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vendredi 30 septembre 2011

Passage à Paris de Serge Sarkissian

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
En plus de faire ‘bonne figure' au président Sarkissian jusqu'à l'accompagner au concert d'Aznavour à l'Olympia, le président Sarkozy va se rendre en Arménie d'ici quelques semaines, Erevan étant une étape de son périple dans le Sud-Caucase.
Les élections présidentielles approchant, que ce soit à Droite ou à Gauche, caresser les électeurs d'origine arménienne dans le sens du poil est un exercice habituel. Ceci, bien évidemment, est valable dans tous les pays démocratiques à forte communauté arménienne, Etats-Unis et France plus particulièrement. Une fois élu(e), la mémoire de l'intéressé(e) devient sélective, comme on dit : "Les promesses n'engagent que ceux qui y croient."
Ce qui ressort de la semaine écoulée, ce ne sont ni les vicissitudes de la délégation turque à l'ONU, ni les vitupérations des dirigeants azéris ou les salamalecs faits au président Serge Sarkissian, mais une petite phrase prononcée par le ministre russe des Affaires étrangères lors son discours à l'ONU : "En cas d'utilisation illégale de la force par les deux parties, la Russie est prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la paix dans la région."
Dur dur pour Bakou dont le budget militaire s'élève à plus de 2 milliards $ par an, à quoi cela sert qu'Aliev se décarcasse ?

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Le président Serge Sarkissian est arrivé mardi à Paris pour une visite officielle de trois jours après avoir terminé une visite de travail aux États-Unis où il a pris la parole vendredi à la 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies et a rencontré des représentants de la communauté arménienne locale.

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"La visite officielle du Président Sarkissian en France est l'occasion pour souligner l'amitié exclusive qui existe entre les deux peuples et va donner un nouvel élan à notre coopération", a déclaré M. Sarkozy en accueillant son homologue Mercredi. Nicolas Sarkozy a souligné que "la France est un ami de l'Arménie et sera toujours à ses côtés", et a salué les réformes mises en œuvre en Arménie. Il a souligné que la France est le deuxième investisseur en Arménie, en ajoutant que de nouveaux programmes seront mis en œuvre dans l'avenir.
"Notre pays est intéressé à approfondir les relations avec la France. Nous sommes fiers de notre amitié avec la France et nous attachons une grande importance aux liens étroits établis entre les deux pays," a déclaré le président arménien.
Lors de son discours, Serge Sarkissian a souligné : "L'amitié arméno-française vieille de plusieurs siècles repose sur des similitudes communes religieuses et culturelles. Les similitudes sont si profondes que la position géographique n'a jamais été un obstacle pour le renforcement continu de l'amitié. Précieuse est son rôle dans le développement de l'indépendance de l'Arménie. L'Arménie a toujours attaché une grande importance à l'approfondissement des relations avec la France, et notre rencontre d'aujourd'hui est appelée à contribuer à cela. La France est un grand partenaire commercial et d'investissement pour l'Arménie. Les investissements français en Arménie totalisaient environ 700 millions de dollars en Juillet 2011. 155 entreprises arméno-françaises sont enregistrées en Arménie. Nous avons des exemples de succès des investissements français dans presque tous les domaines - télécommunication, production de boissons, banque, pharmacie, santé, tourisme, agriculture, industrie légère."
Le Président a rencontré le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, le Premier ministre, François Fillon, ainsi que le maire de Paris Jeudi matin, Bertrand Delanoë. Une rencontre avec la communauté arménienne était également au programme.
Mercredi soir, les deux présidents accompagnés d'une dizaine de ministres ont assisté à un concert de Charles Aznavour à l'Olympia, dédié au 20e anniversaire de l'indépendance de l'Arménie. Tous les profits du concert ont été versés à ‘Aznavour pour l'Arménie'.
Jeudi matin il était l'hôte de la mairie de Paris où il a pris la parole devant une nombreuse assemblée composée d'élus, de diplomates et de la communauté arménienne.
De là, le président Sarkissian s'est pour Varsovie pour participer au Sommet sur le Partenariat oriental. Mais avant de se rendre à la réunion, il a rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE pour faire le point des négociations de paix sur le conflit du Karabakh, et s'informer des résultats de la rencontre la veille entre le GdM et le président azéri Ilham Aliev.
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* Brève arméno-onusienne *

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"Les références à l'Arménie et au Haut-Karabakh dans le discours du ministre des Affaires étrangères azerbaidjanais, Elmar Mammadyarov, à la session de l'Assemblée générale de l'ONU, sont les résultats de son imagination. Le ministre des Affaires étrangères azerbaidjanais croit encore que la propagande de l'époque de la guerre froide et les déclarations anti-arménienne à l'ONU, peuvent servir d'outils efficaces pour le renforcement de la position de son pays dans les négociations en cours dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE," a déclaré le Représentant permanent arménien auprès de l'ONU, l'Ambassadeur Karen Nazarian.
Réfutant les déclarations d'Elmar Mammediarov, Karen Nazarian a souligné que de telles déformations et accusations sont sans fondement, nuisent au processus de négociation, et entravent l'activité des organisations internationales. De plus, l'Azerbaïdjan trompe son peuple en présentant des faits déformés. Cela ne signifie pas, toutefois, que cela peut induire en erreur la communauté internationale.
"L'Azerbaïdjan a lancé de vastes opérations militaires contre le Haut-Karabakh pour toute réponse à la mise en oeuvre du droit du peuple de l'Artsakh à l'autodétermination," a-t-il souligné.
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* Brève russo-onusienne *

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"Nous allons continuer à promouvoir les possibilités supplémentaires pour une solution pacifique, qui ont émergé à la suite des efforts et grâce à la médiation de la Russie. Nous allons continuer à promouvoir la solution pacifique du conflit au sein du Groupe de Minsk de l'OSCE en collaboration avec nos partenaires -La France et les Etats-Unis.
En cas d'utilisation illégale de la force par les deux parties, la Russie est prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la paix dans la région," a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans son discours à la 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York.
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* Brève turco-onusienne *
Une bagarre impliquant le Premier ministre turc a été filmé à l'intérieur du siège des Nations Unies à New York.

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Une bagarre a éclaté entre des responsables turcs et des membres de la sécurité de l'ONU, jeudi dernier, après que des diplomates turcs se sont trouvés dans zone interdite de l'immeuble. Lorsque la sécurité onusienne a demandé aux diplomates de s'en retourner sur leurs pas, la sécurité turque a objecté avec violence, bousculant sans ménagement les agents de sécurité de sexe féminin.
Le New York Post explique : "Les membres de l'équipe de sécurité du ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, sont devenus agressifs après avoir été escortés sur un mauvais étage pendant la séance de jeudi. Après avoir appris qu'ils ne pouvaient pas entrer dans cette zone par la sécurité de l'ONU, ils ont rebroussé chemin, en hurlant, en bousculant et en piétinant les agents de sécurité de l'ONU", selon des témoins, le groupe a bousculé tout le monde pour entendre le débat sur la Palestine.
Une femme, officier de sécurité de l'ONU, a reçu des coups de coude dans la poitrine et a subi plusieurs contusions, tandis qu'un autre officier de haut rang, en uniforme, a eu plusieurs contusions aux côtes. "Ils ont agi comme des voyous. La sécurité des Nations Unies n'est pas autorisée à utiliser la force et ces personnes avaient une immunité diplomatique."
Un autre témoin nous a indiqué que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan - qui parlait jeudi pour la première fois devant l'ONU, et qui a tancé Israël comme "construisant de nouveaux obstacles à la paix" - était également présent, et l'un de ses gardes "a attrapé une femme officier de la sécurité de l'ONU et l'a projetée à travers la pièce, avant d'être maitrisé par les agents de la sécurité de l'ONU."
Extrait du New York Post qui dispose d'une vidéo de l'incident.
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No Comment
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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net


