la prospérité," a-t-il déclaré aux députés des 47 pays présents à l'APCE ; rapporte Today's Zaman

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** Samed Seidov **


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Le Chef de la délégation azerbaïdjanaise, Samed Seidov, a proposé que la question du Haut-Karabakh soit inscrite à l'ordre du jour de toutes les sessions de l'APCE.

"Pour nous, le Conseil de l'Europe est une commission pour le Haut-Karabakh, au sens figuré s'entend. L'objectif de notre délégation est de maintenir cette question à l'ordre du jour par divers moyens. Nous porterons la question au niveau mondial et ferons pression pour que des discussions se déroulent dans tous les groupes politiques de l'APCE," a-t-il déclaré, précisant que la décision sur la formation d'une sous-commission sur le Haut Karabakh sera prise le 28 Janvier prochain ; rapporte l'agence APA.

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** Rencontre tripartite de Moscou **


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La Russie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan étaient anormalement réticent à programmer une nouvelle réunion de leurs ministres des Affaires étrangères sur le conflit du Haut-Karabakh au l'issue de la rencontre de Moscou d'hier. Personne n'a fait de déclarations publiques.

"Les questions urgentes liées à la résolution du problème du Karabakh ont été débattues lors de la réunion," pouvait-on lire dans le bref communiqué du Ministère arménien des Affaires étrangères le lendemain matin, sans plus de détails.

Les deux autres ministères, russe et azerbaïdjanais, sont restés silencieux.

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** Vladimir Kazimirov et Alexander Iskandarian **


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"Il y a des progrès, mais ils sont très lents. Bien sûr, ce n'est pas satisfaisant. Chacun d'entre nous aimerait voir une solution équitable arriver rapidement, mais c'est un processus qui exige beaucoup de patience et de temps," a déclaré l'ancien coprésident russe du Groupe de Minsk de l'OSCE, Vladimir Kazimirov.


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De son côté, le politologue Alexander Iskandarian a précisé : "les médiateurs ne peuvent pas parvenir à une solution en lieu et place des parties. La mission des médiateurs est différente. Leur tâche essentielle est de maintenir un lien entre les parties en conflit."

Selon le directeur de l'Institut du Caucase, la reprise des actions militaires n'est guère possible, car aucune des parties concernées, directement ou indirectement, n'est intéressée par une guerre.

En réponse à l'opinion de l'expert russe, Maxime Minaiev, comme quoi la France pourrait être remplacée par la Turquie ou par l'Iran dans le Groupe de Minsk de l'OSCE, bien que l'Iran ne soit pas membre de l'OSCE, Iskandarian a déclaré : "la Turquie ne peut plus être un pays coprésident car elle est l'alliée directe de l'Azerbaïdjan."

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** Incidents sur la ligne de contact **


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"Il s'agit d'une désinformation propagée régulièrement par les médias azerbaïdjanais, mais il ne correspond pas à la réalité. Le côté Karabakh maintient la trêve, non seulement dans la région d'Aghdam, mais sur toute la longueur de la ligne de contact entre les forces armées du Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan," a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense de la RHK, Senor Hasratian, en réponse aux médias azerbaïdjanais qui accusaient la partie arménienne d'avoir violé le régime du cessez-le feu et tué un soldat azerbaïdjanais.

Le communiqué souligne que le ministère de la Défense azerbaïdjanais cherche à jeter le blâme sur la partie arménienne pour des actions commises par l'armée azérie.

Il indique que depuis le début de l'année, six militaires ont déjà trouvé la mort dans divers incidents au sein de l'armée azerbaïdjanaise.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



mardi 25 janvier 2011

Le Haut-Karabakh toujours dans l'œil du cyclone

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Pour les nombreuses personnes persuadées que les choses vont s'améliorer, notamment parmi les médiateurs et nombre d'organisations internationales, il s'avère que l'Azerbaïdjan n'a aucunement l'intention de mettre en œuvre les recommandations faites par les coprésidents du Groupe de Minsk dans leur déclaration du 1er Décembre au Sommet de l'OSCE et cosignés par les belligérants.

Pour mémoire le week-end dernier (22-23 Janvier) près de 300 coups de feu ont été tirés par les snippers azéris, contrevenant, une fois n'est pas coutume, à l'un des trois principes de base, le tout complété par les menaces de guerre du président Aliev.

Sachant que Bakou refuse toute indépendance au Haut-Karabakh, issue ou non d'un référendum, contrevenant une fois encore à un autre des trois principes de base, on ne peut qu'être plus que sceptique quant à l'issue de la rencontre entre les trois ministres des Affaires étrangères, Russe, Arménien et Azerbaidjanais, qui se déroule actuellement à Moscou à la demande de Sergei Lavrov.

La seule chose qui est sûre, c'est qu'Ilham Aliev fera tout, guerre y compris, pour reprendre possession des territoires perdus. Au grand frère turc et aux grandes puissances de lui faire entendre raison sur la dangerosité d'une telle entreprise.

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* Brève : Charles Aznavour met en garde Nicolas Sarkozy *

Lors d'une interview au journal le Dauphiné libéré en date du 23 Janvier, le chanteur fait part de son mécontentement à l'égard du chef de l'Etat.

Q : Vous n'hésitez jamais à dire ce que vous pensez. Qu'est-ce qui vous indigne dans le monde actuel ?

R : En ce moment, je suis très préoccupé par la question arménienne. Le président Sarkozy a un peu renié ce qu'il avait promis au moment des élections (lire Repères). Il a tort, car la communauté arménienne française représente un nombre important de personnes par rapport à la communauté turque. Le peuple arménien est responsable, courageux. Il a donné son sang pour son pays. C'est la première fois que je dis ça, mais si le président ne change pas, je me servirai de ses votes le temps venu.

Nous représentons au moins 400 000 ou 500 000 personnes en France et n'importe quel Français d'origine arménienne me suivra, je le sais. Si ça continue, je serai totalement engagé. Moi, je ne fais pas de politique, mais j'ai un pouvoir politique très important. Je sais que je risque ma vie en disant ça. Mais à mon âge, après tout, risquer sa vie, c'est risquer combien d'années ?

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* Ilham Aliev *


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Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré qu'en 2010 l'Azerbaïdjan n'a pas réussi à obtenir des progrès dans le règlement du conflit du Karabakh.

Il a de nouveau accusé l'Arménie d'être la cause de l'échec des négociations pour la résolution du conflit du Karabakh et de revenir sur des points validés lors de réunions antérieures. Et d'ajouter que l'Azerbaïdjan va renforcer ses positions dans le règlement du conflit durant cette année.

Le président azerbaïdjanais a également indiqué que : "l'armée azerbaïdjanaise est capable de porter un coup fatal à l'ennemi. Et, à la suite de l'attaque de l'armée azerbaïdjanaise, la situation peut se développer dans une autre direction, non seulement dans le Haut-Karabakh, mais aussi en Arménie" ; rapporte le quotidien AZE.az

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* Mevlut Cavusoglu *


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Le député turc Mevlut Cavusoglu (AKP) a été reconduit pour un an au poste de Président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Parmi les 20 Vice-présidents, on retrouve un autre député turc, également de l'AKP, Erol Aslan Cebeci.

Dans son discours d'ouverture de la session d'hiver, Mevlut Chavushoglu a déclaré : "Malgré nos efforts, nous n'avons pas pu obtenir des résultats satisfaisants dans le règlement des conflits gelés en Europe. Les négociations concernant le règlement de ces conflits sont le plus souvent dans les mains des diplomates de carrière, mais la diplomatie parlementaire joue un rôle important dans la création d'un climat de confiance et de confidence, indispensable pour des solutions durables.

"Que ce soit en Abkhazie, en Transnistrie, au Haut-Karabakh, en Ossétie du Sud ou sur l'île de Chypre, il a été difficile de voir des progrès significatifs au cours de l'année écoulée. Mais nous devons et nous allons poursuivre nos efforts, tout simplement parce que il n'y a pas d'autre alternative".

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* Peter Semneby *


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Le Représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, Peter Semneby, estime qu'il est nécessaire de renforcer le régime de cessez-le feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, jusqu'au règlement complet du conflit.

