A la Une

lundi 28 février 2011

Haut-Karabakh : Avis d'experts et de politiques

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Tout le monde est d'accord, Azerbaïdjan compris, qu'il soit expert ou politique, que le problème doit se régler de façon pacifique, sur la base des normes internationales.

Seul détail qui fausse ce consensus, c'est ce que l'on met derrière le mot ‘façon', et là, les positions d'Erevan et de Bakou sont en totale contradiction. Droit à l'autodétermination des peuples contre intégrité territoriale, tous deux faisant partie des normes internationales.

Pour Erevan, le Haut-Karabakh a déjà choisi son statut définitif par son référendum de 1991. Pour Bakou, le Haut-Karabakh est et restera une région de l'Azerbaïdjan, referendum ou pas.

Et si par le plus grand des hasards les dirigeants azéris acceptaient le fait que la population du Karabakh puisse choisir son statut - d'ici une quinzaine d'années - le referendum porterait sur toute la population, c'est-à-dire les 1.000.000 de réfugiés Azéris plus les 160.000 Arméniens du Karabakh. Trouver l'erreur !

En attendant, la fin Février a vu les célébrations d'événements tragiques. Les Azéris ont commémorés les morts de Khodjalu et les Arméniens les victimes des pogroms de Sumgaït, Kirovabad et Bakou. Malheureusement, les paroles de haine et de vengeance prononcés dans les différentes localités par les officiels azerbaidjanais ne prédisposent en rien à une quelconque réconciliation mais plutôt à une future reprise des hostilités.

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** Propos d'experts **

* Mikhaïl Alexandrov


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Selon, les doubles standards sont utilisés dans le règlement du conflit du Karabakh, la Russie devant manœuvrer entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Il est fort probable que l'OTAN soit derrière les dernières menaces de l'Azerbaïdjan.

"La position de l'Occident sur la réalité d'un génocide arménien au Haut-Karabakh n'est pas claire, tout comme mettre les régimes démocratiques d'Arménie et du Karabakh au même niveau que le pouvoir autoritaire en Azerbaïdjan," a fait remarquer le politologue russe, Mikhaïl Alexandrov.

Ainsi, les menaces azéries sont un moyen de pression sur l'Arménie, l'Occident étant le premier à bénéficier des longueurs dans le règlement des conflits. "C'est au perdant à faire des concessions. Alors qu'ici, c'est l'Azerbaïdjan qui tente de forcer l'Arménie à faire des concessions. Et l'Occident, en particulier l'OTAN, est derrière cela," a souligné le directeur de l'institut de la CEI.

L'expert est confiant sur le fait que l'Alliance [OTAN] a besoin de l'Azerbaïdjan en tant que corridor vers la mer Caspienne, utilisant le Karabakh comme un levier de pression sur Bakou ; rapporte le quotidien ‘Argumenty i Fakty'.

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* Andrei Areshev


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L'expérience montre que la psychologie et la mentalité du Caucase n'est l'objet d'aucune pression de l'extérieur, selon l'expert russe Andrei Areshev.

"L'Azerbaïdjan souhaite gagner quelque chose sans rien donner en échange, ce qui ne peut se faire. Aucun pays ne peut obliger l'Arménie à agir au détriment de ses intérêts nationaux," a souligné le rédacteur en chef du portail de la société des spécialistes scientifiques du Caucase.

"Les pourparlers pour le règlement des conflits dans le Sud-Caucase devraient se tenir en permanence non seulement au niveau présidentiel et ministériel, mais aussi avec l'aide de la société civile."

L'expert a également souligné le rôle important de l'Iran et de la Russie. "Il existe de nombreuses communautés arménienne et azerbaïdjanaise en Russie. Je vous laisse imaginer si une guerre éclatait au Karabakh ; personne n'en tirerait bénéfices."

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** Propos de politiques **

* James B. Steinberg


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"Les États-Unis sont intéressés à un règlement rapide du conflit du Haut-Karabakh sur la base du droit international et des principes d'Helsinki. Nous espérons des progrès dans la résolution du conflit. Nous pensons que les deux pays sont intéressés à promouvoir cette question", a déclaré James B. Steinberg, le Secrétaire d'Etat adjoint des Etats-Unis à son arrivée à Bakou, venant de Tbilissi.

Il a ajouté qu'il était très important de maintenir une solution diplomatique au conflit, ce qui est dans l'intérêt de tous les pays de la région.

"Nous sommes surpris par les difficultés auxquelles nous avons été récemment confrontés, étant donné les avantages potentiels que les deux parties en conflit peuvent tirer dans le cas d'un règlement pacifique et les risques d'escalade du conflit. Il est dans notre intérêt de faire tout ce qui est en notre pouvoir. Nous en avons également parlé avec le président arménien Serge Sarkissian. Les parties doivent se rencontrer dans une atmosphère positive pour trouver un terrain d'entente. C'est dans l'intérêt de tout le monde. Il est indubitable que les parties doivent poursuivre leurs efforts dans cette direction."

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* Jordi Xuclà i Costa


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Le nouveau président de la Sous-commission sur le Haut-Karabakh de l'APCE, Jordi Xuclà i Costa, a déclaré qu'il comptait être un médiateur impartial et professionnel pour le Haut-Karabakh.

Professeur de droit dans une université locale, il a affirmé qu'il y avait d'autres députés à l'APCE, qui ont probablement une meilleure connaissance de la région, mais qu'ils ont été accusés d'afficher une attitude partiale envers l'une ou l'autre des parties.

Par conséquent, M. Xuclà i Costa revendique que sa nomination vise à éliminer toute ces accusations dans la mesure où il ne représente aucun groupe d'intérêt sur cette question particulière. "J'ai de l'expérience, mais je n'ai pas aucun intérêt dans l'une quelconque des parties. Et c'est l'une des raisons de mon élection comme président de cette Sous-commission."

M. Xuclà i Costa a déclaré que selon le nouvel agenda de la commission ad hoc, un ‘projet de conclusions' du travail effectué sera présenté à la fin de l'année.

Interrogé pour savoir si ce ‘projet de conclusions' doit servir de base pour une autre résolution de l'APCE sur le Haut-Karabakh, M. Xuclà i Costa a déclaré : "Il s'agit d'un différend entre deux parties, pas plus ... [un conflit] autour du Haut-Karabakh, lequel n'est pas un acteur indépendant du processus, c'est une des parties du conflit."

A la question s'il voulait dire que c'est un conflit entre deux points de droit international autour d'un territoire, c'est-à-dire un conflit territorial, il répondit : "Exactement".

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



samedi 26 février 2011

Peter Semneby quitte ses fonctions

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Traduction Gérard Merdjanian –commentaires

Après cinq ans de bons et loyaux services comme représentant de l'UE au Sud-Caucase, Peter Semneby est appelé à d'autres fonctions. Il laisse auprès de ses interlocuteurs un bon souvenir, ayant toujours traité les problèmes régionaux de façon équitable ; c'est ainsi que la FEAJD a pu le rencontrer à plusieurs reprises concernant le conflit du Karabakh. Ce qui n'était pas, et n'est pas, le cas de tous les envoyés de l'UE dans la région qui défendaient, ou défendent, avant tout les intérêts de l'Europe à travers le prisme déformant des énergies fossiles.

Hélas, ce qui est valable pour l'UE l'est aussi pour les Etats-Unis et/ou la Russie. Si une aide plus ou moins importante est apportée sur le plan économique, la prise en compte des justes aspirations des populations autochtones est totalement négligée au profit des gouvernants, même s'ils sont corrompus.

Reste que par les temps présents, les paroles lénitives de la communauté internationale ne suffisent plus et que la population de l'Artsakh attend de sa part des actes concrets face aux menaces de l'Azerbaïdjan.

Pour tout acte concret, la France et la Grande Bretagne ont demandé à leurs ressortissants ne plus se rendre au Karabakh pour des raisons de sécurité !

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Jeudi, un haut diplomate de l'Union européenne, invité à commenter la probabilité d'une guerre à grande échelle entre Arménie et l'Azerbaïdjan pour le Karabakh, a de nouveau exprimé sa préoccupation au sujet de l'intensification de la course aux armements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et a averti que les accrochages meurtriers dans le conflit du Haut-Karabakh pourraient dégénérer en combats plus sérieux.

"La course continuelle aux armements dans la région ne peut qu'avoir un effet déstabilisateur. Nous sommes sérieusement inquiets à ce sujet. Nous avons vu beaucoup trop d'incidents au cours de l'année passée. Dans un tel contexte, nous craignons que le seuil pour l'utilisation de la force dans le conflit ne soit progressivement abaissé. Je ne parle pas des actions délibérées, mais nous ne pouvons pas exclure que l'un de ces incidents échappe au contrôle et déclenche une escalade," a déclaré aux journalistes à Erevan, le Représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, Peter Semneby, lors de sa tournée d'adieu.

Le diplomate avait déjà exprimé ces préoccupations en Septembre dernier, déclarant que le cessez-le-feu autour du Karabakh devrait être renforcé, éventuellement avec le déploiement d'un plus grand nombre d'observateurs internationaux.

L'envoyé de l'UE a noté que les parties en conflit avaient fait "moins de progrès qu'espérés" dans leurs pourparlers de paix qui, selon lui suscitent un intérêt croissant de l'UE, précisant : "Le conflit du Haut-Karabakh est devenu un enjeu de plus en plus grave pour l'Union européenne."

Concernant les événements tragiques de 2008,

Semneby a rejeté les accusations de l'opposition arménienne contre l'UE, qui aurait toléré les violations des droits de l'homme en Arménie découlant des manifestions postélectorales de 2008, dans l'espoir de faciliter un règlement du conflit du Karabakh. "Nous n'avons pas fermé les yeux sur les conséquences de l'Etat d'urgence de 2008. C'est une question qui est constamment sur notre ordre du jour," a-t-il souligné.