mercredi 28 septembre 2011

Protocoles arméno-turcs : Coucou nous revoilà

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Les protocoles sur la normalisation des relations turco-arméniennes sont de retour ... au parlement turc.
‘De retour' ne signifie pas à l'ordre du jour des débats parlementaires de la Haute Assemblée, mais plus simplement quelque part dans la liste des sujets susceptibles d'être débattus, quand la Commission des Affaires étrangères le jugera utile. Si 2012, 2013, voire 2014, n'ont pas une signification particulière pour la Turquie, il n'en est pas de 2015 qui verra se dérouler les diverses manifestions liées au 100ème anniversaire du génocide arménien.
A partir de l'été 2014, la machine négationniste turque montera en puissance et tous les moyens seront utilisés pour nier les massacres de masse, les déportations, les confiscations et l'annexion des terres arméniennes dans les derniers jours de l'empire ottoman. Que ce soit l'AKP, le CHP, le MHP ou le DTP, tous jureront la main sur le cœur que tout cela sont des mensonges éhontés, que les chiffres avancés sont farfelus, et de citer le travail démocratique et de réhabilitation que mène la Turquie envers ses minorités.
D'ici là, il y a énormément de pain sur la planche de Mr Erdogan s'il veut arriver au célèbre ‘zéro problème avec les voisins', aussi, l'Arménie et les Arméniens restent un épiphénomène récurrent aux alentours du 24 Avril.

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Les protocoles arméno-turcs ont été remis sur l'ordre du jour du parlement turc, ce qui n'est une surprise pour personne. Erevan a appris la nouvelle, sachant pertinemment que la normalisation des relations avec l'Arménie est quelque chose ne fait pas partie des objectifs de la Turquie.
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Plusieurs versions sont présentées : Certains pensent que les protocoles ont été remis sous la pression de l'Occident, qui espère toujours la réconciliation de l'Arménie et la Turquie. Pour d'autres, les protocoles sont un levier pouvant servir dans les relations avec l'Azerbaïdjan. En fait, le processus de réconciliation donne une bonne occasion pour Ankara de manipuler Bakou.
Par ailleurs, le retour des protocoles sur l'agenda coïncide avec l'appel de la Turquie à l'Azerbaïdjan de rejoindre sa campagne contre Israël. Ankara avait indiqué il y a quelques jours que des ‘problèmes' pourraient survenir sur l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, dont une partie du pétrole est réacheminée vers Israël.
Bien que l'Azerbaïdjan et Israël soient des partenaires stratégiques, Bakou peut difficilement refuser. En retour, Ankara promet à Bakou, de travailler au ‘retour à l'Azerbaïdjan des terres occupées.'
Il est intéressant de noter que l'Azerbaïdjan, qui a été, pour employer un euphémisme, ‘indigné par le processus de réconciliation arméno-turque', reste silencieux. Aucun mot de reproches n'a été fait au "frère aîné" cette fois.
On note que la Turquie tente de faire pression sur l'Arménie pour l'empêcher de retirer sa signature de ces protocoles, comme proposé par certaines forces politiques arméniennes. Ainsi, les partis FRA-Dachnaktsoutioun et Héritage avaient appelé le Parlement à retirer les protocoles de l'ordre du jour, comme réponse adéquate à la décision de la Turquie.
Depuis avril 2010, les protocoles sont devenus un spectacle ayant un seul but : convaincre la communauté internationale que la Turquie - qui poursuit les Kurdes en Irak, qui essaie de manipuler les Syriens, qui est en conflit avec Israël, qui occupe 37% de Chypre la menaçant de guerre, qui maintient le blocus de l'Arménie depuis 17 ans -, est un pays œuvrant pour la paix et désirant "zéro problème avec les voisins."
Ce spectacle ne devrait tromper personne et surtout pas l'Arménie. Le porte-parole du Parti Républicain arménien, Edouard Charmazanov, a déclaré le ‘geste' de la Turquie de ‘truc pas cher'. Quant au directeur du Bureau du ‘Hay Tad' et des Affaires politiques de la FRA-Dachnaktsoutioun, Kiro Manoyan : "Le retour des protocoles à l'ordre du jour du parlement turc n'est pas une surprise, c'est un outil de pression sur l'Arménie pour l'empêcher de retirer sa signature. La Turquie veut juste montrer à la communauté internationale que le processus de réconciliation est en cours. Cependant, il est clair que ce pays n'a aucune l'intention de ratifier les protocoles. En dépit d'un esprit positif de l'Arménie, la Turquie continue à parler par ultimatums."
En attendant, Erevan pense qu'Ankara fera traîner le processus de ratification jusqu'en 2015, date du 100e anniversaire du génocide arménien. Les experts et les politiciens sont unanimes pour penser que la Turquie ne ratifiera pas les protocoles dans un proche avenir et que, par conséquent, aucune normalisation des relations n'est à attendre.
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* Brèves Etats-Unis *
La semaine dernière, le Sénat américain a approuvé le budget 2012, et notamment les subventions pour l'étranger dont l'Arménie et Haut-Karabakh, indique l'Assemblée arménienne d'Amérique (AAA).
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Le document considère le financement pour l'Arménie "compatible avec la demande de budget" et octroie un montant de 40 millions de dollars d'aide économique à l'Arménie pour 2012.
Le projet de loi du Sénat stipule également que : "Les fonds disponibles pour la région du Caucase du Sud peuvent être utilisés pour des mesures de confiance et d'autres points pour la poursuite de la résolution pacifique des conflits, y compris dans le Haut-Karabakh", de plus : "La Commission soutient l'aide humanitaire aux victimes du conflit du Haut-Karabakh et incite à une résolution pacifique du conflit."
Le directeur de l'AAA, Bryan Ardouny, a remercié les membres du Congrès ainsi que ceux des Commission et Sous-commission ad hoc qui ont œuvré pour ce faire.
La prochaine étape se déroulera à la Chambre et au Sénat pour validation définitive.
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Le Sénat américain a approuvé à l'unanimité la candidature de John Heffern comme ambassadeur américain en Arménie, indique le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA).