"L'Union européenne demeure préoccupée par la violation du cessez-le sur la ligne de contact entre les troupes arméniennes et azerbaïdjanaises, et chaque incident montre la nécessité de redoubler d'efforts pour résoudre le conflit", a-t-il déclaré aux journalistes à Bakou.

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* Turquie : Mehmet Aksoy se rebiffe *


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Déjà sujet de controverse avec la demande de démolition du « Monument de l'humanité » (Cf. article feajd du 11 Janvier) du sculpteur Mehmet Aksoy, situé à Kars, les autorités turques ont retardé l'installation d'une statue représentant une colombe blanche aux ailes brisées, dédiée au journaliste turco-arménien Hrant Dink. Aksoy a décidé de saisir la justice pour entrave dans ses efforts en vue de l'amitié entre les autres peuples turc et arménien.


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"Le Monument de l'humanité, dédié aux Turcs et aux Arméniens, et maintenant la petite colombe blanche aux ailes brisées, suffisent à effrayer certaines personnes. Je comprends que les notions d'amitié et de fraternité incommodent ces personnes. Elles sont contre la réconciliation des peuples turcs et arméniens. Mais malgré tout cela, les deux peuples trouveront leur propre chemin, et personne ne pourra les en empêcher," a déclaré Aksoy, s'adressant au périodique Hürriyet Daily News & Economic Review ; ainsi que son intention de déposer plainte contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



lundi 24 janvier 2011

Les relations restent tendues entre l'Iran et l'Azerbaïdjan

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Traduction libre Gérard Merdjanian - commentaires

La politique de Bakou n'a pas fondamentalement changé envers son voisin iranien, il reste politiquement correct. Plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord les relations Moscou-Téhéran sont au mieux, tout comme d'ailleurs les relations Ankara-Téhéran, au grand dam de Washington qui compte sur la Turquie en cas de dégradations des relations avec l'Iran. Quant aux liens Erevan-Téhéran, ils sont au beau fixe, ce qui agace les Azéris au plus haut point, car Bakou a du mal à faire jouer la solidarité musulmane contre l'Arménie. Si l'on ajoute à cela les conduits d'hydrocarbures Iran-Arménie, Bakou ne peut jouer comme il veut avec le robinet énergétique contre son ennemi. Aussi, négocie-t-il avec Tbilissi le rachat du tronçon du gazoduc russe qui alimente l'Arménie.

En cas de coup dur la Géorgie ne bougera pas, bien qu'elle entretienne de bonnes relations avec ses deux voisins turcs (ottomans et azéris), qui sont également ses deux pourvoyeurs de Fonds pour ses infrastructures ; mais hélas, les relations avec le voisin russe sont mauvaises. Vu que de surcroit les liens entre Moscou et Erevan sont très forts, Bakou ne peut compter que sur la Turquie pour contrer l'Arménie.

Bien que qu'il existe des tensions, Bakou a toutefois négocié avec Téhéran le passage sur le territoire iranien d'un pipeline vers le Nakhitchevan.

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L'augmentation du nombre d'articles critiques dans les médias tant iraniens qu'azerbaïdjanais laisse à penser que les rapports entre deux pays ne sont pas au beau fixe. Dans l'ensemble, la relation entre les deux pays n'est pas un modèle pour le reste du monde islamique, et il y a des raisons objectives. Entre autre, la position des Azéris - à 70% Chiites (dans le Sud du pays), et 30% Sunnites (dans le Nord du pays), - face à une Turquie essentiellement Sunnite. Et, comme on le sait, le chiisme est la religion officielle de l'Iran.

* L'art et la manière de s'approprier le travail des autres

On observe ici la tentative de l'Azerbaïdjan d'essayer de jouer sur les deux tableaux, c'est à dire de ne pas gâcher les relations avec la Turquie ni avec l'Iran. En soi, ce désir est louable : qui ne voudrait pas vivre en paix avec ses voisins ? Seulement, les moyens d'atteindre cet objectif ne sont pas très clairs, et particulièrement dans les relations avec l'Iran. Jugez plutôt : - coryphée de la littérature mondiale, les Perses qui écrivaient en persan, sont déclarés être des Azerbaïdjanais ; - les monuments culturels sont réappropriés ; ... Cette liste est sans fin. Bakou a déjà utilisé cette méthode pour s'approprier la culture des autres, accusant tout d'abord les Arméniens, puis toutes les autres nations de la région, qui ont eu le malheur de vivre à côte de ces descendants de nomades, et qui sans vergogne déclarent que les Arméniens et les autres ne connaissaient pas le lavash [1]
, le kéfir [2], les bonbons persiques ou nombres de produits similaires, lesquels sont déclarés tout bonnement d'origine azérie. Le seul pays qui dans ce domaine, n'a pas encore été accaparé par l'Azerbaïdjan, est la Turquie. La raison en est très simple : se quereller avec Ankara est improductif pour Bakou, vu qu'il est son seul alliée dans la région, malgré l'idée concoctée par l'agit-prop de Bakou selon lequel le monde entier est l'ami de l'Azerbaïdjan, à l'exception de ... L'Arménie.

* L'enjeu des hydrocarbures

Mais revenons à l'Iran. Apparemment, Bakou tente de prendre ses distances avec l'Iran, depuis que celui-ci est devenu un « Etat voyou » et que seuls les puissants peuvent se permettre de rester ami avec lui. La dépendance quasi-totale de Bakou envers les Etats-Unis et la Russie le mette dans une position très inconfortable. Et puis il y a les gazoducs Nabucco et South Stream, ce qui lui rend le choix très difficile, vu qu'il est incapable seul de remplir ces tuyaux, et qu'il a besoin pour ce faire de l'Iran et du Turkménistan. Alors, que peut faire Bakou ? C'est jouer au chantage avec l'UE. Mais à ce jeu, il ne faut pas se faire prendre, c'est un art que l'Azerbaïdjan maîtrise depuis longtemps, et qu'il a utilisé avec succès jusqu'à présent. Bakou se considère, pour une raison ou une autre, comme étant un très grand, voire le seul, détenteur de réserves d'hydrocarbures dans le monde. Mais il risque d'aller au devant de grosses surprises, en découvrant que ce grand rôle sera dévolu à la Russie et à l'Iran. Aussi, pour se prémunir, il essaie de s'assurer du soutien des États-Unis, de sorte qu'en cas de force majeure, il aurait quelqu'un pour à qui demander protection. Par force majeure, Bakou sous-entend déclenchement d'une guerre dans la région, et peu importe avec qui et pourquoi. Les motifs ne manquent pas. Selon les experts, une guerre aurait pu se déclencher l'an dernier, en raison de la division de la région Caspienne, Bakou déclarant qu'il a aussi des droits sur cette richesse. Cette année, on parle beaucoup de l'éventualité d'une opération militaire des Etats-Unis contre l'Iran. Et, enfin, n'oublions pas la guerre avec le Haut-Karabakh, considérée comme une priorité en Azerbaïdjan. Cependant, ici aussi, l'Iran a ‘rendu service', en refusant (en cas de guerre) de laisser les équipements militaires traverser son territoire pour lancer des attaques sur le Karabakh. Mais toutes ces prévisions restent trop pessimistes, presque autant que celles portant sur les relations entre la Turquie et Israël.


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Mais attention, tension ne signifie pas rupture, pour la bonne raison qu'elle est contreproductive. Selon le politologue arménien, Sevak Saroukhanian, la tension actuelle entre l'Azerbaïdjan et l'Iran est conditionnée par un certain nombre de facteurs objectifs, ainsi : "L'Azerbaïdjan coopère activement avec les États-Unis, tandis que l'Iran soutient le mouvement chiite en Azerbaïdjan. Cependant, je ne pense pas que cela ira jusqu'à une confrontation ouverte. Tout va se passer tranquillement, et chacune des parties tentera d'atteindre ses objectifs. Toutefois, l'Iran ne permettra jamais que la croissance de l'Azerbaïdjan en fasse un chef de file régional."

* Les Etats-Unis ne sont pas en reste

Quant à la possibilité d'une guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, l'expert estime qu'elle reste très improbable : "Mais en cas de conflit, l'Azerbaïdjan sera du côté des États-Unis, tout en se déclarant neutre. Bakou fournira ses aérodromes à l'US Air Force. Mais je le répète, c'est une option très improbable."