"Au lieu de fermer les yeux, ce que nous conseillons c'est de tourner la page et de laisser ces questions devenir des questions du passé. Et pour ce faire un certain nombre de mesures seraient utiles," a déclaré le diplomate sans plus de précisions.

Semneby a ajouté que les autorités arméniennes avaient libéré la grande majorité des partisans du leader de l'opposition Levon Ter-Pétrossian, arrêtés en 2008. Il reste à ce jour une douzaine de partisans de Ter-Pétrossian en prison, pour des délits graves.

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Peter Semneby a été reçu par le Président Serge Sarkissian qui a salué la contribution du diplomate au renforcement des relations entre l'Arménie et l'Union européenne : "Je crois que nos relations et le dialogue politique avec l'UE a commencé à se renforcer grâce notamment à vos efforts, dans vos fonctions de Représentant de l'UE pour le Sud-Caucase."

Peter Semneby a remercié le Président Sarkissian pour son appréciation sur son travail et a noté que, pendant les cinq années de son mandat, il a tenu de nombreuses réunions productives avec Serge Sarkissian.

Et notamment, la décision de commencer en Mai 2009 les négociations avec les trois États transcaucasiens sur l'accord d'association, qui, selon le Représentant spécial de l'UE, deviendra le futur document de définition pour l'Arménie, qui a choisi la voie de Euro-intégration.

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Avant de quitter l'Arménie, Peter Semneby a rencontré le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian.

Ont été abordés des sujets sur l'élaboration de l'accord d'association dans le cadre du programme de Partenariat oriental, sur la création d'une zone de libre échange globale et sur la facilitation du régime des visas.

Appréciant hautement l'activité de son interlocuteur, le ministre Nalbandian a souligné sa contribution à la coopération entre l'Arménie et l'Union européenne.

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Extrait de Armenialiberty et de la Radio Publique d'Arménie



jeudi 24 février 2011

La Turquie mécontente de la France

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Traduction Gérard Merdjanian -commentaires

Les gestes de bonnes volontés de la France envers la Turquie, en bloquant par exemple la pénalisation du déni du génocide des Arméniens ou en lançant l'année de la Turquie, ne suffisent pas à calmer Ankara. Monsieur Erdogan désire absolument rentrer dans l'UE et ce par la grande porte.

Le problème c'est que l'UE a eu les yeux plus gros que le ventre. La digestion des dix derniers venus en 2004 n'est toujours pas terminée, et la crise monétaire n'a rien arrangé du tout. C'est avant tout une Europe économique, comme la définissait très bien son ancienne dénomination, CEE. Il suffit d'écouter les déc larations des grands dirigeants européens dès qu'on aborde les problèmes politiques et/ou militaires. Alors passer à 28 voire à 29 risque fort de prendre du temps.

Il n'y a que l'agglomération d'Istanbul qui peut se targuer d'être à l'heure européenne, les 96% du territoire sont à l'heure anatolienne, où l'on est à mille lieux des Valeurs de l'Europe.

Aussi, insister par les temps qui courent à vouloir absolument rentrer dans le ‘Club', n'est pas très rationnel, sauf si l'on a d'autres visées derrière la tête.

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* Des relations France-Turquie *

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a tancé le président Nicolas Sarkozy disant que la Turquie méritait mieux, avant sa courte visite à Ankara en tant que président du G20.
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"Sarkozy a insisté sur le fait que la visite sera ‘très courte' d'à peine ‘cinq ou six heures'," a déclaré un haut diplomate turc la semaine dernière, en exprimant l'espoir que les deux côtés trouveront le temps de discuter de questions autres que celles liées au G20, dont la France assure actuellement la présidence.

Dans un entretien avec l'AFP, M. Erdogan a déclaré que la nature de la visite éclair ne reflète pas ‘le niveau de l'amitié' entre les deux Etats, compte-tenu des obstacles dressés devant Ankara, relatifs aux négociations d'adhésion à l'UE.

"Je le dis franchement : nous aurions aimé lui [Sarkozy] souhaiter la bienvenue en tant que président de la France, mais vendredi il vient ... en tant que président du G20. Je pense donc que ce n'est pas une visite qui se situe au niveau de l'amitié entre nos deux pays ... la Turquie et les liens turco-français méritent mieux que cela.

Nous regrettons également que Nicolas Sarkozy n'ait pas encore visité la Turquie en qualité de Président de la France depuis son arrivée au pouvoir il y a quatre ans. Le président de la Turquie s'est rendu en France et j'ai fait de même, en tant que Premier ministre", a-t-il ajouté.

Rappelons que Sarkozy a toujours déclaré que la Turquie n'appartient pas à l'Europe, et que de concert avec la chancelière allemand, Angela Merkel, ils préconisent un partenariat privilégié plutôt qu'une adhésion complète d'un pays musulman de près de 73 millions d'habitants ; idée qu'Ankara rejette catégoriquement.

La France a bloqué l'ouverture de plusieurs chapitres sur les 35 prévus avant l'adhésion complète, contribuant ainsi à un ralentissement qui menace de mener le processus dans une impasse.

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* Commentaires de la FRA *


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Pourquoi l'Europe ne désire pas voir la Turquie adhérer à l'Union européenne, et confier différents postes de direction dans différentes structures européennes et internationales aux autorités turques ?

"En fait, l'Europe ne souhaite pas rompre ses liens avec la Turquie. Elle veut qu'Ankara serve de pont entre l'Occident et le monde islamique", a déclaré le directeur du Bureau Hay Dat et des Affaires politiques de la Fédération Révolutionnaire arménienne (FRA-Dachnaktsoutioun), Kiro Manoyan.

Quant aux relations Arménie-Turquie,

Malgré qu'elles soient gelés, elles sont toujours dans la tourmente, et ce pour deux raisons.

"Premièrement, l'émissaire de la Turquie va arriver en Arménie pour parler de sa candidature au poste de Secrétaire général de l'OSCE. Deuxièmement, le Conseil National de Sécurité turc a demandé à ses diplomates à l'étranger de participer aux commémorations du 24 avril pour les victimes du génocide arménien."

Selon Manoyan, la Turquie essaie d'influer sur l'Arménie pour qu'elle s'abstienne de dénoncer les protocoles. Ce qui aidera la Turquie à faire pression sur Erevan par des pays tiers.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



La diplomatie américaine au Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Comme il a été dit à plusieurs reprises tant par les observateurs que par les intéressés eux-mêmes, l'Azerbaïdjan n'a aucune intention de changer quoi que ce soit dans ses agissements, que ce soit sur la ligne de contact au Karabakh ou lors des négociations de paix avec l'Arménie. Si les médiateurs internationaux persistent à se contenter de déclarations verbales basées sur le droit international, ce ‘petit jeu' risque de durer un certain temps. Temps mis à profit par les dirigeants azerbaidjanais pour se suréquiper militairement.

Une chose est sûre : Si Ilham Aliev persiste à ce que le Haut-Karabakh retourne sous l'autorité de Bakou, il lui faudra déclencher une nouvelle guerre. Et les pays coprésidents du Groupe de Minsk, Etats-Unis-Russie-France, seront bien avancés d'avoir laissé pourrir la situation.

C'est là, peut-être, que les Etats-Unis ont un rôle important à jouer avec leur nouvel ambassadeur à Bakou, qui connaît bien le sujet. Avec les intérêts qu'il a dans la région et en Azerbaïdjan même, Washington a plus l'oreille d'Aliev que Moscou. Et comme chacun sait, Moscou pilote Erevan à distance ...

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* James Steinberg *

Le Sous-secrétaire d'État James Steinberg, accompagné par le Sous-secrétaire d'État adjoint, directeur du Bureau des Affaires européennes et eurasiennes, Philip Gordon, est arrivé à Erevan pour sa première étape d'une tournée dans les trois États du Sud-Caucase, de la Bosnie et de l'Albanie.
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Il a rencontré le Président Serge Sarkissian mercredi soir. Le Service de Presse du président a déclaré, sans plus de détails : "les deux interlocuteurs ont échangé leurs points de vue sur les questions de sécurité régionale et sur le processus de résolution du conflit du Haut-Karabakh."

De son côté, Steinberg a souligné le fait que c'était sa troisième visite en Arménie en deux ans. Les récents pourparlers de Sarkissian à Munich avec la secrétaire d'État Hillary Clinton, et une visite à Washington en avril 2010, témoignent de la "force des liens entre nos deux pays."

Ces pourparlers précèdent la nouvelle réunion des présidents arménien et azerbaïdjanais qui devrait avoir lieu le 5 Mars prochain sous l'égide du président russe Dmitri Medvedev. Sujet qui sera certainement abordé vendredi à Saint-Pétersbourg lors de la rencontre Sarkissian-Medvedev.

Il est également prévu des rencontres avec des représentants de la société civile et des médias dans chacun de ces pays.

Le directeur de la CIA, James Clapper, aurait exprimé sa préoccupation au sujet des violations du cessez-le-feu lors des audiences du Congrès, la semaine dernière à Washington. Il a attiré l'attention sur de nouvelles escalades de tensions le long de la ligne de front, fortement militarisée.

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* Matthew Bryza *


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"Il n'y a pas de question plus importante dans cette région que la résolution du conflit du Haut-Karabakh dans le contexte de l'établissement de la paix dans la région. Cette question sera au centre de la visite du Sous-secrétaire d'État James Steinberg à Bakou," a déclaré l'ambassadeur américain en Azerbaïdjan, Matthew Bryza.

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Extrait de Armenialiberty et de PanArmenian.net



mardi 22 février 2011

Azerbaijan preparing ground for further provocations

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According to the information of the Ministry of Defense of Nagorno Karabakh, the Azerbaijani armed forces violated the ceasefire regime a number of times on February 20.


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The information on a number of killed and wounded could be the result of suicides in the Azerbaijani army. Besides, part of the losses could be a result of subversive acts, Spokesman for the Minister of Defense David Karapetyan said.