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"Bien que nous soyons déçus par certaines de ses réponses aux demandes de renseignements du Sénat, nous nous réjouissons, pour les mois et les années à venir, de travailler avec l'ambassadeur Heffern pour étendre les relations arméno-américaines sur la base de valeurs communes et d'intérêts partagés, et plus particulièrement sur les questions relatives au commerce et aux investissements bilatéraux. L'ambassadeur Heffern peut jouer un rôle vital dans l'expansion du commerce américain en Arménie, qui n'a pas encore atteint les 200 millions de dollars, ouvrant la voie vers un accord de commerce et d'investissement (TIFA) et un traité de double fiscalisation. Avec ces accords en place et un engagement ferme de toutes les parties prenantes à agir de manière décisive et proactive, il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas atteindre plus d'un milliard de dollars par an dans les échanges bilatéraux dans les cinq prochaines années," a commenté le directeur exécutif de l'ANCA, Aram Hamparian, lors de la validation de Heffern.
En revanche, l'ambassadeur américain en Turquie, Francis Ricciardone, dont la nomination devait se faire avec celle de John Heffern, n'a pas encore été programmé en vue de validation par le Sénat. L'ambassadeur Ricciardone a fait l'objet d'une controverse considérable, avec l'opposition des sénateurs Robert Menendez (D-NJ), Barbara Boxer (D-CA) et Jim Risch (R-ID) lors de son audition devant la Commission sénatoriale des Affaires étrangères. Le ‘candidat' Ricciardone avait fourni des informations fantaisistes concernant la destruction des églises chrétiennes en Turquie.
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* Brève azérie *
En réponse au discours du président Sarkissian à l'ONU, le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mammediarov, a accusé l'Arménie de "violations flagrantes" de la Charte de l'ONU et de mépriser les quatre résolutions du Conseil de sécurité.
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S'exprimant devant l'Assemblée générale des Nations Unies, Mammediarov a déclaré que suite à "l'agression" de l'Arménie sur le Haut-Karabakh, près de 20% du territoire de l'Azerbaïdjan continuent d'être sous occupation : "Depuis presque deux décennies, nous avons été confrontés à la violation flagrante par la République d'Arménie de la Charte des Nations Unies et d'autres documents de droit international, en perpétrant l'agression contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République d'Azerbaïdjan."
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* Brève France *
La FRA-Dachnaktsoutioun qui a apporté officiellement son soutien à l'ancien secrétaire du Parti socialiste, candidat aux primaires socialistes pour l'élection présidentielle de 2012, avait organisé lundi soir un meeting de soutien en son honneur à Alfortville. Un débat public avec le candidat en présence du député-maire de la ville René Rouquet, de l'élu socialiste marseillais Patrick Mennucci et du coprésident de la FRA-D, Mourad Papazian.

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A l'inverse d'un Jack Lang, qui avait fin 2008 (à l'occasion des Rendez-vous de l'histoire à Blois) suscité une violente polémique, en mettant le génocide arménien de 1915 entre guillemets, s'interrogeant sur le bien fondé de la loi le reconnaissant, François Hollande bénéficie au contraire d'une bonne image auprès de la FRA-D (parti socialiste arménien) en raison de ses actions en faveur de la reconnaissance du génocide puis la pénalisation de son négationnisme lors qu'il était premier secrétaire. Il a notamment défendu une loi en ce sens à l'Assemblée nationale en 2006. Hier soir, le candidat aux primaires PS a déclaré qu'il demanderait “à la majorité de gauche au Sénat de reprendre“ la proposition de loi visant à réprimer la négation du génocide arménien de 1915.
“La pénalisation de la négation du génocide arménien, la majorité de droite du Sénat y a fait obstacle (...). Nous demanderons à la majorité de gauche du Sénat de reprendre cette question“, a-t-il déclaré au lendemain du basculement à gauche de la Haute assemblée.
“Il faudra que le président Jean-Pierre Bel (président du groupe qui brigue la présidence du Sénat samedi, ndlr) - qui n'engage que lui à ce stade - fasse en sorte qu'il y ait le vote de cette loi sur la pénalisation du négationnisme du génocide arménien. C'est l'engagement que nous devons prendre ce soir“, a déclaré M. Hollande sous les applaudissements de quelque 400 militants et sympathisants. Le 4 mai, le Sénat avait repoussé une proposition de loi socialiste visant à réprimer la négation du génocide arménien de 1915.
L'élu corrézien a par ailleurs souligné que Nicolas Sarkozy n'avait pas tenu sa promesse faite en 2007 aux associations arméniennes, juste avant son élection, de soutenir l'adoption de cette proposition de loi par le Sénat.
En début de meeting, M. Hollande a reçu le soutien de Mourad Papazian :“Nous appelons à la mobilisation en ta faveur le 9 octobre pour que tu sois investi comme candidat de la primaire (...) François, pour nous, c'est toi“ !, a lancé M. Papazian, saluant “son engagement en faveur de la cause arménienne“, mais aussi sa “présidentiabilité“, sa “crédibilité“, sa “capacité de rassemblement“, ou encore “ses propositions de sortie de crise“.
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Extrait de Armenialiberty , de Radiolour et de PanArmenian.net
La brève française a été extraite de 94.citoyens et de Lepost


mardi 27 septembre 2011

Le président Serge Sarkissian met les points sur les ‘i'

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Après l'échec de la réunion trilatérale de Kazan du 25 juin, la rencontre Aliev-Medvedev de Sotchi du 9 Aout, les réunions avec des ministres, arménien et azerbaidjanais, des Affaires étrangères avec le Groupe de Minsk de l'OSCE en marge de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine dernière, il devient clair qu'une solution satisfaisante pour les antagonistes n'est pas pour cette année. Ni d'ailleurs pour l'année prochaine avec les élections présidentielles dans les pays médiateurs, et pas plus en 2013 avec celles prévues en Arménie et en Azerbaïdjan.

Cette situation de ni-paix ni-guerre va devoir perdurer, au dam de tout le monde, entrecoupée de violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact Karabakh-Azerbaïdjan. Bakou essayant ses nouvelles ‘armes' achetés en masse, Stépanaguerd répliquant avec les siennes, et Moscou ‘jouant' les arbitres pour éviter que les échauffourées ne se transforment en guerre.

Y a-t-il une solution ? Oui, probablement. Mais elle passe par la prise de conscience d'un certain nombre de pays (Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie) que nous ne sommes plus à l'ère soviétique, que le découpage des frontières ou les rattachements administratifs ne sont plus de mise, et que le droit des peuples à s'autodéterminer n'est pas un vain mot. En clair, ce que les bolcheviks ont fait ou défait dans les années 20 à l'abri des regards extérieurs, n'est pas figé dans le marbre pour l'éternité.

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Le président Serge Sarkissian a réitéré son avertissement à l'Azerbaïdjan que tout ‘aventurisme' de la part de Bakou entrainerait la reconnaissance officielle par Erevan du Haut-Karabakh comme entité indépendante.


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Le leader arménien a fait ces remarques en fin de semaine dernière lors d'une réception solennelle à New York organisée par la représentation arménienne permanente auprès des Nations Unies, l'ambassade d'Arménie aux Etats-Unis et les organisations arméno-américaines.

"Une résolution pacifique du conflit du Haut-Karabakh demeure la priorité pour l'Etat arménien ainsi que pour son peuple, c'est-à-dire pour toute la nation arménienne. La seule raison pour l'Arménie de ne pas avoir encore reconnu la République du Haut-Karabakh, est que l'Arménie essaye de trouver une solution par la négociation. En même temps, il faut comprendre que tout aventurisme déclenché par l'Azerbaïdjan, toute action au-delà du cadre du Groupe de Minsk travaillant sous l'égide de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, se traduira par une reconnaissance par nous de la République du Haut-Karabakh," a déclaré le président.

Alors que l'Arménie entretient des liens étroits, politiques, économiques et militaires avec la région séparatiste et un soutient sans réserve aux Arméniens du Karabakh ‘autodéterminé', elle n'a pas encore formellement reconnu l'indépendance du territoire. Le groupe parlementaire pro-gouvernemental avait bloqué à la fin de l'année dernière une résolution de l'opposition proposant de respecter la souveraineté de Stepanakert, au motif qu'un tel vote pourrait potentiellement compliquer le bon déroulement du processus de paix.