À noter que presque tous les terrains d'aviation azerbaïdjanais, qu'ils soient civils ou militaires, ont été renforcés et adaptés par les Américains eux-mêmes, pour permettre le décollage et l'atterrissage de gros porteurs.

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Garinée Ter-Sahakian – PanArmenian.net – Département Analyse




[1] Le lavash est un pain sans levain originaire d'Arménie, d'Iran. Traditionnellement, il est cuit au tandoori (four enfoui dans la terre), mais on peut très bien utiliser un simple four.

[2] Le kéfir est une boisson issue de la fermentation du lait ou de jus de fruits sucrés.


dimanche 23 janvier 2011

Il y a 21 ans, l'Azerbaïdjan massacrait les Arméniens à Soumgait et à Bakou - Témoignage

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Rappeler cet épisode tragique et douloureux infligé aux Arméniens d'Azerbaïdjan, n'est pas inutile. Si l'on ajoute à cela, la liesse des azerbaidjanais qui dansaient et sautaient de joie après le tremblement de terre qui frappa l'Arménie en décembre de la même année, on comprend pourquoi le Haut-Karabakh s'est révolté et s'est défendu.

Alors qu'en Union soviétique soufflait le vent de la glasnost et de la pérestroïka, Bakou fourbissait ses armes pour se débarrasser des Arméniens. C'est le même nationalisme qui taraudait les dirigeants Jeunes-Turcs il y a un siècle et incitait la populace à s'en prendre aux biens des Arméniens. L'histoire s'est hélas répété mais fort heureusement dans des proportions bien moindres.

Penser que vingt ou trente ans après les mentalités ont changé serait une très grave erreur, surtout avec des dirigeants azerbaidjanais qui passent leur temps à mettre de l'huile sur le feu et à attiser le ressentiment envers les Arméniens. Les Azéris ont voulu imiter leur grand ‘frère', mal leur en a pris.

C'est bien beau de faire table rase du passé et mettre en avant les principes d'Helsinki, mais que se passera-t-il une fois que les sept districts du Karabakh passeront sous contrôle azéri ? Il n'est pas besoin d'être grand devin pour deviner la suite réservée aux Arméniens, une fois que des centaines de milliers d'azéris, assoiffés de vengeance, s'installeront dans ces territoires. Croire que des forces internationales pourront maintenir la paix et empêcher des exactions, serait utopique.

Pour info complémentaire :

Lire le communiqué de la Représentation du Haut-Karabagh en France

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2011 marque le 21ème anniversaire du massacre des Arméniens à Bakou. Le colonel Valery Kiporenko a servi pendant sept mois dans les Service de Sécurité de l'URSS du Comité d'État (KGB) dans le groupe enquêtant à Soumgaït et à Bakou. 21 ans plus tard, il témoigne de ces événements dans une interview aux quotidiens PanARMENIAN.Net et Analitika.at.ua.

Pouvez-vous préciser la nature de votre mission en Azerbaïdjan ?

Je servais comme enquêteur principal dans le département spécial de la région militaire de Kiev avant la chute de l'URSS. Un groupe d'enquête sous l'égide du Bureau du Procureur général a été créé et envoyé à Soumgaït en 1988, avec d'autres groupes venant d'autres républiques soviétiques. Quand nous sommes arrivés sur place, on nous a mis en garde contre des sorties hors de l'hôtel, et les forces de l'ordre locales ont refusé de nous fournir une aide quelconque dans notre travail. Selon nos données, plusieurs bus remplis d'Azerbaïdjanais d'Arménie (Yerazes) sont arrivés à Soumgaït quelques semaines avant les pogroms. Ils ont dit qu'ils avaient été expulsés de leurs maisons à Erevan. En fait, c'étaient juste des personnes à faible revenu de Erevan et qui voulaient s'emparer des appartements appartenant à des Arméniens d'Azerbaïdjan. À cet instant, nous n'avions aucune information sur des cas de violence commis contre les Azéris en Arménie. Il s'agissait d'une campagne de propagande pour permettre aux Azerbaïdjanais de se rassembler en bandes organisées, faire irruption dans les appartements où vivaient les Arméniens et les tuer.

Quand nous avons pu sortir, la ville avait été complètement détruite. On m'a dit que tous les suspects avaient été arrêtés. Je me souviens de l'un d'eux, le ‘délinquant' Edik Grigorian, qui déclarait que sa bande recherchait des maisons où vivaient les Arméniens, pour les massacrer après avoir violé les femmes. La situation était extrêmement grave. Pour la première fois les gens étaient tués en raison de leur ethnie. Il y avait aussi des Ukrainiens, des Russes et des Biélorusses, qui ont été persécutés car on les a pris pour les Arméniens.

Grigorian était-il Arménien ?

En tant qu'enquêteur en chef, j'ai interrogé moi-même Grigorian. Il avait un nom arménien, mais était en fait azerbaïdjanais. Il était né dans une famille à problèmes. Sa mère était azerbaïdjanaise et son père les avait quittés quand Edik était enfant, c'est pourquoi il détestait les Arméniens.

Y a-t-il eu des victimes parmi les Azéris ?

Non. Les Arméniens n'ont tué aucun azéri. Ils n'étaient pas prêts pour résister. Je me rappelle ce qui s'est passé avec les frères Hovhannessian, qui ont réussi à tenir le siège pendant deux heures. Leurs parents s'étaient réfugiés auprès des voisins Bélarus qui vivaient à l'étage au-dessus. Les frères avaient une arme appartenant à leurs parents et ils ont essayé de riposter. Mais, en fin de compte, l'appartement a été incendié et les frères ont été lynchés dans la cour. J'étais présent à la morgue pendant l'autopsie. Ils avaient été battu si violemment que leurs os étaient en bouilli.

L'épisode le plus terrible pour moi a été le viol d'une arménienne, collégienne de 16 ans. Elle a été violée en présence de centaines de personnes, puis torturée et brûlée. La foule n'a rien fait pour l'aider.

Ces troubles étaient-ils spontanés ou prémédités ?

Ce fut une action bien organisée. Les criminels étaient des voleurs, des assassins et des violeurs. Ils s'étaient soi-disant "enfuis" d'Arménie, et décrivaient les "horreurs" qui se seraient passées en Arménie, mais ils mentaient.

Comment qualifieriez-vous le massacre de la population arménienne en Azerbaïdjan ? Peut-on appeler cela un génocide ?

Oui, ce qui est arrivé à Soumgaït est un génocide. Les Azerbaïdjanais affirmaient que les Arméniens occupaient les meilleurs appartements, qu'ils sont une nation mineure et qu'ils doivent être exterminés.

Pourriez-vous nous parler de ce qui s'est passé dans d'autres villes ?

Je n'étais enquêteur qu'à Soumgaït et je ne sais pas ce qui s'est passé dans d'autres villes. Les troubles à Bakou ont éclaté avec le même slogan : Anéantir les Arméniens. Tous les non-Azerbaïdjanais ont été maltraités. Je me souviens de la façon dont un employé de magasin a refusé de me vendre du pain parce que "nous soutenions les Arméniens." J'ai entendu dire que des Arméniens avaient été capturés en mer à bord de ferries, sous prétexte d'évacuation, et nous n'avons jamais su comment cela s'est terminé.

Après ce qui s'était passé, pensez-vous que la population du Haut-Karabakh pouvait faire autre chose que se battre pour se défendre ?

Le peuple du Karabakh a dû se défendre, sinon l'histoire de Soumgaït et de Bakou se serait répété. Chaque nation a le droit à l'autodétermination, y compris la population du Karabakh. Peut-être aurait-il été plus judicieux d'annexer le Karabakh à l'Arménie au cours de la période soviétique ...

Que souhaiteriez-vous dire à nos lecteurs ?

Je ne souhaite à personne d'être témoin de crimes commis par haine nationale. Le nationalisme est un phénomène horrible. Je suis convaincu qu'il n'y a pas mauvaise nation, seulement des gens mauvais.

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Garinée Ter-Sahakian – PanArmenian.net – Département Analyse



Statement of the Ministry of Foreign Affairs of the Nagorno Karabakh Republic

Recently, Azerbaijan has intensified its attempts to cast doubt on the expediency of visiting the Nagorno Karabakh Republic (NKR) by foreign citizens.