“Taking into consideration that the Azerbaijani side has turned the propaganda into everyday activity, Azerbaijan is probably preparing ground for further provocations with such statements. The Armenian armed forces remain committed to maintaining the ceasefire regime,” the Spokesman said.

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Azerbaijan's attempts to assert itself through falsification of history do not stop amazing everyone with the flight of fancy. The author of the recurrent so-called scientific work is Ramiz Mekhtiev, member of the National Academy of Sciences of Azerbaijan. He is simultaneously the head of staff of Ilham Aliyev's administration, which is another evidence of the fact that history is being falsified in Azerbaijan on the state level. In the 29-page work the author once again tries to convince the readers that Armenians are incomers in the region.

Is it worth reacting to such facts of falsification of history? Head of the Armenian History Chair of the Yerevan State University Babken Harutyunyan says it's necessary.
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”What sees the Western citizen unfamiliar with Armenian history? On one hand there are continuous accusations, on the other hand, there is no reaction. Incorrect conclusions are inevitable in this case,” the historian told reporters.

In December 2010 Babken Harutyunyan's article was published in “Vem” magazine as a response to the “scientific findings” of Azerbaijan. Hopefully, the clarifications of the Armenian historian will become a useful guide for Azerbaijanis.

The Russian and English translations of the article will also be published soon.

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Public Radio of Armenia



lundi 21 février 2011

Haut-Karabakh : Il y a 20 ans

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Traduction Gérard Merdjanian

Une page d'histoire ... Un premier pas vers une liberté chèrement acquise.

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Tout avait commencé quelque temps plus tôt. Depuis le 13 Décembre 1987, des rassemblements avaient lieu sur la Place Lénine à Stepanakert, et la foule exigeait de faire sécession avec l'Azerbaïdjan et demandait son rattachement à l'Arménie.


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Le Conseil régional des députés du peuple a tenu une session spéciale le 20 février, et a validé la décision de « soumettre les pétitions aux Conseils Suprêmes des RSS d'Azerbaïdjan et d'Arménie sur la cession de la région autonome du Haut-Karabakh rattachée à l'Azerbaïdjan soviétique et son transfert à l'Arménie soviétique. »

Les autorités azerbaïdjanaises et les fonctionnaires pro-Azerbaïdjanais de la région autonome du Haut-Karabakh n'ont pas pu empêcher la session spéciale du Conseil Régional. Malgré que les routes menant à Stepanakert soient fermée, les députés sont ont gagné la capitale provinciale par des chemins vicinaux, à pied ou à cheval.

« Tous les Conseils régionaux, communaux ou municipaux avaient tenu des séances les mois précédents, et c'était un référendum unique, malgré que les autorités azerbaïdjanaises, soutenues par le Premier Secrétaire du Conseil régional, Boris Kevorkov, avaient essayé de déranger les séances des divers Conseils. Cependant, nous étions résolus dans notre décision, » a déclaré le député du Conseil régional, Karen Babourian, lors d'une entrevue avec le centre analytique « Armedia ».

Le 20 février le Premier Secrétaire du PC d''Azerbaïdjan, Kyaram Baghirov, se trouvait à Stepanakert avec ses collaborateurs et des Représentants de l'Etat.

La séance du Conseil régional a commencé à 17h. Au début, Baghirov s'est contenté de faire de vagues promesses, puis il a commencé à menacer, essayant en cela de déranger la session. Le représentant du Comité Central du PC d'URSS, Yashin, qui était également présent à la séance, appelait Moscou de temps en temps pour faire le point des développements. Au final, les députés ont forcé Baghirov à quitter la salle.

Le Président du Conseil régional, Vladimir Osipov, était contre la démarche et contre la décision ; il n'était d'ailleurs pas présent à la séance. De plus, il avait laissé son sceau, ce qui pouvait poser de sérieux problèmes.

Cependant, les députés ont trouvé la solution. La décision du Conseil régional a été signée par tous ses membres, ce qui lui a conférée un statut juridique, de sorte que ni Moscou, ni Bakou ne pouvaient la considérer comme illégale.

Ainsi, le 20 février 1988 le Conseil régional de la République autonome du Haut-Karabakh a pris la décision historique de demander son rattachement à l'Arménie.

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Radio Publisque d'Arménie



International Crisis Group : Arménie/Azerbaïdjan - prévention de la guerre

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le rapport de l'ICG, comme tout document émanant d'une organisation internationale, fait un certains nombre de propositions pour résoudre le conflit du Karabakh, mettant en avant les risques d'une reprise des hostilités entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Mais comme tous les documents émanant d'une organisation internationale, les auteurs évitent de discuter du pourquoi ou du comment on en est arrivé là, se contentant d'appliquer une solution globale à la situation, du style ‘voilà ce qu'il faut faire'.

Certes la ou les solutions proposées s'appuient sur les normes internationales, mais le problème n'est pas là. Il faudrait pour essayer de résoudre le conflit, remonter à la fin de l'époque soviétique quand la région autonome du Haut-Karabakh, rattachée de force à la RSS d'Azerbaïdjan par Staline, a demandée en 1988 à être rattachée à la RSS d'Arménie et non plus à la RSS d'Azerbaïdjan, et ce conformément à la constitution de l'URSS. Bakou a vu rouge et a commencé à s'attaquer aux Arméniens disséminés à travers le pays en organisant des pogroms (Bakou, Sumgaït) avant de lancer ses troupes contre la région dissidente.

Aussi vouloir solutionner le conflit en faisant fi de tout cet historique, revient à appliquer un cautère sur une jambe de bois.

Quant à faire appel à la Turquie, alliée de l'Azerbaïdjan et auteur négationniste du génocide des Arméniens, comme médiateur, c'est faire preuve d'une grosse méconnaissance du sujet. Inquiétant pour des experts ...

* Brève *

L'Armée de Défense du Karabakh a déclaré dans un communiqué qu'une unité de commando azéri a attaqué ses positions avancées dans la région Jraberd, au Nord-est du Haut-Karabakh. Les forces arméniennes ont repoussé l'ennemi qui a subi des pertes avant de se replier.

De son côté, l'agence Trend a cité Teymur Abdullayev, un porte-parole du ministère azerbaïdjanais de la Défense, déclarant que le soldat Vusal Bilalov âgé de 20 ans a été tué et qu'un autre a été hospitalisé après une violation du cessez-le-violation par les forces arméniennes. L'officier n'a pas donné plus de détails, précisant simplement que l'incident s'est produit dans la matinée.

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Le ministère des Affaires étrangères de l'Artsakh, c'est-à-dire de la République du Haut-Karabakh (RHK), a publié une déclaration concernant le récent rapport de l'International Crisis Group .

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"Arménie – Azerbaïdjan : prévention de la guerre"

En lisant le rapport de l'International Crisis Group (ICG) on en vient automatiquement à la conclusion qu'il a été écrit exclusivement pour convaincre l'Arménie ‘d'adoucir' ses positions dans le processus de négociation, et plus particulièrement sur le statut final du Haut-Karabakh.

Comme on sait, les positions de la République du Haut-Karabakh dans le processus de négociation sont représentées aujourd'hui par l'Arménie. Mais, tous les acteurs du processus de rétablissement de la paix, y compris la société civile, qui sont intéressés au règlement pacifique du conflit Azerbaïdjan-Karabakh, y compris l'ICG, doivent tenir compte du fait que la décision finale devra être validée par la population et les autorités de l'Artsakh.


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Une autre question concerne l'équité du rapport, écrit à des milliers de kilomètres du Haut-Karabakh, et dont les auteurs ne se sont même pas donné la peine de se rendre sur place, au Karabakh, même pour des raisons de convenance. Sans parler du fait que, récemment, la directrice du programme européen de l'ICG, Freiser Sabine, s'est installée à Istanbul, d'où, en se basant sur les publications dans les médias turcs, ayant souvent un parti pris, donne des recommandations aux parties en conflit. Alors qu'une seule visite à la RHK aurait suffi pour comprendre l'essence du conflit et relater l'efficacité et la viabilité de la RHK.

En fait, l'ICG propose de régler les conséquences du conflit et non pas le conflit lui-même, ce qui ajoute de l'huile sur le feu dans des conditions de tension extrême entre les deux parties. Mme Freiser, peut-être sans s'en rendre compte de cet aspect, crée une nouvelle situation de crise, qui en fait, permet au tandem Azerbaïdjan-Turquie de proposer de résoudre le problème calmement à sa manière. Ce n'est pas par hasard si Mme Freiser attribue à Ankara le rôle de régulateur de base dans la région ainsi que celui de médiateur dans le règlement du conflit du Karabakh. On devrait rebaptiser l'International Crisis Group en Crisis Creation Group. (‘Groupe sur les Crises Internationales' en ‘Groupe de Création de Crises')

Sûrement que nombres de personnes d'Artsakh partagent les préoccupations de l'ICG sur la reprise éventuelle d'une guerre à n'importe quel moment, ce qui conduirait à des conséquences destructrices sans précédent pour toute la région. Mais, des rapports similaires devraient noter les causes spécifiques de l'émergence d'une telle situation explosive. La tension sur la ligne de contact est le résultat de la politique délibérée de l'Azerbaïdjan de ces dernières années. Suite à la progression de la rhétorique militante/militaire et des pressions azerbaïdjanaises, la mollesse des médiateurs et des représentants des États étrangers est étrange, alors qu'ils se devaient depuis longtemps de condamner catégoriquement le président Aliev, lui enjoignant d'abandonner sa politique de menaces et de négocier avec la principale intéressée dans le conflit : la République du Haut Karabakh. Malheureusement, les propositions de l'ICG ne peuvent pas résoudre les causes du conflit. Les tactiques de petites concessions en faveur de l'agresseur ne pourront qu'attiser son appétit.

La guerre doit être mise en balance avec la reconnaissance de la RHK, et non avec la signature d'un accord-cadre ou de tout autre demi-mesure. Accélérer la signature d'un accord sur les principes de base, sans une élaboration détaillée de tous ses principales dispositions, reviendra à mettre « une bombe à retardement » dans le cadre du processus de paix.