À plusieurs reprises dans le passé, M. Sarkissian avait déjà prévenu Bakou qu'Erevan pourrait reconnaître l'indépendance du Haut-Karabakh en ‘dernier recours' si les négociations sur le statut final échouent.

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* Brève : Turquie-Israël-Azerbaïdjan *


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L'ambassadeur turc de Bakou a invité l'Azerbaïdjan à suivre Ankara dans sa lutte diplomatique contre Israël et de ‘reconsidérer' ses relations avec l'état juif, selon un site iranophone basé aux Etats-Unis.

L'Ambassadeur Hulusi Kilic aurait déclaré qu'Israël devrait tenir compte ‘de problèmes possibles' sur l'oléoduc Azerbaïdjan-Turquie, qui fournit également du pétrole à Israël. Sans rentrer toutefois dans les détails.

En réponse aux observations de l'ambassadeur turc, le site a cité l'ambassadeur d'Israël de Bakou, Michael Lotem Lavon, qui a déclaré que : ‘les problèmes d'un tiers n'ont pas à affecter les relations stratégiques entre Jérusalem et Bakou'.

L'Azerbaïdjan est devenu un atout stratégique important pour la sécurité d'Israël et pour les affaires étrangères. En 2010, le commerce entre les deux pays a totalisé plus de 2 milliards de dollars - soit le double de celui entre l'Azerbaïdjan et la Turquie.

Israël fournit aussi à l'Azerbaïdjan du matériel militaire de pointe et l'aide à former son armée. Dans le cadre de la coopération entre les deux Etats, le fabricant israélien de systèmes de défense, Elbit Systems, a récemment ouvert un bureau dans l'ancienne république soviétique, et envisage de construire une usine pour la production conjointe de drones.

Bakou n'a pas encore répondu aux remarques de l'ambassadeur turc, mais l'attaché de presse azéri a déclaré à la station locale de radio que l'Azerbaïdjan espère que la "crise entre Israël et la Turquie se terminera bientôt."

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Extrait de Armenialiberty et de Radiolour



lundi 26 septembre 2011

Serge Sarkissian à l'ONU

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Après avoir assisté aux célébrations du 20ème anniversaire de l'indépendance de l'Arménie, le président arménien Serge Sarkissian a pris la parole devant la 66ème Assemblée Générale de l'ONU vendredi dernier, avant de s'envoler pour Paris.
Aucune nouveauté n'a été présentée ou ni scoop divulgué. Les positions de l'Arménie ont été réaffirmées sur les deux processus en cours, négociations de paix avec l'Azerbaïdjan et normalisation des relations avec la Turquie. Il a fait l'amer constat qu'avec la Turquie le processus était plus que gelé depuis un an et demi et que le contentieux sur le génocide était loin d'être résolu ; quant à l'Azerbaïdjan, son intransigeance et ses sautes d'humeur permanent empêchaient toute progression des négociations.
Le but de cette intervention, comme d'ailleurs celles des délégations arméniennes dans les organismes internationaux, est avant tout de contrer la propagande orchestrée par Bakou et soutenue ouvertement par Ankara.
Soyons réaliste. Par les temps qui courent, tant sur le plan des crises financières de l'Occident que sur les événements en méditerranée du Sud, il ne faut rien espérer des grandes puissances et encore moins de la communauté internationale. Le message est claire depuis le début : "Débrouillez-vous entrevous mais surtout ne déclenchez pas une nouvelle guerre."
Encore faudrait-il que les ‘bonnes fées' qui se penchent ‘aimablement' sur le berceau des processus arméno-turcs et arméno-azéris ne favorisent pas trop les antagonistes des Arméniens, simplement parce qu'il est de ‘bon ton' ces temps-ci de caresser les pays musulmans dans le sens du poil … .

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Dans son discours de vendredi à l'Assemblée générale de l'ONU, le président Serge Sarkissian a de nouveau blâmé l'Azerbaïdjan pour l'absence de progrès dans le processus de négociation du Haut-Karabakh et a accusé la Turquie de faire obstacle à la normalisation des relations turco-arméniennes.
En voici quelques extraits :

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"Le peuple du Haut-Karabakh il y a deux décennies a exercé son droit à l'autodétermination à l'instar d'autres peuples, en résistant à la guerre déclenchée par l'Azerbaïdjan, et en versant son sang pour gagner son droit à vivre en liberté."
"L'absence d'une volonté de l'Azerbaïdjan de parvenir à un accord et de sa posture va-t-en-guerre, empêchent tout progrès dans les négociations."
Sarkissian a réitéré les remarques arméniennes lors du sommet arméno-azerbaïdjanais de Kazan de Juin dernier, qui n'a pas abouti à un accord-cadre de paix en raison des objections de dernière minute formulées par le président azerbaidjanais Ilham Aliev. Aliev est volontairement sorti des ‘accords conclus lors des étapes précédentes' du processus de paix.
"Nous sommes reconnaissants aux pays coprésidents du groupe de Minsk et aux dirigeants pour leurs efforts de médiation. Cependant, les médiateurs ne peuvent pas parvenir à un accord à la place des parties à la négociation."
"Les déclarations belliqueuses et les menaces de guerre proférées par l'Azerbaïdjan se sont intensifiées, et les violations du régime du cessez-le feu qui continuent d'ôter la vie à des personnes innocentes, sont devenues plus fréquentes. Plus dangereux, les idées arménophobes sont répandues parmi la jeune génération d'Azerbaïdjan, mettant en péril l'avenir de la coexistence pacifique."
"En niant et détruisant tout ce qui est arménien, Bakou continue obstinément à diffuser de fausses accusations contre l'Arménie, le Haut-Karabakh, et les Arméniens à tous les niveaux, y compris ici, dans le cadre de l'ONU. La machine de propagande azérie submerge régulièrement la communauté internationale et le public avec des mensonges horribles sur de soi-disant ‘brutalités arméniennes' et sur des ‘meurtres d'enfants'. Ces histoires sont fabriquées et diffusées à l'aide d'une logique banalisée, dans l'espoir que certaines personnes vont mordre à l'hameçon de ce noir dessin contre l'Arménie. Tout cela est orchestré au plus haut niveau de l'Etat."
"Non seulement cela ne crée pas un climat de confiance dans la région, mais conduit également à se poser des questions sur la compréhension de l'Azerbaïdjan sur les objectifs de l'Organisation des Nations Unies sur la pratique de la tolérance et le vivre-ensemble en paix les uns avec les autres comme de bons voisins. Aspirant à l'adhésion au Conseil de sécurité de l'ONU avec une telle approche, est inadmissible et même dangereuse."
Sarkissian a également montré du doigt la Turquie, déplorant son refus de ratifier les accords turco-arméniens de normalisation inconditionnelle, signés en 2009 : "La Turquie a contrecarré la ratification et la mise en œuvre des protocoles de 2009 par tous les moyens."
Il a aussi fustigé Ankara de continuer à nier avec véhémence que les massacres de masse et les déportations de quelque 1,5 million d'Arméniens dans l'Empire ottoman durant la première Guerre mondiale, constituent un génocide : "Le génocide des Arméniens perpétré dans l'Empire ottoman a été reconnu et condamné par de nombreux pays, parlements, et structures internationales et spécialistes du génocide. Malheureusement, cela n'est pas valable pour la Turquie qui continue à s'engager dans une politique de négation de ce crime atroce commis contre l'humanité. Sans sa reconnaissance et sa condamnation, il sera impossible de développer et de mettre en œuvre des mécanismes efficaces de prévention, qui est l'une des priorités de l'ONU."
Cf. Intégralité du discours de Sarkissian (en anglais)
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* Brèves Groupe de Minsk *