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The NKR Ministry of Foreign Affairs states another destructive initiative of official Baku. The Azerbaijani leadership's attempts to interfere with the processes concerning the interests of the neighboring Nagorno Karabakh Republic are groundless and must be considered as another manifestation of hostility towards our country.

For two decades, the NKR has developed as an independent and democratic state, which is able to defend its sovereignty and ensure all the democratic rights and liberties for its citizens. Since the declaration of its independence, our country has been visited by tens of thousands of guests from many states of the civilized world. Missions of international organizations, including NGOs, and business-companies constantly operate in the Republic. Annually, the NKR MFA registers average 15-percent increase of the number of tourists, which testifies to the sincere and increasing interest of the international community towards the Karabakh phenomenon.

Unfortunately, any testimony for the consolidation of the NKR statehood causes inadequate reaction by Baku, as a result of which the Azerbaijani authorities often resort to a state blackmail or other typical actions contradicting the modern system of international legal and moral standards.

The recent initiative is encroachment on the interests of the Karabakh people by Baku impeding confidence-building between the AR and NKR, which is a necessary term for an efficient settlement of the Azerbaijani-Karabakh conflict.

The Azerbaijani leadership should refuse of its destructive steps and direct its political potential to the negotiations on the achievement of mutually acceptable peace and stability in the South Caucasus, with the consideration of the existing realities.

Public Radio of Armenia



samedi 22 janvier 2011

Déplacement de Damien ABAD en Arménie


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Le député européen Damien ABAD (PPE) s'est rendu en Arménie avec Michèle RIVASI (E.E) à l'invitation de la fédération Euro-arménienne pour la justice et les droits de l'Homme et au Haut-Karabagh du 27 au 30 Octobre 2010.


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Cette visite a été l'occasion de rencontrer les principaux responsables politiques de la République d'Arménie et d'aller sur le terrain pour mieux comprendre le conflit du Haut-Karabagh qui oppose l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis 1988 (le cessez-le-feu a été signé en 1994).


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La seconde journée de travail a été, quant à elle, consacrée à des rencontres et visites officielles à Erevan, qui ont compris notamment la visite du Mémorial du génocide arménien et la rencontre avec le Président de l'Assemblée nationale de la République d'Arménie, M. Hovik ABRAHAMYAN, le Ministre des Affaires étrangères, M. Edouard NALBANDIAN, et la Présidente de la Commission parlementaire de l'intégration européenne de l'Assemblée nationale, Mme Naira ZOHRABYAN. Il a par ailleurs rencontré le représentant de l'Union européenne en Arménie et a rendu une visite de courtoisie à l'Ambassadeur de France.


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Damien Abad a souligné tout au long de sa visite la nécessité de trouver une solution pacifique et durable au conflit du Haut-Karabagh, en y accordant un rôle central au "groupe de Minsk" qui conduit les négociations de paix sous la coprésidence de la France, la Russie et les États-Unis. Il a dans ce sens appelé la France à tout mettre en œuvre pour contribuer à un règlement définitif de ce conflit. S'agissant du rôle de l'Union européenne, Damien ABAD a indiqué que le développement économique sur la base de projets concrets devait être la priorité pour la région du Sud-Caucase.


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En sa qualité de membre de la délégation interparlementaire EURONEST du Parlement européen, Damien ABAD a souligné la nécessité de mieux impliquer le Parlement européen dans la coopération interparlementaire dans la région. La prochaine tenue de la Commission parlementaire UE-Arménie des 1ers et 2 Décembre prochains sera l'occasion de soulever ces différents points et d'apporter une contribution au renforcement de la gouvernance politique et économique dans la région.

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Pour plus de détails :

- Radio Publique d'Arménie (retranscrit et traduit par EAFJD) : « Une délégation du P.E en Arménie » (FEAJD) ;

- Nouvelles d'Arménie Magazine : « Le ministre Nalbandian a rencontré des membres du Parlement européen » (Armenews) ;

- Nouvelles d'Arménie Magazine : « Une délégation de parlementaires européens au HK » (Armenews).

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vendredi 21 janvier 2011

Haut-Karabakh : Bakou maintient son option militaire

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le point de vue des dirigeants azerbaidjanais a fini par se répandre dans les cercles successifs du pouvoir ainsi que dans la société civile. Arriver à retrouver coûte que coûte l'intégrité territoriale telle qu'elle était avant la guerre du Karabakh, est devenue une obsession permanente pour la classe dirigeante.

Les milliards dépensés depuis des années pour rendre l'armée azerbaidjanaise performante a été, et est toujours l'objectif avoué du président Aliev, malgré les engagements pris envers la communauté internationale et notamment sur la limitation des armes conventionnelles (Cf. Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (CFE)) l'Azerbaïdjan se surarme. A force de tenir des propos bellicistes, le tout associé à une violation permanente du cessez-le-feu signé en 1994, les accrochages se poursuivent et se multiplient sur la ligne de contact entre l'Azerbaïdjan et le Karabakh. Seule différence avec les années précédentes, les victimes en 2011 seront plus nombreuses car les armes seront plus sophistiquées.

L'idéal pour le clan Aliev serait une reprise de la guerre avec en sous-main une aide substantielle de la Turquie, tant en matériel qu'en hommes. Le problème c'est que la Turquie de 2011 n'est pas la Turquie de 1994. Aider ouvertement Bakou pour attaquer l'Arménie est une option terriblement risquée. Indépendamment du fait que c'est une année d'élection, c'est à coup sûr se mettre à dos les grandes puissances, les Etats-Unis (par OTAN interposé), l'UE (par une rupture des négociations d'adhésion), mais surtout rencontrer sur sa route la Russie qui vient de signer un traité avec Erevan prévoyant entre autre la protection de sa frontière Sud-ouest.

Ayant en tête les revenus confortables de la manne pétrolière, Ilham Aliev devra encore faire bonne figure devant les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE et éviter au maximum à être celui par qui le malheur arriva.

*

* Brève : Les ruines d'Ani utilisées à toutes les sauces *

On se souvient que le Parti de l'Action Nationaliste (MHP - opposition) avait organisé en 2010 une prière collective dans la Cathédrale Sainte Vierge d'Ani. Cette cérémonie avait été largement interprétée comme une réponse à la messe historique autorisée pour la première fois depuis 95 ans par les autorités turques, le 19 septembre 2010, dans l'église-musée arménienne de la Sainte Croix, sur l'ile d'Akhtamar sur le lac Van.

Voici maintenant qu'elles servent aux couturiers, et pourquoi pas faire une rave party un de ces jours ...

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** Bahar Muradova **


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"La guerre du Karabakh n'est pas terminée et la communauté internationale doit savoir que les actions militaires pourraient reprendre à tout moment. Conformément aux recommandations des organisations internationales, l'Azerbaïdjan continue de participer au processus de négociation. Nous essayons de résoudre pacifiquement le conflit du Karabakh. Toutefois, l'Azerbaïdjan continue sa formation militaire parce que personne dans le monde ne compte si son pays est faible," a déclaré la Vice-présidente du parlement azerbaïdjanais, Bahar Muradova.

Et d'ajouter : "L'Azerbaïdjan ne parviendra à renforcer sa position dans les négociations et dans d'autres processus, qu'en devenant une puissance économique et militaire." Rapporte l'agence Trend.

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** Zahid Oruj **


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Zahid Oruj, membre de la Commission Sécurité et Défense du parlement azerbaïdjanais, a indiqué que la solution militaire pour résoudre le conflit du Karabakh est une option à ne pas écarter. De plus selon le député, il ne faut pas mettre tous ses espoirs sur le droit international pour le règlement de ce conflit.

"Aussi, l'Azerbaïdjan étend ses possibilités militaires et s'engage dans la production de technologie militaire pour ne plus dépendre de l'étranger", a-t-il souligné.

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** Anatoly Tsyganok **


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Le directeur du Centre d'Etudes militaire de Moscou, Anatoly Tsyganok, a déclaré que l'Azerbaïdjan a adapté sa doctrine militaire en 2010, et que Bakou estime que cela l'aidera à résoudre le problème du Haut-Karabakh.

"Toutefois, dans la réalité, Bakou va devoir faire face à plusieurs problèmes - la mer Caspienne, le Karabakh, les relations avec l'Iran, le choix entre la Russie et les Etats-Unis. Les auteurs de cette doctrine supposent que l'Arménie est la principale menace pour le pays, mais la situation est légèrement différente," a souligné Tsyganok.