Dans la situation actuelle, mettre en place des mesures de confiance, à la fois militaires et civiles, est plus que nécessaire. La communauté internationale devrait établir des relations directes avec le Haut-Karabakh. L'intégration de la RHK dans les processus internationaux est probablement le seul outil dans l'arsenal de la communauté internationale pour contrer l'avancée vers une nouvelle guerre. La communauté internationale, en ignorant la RHK en faveur de l'Azerbaïdjan ne fait que renforcer la confiance de celui-ci dans son propre droit à déclencher une nouvelle agression.

La communauté internationale ne doit pas répéter son erreur du début des années 1990, lorsque la reconnaissance du droit de l'Azerbaïdjan à l'autodétermination et le rejet du droit semblable du Haut-Karabakh ont été perçus par l'Azerbaïdjan comme une carte blanche pour l'agression à grande échelle de la RHK, foulant aux pieds la volonté de son peuple. N'est-il pas temps de tirer une leçon du passé ?

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Radio Publique d'Arménie



jeudi 17 février 2011

De l'eau dans le gaz azerbaidjanais ?

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Emboîtant le pas de son mentor Erdogan, Aliev n'a pas voulu être en reste vis à vis des Palestiniens. Ne pouvant envoyer une flottille, il apporte une assistance à l'autorité palestinienne de Bakou.

Avec de geste, il revoie l'ascenseur vers les pays arabes, vu que ceux-ci le soutiennent, à l'ONU et au sein de l'OCI, dans son combat pour rétablir l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan.

Israël qui avait déjà maille à partir avec la Turquie pour l'Affaire de Gaza, hérite maintenant des velléités du petit frère. D'où sa mise en garde de reconnaître, et la RHK et le génocide arménien, le talon d'Achille de chacun d'eux.

Mais qu'on se rassure, sur ce sujet les menaces d'Israël sont comme celles des Etats-Unis, elles se limitent au niveau des paroles. Et comme les affaires sont les affaires, Washington et Tel-Aviv continueront à vendre des armes à Bakou.

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Tel-Aviv menace l'Azerbaïdjan de reconnaître la République du Haut-Karabakh, voire le génocide arménien, si l'Azerbaïdjan persiste à vouloir établir des relations officielles avec un Etat palestinien.

La raison en est l'Accord signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev le 31 Janvier dernier, qui stipule que l'Azerbaïdjan fournira une assistance matérielle et technique à l'ambassade de l'Etat palestinien de Bakou.

Israël a été contrarié par l'utilisation du terme ‘Etat palestinien'. Ce n'est pas la première fois que ce terme est utilisé en lieu et place du mot ‘Palestine'. Bakou avait déjà défendu la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale.

Selon les médias arméniens et azéris (Pia.az), le ministère israélien des Affaires étrangères aurait contacté son homologue azerbaïdjanais.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net



mercredi 16 février 2011

L'Arménie, la Turquie, l'Azerbaïdjan et les autres

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

La politique des Etats-Unis envers l'Arménie est dictée non par des considérations historiques et/ou sentimentales mais les nécessités géostratégiques et/ou économiques, d'ailleurs comme nombre d'autres pays.

Jusqu'à là rien de nouveau, si ce n'est que, vouloir miser gros sur Bakou comporte quelques risques. Certes il y a les hydrocarbures mais il y a également l'Iran qui est a proximité et surtout le conflit du Karabakh avec l'Arménie. Il est difficile de se déclarer comme le champion des libertés et des droits de l'homme et faire fi de ses principes le moment venu.

Erevan n'a jamais mis en avant sa religion pour défendre son point de vue. Alors que la Turquie et l'Azerbaïdjan, bien que se déclarant pays laïcs, adhèrent à l'Organisation de la Conférence Islamique et soutiennent ouvertement ‘leurs frères' Palestiniens. Le problème, c'est que l'Arménie est le seul pays dans la région, alliée de la Russie. Cette alliance lui permet, toute proportion gardée, de tenir tête à la Turquie, alliée des Etats-Unis, et à l'Azerbaïdjan, alliée de la Turquie.

Et comme chacun sait, si l'ennemi de mon ennemi est mon ami, l'alliée de mon alliée est aussi mon alliée. Ce n'est pas le nouvel ambassadeur américain (Matthew Bryza) qui me contredira.

* Brève *

L'ardent défenseur turc des droits humains, Ragip Zarakoglu, a été reçu à la Bibliothèque Nationale arménienne, pour la remise de la médaille Hagop Meghapart pour sa contribution à la condamnation du génocide arménien à travers le monde, et la condamnation des génocides contre l'humanité, en général.

Ragip Zarakoglu pense que la reconnaissance du génocide arménien grandira la Turquie plutôt que l'humilier. "Le massacre des Arméniens est mentionné en tant que ‘génocide' dans tous les documents internationaux. Il est hors de question de modifier cela," a déclaré le directeur de la maison d'édition ‘Belge'.

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** Relations Etats-Unis – Arménie **

* Processus arméno-turc *


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"Les États-Unis accordent une grande importance au processus de normalisation arméno-turque. La Secrétaire d'Etat elle-même s'est pleinement engagée sur ce sujet. Nous voyons bien que depuis un certain nombre de mois des obstacles empêchent les progrès. Nous allons continuer avec la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, voir comment nous pouvons avancer." a déclaré le Secrétaire d'État adjoint Philip J. Crowley lors de sa conférence de presse quotidienne.

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* Subventions américaines *

Alors que le Congrès des États-Unis continue les délibérations sur les crédits à allouer pour l'exercice 2011, le président Barack Obama a annoncé le budget prévisionnel pour l'Année fiscale 2012, avec un montant de 40 millions de dollars d'aide à l'Arménie, identique à celle de 2011. En termes d'assistance militaire, le Président a proposé 3,45 millions de dollars pour l'Arménie et 3,9 M$ pour l'Azerbaïdjan ; rapporte le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA).
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"Les Arméno-Américains, tout à fait conscient des difficultés économiques en cours causées par les blocus de la Turquie et de l'Azerbaïdjan, sont déçus que le président Obama recherche à faire des coupes dans l'aide proposée et approuvée l'an dernier par le Congrès. Nous sommes également très préoccupés que le président veuille faire pencher la balance de l'aide militaire un peu plus vers Bakou, alors que les menaces des dirigeants azerbaïdjanais de déclencher une nouvelle guerre, augmentent de plus en plus, sapant ainsi le processus de paix du Haut-Karabakh," a déclaré Aram Hamparian.

"Plus largement, à la lumière des pressions budgétaires croissantes sur les aides à l'étranger, nous sommes particulièrement déçus par l'incapacité du président, malgré son engagement à développer le commerce Etats-Unis-Arménie, à prendre des mesures concrètes pour renforcer les relations commerciales avec Erevan. Ces accords sont essentiels pour favoriser la création d'emplois aussi bien ici qu'en Arménie," a-t-il ajouté.

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* L'OSCE et le conflit du Karabakh *


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Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Audronius Ažubalis, et président en cours de l'OSCE, a présenté les objectifs de sa présidence pour 2011 et a souligné les défis communs auxquels sont confrontés l'OSCE et l'ONU, lors d'un discours devant le Conseil de Sécurité des Nations unies.

Parmi les thèmes abordés, M. Ažubalis s'est dit préoccupé par la montée des tensions dans le Haut-Karabakh : "Le rôle de l'OSCE dans la poursuite d'un règlement de ce conflit sera maintenu avec un plus grand engagement des coprésidents du Groupe de Minsk. Je vais inviter les parties en conflit à mettre en œuvre des mesures de confiance, et notamment le retrait immédiat des tireurs d'élite de la ligne de contact ainsi que renforcer les activités de surveillance de l'OSCE."

Ažubalis a indiqué que sa présidence s'emploiera à réduire les tensions et à renforcer la confiance parmi les communautés affectées dans le Sud-Caucase : "Nous demandons instamment à tous les participants de tirer pleinement parti du cadre de Genève pour élaborer des mesures en vue d'améliorer la sécurité et de réduire les besoins humanitaires."

Il a souligné l'importance de la coopération entre l'ONU et l'OSCE dans le maintien de la paix et la sécurité régionale.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie



Destruction of Armenian historical sites in Azerbaijan

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Destruction of Armenian historical sites in Azerbaijan condemned.

European Parliament - Charles Tannock

The EPP-ED Group, the largest group of the European Parliament, initiated a resolution condemning a destruction of the Armenian medieval burial ground in the Julfa site in Nakhchivan.


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The archaeological site is exceptional as there were about six thousand of the "khatchars" remaining - crosses carved in stone typical of ancient Armenian religious art - and which are a sign of the ethnic and cultural diversity of the region.

"We have reasonable evidence that the destruction of these sites was carried out not longer than three months ago, when the Azerbaijani authorities had a clear duty of care to protect them. The destruction cannot be directly linked to the military conflict of Nagorno Karakh 15 years ago as the Julfa site in Nakhchivan was never part of the war zone. It has been also testified by independent sources that entry to the cemetery requires crossing through Azerbaijani army controlled territory, which would make such a thing almost impossible without official support," said Charles Tannock MEP, one of the key players in the Foreign Affairs Committee of the European Parliament.
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"We took this initiative to table a resolution which condemns the destruction of the Armenian heritage. We proposed a mission to Nakhchivan in order to inspect the situation on the spot. The destruction of these historical monuments is irreversible and thus must be condemned once and for all," said Jacques Toubon MEP from France.

"The Armenian people, who have suffered from genocide and massive expulsions from their homes, cannot be left to witness the total extinction of their cultural heritage," said Ioannis Kasoulides MEP from Cyprus.

"We are at a critical juncture of talks between Armenian President Kocharian and Azerbaijani president Aliev in Rambouillet in France on finding a solution to the dispute between these two countries so I believe that any further planned destruction of Armenian heritage will not be conducive to lasting peace in region," concluded Charles Tannock.