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Le 22 Septembre le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Igor Popov, Robert Bradtke et le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk.
Discutant du règlement pacifique du conflit du Karabakh, Edouard Nalbandian a souligné que "des progrès dans les négociations sont possibles si l'Azerbaïdjan retire les dix changements qu'il a proposé en dernière minute à Kazan."
L'application des accords sur la création de mécanismes pour enquêter sur les incidents survenus sur la ligne de contact, ont été également abordé.
"Récemment, le ministre Elmar Mammediarov a eu une réunion à New York avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, mais je ne crois pas qu'il y ait eu des progrès, les coprésidents se rendent compte que des changements doivent se produire dans la position des Arméniens," a déclaré pour sa part Samedi le Vice-ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Araz Azimov.
La réunion avait été organisée à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev. Les parties n'ont pas réussi à atteindre un terrain d'entente sur la Résolution, malgré les appels et les attentes de la Russie, des Etats-Unis et de la France.
Selon Edouard Nalbandian, l'Azerbaïdjan n'est pas prêt à accepter les propositions des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE sur les principes clés pour la résolution du conflit.
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* Brève Karabakh *

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Une hausse sans précédent du nombre de violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact entre les forces armées du Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan ont été enregistrés ces derniers jours. Plus de 6.000 tirs en direction des positions arméniennes provenant de différents types d'armes à feu ont été relevés, soit plus de 900 violations du cessez-le-feu.
Il est à noter que ce déferlement de tirs s'est produit lors des célébrations du 20e anniversaire de l'indépendance des Républiques du Haut-Karabakh et de l'Arménie.
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* Brève Euronest *

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La Géorgie et l'Azerbaïdjan à la séance plénière de l'Assemblée Parlementaire de l'Euronest ont généré des provocations. Les délégations de ces deux pays ont tenté de faire adopté une résolution, mettant en cause deux des principes du droit international - l'intégrité territoriale et l'inviolabilité des frontières. Toutefois, la résolution n'a pas été adoptée en raison de la contestation de la partie arménienne.
Lilith Galstian, membre représentant la FRA-Dachnaktsoutioun dans la délégation arménienne à l'AP-EuroNest, a indiqué que : "ce n'était ni une victoire, ni une défaite, mais un appel au respect de l'égalité de tous les principes du droit international. La tentative de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie était de contourner le principe du droit des peuples à l'autodétermination, et donc de troubler la paix fragile et la stabilité dans la région, tout en entravent l'activité du Groupe de Minsk."
"La délégation arménienne, composée de représentants des différentes forces politiques, a fait comprendre à la famille européenne que nous sommes unis sur certaines questions, indépendamment de nos préférences politiques", a déclaré pour sa part Vahé Enfiachian du parti ‘Arménie Prospère'.
La Résolution en question, qui devait être soumise au sommet de l'UE en Pologne, comprenait seulement les principes d'intégrité territoriale et d'inviolabilité des frontières sans faire aucune référence au droit des peuples à l'autodétermination.
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Extrait de Armenialiberty et de Radiolour


lundi 19 septembre 2011

Les Etats-Unis soupèsent la communauté Américano-arménienne

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Le site de Wikileaks fourmille toujours d'informations qu'il convient de recouper avec d'autres sources.
Dans le cas des diverses questions liées à la défense de la Cause arménienne, on remarque que concernant la Turquie, un grand nombre des propos tenus par des responsables ou des analystes politiques arméniens, de la diaspora ou d'Arménie, est confirmé par les diplomates américains en poste dans la région. Toutefois, cela entraine rarement la prise en compte par Washington des dites informations, qui priorise systématiquement la realpolitik américaine dans la région, c'est-à-dire ne pas se mettre à dos la Turquie. Les informations en question servent avant tout aux élus du groupe d'amitié USA-Arménie du Congrès pour défense la Cause arménienne.
Et quand le sujet ne porte pas directement sur les massacres de masses commis dans les derniers de l'empire ottoman, il arrive qu'Ankara cède aux pressions des Occidentaux comme ce fut le cas récemment pour la restitution à leur propriétaire des biens religieux confisqués après 1936.
La question n'est pas de savoir si Washington est au courant du génocide et des exactions commis envers les Arméniens, ce qui ne fait aucun doute, mais de l'usage qu'il en fait.

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Le site Wikileaks publie de nouvelles dépêches de l'ex-ambassadeur américain en Arménie, Marie Yovanovitch, où elle mentionne la possibilité d'utiliser les organisations de la diaspora arménienne, en particulier la communauté arméno-américaine, dans l'intérêt des Etats-Unis
Yovanovitch souligne dans sa dépêche du 17 novembre 2009, intitulée ‘Expérience entre la diaspora et l'Arménie', l'état "bien organisée et bien-financée" de la communauté. Elle fait remarquer que la communauté avait changé de tactique sur la préservation de son identité en investissant dans le développement de l'Arménie, en se proposant dans les domaines humanitaire, de développement et d'assistance technique, et "plaidant pour l'indépendance des médias."
Yovanovitch a discuté avec les diverses organisations arméno-américaines : l'Eglise apostolique arménienne (prélature et diocèse), les Catholiques arméniens, les Protestants arméniens, la FRA-Dachnaktsoutioun, l'UGAB, la SD-Hentchag, etc. Elle indique que bien que l'ambassade fait un travail de sensibilisation à travers ces organisations, beaucoup d'entre elles ont leur propre agenda politique, ‘exprimé ou non', et des liens avec les partis politiques ou des dirigeants qui pourraient entrer en conflit avec les intérêts américains en Arménie.
Selon l'ambassadeur, la diaspora américano-arménienne a tendance à être ‘de nature nationaliste', et que "ils sont prompts à mobiliser leurs partisans contre le gouvernement arménien si les organisations de la diaspora pensent que le gouvernement arménien n'agit pas au mieux des intérêts de l'Arménie."
Beaucoup de ces organisations sont opposées aux efforts de réconciliation [arméno-turque], pense-t-elle, parce qu'ils n'incluent pas la résolution du conflit du Karabakh ou la reconnaissance du génocide arménien. "D'autres, comme l'Assemblée Arménienne d'Amérique (AAA) ou l'UGAB, ont publiquement soutenu la politique du gouvernement arménien pour une coopération régionale et pour la fin de l'isolement de l'Arménie dans le Caucase", écrit-elle.
L'ambassadeur observe également que : "La diaspora a montré un intérêt limité à promouvoir la démocratie, à la réforme électorale, ou au développement de la société civile en Arménie, et que de plus, les organisations diasporiques ne financent pas les ONG d'Arménie."
"‘La plus importante caractéristique distinctive' de la communauté américano-arménienne, selon le ministère arménien de la diaspora, est sa ‘structure très organisationnelle," écrivait l'ambassadeur américain John Ordway dans sa dépêche du 1er juin 2004.
"Le gouvernement arménien distingue la communauté arméno-américaine des autres car elle est la plus riche (revenu par habitant et pour l'ensemble) et la plus diversifiée en termes de modèles d'émigration. C'est également celle qui transfert les plus grosses sommes vers l'Arménie que ce soit à titre privé ou publique," soulignait Ordway.
On estime à 1,5 million les Arméniens vivant aux Etats-Unis sur les 6 millions dispersés à travers le monde. La diaspora des Etats-Unis est la seconde en nombre après celle résidant dans l'ex-URSS.
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* Brève UE *