Selon lui, Bakou devra à se prononcer en 2011 sur le destin de la station de radar de Gabala : "La durée de l'accord avec la Russie expire en 2012, l'Azerbaïdjan devra se décider. Peut-être, que la station radar sera exploitée conjointement entre les États-Unis et la Russie. Toutefois, il convient de noter que la Russie possède des stations de capacité beaucoup plus grande que cette station, et qu'elle n'est pas primordiale pour Moscou."

"En ce qui concerne la reprise des hostilités au Karabakh, il est fort probable que l'Azerbaïdjan soit de nouveau perdant. L'Iran ne l'aidera pas, il l'a clairement fait savoir. Les pays coprésidents du Groupe de Minsk sont également contre la guerre. Bakou devra fermer son robinet du pétrole en cas de guerre, ce qui ruinera l'économie de l'Azerbaïdjan," a indiqué l'expert.

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** Marina Krikorian et Samvel Mardirossian **


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"Pendant ces deux jours de Janvier (les 20-21), la machine de propagande de Bakou frise l'hystérie comme à son habitude, inondant les médias de mensonges, insistant sur le fait qu'il y a 21 ans des Arméniens ont massacré les Azerbaïdjanais. Aussi, l'Arménie a pris des mesures sérieuses au cours des dernières années pour contrer la propagande azérie," a déclaré la responsable du projet ‘Génocide Commun', Marina Krikorian.

S'exprimant sur les pogroms commis à Bakou il y a 21 ans, Marina Krikorian a déclaré : "la propagande azerbaïdjanaise a atteint le niveau d'absurdité, par conséquent, l'Arménie devrait être plus active. Selon elle, toujours en 1990, la communauté internationale, en particulier le New York Times, avait donné une analyse claire des événements de Bakou. Je pense que personne n'a donné une meilleure évaluation. Le quotidien newyorkais écrivait que la lutte azerbaïdjanaise comportait des éléments de massacres sanglants."

Selon l'expert en sécurité de l'information, Samvel Mardirossian, si, avant Bakou répandait des mensonges sur les pogroms de Sumgaït et de Bakou par l'intermédiaire des historiens, des politologues et de la presse, aujourd'hui il fait la même chose avec sa machine de propagande ; et tous les sites officiels de tous les organismes gouvernementaux, à commencer par la bibliothèque de Ilham Aliev, sont impliqués dans cette propagande.

*

** Kevork Melkonian **


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Les étudiants de différents établissements d'enseignement supérieur se sont recueillis aujourd'hui au mémorial de Dzidzernagapert à la mémoire des victimes innocentes des massacres de Bakou de 1990, ainsi qu'à celle du rédacteur en chef d'Agos, Hrant Dink, assassiné il y a quatre ans à Istanbul.

"Les pogroms de Bakou et le meurtre de Dink sont la continuation de l'Empire ottoman et des politiques panislamiques", a déclaré Kevork Melkonian, le président de l'ONG - 'Association des Jeunes Universitaires'.

"La tragédie de Soumgaït n'aurait pas lieu si la communauté internationale avait correctement évalué les événements à ce moment. Il y a menace que cette politique de l'Azerbaïdjan et la Turquie se poursuive. Nous devrions être en mesure de coopérer avec la diaspora pour donner une réponse adéquate à la propagande turque et azérie. Ces deux pays tentent de créer leur propre histoire en déformant des faits historiques," a-t-il souligné.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net

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** 21e anniversaire des pogroms anti-arméniens de Bakou **

Lire le communiqué de la Représentation du Haut-Karabagh en France

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mercredi 19 janvier 2011

Après Chypre, le Président Serge Sarkissian s'est rendu en Grèce

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Est-ce l'auditoire (chypriote et grec) ou est-ce plus simplement le ras-le-bol qui a poussé le président Sarkissian à dire tout haut ce que nombre de personnes, Arméniens ou non, pensent tout bas.

Depuis que sous l'impulsion de Barack Obama, la Turquie a bien voulu faire semblant de normaliser ses relations avec l'Arménie voisine, d'abord en assistant en septembre 2008 au match allez pour la qualification de la coupe du Monde de football, puis en signant en grande pompe devant un parterre de diplomates un an plus tard avec l'Arménie les protocoles de normalisations, la situation s'est lentement mais sûrement détériorée.

D'abord Ankara n'a cessé de critiquer tous les faits et gestes que faisait Erevan pour avancer en vue de la ratification des protocoles par le parlement arménien, mais surtout il a instauré dès le début une condition préalable à toute avancée, liée au conflit du Karabakh. Ce qui avait été prédit par nombre d'observateurs et toute la diaspora s'est produit : La Turquie a utilisé cet Accord pour faire échec à la reconnaissance du génocide arménien, et notamment aux Etats-Unis.

Que les dirigeants turcs disent à l'unisson vouloir normaliser leurs relations avec l'Arménie avec une condition aussi irréaliste, ne fait que confirmer leur mauvaise volonté et surtout leur mauvaise foi. Mais une fois n'est pas coutume, toutes les anciennes et nouvelles minorités ayant vécu ou vivant sous le joug ottoman en savent quelque chose.

Comme je l'ai souvent répété, les Occidentaux continuent de se voiler la face et faire des courbettes à la Sublime Porte, qui d'ailleurs a perdu sa sublimité depuis longtemps ; les Européens pour des raisons géoéconomiques et les Américains pour des raisons géopolitiques pour ne pas dire géostratégiques.

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Quittant Chypre le président Serge Sarkissian a atterri à Athènes pour rencontrer son homologue Karolos Papoulias.


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Dans son discours, Serge Sarkissian a déclaré, parlant du passé : "Nous avons été massacrés par les mêmes barbares" ; rapporte l'agence AFP.

Papoulias a ajouté que "beaucoup de choses ont changé" depuis le début du 20e siècle depuis les massacres des Arméniens et des Grecs de la mer Noire qui ont eu lieu dans l'Empire ottoman, et il a critiqué la course aux armements depuis des décennies avec Ankara qui a coûté des milliards d'euros à Athènes.

"Si nous n'avions pas le fardeau économique de l'équilibre militaire, nous n'aurions pas besoin du Fonds Monétaire International (FMI). La plus forte dépense est pour l'armement de l'OTAN, ce qui est injuste pour un peuple pacifique," a-t-il souligné.

Le président arménien a de nouveau blâmé Ankara pour l'impasse des accords turco-arméniens, soutenus par l'Occident, qui prévoyaient la normalisation des relations bilatérales. Toutefois, les mots ont été moins durs que la veille devant le parlement chypriote-grec.

"L'Arménie a essayé de faire un pas vers l'établissement de relations avec la Turquie comme il sied à deux pays voisins, mais nous n'avons pas trouvé la volonté politique nécessaire côté turc. Je suis heureux d'entendre que nos partenaires ne sont pas contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, mais que ce chemin doit passer par revoir son propre passé et forger un partenariat civilisé avec les pays voisins. Quand la Turquie répondra aux normes européennes, nous aurons un voisin plus prévisible," a déclaré le Président Sarkissian lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue grec.

S'exprimant sur les derniers développements dans le processus de règlement du conflit du Karabakh, Serge Sarkissian a rappelé que "malgré les menaces constantes de Bakou, l'Arménie reste attachée à la politique de règlement du conflit du Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE."

(…)

L'un des accords signés à l'issue de la visite appelle à une coopération continue entre les ministères de la Défense grec et arménien. Sarkissian a souligné l'importance de cet accord lors de la conférence de presse conjointe.

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** Les experts s'expriment **

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* Ruben Safrastian *


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"Le discours du président Sarkissian au Parlement de Chypre et de la déclaration commune sont de première importance du point de vue de la priorité du droit des peuples à l'autodétermination dans le règlement du conflit du Karabakh et donnent une appréciation précise sur les relations arméno-turques," a déclaré le turcologue Ruben Safrastian. Il est persuadé que la politique néo-ottomane de la Turquie n'a pas d'avenir.

"Face au principe de l'intégrité territoriale, et pour la première fois, Chypre a confirmé dans un document écrit que le droit à l'autodétermination ou la libre expression de la volonté doit avoir un caractère obligatoire dans le conflit du Karabakh. Ce qui est très important, si l'on tient compte du fait que Chypre est membre de l'Union européenne.