For further information:

Office of Charles Tannock, tel.: +33 3 88175870

Office of Jacques Toubon, tel.: +33 3 88175166

Office of Ioannis Kasoulides, tel.: +33 3 88175155

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Cultural heritage in Azerbaijan - Charles Tannock MEP for London

Delivered in Plenary - 16th February 2006

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Mr President

The alleged demolition in December 2005 of the mediaeval Julfa – also known historically as Jugha – Armenian burial grounds, with the breaking-up of the khachkars, or beautifully engraved headstones, is a serious desecration of European Christian heritage.

The Azerbaijani Government claimed the video footage documenting this is fraudulent Armenian propaganda. But I have received independent verification that the footage is genuine from a British architect, Steven Sim, an expert in the region. Furthermore, if there has been no destruction, why are on-site visits refused by the Azerbaijanis, who also, rather bizarrely, state that this could have been done by looters needing the stone for local building work?

Once more Mr Sim has stated that passage into the cemetery requires passing through Azerbaijani army-controlled territory, making such a thing almost impossible without official support and in clear breach of their duty of care to protect the site.

I have also been informed by the Azerbaijani Embassy that this destruction is nothing compared to the destruction of Azerbaijani mosques. I was indeed sent photos of destroyed mosques. That mosques in the war zone were destroyed in 1991 is undeniable and to be condemned without reservation, but the photos I was sent I believe represent destruction that took place 15 years ago, not 3 months ago. Furthermore, the Julfa site in Nakhichevan was never part of the war zone. Also, it is worth pointing out that I have been informed that the Nagorno-Karabakh authorities have recently agreed to a project for the reconstruction of mosques destroyed on their territory.

We are now at a critical juncture in the talks between the two Presidents, Kocharyan and Aliyev, in Rambouillet, France, on finding a solution to the Nagorno-Karabakh dispute. I therefore believe that any further planned destruction of Armenian heritage will not be conducive to lasting peace in the region.

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See Khachkar destruction in Nakhchivan



mardi 15 février 2011

La Turquie vise la direction de l'OSCE

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Depuis que la Turquie est entrée dans le club des moyennement Grands, comprenez le G20, elle essaie d'occuper des postes clés des organisations internationales. Après celui de président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (Mevlüt Çavusoglu), de Secrétaire Général de l'Organisation de la Conférence islamique (Ekmeleddin İhsanoğlu), voici qu'elle vise celui de Secrétaire Général de l'OSCE.

Ankara ne doute de rien en demandant à l'Arménie de le soutenir dans cette démarche, alors que la ratification des protocoles arméno-turcs est bloquée par la pré-condition posée par lui et qu'il a fait réactiver la Sous-commission sur le Haut-Karabakh à APCE pour concurrencer celle des médiateurs du groupe de Minsk de l'OSCE. Quand on sait que le groupe de Minsk pilote les négociations de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour trouver un accord sur le conflit du Karabakh, on peut honnêtement se poser des questions sur le bien fondé de cette démarche. En fait, on ne s'en pose pas quand on connaît son désir atavique d'étouffer l'Arménie, même si la ficelle est un peu grosse.

Le mandat du Secrétaire Général de l'ONU (M. Ban Ki-moon) prendra fin le 31 Décembre 2011, peut-être une nouvelle occasion ?

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Le président turc Abdullah Gul prévoit de demander à son homologue arménien Serge Sarkissian d'appuyer le candidat de la Turquie au poste de Secrétaire général de l'OSCE. Le candidat de la Turquie, l'ambassadeur Ersin Erçin, remettra personnellement la lettre au Président Sarkissian en Mars.

Selon HaberTurk, le diplomate considère la lettre du président Gül comme un geste de bonne volonté envers l'Arménie.

Trois autres personnes sont candidates au poste : Ursula Plassnik, l'ancienne ministre des Affaires étrangères de l'Autriche ; Lamberto Zannier, un diplomate de carrière italien actuellement chargé de mission de l'ONU au Kosovo, et le portugais Joao Soares, ancien président de l'Assemblée Parlementaire de l'OSCE .
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Le mandat de l'actuel Secrétaire général de l'OSCE, Marc Perrin de Brichambaut, expire cette année.

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Radio Publique d'Arménie



Turkey will request Armenia's support for its OSCE Secretary General candidate

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Turkish President Abdullah Gul plans to request his Armenian counterpart Serzh Sargsyan to support Turkey's candidate for OSCE Secretary General. Turkey's candidate,
Ersin-Ercin_medium

Ambassador Ersin Ercin will personally hand the letter to President Sargsyan in March.

According to Haberturk, the diplomat characterized President Gul's letter as a gesture of goodwill towards Armenia.

Ercin faces a challenge from three EU candidates: Ursula Plassnik, the former foreign minister of Austria; Lamberto Zannier, a career Italian diplomat currently in charge of the U.N. mission in Kosovo; and Joao Soares from Portugal, the former head of the OSCE Parliamentary Assembly.
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Current OSCE Secretary-General Marc Perrin de Brichambaut's term in office is set to expire in 2011.

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Public Radio of Armenia



lundi 14 février 2011

Les fanfaronnades de l'Azerbaïdjan

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Plus le temps passe, et plus les dirigeants azerbaidjanais haussent le ton, alors que le président Aliev vitupérait contre l'Arménie et les Arméniens dans son discours à Goranboy, son ministre de la Défense confirmait les préparatifs d'une guerre contre le Karabakh.

Les déclarations des pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, c'est-à-dire la Russie, les Etats-Unis et la France ne semblent avoir aucun impact sur le comportement des leaders azéris. Un seul objectif les anime : reconquérir coûte que coûte les territoires perdus en 1994 avec un unique slogan : l'intégrité territoriale.

La première question qui se pose est : est-ce de l'esbroufe ou une réelle intention ? Les deux probablement.

- Il est nécessaire de calmer et rassurer l'opinion nationale en faisant agiter le spectre d'une Arménie agresseur, ce qui évite à la dite opinion de trop se focaliser sur les richesses du clan Aliev et une gouvernance loin d'être démocratique ;

- Une forte envie d'utiliser les nouvelles armes acquises auprès de ceux qui prônent la paix, et notamment des engins à courtes et moyennes portées (<50 km), défensives et offensives.

La seconde : quand cela arrivera-il ?

- Quand les stratèges azéris, conseillés par les militaires Turcs, se sentiront suffisamment forts pour attaquer en utilisant un prétexte quelconque et/ou futile. Cela peut arriver cette année, l'année prochaine, voire jamais.

Quoi qu'il en soit, ce double-jeu, n'empêchera pas les dirigeants azerbaidjanais de rencontrer leurs homologues arméniens sous l'égide des médiateurs de l'OSCE, histoire de donner le change à la communauté internationale.

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Sont-ils capables de gagner une guerre contre l'Arménie ?

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"L'Azerbaïdjan se prépare sérieusement à une guerre avec l'Arménie concernant la région contestée du Haut-Karabakh," a déclaré vendredi le ministre azéri de la défense [Safar Abiev] aux médiateurs internationaux [coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE] à Bakou.

Il est difficile de savoir s'il faut prendre au sérieux ce genre de déclaration, l'expression ‘la rhétorique belliqueuse de Bakou' est devenue désormais un cliché fermement ancré dans les médias du Caucase. Cependant, cette définition semble, pour moi, plus éculée que normale.

Une des parties les plus intéressantes du récent rapport de l'International Crisis Group (ICG), a été la spéculation sur ce qui se passerait dans une guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La conclusion a été que, bien que l'Azerbaïdjan a un avantage évident dans les dépenses militaires, un grand nombre d'autres facteurs pourrait donner un avantage à l'Arménie.

L'ancien Président Ter-Pétrossian, avait pris soin de ne pas présenter la guerre des années 1990 comme un conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, afin de souligner le rôle des forces du Haut-Karabakh sur le champ de bataille et ainsi minimiser l'implication de l'armée arménienne. La direction actuelle arménienne n'a pas un tel souci. Une reprise des hostilités déclenchée par les forces arméniennes est peu probable, mais ne peut pas être exclue, vu que certains observateurs et responsables militaires arméniens, notamment dans le Haut-Karabakh, mettent en garde contre une ‘guerre préventive', si l'enclave est sous une menace imminente.

Les analystes militaires arméniens sont convaincus d'un avantage tactique, vu que leurs forces contrôlent la plupart des hauteurs entourant le Haut-Karabakh. Le Nord est naturellement bien protégé par des montagnes Murov, hautes de 3000 mètres, tandis que les plaines côté Est sont minées et fortifiée par plusieurs lignes de tranchées. Toute offensive au-delà de Fizuli et Djebraïl serait pour l'Azerbaïdjan, au propre comme au figuré, une bataille difficile sur un terrain montagneux rude, exigeant au moins le triple en hommes et en armes, ou disposer d'un avantage important dans des combats aériens, chose que Bakou n'a pas.

Le moral et la préparation au combat de l'armée arménienne sont également et généralement considérés comme supérieurs à ceux de l'Azerbaïdjan, qui souffre de défaites passées, d'une corruption généralisée et d'une chaîne de commandement rigide. Les analystes arméniens constatent qu'il y a un plus grand nombre de victimes azerbaïdjanaises dans la plupart des accrochages sur la ligne de contact. Les suicides et les bizutages dans les forces azerbaïdjanaises sont également régulièrement signalés. Cependant, une récente vague de bizutages mortels et autres décès non liés au combat, en particulier dans les unités du Haut-Karabakh, tempère la supériorité annoncée du moral dans les troupes arméniennes.

Si la guerre commençait, les civils azerbaïdjanais seraient les plus vulnérables, à cause des villes et des nouveaux camps de réfugiés installés à faible distance de la ligne de contact. Les principales villes et villages arméniens du Karabakh sont plus profondément enfoncés dans les territoires sous contrôle, et les troupes sont pour la plupart déployées dans des zones peu peuplées.