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Le Commissaire européen à l'Elargissement et de la Politique Européenne de Voisinage, Stefan Füle, a déclaré que l'UE va augmenter progressivement son rôle dans la résolution des conflits régionaux, tels ceux du Haut-Karabakh ou de la Transnistrie.
"Nous lançons un programme de restauration de la confiance dans ces régions, et qui nous engagera plus sérieusement pour régler ces problèmes. Mais, bien sûr, nous ne changerons pas totalement la portée des solutions à ces problèmes en un jour," a-t-il déclaré à la 8e conférence annuelle intitulée « L'Ukraine et le monde : des défis communs, un futur commun », qui se déroulait à Yalta samedi dernier.
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* Brève Karabakh *

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Selon le Major Général Arcady Ter-Tadéossian (Commandos), vétéran de la guerre du Karabakh, la rhétorique azérie sur une reprise de la guerre n'est que du bluff.
"Le triangle unitaire - société, armée, gouvernement - est une condition essentielle au déclenchement d'une guerre. L'Azerbaïdjan ne satisfait aucunement à cette condition. Contrairement à l'Arménie, l'Azerbaïdjan a une population multiethnique, et très peu sont disposés à se sacrifier pour le clan Aliev. Bakou perdra la guerre du Karabakh car le moral de la population est très bas, à l'inverse de notre armée qui a un moral de gagnant," a souligné le Général.
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Extrait de
PanArmenian.net


vendredi 16 septembre 2011

Karabakh : un incident fâcheux

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

A quoi cela servirait-il d'acheter et de stoker du matériel militaire et des armements de toutes sortes si l'on ne peut pas s'en servir ?

C'est la réflexion qu'ont eu les dirigeants azéris, car à faire systématiquement survoler leur propre territoire par des drones, ne riment à rien, et finit par lasser. Donc autant l'utiliser dans les conditions réelles, c'est-à-dire en survolant le territoire ennemi, en l'occurrence l'Artsakh. Cela permet en premier lieu de récolter des informations, mais aussi de vérifier par la même occasion la réaction et les capacités de l'adversaire.

Ce n'est pas tant la perte financière qui est inquiétante pour Bakou, mais le fait que ces appareils risquent fort de servir à pas grand-chose en cas d'accrochage plus sérieux avec le Karabakh, vu l'efficacité de la réaction.

Le démenti de Bakou ne trompe personne, car on voit mal qui dans la région a besoin d'aller espionner les zones militaires du Haut-Karabakh. Ce n'est pas pour autant que l'OSCE ou les pays coprésidents du groupe de Minsk – Etats-Unis, Russie et France – vont tancer l'Azerbaïdjan, tout au plus se fendront-ils d'une déclaration laconique généraliste.

Vidéo du drone abattu

* Brève azérie *

"Il est grand temps que l'Assemblée Parlementaire de l'OSCE exprime une position claire sur le conflit du Haut-Karabakh. Malheureusement, l'OSCE n'a pas encore adopté de résolution sur cette question. La délégation de notre pays à l'AP-OSCE attache une grande importance à l'adoption d'un tel document," a déclaré Eldar Ibrahimov, un membre de la délégation azerbaïdjanaise.

Quelque temps avant, la vice-présidente du Parlement azerbaïdjanais, Mouradova Bahar, avait déclaré que le conflit du Haut-Karabakh pourrait être discuté à la session d'hiver de l'AP-OSCE.
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L'armée de Défense de la RHK a annoncé mercredi que ses forces avaient abattu lundi vers 7h30 un drone de reconnaissance ‘anonyme' azerbaïdjanais qui survolait le district de Mardouni près du village de Vaskenachene, à l'Est du Karabakh.

"Avant tout, cela casse le moral de l'agresseur [l'Azerbaïdjan], car cette destruction montre aussi l'étendue de notre sophistication technique. Cela aura certainement un impact et fera réfléchir Bakou sur ses comportements futurs," a déclaré l'attaché de presse du président Sahakian, David Babayan et d'ajouter : "C'est une preuve physique de violation de la trêve. La Mission d'Observation de l'OSCE devrait envisager d'élargir sa surveillance du régime du cessez-le dans la zone de conflit du Karabakh, après cet incident."

Jeudi soir, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a nié toute implication, déclarant : "L'Azerbaïdjan n'a rien à voir avec le drone qui s'est écrasé au Haut-Karabakh, occupé par les Arméniens."

A noter que cet incident se produit six mois après l'accord Israélo-Azerbaidjanais d'assemblage de drones en Azerbaïdjan. De plus, l'armée azérie achète ce type d'appareil à Israël et à la Turquie.

Selon le colonel Nikolaï Babayan, commandant des forces aériennes arméniennes, l'armée du Karabakh est équipé de matériel spécifique pour d'abattre des avions espions : "Il est très difficile de toucher et même de détecter des drones (UAV), car ils sont construits avec des matériaux composites spéciaux. Les drones azéris effectuent régulièrement des vols de reconnaissance à proximité de la ligne de contact, mais cette fois-ci, le drone a franchi la frontière du Karabakh, et a été abattu par notre défense anti-aérienne."


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Le quotidien Asbarez indique que c'est une entreprise des Etats-Unis qui fabrique certaines parties de l'appareil. Un examen approfondi d'une vidéo de l'épave du drone, révèle que c'est la société Pueblo West, Colorado Source GPS Inc, qui a fabriqué et vendu les organes de guidage (diviseur GPS) composant le drone abattu. Le séparateur GPS permet qu'une seule antenne GPS puisse être partagée entre plusieurs récepteurs GPS. La compagnie canadienne, Novatel, est le fabricant de l'antenne GPS utilisée sur le drone.

Le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA) a écrit au Département d'Etat de bien vouloir examiner la vidéo de l'épave de l'UAV azerbaidjanais, qui montre un composant construit par Novatel, une entreprise canadienne ayant des bureaux aux Etats-Unis, ce qui justifie une enquête sur des violations potentielles des lois américaines sur les exportations d'armes.

Selon le spécialiste militaire Artsroun Hovannissian, Bakou a été clairement choqué de voir que son drone a été abattu : "Attendons de voir la réaction de la communauté internationale, si elle est ‘impartiale' cet acte sera condamné. Au vue des preuves, Bakou ne sera pas en mesure de trouver des excuses."

Selon lui, c'est un fait assez rare, car il est généralement difficile de lutter contre les drones, en particulier ceux qui volent à 5000 mètres ou plus : "Ceci est un cas exceptionnel. C'est un puissant engin aérien de type "Hermes 450" de production israélienne. Un autre de ce type, avait été abattu par un chasseur russe en Abkhazie en 2008. A noter que le drone abattu a un coût beaucoup moins élevé que celui abattu par la Russie en 2008, ce qui pourrait éventuellement créer un nouveau précédent dans l'histoire des drones."

Aussi, ce devrait être un choc non seulement pour les azerbaïdjanais, mais aussi pour la société de production israélienne.

Quant à la situation sur la ligne de contact, l'expert a ajouté : "Le calme relatif sur la ligne de contact de ces derniers temps n'est pas du à la générosité de Bakou mais aux contre-mesures adéquates prises par Stépanaguerd."