À Chypre le Président Sarkissian a déclaré d'un ton ‘haut et fort' le ressenti de l'Arménie. Pour la première fois le Président a déclaré que la politique de la Turquie est fondée sur le chantage et a très clairement indiqué que le problème du génocide pourrait servir de condition préalable à des questions importantes ; notamment à l'établissement de relations arméno-turques.

Est-ce à dire que la ‘diplomatie du football' a échoué ? Le processus est depuis longtemps dans une impasse et c'est la faute de la Turquie," a souligné Safrastian.

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* Lernik Alexanian et Hmayak Hovannissian *


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"Avec son discours au Parlement de Chypre le président Serge Sarkissian a donné une évaluation claire des relations bilatérales et de la situation en Arménie. En ce qui concerne la partie du discours du Président consacrée aux relations arméno-turques, les approches du Président sur la question avaient été très claires dès le début. Ainsi, la partie arménienne a toujours insisté sur la nécessité de mener des négociations sans conditions préalables, et à cet égard la position du président n'a jamais changé," a déclaré Lernik Alexanian, députée du parti Républicain.

Selon le président de l'Union des politologues, Hmayak Hovhannisyan, le nouveau dans le discours présidentiel porte sur un durcissement de sa position.

"Ses appréciations ont été très critiques, puisque le processus arméno-turc est terminé. Elles l'ont été non pas seulement à cause du lieu [où elles ont été émises], mais aussi avec la réalité actuelle," a-t-il ajouté.

Selon le politologue, la Turquie s'est retirée le jour même où la ‘fusion' des relations arméno-turques a commencé. "La diplomatie déployée par les ministres des Affaires étrangères Edouard Nalbandian et Ahmet Davutoglu n'a pas abouti, aussi, le président Serge Sarkissian n'a fait qu'exprimer cette nouvelle réalité."

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* Sabine Freizer *


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"Il n'y aura pas de progrès dans les relations arméno-turques avant les élections législatives en Turquie," a déclaré le directeur du programme Europe à l'International Crisis Group (ICG)- basée à Istanbul, Sabine Freizer

"Le gouvernement turc veut empêcher les partis nationalistes opposés farouchement à la normalisation des relations avec l'Arménie de s'exprimer au cours de leur campagne électorale. Pendant ce temps, les contacts entre des hommes d'affaires arméniens et turcs, des journalistes et des représentants de la jeunesse se poursuivent," a-t-elle ajouté.

"Bien que la Turquie continue de garder sa frontière avec l'Arménie fermée, les contacts entre les sociétés civiles ne doivent pas s'arrêter. L'amélioration des relations entre les deux pays peuvent promouvoir la paix et la stabilité dans la région," a conclu Freizer ; rapporte l'agence Trend.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



mardi 18 janvier 2011

Turquie-Azerbaïdjan : Le Président Sarkissian fait le point sur les deux processus en cours.

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Le gouvernement arménien a donné, à de multiples reprises, par la voie du ministère des Affaires étrangères, sa position sur les deux processus avec ses voisins Turcs, Ottomans et Azéris.(Cf. article du 15 Janvier)

Cette fois-ci, c'est le premier personnage de l'Etat arménien qui s'est exprimé devant un parterre de parlementaires chypriotes-grecs avec des mots assez durs, tant envers les dirigeants turcs qu'azerbaidjanais. Il n'y a rien de nouveau sur le fond, si ce n'est qu'il ressort clairement que les processus sont loin d'aboutir.

La pré-condition inacceptable posée par Ankara bloque la ratification des protocoles, si tant est que la Turquie soit vraiment désireuse de normaliser ses relations avec l'Arménie. Tout comme qu'elle soit vraiment désireuse d'adhérer à l'Union européenne. C'est avant tout de la poudre aux yeux des Occidentaux ; avec cette seule différence, de taille, c'est qu'avec l'UE elle encaisse plus de 5 milliards d'euros de subventions (Cf. article du 17 Janvier). Alors qu'avec l'Arménie, c'est une épine permanente dans le pied.

Quand aux conditions posées par Bakou, qui en fait n'en sont pas, puisque les dirigeants azéris proposent de revenir purement et simplement à la situation d'avant-guerre, c'est à dire avec un Haut-Karabakh redevant une région autonome de l'Azerbaïdjan avec les sept districts l'entourant.

Reste le travail des grandes puissances qui se fait à travers leur rôle de médiateurs comme coprésidents du Groupe de Minsk dans le conflit du Karabakh, travail qui consiste à ne pas faire de vagues en ménageant ‘la chèvre et le chou'. Surtout si les vagues se déroulent sur des nappes d'hydrocarbures.

Reste l'UE, qui en fait aurait du garder son ancienne appellation Communauté Economique Européenne (CEE). Quand elle sort de son rôle économique et daigne prendre la parole sur un plan politique, cela devient une dzêtakappaphonie (une cacophonie à 27). Elle cite alors derrière sa liste fétiche des Valeurs européennes.

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Serge-a-Chypre_maxi
Le Président Sarkissian a entamé lundi une visite d'Etat en Chypre. Dans un discours prononcé au Parlement de Chypre, Serge Sarkissian a fait le point sur les relations Arménie-Turquie et Arménie-Azerbaïdjan. Il a également condamné l'occupation d'une grosse partie de l'île par la Turquie et a approuvé la position sans équivoque du gouvernement de Nicosie sur le conflit non résolu.

"Avec ses postures et ses déclarations contradictoires et les manipulations sans fondements du processus [de normalisation turco-arménienne], la Turquie l'a détruit. Elle a tourné le dos à ses engagements, non contente de faire échec à la ratification des protocoles qu'elle a signé, elle est revenue à ses anciennes positions d'avant le processus."

Sarkissian a dénoncé la politique étrangère du gouvernement turc actuel, la qualifiant de "néo-ottomane" avec des conceptions impérialistes visant à soumettre ses voisins à sa vision. "Qu'avait fait l'Empire ottoman pour les peuples sous son joug en dehors des massacres, de la tyrannie et des pillages ?"

"Un pays qui garde sa frontière fermée avec l'Arménie sous différents prétextes depuis son indépendance et exerce un chantage sur notre peuple, ne peut aspirer à devenir un leadership régional."

Les remarques inhabituellement acerbes reflètent la frustration du chef de l'Etat devant le refus de la Turquie à ratifier les protocoles turco-arméniens sans conditions. Protocoles qui prévoient l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays voisins et l'ouverture de leur frontière. Ankara a mis comme condition à la ratification que le conflit du Haut-Karabakh soit résolu à la convenance de l'Azerbaïdjan.

Il a rappelé aux législateurs chypriotes qu'Erevan n'a jamais fixé de conditions préalables à la normalisation des relations turco-arméniennes, alors qu'il y a des "raisons morales et juridiques plus que suffisante" de le faire. Et plus précisément la reconnaissance par la Turquie que les massacres dans l'Empire ottoman perpétrés durant la Première Guerre mondiale, étaient bel et bien un génocide.

Le président arménien a souligné que le Parlement chypriote avait été l'une des premières législatures (1982) à adopter une résolution reconnaissant le génocide. Il a de nouveau exprimé la solidarité de son pays avec les Chypriotes grecs dans leur conflit pluri-décennal avec les Turcs.

"L'Arménie n'a jamais accepté et n'acceptera jamais toute tentative de partition fraternelle de Chypre. Nous n'avons jamais accepté et n'accepterons jamais l'occupation du Nord de ce pays accueillant. Les Arméniens et les Chypriotes ne sont pas que des amis et des frères, mais aussi des alliés naturels, et nous restons fidèles à cette alliance."

(…)

"L'Azerbaïdjan n'a ni morale, ni fondement juridique pour réclamer le territoire de la République du Haut Karabakh. L'arménophobie de Bakou et sa politique agressive prouvent que le Haut-Karabakh n'a pas d'avenir au sein de l'Azerbaïdjan.

A en juger par les intérêts énergétiques, certains pays appliquent une politique à courte vue et momentanée, ce qui ne contribue pas à la stabilité dans notre région vulnérable."

Il a également noté que l'Arménie aspire exclusivement à une résolution pacifique du conflit du Karabakh, cependant, si l'Azerbaïdjan recourt à des méthodes basées sur la force, la réaction de l'Arménie sera conséquente.