Comme c'est habituellement le cas avec l'ICG, l'ensemble du rapport mérite d'être lu. Il traite également de ce que la Turquie et la Russie feraient en cas de guerre (il conclut qu'il n'y aurait pas d'intervention directe de leur part), du renforcement militaire des deux côtés, des pressions politiques exercées sur les deux présidents qui rendent la guerre plus probable, et du torpillage du processus de paix - - et encore, c'était avant qu'Abiev déclare aux médiateurs que Bakou se préparait sérieusement pour la guerre.

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Joshua Kucera – Eurasianet.org



Minsk Group Co-Chairs: Time has arrived for decisive action

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The OSCE Minsk Group Co-Chairs (Ambassadors Bernard Fassier of France, Robert Bradtke of the United States, and Igor Popov of the Russian Federation) visited Yerevan and Baku February 8-11. They were accompanied on the visits by the Personal Representative of the OSCE Chairperson-in-Office, Amb. Andrzej Kasprzyk. In Yerevan, they met with President Serzh Sargsian, Foreign Minister Edward Nalbandian, and Minister of Defense Seyran Ohanyan. In Baku, they met with President Ilham Aliyev, Foreign Minister Elmar Mammadyarov, and Minister of Defense Safar Abiyev.
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In their meetings in both Yerevan and Baku, the Co-Chairs stressed that the time has arrived for decisive action on behalf of peace to resolve the Nagorno-Karabakh conflict. The Co-Chairs believe there has been positive movement as a result of the work that has been done since the October 2010 Astrakhan Summit. In that context, they urged the sides to make further progress to allow the peace process to proceed to its next phase.

The OSCE Minsk Group has not changed anything in the position of conflicting parties, rather, the co-chairs were once again informed of Azerbaijan's readiness to “de-occupy their territories”. The visit, not being previously announced, came as unexpected to Armenian and Azerbaijani public. Still, the fact did not change anything. To promote a climate conducive to peace, the Co-Chairs made a joint statement, urging conflicting parties to “show restraint both on the ground and in their public statements.”


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However, to Azerbaijan, both mediators and the international community's recommendations are mere words. According to Azerbaijani Defense Minister Safar Abiyev, Azerbaijan is seriously preparing for the “de-occupation of its lands”. “In such a situation any state would do the same. No one can accuse Azerbaijan in this matter,” he said at a meeting with the OSCE MG co-chairs and the OSCE Chairman-in-Office Personal Representative Andrzej Kasprzyk.

Abiyev's statements are completely opposite to those of Armenian Defense Minister. At the meeting with OSCE MG co-chairs, Seyran Ohanyan stressed Armenian side's strict adherence to ceasefire. Mr. Ohanyan expressed concern over Azerbaijan's ceasefire violations and sniper attacks, adequately responded to by Armenian army.

As for the aim of the visit, Bernard Fassier stipulated it as an attempt to reach agreement on “basic principles” of Karabakh conflict settlement.

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Extract from Radiolur and PanArmenian.net



samedi 12 février 2011

Conflit du Karabakh : Les médiateurs en Azerbaïdjan

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il est évident que les médiateurs n'étaient pas venus à Bakou avec d'autres propositions que celles déjà exprimées à de multiples reprises lors des rencontres internationales ou en réunions bipartites ou tripartites.

Les Azerbaidjanais connaissent la position de l'Arménie, tout comme Erevan connaît la position de Bakou, et les médiateurs le comportement de chacune des parties.

Seulement voilà, le travail essentiel des coprésidents du groupe de Minsk est certes d'essayer de rapprocher les deux points de vue mais surtout d'éviter le clash qui déboucherait sur une reprise des hostilités.

L'Azerbaïdjan n'a aucune intention de ‘lâcher' le Haut-Karabakh et se fiche royalement des principes de bases. C'est également ce qui ressort de la rencontre avec le ministre azéri de la défense qui a dit clairement que l'utilisation de la force était une option on ne peut plus actuelle.

Si les médiateurs ont quelques doutes sur les intentions de Bakou, ils devraient lire le dernier discours du président Aliev prononcé à Goranboy. C'est dur mais très édifiant. On est bien loin des négociations de paix.

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Les coprésidents - Russe, Français et américain - du groupe de Minsk de l'OSCE sont arrivés à Bakou, en provenance d'Arménie, sans avoir pu se rendre au Karabakh à cause des intempéries.

Le coprésident français, Bernard Fassier, a refusé de répondre aux diverses questions des journalistes, se contentant de donner le calendrier de la visite.

"Nous sommes heureux d'être de retour en Azerbaïdjan. Comme vous le savez, nous étions à Erevan ces deux derniers jours. Nous avons rencontré le président arménien, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense. Nous sommes au milieu de notre mission. Nous avons l'intention de rencontrer le président azerbaïdjanais et le ministre des Affaires étrangères et demain, si c'est possible, le ministre de la Défense. Notre mission vise à dynamiser les efforts pour parvenir à un accord sur les principes de base d'un règlement de paix. Nous ne pouvons pas répondre à vos questions parce que nous ne divulguons jamais les détails avant d'avoir rencontré les deux présidents," a déclaré B.Fassier.

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Le ministre de la Défense azerbaïdjanais, le colonel-général Safar Abiev, a reçu les coprésidents du Groupe de Minsk, accompagné du représentant personnel du président en exercice de l'OSCE.

Selon Abiev, si l'activité du Groupe de Minsk n'a pas produit des résultats concrets, il n'a pas perdu espoir sur cette mission. Le ministre a indiqué que les efforts doivent être unis pour trouver une solution au conflit, que l'Arménie doit renoncer à sa politique agressive et que c'est dans ce contexte que la variante pacifique pourra être possible.

Le ministre a souligné l'importance d'appliquer les règles internationales en vigueur pour solutionner ce type de conflit, et il a donné comme exemple d'une telle approche le cas de plusieurs pays.

"Aussi, la même attitude doit être montrée à l'égard de l'Azerbaïdjan. Mais ce n'est pas le cas, et c'est regrettable," a-t-il précisé.

Il a souligné que l'Azerbaïdjan se préparait sérieusement pour libérer les territoires occupés, ajoutant que tous les Etats agiraient de même dans de telles circonstances.

"Personne ne peut blâmer l'Azerbaïdjan sur cette question," a-t-il souligné.

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Avant de quitter Bakou, les coprésidents ont déclaré : "Le temps est venu pour une action décisive au nom de la paix pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh".

Les coprésidents pensent qu'il y a eu un mouvement positif à la suite des travaux effectués depuis le Sommet d'Astrakhan en Octobre 2010. Dans ce contexte, ils ont exhorté les parties à faire de nouveaux progrès pour permettre au processus de paix de passer à sa prochaine phase.

Les coprésidents se sont engagés à soutenir les côtés pour les aider à prendre les décisions nécessaires afin de parvenir à un règlement pacifique. Pour promouvoir un climat propice à la paix, les coprésidents ont de nouveau exhorté les parties à faire preuve de retenue à la fois sur le terrain et dans leurs déclarations publiques.

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Extrait de News.az



Artak Shakaryan: The information of Sabah is an intentional leakage

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The Turkish Sabah daily wrote recently that the country was specially preparing for April 24, and a delegate would be sent to Armenia to respect the Armenian Genocide victims.


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According to expert of Turkish studies Artak Shakaryan, the information disseminated by Sabah is an intentional leakage, since it is close to state circles and its information usually corresponds to reality.

“The information pursues two objectives: it checks the reaction of the Turkish society and sends a message to Armenia,” Artak Shakaryan said.

According to Artak Shakaryan, even if the information is true, it does not mean change in Turkey's policy on Armenian Genocide issue, although it could be a step leading to the recognition of the Genocide by Turkey. However, this scenario is not that realistic, he added.

“Most probably, Turkey is thus trying to present itself to the world as a civilized country and prevent Obama from uttering the word genocide,” Artak Shakaryan said, adding, however, that this could well be used to accelerate the process of recognition of the Armenian Genocide.

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Karen Ghazaryan - Public Radio of Armenia



Alexander Markarov: Results of Minsk Group activity obvious

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It's easy to criticize the Minsk Group Co-Chairs, saying that their 10-year activity has not produced any positive results, Director of the Armenian branch of the Institute of CIS countries Alexander Markarov told reporters today, adding that “the result of their work is obvious.”
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The format of talks is distinct, there is international involvement, the parties have the wish and aspiration to maintain the format at least in the short-term perspective. According to Markarov, these are the positive results of the Minsk Group's mediating efforts.

It's necessary to move forward step by step, Markarov said, adding that it's necessary to work out some minimalist document that would incorporate the points, on which the parties have reached an agreement.

Will Azerbaijan agree to the document? “The fact is Azerbaijan still remains in the negotiation process,” Markarov said, adding that in case any such document is signed, it will demonstrate the willingness of the parties to participate in the talks and achieve concrete results through negotiations.

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Karen Ghazaryan - Public radio of Armenia



vendredi 11 février 2011

Conflit Karabakh : Les Organisations internationales montrent des signent d'inquiétudes

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il serait temps que l'UE, l'OSCE ou les médiateurs s'inquiètent de la dégradation de la situation sur la ligne de contact arméno-azérie. A lire leurs déclarations ‘soft', on a l'impression que les signes avant-coureurs sont des épiphénomènes qui n'entravent pas le bon déroulement des négociations de paix.

Ce qui n'est pas entravé, pour le moment, c'est la bonne marche de leurs affaires.

Que l'Azerbaïdjan exporte ses hydrocarbures, c'est son droit le plus absolu. Mais que les pétrodollars ainsi recueillis servent à s'équiper en armements divers et variés, une fois prélevée la dime (la gabelle devrais-je dire vu la note salée) de la famille régnante, c'est surtout inquiétant.