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* Francis Ricciardone confirmé *


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Le candidat controversé du président Obama nommé comme ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Francis Ricciardone, a été finalement confirmé dans son poste par la Commission des Affaires étrangères du Sénat, indique le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA).

"Nous tenons à remercier le sénateur Menendez pour son leadership sur le sujet en attirant l'attention sur les réponses offensantes et inacceptables de M. Ricciardone aux questions traitant du sort des chrétiens en Turquie. En votant contre, le sénateur Menendez en compagnie des sénateurs Boxer et Risch ont envoyé un puissant message à M. Ricciardone et aux responsables du département d'État - que le peuple américain mérite d'avoir un émissaire américain qui va se battre pour les valeurs et les intérêts des Etats-Unis – et ne va pas succomber à la machine de propagande de la Turquie," a déclaré le directeur exécutif de l'ANCA, Aram Hamparian.
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Monsieur l'ambassadeur a, malheureusement, fait sienne le récit d'Ankara niant le génocide, au-dessus et au-delà même du Président et de son administration à savoir : - la complicité de notre gouvernement composant avec les mensonges du gouvernement turc lesquels sont facilement vérifiables sur la situation des quelques églises arméniennes, ou chrétiennes en générale, encore en activité dans les frontières de l'actuelle Turquie. En cette période critique des relations USA-Turquie, nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir simplement une politique d'apaisement," a souligné Hamparian.

A noter qu'à l'inverse, l'ambassadeur John Heffern, nommé en Arménie, a été confirmé à son poste par un vote unanime de la Commission.

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* L'OSCE toujours optimiste *


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"Nous sommes préoccupés par la situation sur la ligne de contact. Seulement cette année il y a eu plus de 20 accidents mortels. Les rapports sur les pertes civiles sont particulièrement inquiétants," a déclaré le directeur du Centre de prévention des conflits de l'OSCE, Adam Kobieracki, commentant le processus de règlement du conflit du Karabakh.

"Lors de ses visites en Arménie et en Azerbaïdjan, le Président de l'OSCE en exercice a appelé les parties à retirer les snipers de la ligne de contact. Je regrette que les parties n'aient pas réussi à mettre en œuvre l'accord de Sotchi sur les enquêtes à mener sur les accidents le long de la ligne de contact. Je crois qu'il est très important de maintenir la pression sur les deux côtés et nous félicitons la participation personnelle du président russe pour la promotion de la négociation entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Je pense qu'il y a une possibilité de parvenir à une solution de compromis dans le cadre du format actuel des négociations à savoir celui du le Groupe de Minsk," a déclaré Adam Kobieracki.

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* Le coin des experts des génocides *

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L'Allemand Wolfgang Efenberger lie les positions des Etats-Unis sur la négation du génocide arménien aux développements géopolitiques. Lors de sa conférence intitulée ‘Génocide : vivre et surmonter', à l'Académie des Sciences de Erevan, il a cité Zbigniew Brzezinski qui disait : "Qui gouverne l'Europe de l'Est commande le cœur ; Qui gouverne le cœur commande l'île du monde ; Qui gouverne l'île du monde commande le monde." Wolfgang Efenberger considère la Turquie comme un "joker dans le grand jeu."

Dans ses écrits, Efenberger note que c'est douloureux pour lui, en tant que ressortissant allemand, que son pays ait également coopéré avec la Turquie dans sa politique d'annihilation des Arméniens. Selon l'expert, la lutte pour le commandement de l'Eurasie continue jusqu'à maintenant, et il ne voit pas de changements notables dans la politique de l'Allemagne. "Comme acte de sagesse, elle aurait pu reconnaître le génocide arménien," a-t-il souligné.

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Taner Akçam, professeur agrégé d'histoire à l'Université Clark, a appelé à des changements nécessaires dans la politique de la Turquie pour espérer jouer un plus grande rôle régional.
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"Les crimes contre l'humanité sont une très importante norme juridique internationale. En terme juridique, il a été utilisé pour la première fois le 24 Avril 1915 dans le cadre du génocide arménien, et portait sur un fond moral et juridique pour les procès de Nuremberg, ainsi que plus récemment en Yougoslavie, au Rwanda et dans d'autres poursuites internationales des crimes de guerre. Bien que de notoriété publique, mais peu connue, l'expression a d'abord été rédigée en tant que crimes contre le christianisme."

"Afin de changer cette perception, l'AKP doit faire face à l'Histoire et prendre une position claire concernant les crimes qui ont été commis contre les chrétiens. L'AKP cependant, est très loin de cela et c'est pour cette raison qu'il continuera à être perçu comme un acteur potentiel susceptible de répétition de 1915 envers les chrétiens de la région. Là réside l'ironie. La Turquie, qui veut s'impliquer dans la région comme un intervenant au nom de la liberté et de la démocratie, se voit rappeler ses crimes passés contre l'humanité."

"D'où l'importance d'inclure l'Arménie dans ses discours à la nation. Si l'AKP veut défendre la liberté et la démocratie dans la région et désire marcher sur le chemin des valeurs universelles de l'homme à travers des sensibilités islamiques, il doit apprendre à regarder le passé récent de l'islam avec un œil plus critique."

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"Les archives turques ont été nettoyées périodiquement des documents liés au génocide. A partir des années 1980, les autorités turques sont devenues encore plus sensibles sur la question du génocide arménien, vu que le sujet était débattu plus largement dans différentes structures internationales," a déclaré la turcologue, Anouche Hovannessian.

"Bien que les autorités turques n'aient laissé que des documents, qui à leur avis ne contredisent pas leur position sur les événements de 1915, si les experts examinaient minutieusement ces documents, ils trouveraient des preuves du génocide."

Elle a également indiqué que des documents peuvent également se trouver dans les archives anglaises ou allemandes. "En outre en 1931, les autorités ottomanes ont vendu beaucoup de documents à la Bulgarie comme déchets de papier. Le Vatican a récupéré une partie de ces documents se trouvant en Bulgarie, et de récents rapports suggèrent que certains d'entre eux seront publiés en 2012. Enfin, il existe également des documents dans les archives de l'Etat-major turc."

L'experte a exprimé sa confiance sur les rapports publiés par Wikileaks pour réduire au silence des autorités turques qui insistent sur l'examen de leurs archives pour prouver l'inexistence du génocide arménien dans l'Empire ottoman. Génocide qui pourtant est incontestable, au vue de nombreuses autres preuves.

Mme Hovannessian a confirmé que la purge des archives ottomanes date de longtemps, bien avant que Wikileaks fasse des révélations sur les correspondances.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanARmenian.net



mardi 13 septembre 2011

Les Américano-arméniens et la Turquie

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires
Jusqu'à présent Washington a soutenu et continue de soutenir Ankara contre vents et marées, et notamment en passant sous silence le génocide arménien et ce malgré des promesses moult fois répétées lors des campagnes présidentielles, que ce soit par les Républicains ou par les Démocrates. Ce qui n'empêche qu'à force de taper sur un clou, on finit par l'enfoncer.
La tension de ces dernières semaines entre la Turquie et Israël ne devrait pas changer le comportement de l'Administration américaine. Même si la communauté arménienne reçoit le soutien effectif du lobby juif, il fort peu probable que les Etats-Unis reconnaissent officiellement le génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes Turcs en 1915 dans l'empire ottoman.
Ce geste entrainerait de la part d'Erdogan une quasi-rupture des relations diplomatiques avec Washington, ce qui serait un moindre mal en comparaison de ce qui en découlerait pour l'OTAN. La base d'Inçirlik ainsi que les stations radars d'Anatolie en pâtiraient et cela est totalement inacceptable pour l'oncle Sam quand on sait ce qui se passe et sur ce qui est susceptible de se passer au Proche et au Moyen-Orient.
Pour que l'administration américaine franchisse le pas, il faudra que le parti religieux AKP qui est à la tête de l'Etat turc depuis près d'une dizaine d'années tourne définitivement le dos à l'Occident et se consacre essentiellement à la conquête du leadership régional et porte-drapeau du monde musulman de l'Est méditerranéen.
La diplomatie turque est suffisamment finaude pour éviter de lâcher la proie pour l'ombre.