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Lors d'une conférence de presse commune avec homologue chypriote Dimitris Christofias, le président Sarkissian a déclaré :

"L'Arménie pense que la Turquie n'adhérera pas à l'Union européenne. Dans le même temps nous pensons que la Turquie aura du mal à devenir membre de l'UE sans faire face à son passé et sans avoir établi des relations constructives avec ses voisins immédiats.

Les diplomates des deux pays, Arménie et Chypre, pensent que tous les conflits doivent être résolus en tenant compte des particularités historiques.

C'est la raison pour laquelle nous appuyons les positions de chacun et nous ne pensons pas que les principes de l'intégrité territoriale et le droit des peuples à l'autodétermination, soient contradictoires."

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Une déclaration conjointe des deux présidents a été publiée après leurs entretiens à Nicosie, dont il ressort notamment, que :

Les parties réaffirment leur engagement à l'Organisation des Nations Unies et son rôle dans maintien de la paix et la sécurité, ainsi que les buts et principes de la Charte des Nations Unies,

Les parties soulignent la nécessité d'établir et de développer des relations normales entre Etats voisins sans conditions préalables sur la base du respect mutuel et de compréhension et de respect du droit international,

(…)

La République d'Arménie exprime son soutien aux efforts visant à résoudre le problème chypriote sur la base d'une Fédération bizonale et bicommunautaire avec égalité politique tel que décrit dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies,

La République d'Arménie se félicite également des négociations en cours sous les bons offices du Secrétaire général, et partage les attentes de la communauté internationale qu'un accord, durable, juste, viable et mutuellement acceptable de règlement du problème chypriote sera atteint, sur la base du droit international, la Charte des Nations Unies et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, des Accords de 1977 et 1979, des principes fondateurs de l'UE, ainsi que sur le respect des droits de l'homme,

La République d'Arménie se félicite de l'approche créative et des initiatives prises par la République de Chypre pour la résolution du problème chypriote et regrette que la partie turque n'ait pas clairement répondu à ces propositions,

(…)

La République de Chypre exprime son soutien aux efforts visant à résoudre le conflit du Haut-Karabakh dans le cadre du processus du groupe de Minsk de l'OSCE et souligne que le conflit doit être résolu par des moyens pacifiques, sans recourir à l'utilisation de la force et par des négociations fondées sur les principes et normes du droit international,

La République de Chypre exprime son soutien aux efforts constructifs de la République d'Arménie pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh dans le cadre du processus du Groupe de Minsk de l'OSCE par des négociations basées sur les principes de la Charte des Nations Unies, sur l'Acte final d'Helsinki et sur les éléments proposés par les présidents des pays coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE, qui englobent, entre autres, la détermination du statut final du Haut-Karabakh par l'expression juridiquement contraignante de la volonté,

Enfin, la République de Chypre salue les efforts, en particulier de l'Arménie, pour lancer et poursuivre le processus pour la normalisation des relations entre l'Arménie et la Turquie, mais regrette que la ratification des deux protocoles sur l'établissement de relations diplomatiques et le développement des relations entre l'Arménie et la Turquie, signée en 2009, soit arrêtée en raison des conditions préalables turques.

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Avant de quitter Chypre le président Sarkissian s'est rendu au mémorial du génocide arménien à Larnaka pour y déposer une gerbe.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de Panarmenian.net



lundi 17 janvier 2011

26 Armenian organizations demand Warsaw's explanations

Twenty-six youth organizations from Armenia, Nagorno-Karabakh, Javakhk and Diaspora wrote an open letter condemning recent statement of the Polish Foreign Ministry forbidding its citizens to visit Nagorno-Karabakh, “as it is Azerbaijan's territory according to the international law”.
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Moreover, Poland's foreign office demands getting “permission” of the official Baku before visiting Nagorno-Karabakh.

In the letter Armenian youth organizations recall that the Artsakh people proclaimed independence in the letter and spirit of international law. “We would like to add that Polish and Armenian people historically had friendly relations. It is not mere chance that the Armenian cavalry, being a part of the Polish army, managed to defeat enemy and destroy sultan when the Turks were getting ready to conquer Vienna and intrude into Europe. It is just an episode of the friendly relations between our nations. In this regard, we, the representatives of the Armenian youth organizations, condemn at least odd and obscure anti-Armenian decision of the Polish Foreign Ministry and demand that it should be reversed,” the letter says.

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Information that Polish Foreign Ministry forbids its citizens to visit Nagorno-Karabakh, as it is Azerbaijan's territory according to the international law and demands getting permission of the official Baku, was not spread by official Warsaw, Polish Embassy in Yerevan told Yerkir Media TV company.

In a phone conversation the head of embassy's political department noted that such statement was posted on the website of Polish Embassy in Baku.

Interestingly, the website of Polish Embassy in Baku is temporarily unavailable, whereas Polish foreign office refused to comment on the issue.

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News.am



4 ans après les assassins de Hrant Dink restent toujours impunis !

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Communiqué Info-turk

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Une colombe de la paix est tombée martyre il y a quatre ans dans les rues d'Istanbul… Le journaliste arménien Hrant Dink a été assassiné lâchement le 19 janvier 2007 par des forces occultes de l'état profond turc.


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"Qui que soit le tireur, nous sommes sûrs que derrière ce crime se trouvent l'ultranationalisme et le militarisme turcs, coupables impunis des génocides contre les peuples arméniens et assyriens" disions-nous dans un communiqué publié juste après l'assassinat.

En effet, pendant le procès du meurtrier mineur de Dink, il est clairement apparu que les services publics turcs étaient au courant du plan de cet assassinat et qu'ils couvraient les instigateurs.

Le 25 octobre 2010, les avocats de la famille Dink ont demandé à ce qu'une reconstitution des faits soit organisée, en présence du tireur Ogün Samast, sur les lieux de l'assassinat, dans le quartier de Sisli (Istanbul). Non seulement la 14e chambre de la cour pénale d'Istanbul a rejeté cette demande, mais elle a également décidé que Ogün Samast, âgé de 17 ans au moment des faits, serait désormais jugé par un tribunal pour enfants. Son dossier a donc été transféré à la cour pénale pour mineurs à Istanbul. Le procès du tireur ne reprendra que le 2 février 2011.

Or ce tireur qui a déjà avoué avec fierté son crime odieux devait être condamné depuis long temps. Pourquoi ce retard ? Selon la loi sur les procédures pénales (CMK), un mineur ne peut être détenu plus de cinq ans s'il n'a toujours pas été reconnu coupable et que sa peine n'a pas été confirmée dans ces délais. Ogün Samast pourrait donc, en vertu de cette loi, être libéré en janvier 2012.

Le transfert du dossier d'Ogün Samast constitue un énième contretemps dans le procès qui doit déterminer les responsables de la mort du journaliste. Le 6 janvier 2011, l'avocate de Hrant Dink, Fethiye Cetin, a publié un rapport dénonçant les trop faibles avancées du procès. Selon elle, il ne fait aucun doute que les forces de police et la gendarmerie de Trabzon ainsi que la police d'Istanbul et les renseignements généraux ont tout fait pour dissimuler les pièces à convictions. Pièces qui pourraient établir leur éventuelle implication dans cette affaire.

Elle a ainsi déclaré à Reporters sans frontières : “Le meurtre n'est pas l'affaire de trois ou cinq jeunes qui sont passés à l'acte, poussés par des sentiments nationalistes. On ne peut pas non plus parler de quelques fonctionnaires qui se sont infiltrés au sein de l'Etat pour éliminer Hrant Dink. L'Etat est impliqué à tous les niveaux, à commencer par l'état-major de l'armée, la justice, le gouvernement, les forces de l'ordre, les médias, les forces paramilitaires. Tous les acteurs politiques ont joué un rôle dans son meurtre, pour le dissimuler ou pour empêcher que les véritables responsables ne soient identifiés.”

Rappelons que le 14 septembre dernier, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Turquie à verser 133.595 euros de dommages intérêts (y compris les frais et dépens) pour avoir manqué de protéger la vie de Hrant Dink, directeur de la publication de l'hebdomadaire Agos. La CEDH avait conclu à l'unanimité à la violation de l'article 2 (droit à la vie), 10 (droit à la liberté d'expression) et 13 (droit à un recours effectif).