L'Arménie n'a aucunes intensions belliqueuses envers l'Azerbaïdjan. Tous les discours de ses dirigeants n'ont indiqué et n'indiquent en aucune manière qu'elle veuille reprendre les hostilités et lancer dans une offensive. Alors que les propos des officiels azéris sont teintés de menaces plus ou moins voilées d'une guerre contre les Arméniens. Le clan Aliev ne lâchera pas un pouce de terrain à qui que ce soit, même si ce territoire [le Haut-Karabakh] n'est plus à lui, si tant est qu'il l'ait été.

* Brève *

Suite aux propos sur le génocide arménien fait par le ministre suédois de l'Intégration Erik Ullenhag et leur suppression du site gouvernemental, le turcologue Hagop Chakrian, a déclaré :

"Ce qui est important pour nous, c'est la reconnaissance du génocide arménien par les États-Unis, car elle provoquera une réaction en chaîne dans le processus".

Bien que le processus de reconnaissance du génocide arménien ait acquis une nouvelle force depuis 2000, l'expert voit toutefois certaines lacunes. "Il n'y a pas de travail coordonné entre l'Arménie et la Diaspora. Même les organisations de la diaspora ne sont pas unies sur la question," a-t-il souligné.

***

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** Réunion du Conseil permanent de l'OSCE à Vienne **

* Anvar Azimov


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"Des consultations intensives sont en cours entre les ministres des Affaires étrangères azerbaïdjanais, russe et arménien," a indiqué le Représentant permanent de la Russie à l'OSCE, Anvar Azimov.

"La fréquence de ces rencontres montre le sérieux du travail effectué dans ce cadre et le désir des parties pour des résultats concrets et pratiques. Ainsi, une base appropriée est en cours d'élaboration pour une nouvelle réunion des dirigeants azerbaïdjanais, russe et arménien," a précisé le délégué russe.

Asimov a également appelé à des discussions constructives relatives à des questions de gestion de crise dans la région transcaucasienne.

* Peter Semneby


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Le représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase, Peter Semneby, a appelé à un renforcement de l'UE et à un engagement plus fort de l'OSCE dans le Sud-Caucase.

"Les conflits non résolus dans cette région continuent de représenter les principales menaces pour sa stabilité," a-t-il souligné.

Il a appelé à la mise en place d'un dispositif renforcé pour maintenir le cessez-le-feu au Karabakh, et pour un renforcement de l'engagement de l'UE et des autres acteurs internationaux en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan. Ainsi, "l'engagement de l'UE dans le Sud-Caucase doit continuer à être visible, fort et cohérent", a-t-il ajouté.

Semneby a également parlé du Partenariat oriental de l'UE au Sud-Caucase et des défis du développement démocratique dans les trois pays. Il a souligné l'importance de consacrer des ressources à la prévention des conflits.

"En raison de conflits potentiels dans la région, la prévention des conflits demeure une priorité indispensable aux regards de la dérive des conflits existants de longue durée. La prévention et l'atténuation des conflits nécessitent une approche sur la sécurité humaine en plus de l'approche politique des négociations officielles et les déploiements en matière de sécurité. Cette approche doit mettre l'accent sur le rôle des individus et nécessite la mise en œuvre d'un ensemble d'instruments par la communauté internationale, comme par exemple le soutien à la société civile pour permettre une culture civique et un renforcement du dialogue communautaire."

Il a souligné que l'OSCE reste un partenaire clé et une plateforme pour l'UE dans le Sud-Caucase, en particulier dans les domaines de la promotion de la démocratie, de la primauté du droit, des droits de l'homme et de la liberté des médias.

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** Seyran Ohanian et le Groupe de Minsk **


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Le ministre arménien de la Défense, Seyran Ohanian, a reçu les coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE et le Représentant personnel du Président en cours de l'OSCE.

Il a présenté la situation sur la ligne de contact Arménie-Azerbaïdjan, et a insisté que la partie arménienne reste fermement attachée au maintien du régime du cessez-le-feu. Il s'est dit préoccupé par les violations permanentes du cessez-le-feu par l'Azerbaïdjan, et notamment par l'activité des snippers Azéris.

Le ministre Ohanian leur a fait part de son inquiétude quant au comportement de Bakou sur la mise en œuvre de l'Accord sur l'échange de prisonniers, signé à Astrakhan en Octobre 2010.

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** Edouard Nalbandian **


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"L'Azerbaïdjan est plus intéressé par le transfert de l'examen du problème du Karabakh dans d'autres formats plutôt que de continuer les négociations dans le cadre actuel, qui a un mandat international et qui existe depuis de nombreuses années," a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien, Konstantin Grishchenko.

"Bakou tente de mettre sa propagande interne sur la scène internationale, et de générer du bruit autour du conflit plutôt que de résoudre le problème. Ainsi, l'activité de la Sous-commission de l'APCE sur le Haut-Karabakh ne contribuera pas efficacement à l'avancement du processus de paix", a souligné Edouard Nalbandian.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie



jeudi 10 février 2011

The important is the recognition of the Armenian Genocide by the US

The Armenian Genocide-related statement by Minister for Integration Erik Ullenhag was deleted from the website of Swedish government.

On Holocaust commemoration day the Swedish Minister had recalled the Armenian Genocide, quoting Adolph Hitler as saying “Who remembers Armenians?”

The Minister's speech caused diplomatic tension with Ankara, and Sweden rushed to soothe Turkey by saying that the Swedish Government carries no responsibility for the Minister's statement.


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Touching upon the incident, expert of Turkish studies Hakob Chakryan noted that the phenomenon is an ugly one, but not that important, since Sweden has already recognized the Armenian Genocide.

“What's important for us is the recognition of the Armenian Genocide by the United States, since it will cause a chain reaction in the process,” he said.

Although the process of recognition of the Armenian Genocide has gained new strength ever since 2000, Hakob Chakryan sees certain shortcomings here. “There is no coordinated work between Armenia and the Diaspora. Even the Diaspora organizations are not united on the issue,” he said.

Asked whether the establishment of bicameral parliament could contribute to the process of Genocide recognition, Hakob Chakryan said: “It might play a positive role with regard to the coordination of activity, but I cannot imagine how this upper chamber is going to be formed.”

Alisa Gevorgyan - Public Radio of Armenia



mercredi 9 février 2011

Haut-Karabakh : Constat de dégradation

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Il n'est pas besoin d'être un grand devin pour constater la dégradation accélérée des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan depuis septembre dernier, date de la dernière rencontre des présidents Sarkissian, Aliev et Medvedev. Les Accords signés cet été entre l'Arménie et la Russie d'une part, et ceux signés entre la Turquie et l'Azerbaïdjan d'autre part, n'ont font qu'envenimer les rapports entre les belligérants.

Aussi, le rôle des médiateurs ne consiste plus à trouver un terrain d'entente entre Erevan et Bakou mais de s'assurer qu'il y a un minimum de dialogue et que les accrochages sur la ligne de front ne se transforment pas en mini-guerre, voire ne dérapent pas en affrontement lourd.

Quant aux observateurs internationaux sur le terrain, Bakou se garde bien de leur montrer les équipements de la première ligne de front, équipements qui n'ont rien de défensifs, sans compter les snippers placés aux endroits stratégiques. Histoire d'appréhender la réalité, les observateurs devraient venir à l'improviste, cela les changerait du calme plat observé ...

A fermer systématiquement les yeux sur les dérapages verbaux des dirigeants azéris, à mettre en garde les deux antagonistes sur une reprise de la guerre tout en vendant des armes au plus offrant au mépris du Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe, à dire ce qu'il faut faire mais ne rien faire pour que les décisions acceptées des deux côtés soient appliquées, débouchent forcément sur la situation actuelle.

Hélas, il est fort probable que rien ne sera entrepris pour modifier cet état de fait. Les grandes puissances vont se contenter de surveiller d'en haut, qu'il n'y a pas de mouvements de troupe ou de matériel importants vers la ligne de front. Bref, qu'une guerre n'éclatera pas, mettant en péril l'approvisionnement de l'Europe en hydrocarbures.

* Brève : Pression turque *

La déclaration sur le génocide arménien faite par le ministre de l'Intégration, Erik Ullenhag, a été supprimée du site du gouvernement suédois.

Le ministre avait cité le génocide arménien lors de la commémoration des victimes de l'Holocauste du 27 Janvier dernier, ce qui a causé des ‘tensions diplomatiques' avec Ankara. Stockholm s'est hâté de mettre Ankara à l'aise, en indiquant que la déclaration d'Ullenhag était personnelle et qu'elle ne reflétait pas le point de vue du gouvernement suédois.

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** Rapport annuel de l'ICG **

L'International Crisis Group a publié son rapport annuel sur le problème du Karabakh, indiquant notamment que la menace d'une reprise des hostilités entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan augmente, avec comme corollaire que la guerre risque être plus sanglante que celle de 92-94. Selon l'ICG,

"Il devient urgent que les côtés commencent à inverser les tendances dangereuses, et qu'un Accord sur les principes de base soit signé pour réduire les tensions et prévenir un affrontement armé. L'escalade des affrontements sur la ligne de contact, la spirale de la course aux armements, la rhétorique au vitriol et la rupture virtuelle des pourparlers de paix, augmentent les chances d'une nouvelle guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, avec des conséquences dévastatrices sur la région.


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Même si les deux côtés n'envisagent pas une offensive immédiate tous azimuts, les escarmouches pourraient facilement échapper à tout contrôle. L'ambiguïté et le manque de transparence sur les opérations le long de la ligne de contact, les ventes d'armes et les autres dépenses militaires et même l'état des pourparlers de paix, contribuent tous à précariser la situation. Aussi, les mécanismes de surveillance devraient être renforcés et des mesures de confiance mises en œuvre pour diminuer le risque d'une guerre accidentelle," affirme Lawrence Sheets, le directeur du projet Caucase à l'ICG.

L'ICG est perçue comme une structure non gouvernementale qui exprime certaines humeurs et voire les intentions des médiateurs internationaux. Ainsi, grâce à cette organisation, les coprésidents peuvent donner des points de vue qu'ils ne peuvent pas déclarer officiellement. Par exemple, le rapport sous-entend que la Russie devrait cesser d'armer les deux côtés. Il ne fait aucun doute que les deux coprésidents du groupe de Minsk - États-Unis et France - ne pourraient pas faire une telle déclaration.

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** Mission d'observation sur la ligne de contact **


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Le 8 Février, conformément à la convention signée avec les autorités de la République du Haut-Karabakh, l'OSCE a conduit sa mission d'observation sur ligne de contact entre les Forces armées du Karabakh et de l'Azerbaïdjan du côté d'Askéran.

Le contrôle côté RHK a été effectué par le coordonnateur du Bureau de l'OSCE, le lieutenant-colonel Imre Palatinus (Hongrie) et l'Assistant sur le terrain, Zhaslan Nurtazin (Kazakhstan), du Représentant personnel du Président de l'OSCE.

Du côté azéri, la surveillance a été menée par les deux autres Assistants sur le terrain du Représentant personnel du Président de l'OSCE, Hristo Hristov (Bulgarie) et William Pryor (Grande Bretagne).

Au cours de la surveillance, aucune violation du régime de cessez-le-feu n'a été enregistrée. Toutefois, la partie azerbaïdjanaise, contrairement à celle du Karabakh, a une fois de plus mené les Observateurs de l'OSCE sur des points éloignés de ses lignes de front, et donc le contrôle n'a pu être effectué qu'à distance.

Comme d'habitude, la mission de suivi côté Arménien était accompagnée par des Représentants des ministères de la Défense et des Affaires étrangères de la RHK.

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** Les coprésidents du Groupe de Minsk reprennent du service **


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Les coprésidents du groupe Minsk de l'OSCE - Robert Bradtke (USA), Igor Popov (Russie) et Bernard Fassier (France) – ont commencé les visites à la région.

Aujourd'hui à Erevan, ils ont rencontré le président Serge Sarkissian et le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian.

Demain, 10 Février, ils se rendront à Bakou, pour y rencontrer le président Ilham Aliev et le ministre des Affaires étrangères Elmar Mammediarov.

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian.net et de Armenpress



mardi 8 février 2011

La communauté arménienne de Turquie ... choyée ( ?)

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le gouvernement d'Erdogan se dit prêt à discuter avec les Arméniens urbi et orbi, entendez par là avec la communauté arménienne de Turquie et les Arméniens de la diaspora. Croire que les dirigeants turcs vont remettre en cause leur histoire officielle et reconnaître leur responsabilité dans les événements tragiques de 1915, serait une grave erreur.

Compte-tenu que :

1- Les élections législatives turques sont prévues pour cet été ;

2- Les négociations d'adhésion avec l'UE marquent le pas depuis de nombreux mois et les remarques pleuvent sur la lenteur des reformes en Turquie ;

3- Les protocoles en vue de la normalisation des relations avec l'Arménie sont au point mort ;

4- Le 24 Avril approche et les Etats-Unis jouent avec les nerfs d'Ankara sur la reconnaissance ou pas du génocide des Arméniens ;

La stratégie de l'AKP a changé.

Ankara essaie de caresser les Arméniens, et indirectement les Occidentaux, dans le sens du poil. Les pays qui ont reconnu le génocide ne sont plus des ‘méchants qui n'ont rien compris' mais des gens à qui on n'a pas dit la stricte vérité, voire caché la réalité des faits. Donc il ne faut plus les tancer. L'objectif principal étant d'éviter que les Etats-Unis sautent le pas.

Poussant le bouchon plus loin, comme ils ont fait pour les victimes de la Shoah en Janvier à la synagogue d'Istanbul, les officiels turcs comptent venir assister à la messe de requiem pour les victimes arméniennes de 1915 en Avril prochain. Encore un peu et on va les voir à Erevan s'agenouiller devant le Mémorial du génocide de Dzidzernagapert !

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour continuer à bénéficier des subventions diverses et variées, pour gagner la sympathie de l'Occident et montrer ainsi que l'on est digne de rejoindre l'UE et ses valeurs.

Messieurs les dirigeants turcs, que deviennent les un million et demi d'Arméniens déportés, massacrés et leurs biens confisqués ? On les passe dans pertes et profits ?

Messieurs les dirigeants turcs, nous n'avons pas la même notion de la justice de ce côté-ci du Bosphore.

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* Quelques brèves *

• Le week-end dernier, avec sa casquette d'ambassadeur d'Arménie en Suisse, Charles Aznavour a participé à une réunion du groupe de travail chargé de l'érection d'un monument dédié aux victimes du génocide arménien, dans un parc du centre de Genève. C'est le projet de Melik Ohanian qui a été retenu.

Le groupe de travail est composé de représentants de la Mairie de Genève, de la Fondation d'Art Moderne, de la communauté arménienne de la ville et de l'ambassade arménienne en Suisse.
Aznavour a salué la décision de la municipalité genevoise d'ériger le monument commémoratif. Son inauguration officielle est prévue pour le 24 avril 2012.

• Le ministère britannique des Affaires étrangères recommande à ses ressortissants de s'abstenir de visiter le Karabakh, ainsi que les régions arméniennes de Tavoush et Guegharkounik, mitoyennes de l'Azerbaïdjan.

L'ambassade britannique à Erevan déclare que vu la présence de mines et munitions non explosées dans les zones frontalières, des recommandations de nature similaire sont affichées assez souvent.

De surcroit, l'ambassade britannique ne peut pas fournir d'assistance consulaire aux citoyens se trouvant au Karabakh.

***

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** Procès Hrant Dink **


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Le bureau du procureur général d'Istanbul a diligenté une enquête à l'encontre de 28 fonctionnaires, comme annoncée lors de la 16e audience du procès suite à l'assassinat en Janvier 2007 du journaliste turco-arménien, rédacteur en chef d'Agos, Hrant Dink.

Sont concerné notamment, l'ancien gouverneur d'Istanbul Muammer Güler, l'ancien chef de la police d'Istanbul Celalettin Cerrah, l'ancien directeur du Service de police de Trabzon, Altay Reşat, l'ancien chef du Département du renseignement de la Direction générale de la sécurité (TNP), Ramazan Akyurek et l'ancien commandant de la gendarmerie de Trabzon, le colonel Ali Öz. Cette action fait suite aux demandes répétées des avocats de la famille Dink pour qu'une nouvelle enquête soit diligentée envers plusieurs fonctionnaires soupçonnés de négligence dans leur devoir de protéger Hrant Dink.
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L'avocate de la famille Dink, Fethiye Çetin, a déclaré à l'audience que certains nouveaux éléments doivent être pris en considération par le tribunal comme éléments de preuve, présentés dans deux nouveaux livres, susceptibles de faire la lumière sur certains événements liés à l'assassinat de Hrant Dink par l'ultranationaliste Ogün Samast.

(…)

La prochaine audience dans l'affaire Dink aura lieu le 28 Mars.

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** Elections législatives **

Avec les élections générales prévues en Juin, les partis politiques turcs proposent de nommer des suppléants d'origine arménienne aux côtés de figures de proue. Depuis les années 1960, aucun Arménien qui n'a été élu au Parlement. Ainsi, sept membres de la communauté arménienne d'Istanbul sont à la recherche d'un poste de suppléant.


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C'est le cas d'Arev Cebeci, candidat sur la liste du principal parti d'opposition, CHP (Républicain du Peuple), qui a déclaré : "Ma candidature est une sorte de défi. Je veux que les gens tiennent leurs promesses. Je suis un Arménien, mais je fais également partie d'un ensemble. Si je suis élu au Parlement, je parlerai bien évidemment des problèmes de ma communauté, mais également des problèmes du pays."

Sur les sept candidats arméniens, seul un seul veut se présenter comme député indépendant.

Selon Cebeci, la communauté arménienne de Turquie répugne généralement à faire de la politique en raison des événements douloureux de son passé. "Nous avons toujours été effrayé par nos familles. Ils ne voulaient pas que nous nous mettions trop en avant. Nous avons toujours mené une vie profile bas." Et d'ajouter que l'assassinat du rédacteur en chef du quotidien Agos, le journaliste turco-arménien Hrant Dink, en Janvier 2007 a marqué un tournant : "Au lendemain de l'assassinat, certains Arméniens sont devenu encore plus silencieux, estimant que si l'on parle, on subira le même sort que Hrant Dink. D'autres, en plus grand nombre, ont commencé à revendiquer leurs droits."

"Avec une Turquie qui désire devenir membre de l'Union européenne, la communauté arménienne du pays devrait saisir l'occasion d'exprimer ses préoccupations et leur trouver des solutions. Malheureusement, notre communauté n'est même pas consciente de ses droits, prévus par le Traité de Lausanne. [1]Elle s'est recroquevillée sur elle-même. Je pense que c'est une très mauvaise attitude," a souligné Cebeci.

L'élection de candidats arméno-turcs au Parlement serait une première depuis les années 1960, selon Ayhan Aktar, professeur à l'Université Bilgi d'Istanbul, connu pour ses recherches sur les minorités en Turquie. Aktar a notamment déclaré : "Dans le Code civil de 1926, un candidat à un poste de fonctionnaire devait être d'origine turque, et donc c'était interdit aux non-musulmans. En 1937, des musulmans d'origine non turque ont pu accéder à certaines fonctions. L'article en question n'a été modifié qu'en 1946 pour inclure ‘tous les citoyens' de la République turque."

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Extrait de PanArmenian.net




[1] Le Traité de Lausanne signé en 1923 a reconnu trois groupes de minorités établies sur le sol turc : les Grecs, les Arméniens et les Juifs. Cette demande émanait des puissances occidentales et obligeait la nouvelle République turque à reconnaître le statut spécial de ces groupes.


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