A la veille de l'anniversaire de l'assassinat de Hrant Dink, le 9 janvier 2011, les forces progressistes et démocratiques sont choquées par la déclaration du premier ministre Tayyip Erdogan ordonnant publiquement la destruction d'un monument érigé à la frontière avec l'Arménie et dédié à la réconciliation entre les deux pays.

Cette prise de position scandaleuse du gouvernement d'Ankara suscite l'indignation tant en Turquie que dans les communautés arméniennes du monde.

Toutefois rappelons à cette occasion qu'en Belgique plusieurs négationnistes d'origine turque, élus sur les listes PS, MR et CDH, réclament depuis des années la destruction du "Khatchkar", monument dédié au génocide des Arméniens situé au square Michaux à Ixelles. Malgré cela, ils continuent à représenter ces partis politiques dans les instances régionales et communales.

C'est devant ce monument que l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique organise un recueillement le mercredi 19 janvier 2011 à 19 heures à l'occasion du 4e anniversaire de l'assassinat de Hrant Dink. (Information : okmen_keni@hotmail.com)

D'ailleurs, se déroule actuellement à Berlin la semaine Hrant Dink organisée par une initiative berlinoise en coopération avec la Fondation internationale Hrant Dink à Istanbul et le Forum culturel Allemagne-Turquie à Cologne.

Info-turk



Erdogan élu "Homme de l'Année"

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Déjà, du temps de l'empire ottoman la diplomatie turque maniait ses interlocuteurs conformément à ses besoins malgré qu'il soit l'Homme malade de l'Europe. Un siècle plus tard, rien ou presque n'a changé si ce n'est que les rôles ont été inversés et que c'est l'Europe qui est devenu l'Homme malade de la Turquie. Il suffit pour s'en convaincre de voir les salamalecs exécutés par des dirigeants de Bruxelles face à la Turquie alors que les peuples d'Europe sont plus que circonspects sur le sujet. Sans compter bien évidemment les courbettes de Washington.

En attendant Ankara tire magnifiquement son épingle du jeu, touchant au passage plus de cinq milliards d'€ de subsides pour ses ‘frais' d'adhésion. [1]
On remarque au passage que malgré la crise économique des pays occidentaux, les subventions versées à la Turquie augmentent de près de 20% entre 2010 et 2011.

Le même scénario a été employé envers les pays musulmans en leur faisant croire que la Turquie est l'ami des Arabes, alors qu'elle a occupé leurs pays pendant des siècles, (touchant au passage le golfe d'Alexandrette - cadeau de la France), et que depuis des années elle est le bras armé des Etats-Unis dans la région, avec son alliée objectif Israël. Mais les coups d'éclat (Davos, convoi turc vers Gaza) masquent la réalité aidé en cela par le Secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), M. Ekmeleddin Ihsanoğlu.

Etant auréolé par les deux côtés, Recep Tayyip Erdogan va poursuivre dans sa voie. Mais courir en tête, ne signifie pas qu'il ne soit pas rattrapé par les ‘fantômes' de l'histoire.

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Peu importe comment l'islam orthodoxe résiste à la "pernicieuse influence occidentale", la mode des "Homme de l'Année" a atteint le monde musulman. Naturellement, le favori était le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui a été élu pour 2010 par les lecteurs de CNN arabe avec 74% des voix. (Ndlt : A noter que le second, le président syrien Bashar Assad, n'a recueilli que 20% des votes.)

Le choix de M. Erdogan dans cette catégorie n'était pas arbitraire, vu que le travail de la politique étrangère turque de ces dernières années a porté sur : Devenir un médiateur entre les mondes arabe et turque. Et il faut admettre que dans une certaine mesure, la Turquie a réussi. À cet égard, le grand moment pour M. Erdogan a été à Davos en 2009, quand il a quitté le Forum après un accrochage sur un plateau TV avec le président israélien Shimon Peres, concernant l'opération "Plomb durci". Comme vous le savez, M. Erdogan est devenu un héros national en Turquie, et il a immédiatement commencé une campagne antisémite. Par ce geste, Erdogan a fait d'une pierre deux coups : - il a montré aux Arabes que la Turquie ne sympathise pas avec son alliée de longue date, Israël, et soutient la cause palestinienne ; - et que la Turquie défend l'islam, en fait le Pantouranisme, ou pour être plus précis : l'ottomanisme, sans leur préfixe ‘néo'. La rhétorique anti-israélienne d'Ankara, ainsi que le soutien aux Palestiniens dans la bande de Gaza n'est pas dirigé contre Israël, mais vers les Arabes pour obtenir leur soutien dans la mise en place au Moyen-Orient d'une structure analogue à l'Union Européenne. Soit dit en passant, il y a des rumeurs comme quoi le Grand Moyen-Orient, une idée originale des Etats-Unis, peut encore être joué par Erdogan. C'est peut-être pourquoi Washington a faiblement réagi aux démarches anti-israéliennes et parfois anti-américaines d'Ankara.

On peut dire que M. Erdogan suit deux objectifs : - l'adhésion à l'UE et l'établissement d'une structure similaire au Moyen-Orient avec la participation de certaines anciennes républiques soviétiques. Il se pourrait bien que ces deux objectifs sont atteints dans les années à venir si le Parti Justice et Développement (AKP) reste au pouvoir après les élections de 2011. Il y a de fortes chances qu'il en sera ainsi. Naturellement l'héritage d'Atatürk doit être préservé, mais la Turquie, à l'exception d'Istanbul et d'Ankara, est encore un pays musulman dans son ensemble. Dans la partie centrale du pays, des gens vivent encore sous la charia et la situation actuelle ne devrait pas changer dans un proche avenir. L'expression immortelle de Rudyard Kipling "L'Est est l'Est et l'Occident est l'Occident, et jamais les deux ne se rencontreront", reste d'actualité. Et peu importe combien de fois la Turquie répètera au monde qu'elle est le carrefour des civilisations et un pont entre l'Orient et l'Occident ; un pays islamique est un pays islamique.

Toutefois, ces ne sont pas les deux seuls objectifs de la Turquie. Il y a encore deux énormes problèmes - les Kurdes et l'histoire ottomane.

En principe, la situation est déjà claire avec les Kurdes -, on leur a promis un Kurdistan indépendant, et tôt ou tard ils vont le mettre en place en empiétant sur quatre pays : Turquie – Iran - Irak - Syrie. Il est triste d'imaginer ce qui se passera dans la région, après : le conflit israélo-palestinien ressemblera un jeu d'enfant par rapport à la "lutte pour l'indépendance du Kurdistan".

Le second (l'histoire ottomane) est la plus douloureuse, car aucun dirigeant de la Turquie moderne n'est capable de changer l'histoire de l'Empire ottoman. Ce n'est pas seulement sur le génocide arménien, mais aussi sur les Chrétiens : Grecs, Assyriens, Chaldéens ou Syriens. Si les Jeunes Turcs n'avaient massacré que les Arméniens de Turquie, maintenant, cela serait beaucoup plus facile pour eux : une nation n'est pas deux ou trois après tout. En outre, des excuses du type "colonie russe", de toute évidence, ne correspondent pas ni aux Grecs ni aux autres Chrétiens. Aussi, c'est l'une des principales raisons du refus persistant de reconnaître le génocide arménien.

Si Erdogan est en mesure de résoudre au moins certains de ces problèmes durant son mandat, le titre qu'on lui a décerné sera justifié. Mais il aura beaucoup de mal car la mentalité ottomane ne le permet pas. Dans le meilleur des cas, Erdogan pourra tenter de devenir un second Nasser. La seule chose que lui et le reste des Turcs doivent garder à l'esprit est que les Arabes ne peuvent pas les supporter, et toutes les discussions sur la fraternité islamique ne sont qu'un moyen pour atteindre leurs propres objectifs, qui pour la plupart, sont assez différents.

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Garinée Ter-Sahakian – PanArmenian.net – Département Analyse




[1]







Enveloppes d'aide de préadhésion, en millions d'euros 2002 à 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Total
- 1249 497,2 538,7 566,4 653,7 781,9 899,5 935,6 5186,4
Augmentation annuelle en % - - 8,2 5.1 15,4 19,6 15 4 -

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