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"Le diplomate américain Francis Ricciardone, candidat au poste d'ambassadeur en Turquie, suite aux erreurs de faits et à la partialité dans ses réponses aux demandes de renseignements du Sénat, s'est avéré être un mauvais candidat pour être confirmé comme ambassadeur américain en Turquie," indique le Comité National Arménien d'Amérique (ANCA). L'ANCA a demandé à ses compatriotes de contacter leurs législateurs pour exprimer leur opposition à la confirmation de Ricciardone au poste d'ambassadeur en Turquie.
Le Commission des Affaires étrangères du Sénat doit voter sa nomination effective ce mardi 13 Septembre. Plusieurs autres confirmations d'Ambassadeurs américains sont également prévues ce jour-là, et notamment celui en poste en Arménie, John Heffern.
On se souvient qu'en réponse aux questions posées par le sénateur Robert Menendez (R-NJ), Monsieur Ricciardone avait déclarée que "la plupart des églises chrétiennes fonctionnant [sur le territoire de l'actuelle Turquie] avant 1915, sont encore en activité aujourd'hui." Réponse qui avait soulevé une vague d'indignation populaire et l'inquiétude du Congrès. Francis Ricciardone est revenu sur ses déclarations, mais a suscité la controverse par ses propos, qui par ces euphémismes aident Ankara à échapper à la responsabilité de ses crimes.
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Au nom du Conseil Arménien d'Amérique (ACA) et des Américano-arméniens à travers la nation, l'ACA exprime son indignation sur le fait que le Département d'Etat américain, tout en ayant des informations sur la destruction de documents importants sur le génocide arménien dans les archives turques, a encouragé les Républiques d'Arménie et de Turquie à s'engager dans les protocoles arméno-turques, qui comprenaient une disposition sur "la mise en œuvre d'un dialogue sur la dimension historique dans le but de restaurer la confiance historique entre les deux nations, y compris par un examen scientifique impartial des dossiers et des archives historiques pour définir les problèmes existants et formuler des recommandations."
"En tant qu'Américains, nous nous attendions à ce que le Département d'Etat, notre représentant devant la communauté internationale, se livre, comme intermédiaire, à un examen impartial et honnête en vue de favoriser l'harmonie et la bonne volonté entre l'Arménie et la Turquie. Pourtant, à travers les dépêches diplomatiques divulgués par Wikileaks, on voit que le Département d'Etat, tout à fait conscient que les archives turques contenant d'importants documents relatifs au génocide arménien avaient été purgées par les responsables turcs, a poursuivi le thème des Protocoles soutenant qu'ils sont un pas vers des relations bilatérales," a déclaré Sevak Khatchadourian, dirigeant de l'ACA, dans une lettre à la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mme Hillary Clinton.
"La paix et la coopération sont des éléments essentiels pour la prospérité de la région, et le Conseil Arménien d'Amérique est prêt à travailler dans ce sens, cependant, ces éléments importants ne peuvent être obtenus qu'au prix d'une exactitude historique.
Déformer le génocide arménien en faveur d'avantages, politiques et économiques, nationaux ou internationaux, est contre-productif pour un quelconque progrès et ouvre la porte à de futurs génocides ou violations des droits humains.
Madame la Secrétaire, nous vous demandons de corriger la position de votre Ministère sur le génocide arménien. Le génocide n'est pas un crime acceptable et la négation du génocide au 21ème siècle est insoutenable. Nous demandons également à votre département de persuader le gouvernement turc de cesser de nier le génocide arménien et de reconnaître son passé historique," indique le courrier.
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* Brèves Karabakh *

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"La Suède soutient le Groupe de Minsk de l'OSCE pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh," a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dans une interview à l'agence APA (azérie).
"Le conflit du Karabakh fait naître une inquiétude non seulement pour les deux pays impliqués, mais aussi pour toute la région et la communauté internationale. Nous devons encourager l'Arménie et l'Azerbaïdjan à trouver une solution pacifique. Les parties doivent s'abstenir de toute rhétorique agressive mais au contraire, créer une base pour établir la paix entre leurs populations. L'UE doit soutenir ce processus et montrer aux populations de la région que de nombreux avantages peuvent être atteints par des voies pacifiques."
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"La politique destructrice de l'administration azérie est une banalisation de l'agression. Elle exhorte à abattre des avions civils, à demander un djihad contre la République du Haut-Karabakh, à opposer les actions des Etats-Unis et de la Russie, à annexer deux villages sur la frontière russe. Voici quelques exemples des banalités azéries," a déclaré l'un des conseillers du ministre des Affaires étrangères de la RHK, Ruben Zargarian.
"Vexé du mépris des autres pays quant à ses positions inadéquates, Bakou prend une revanche mesquine en mettant des journalistes sur sa liste noire. Ce qui n'empêche pas un nombre croissant d'étrangers de visiter le Karabakh et informer le monde sur la réalité de la RHK. L'Artsakh est depuis longtemps perçu par les gens raisonnables comme faisant partie de la communauté internationale civilisée," a conclu l'expert.
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* Brève Akhtamar *

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Des milliers d'Arméniens de souche ont assisté dimanche (jour de l'Exaltation de la Croix) à la messe en l'église Sainte Croix d'Akhtamar sur l'île de Van (Sud-est de la Turquie) pour la deuxième fois.
La télévision turque a indiqué que de nombreuses navettes transportaient les pèlerins, bien que deux fois moins nombreux qu'en 2010, et en majorité de Turquie. Une nouvelle jetée a été construite pour accueillir les fidèles.
C'est l'archevêque Aram Ateshian, primat par intérimaire de la communauté arménienne de Turquie, qui a présidé la cérémonie. Des 3000 personnes présentes, seules 60% ont pu rentrer, les autres devant se contenter de suivre la cérémonie religieuse de l'extérieur.
Selon le ministère du Tourisme turc, l'année dernière près de 30.000 touristes ont afflué sur l'ile.
Ankara a favorisé la rénovation de l'église médiévale arménienne comme preuve de son attachement à la tolérance et comme geste de bonne volonté envers les Arméniens. Toutefois, il a refusé de restituer le sanctuaire au Patriarcat arménien à Istanbul, transformant le lieu saint en musée, qu'il a fait surmonter d'une croix après la cérémonie d'inauguration de l'an dernier.
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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net


lundi 12 septembre 2011

Le Haut-Karabakh a 20 ans

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Tout comme les trois autres pays du Sud-Caucase, la région autonome du Haut-Karabakh, qui s'était séparée avec la RSS d'Azerbaïdjan conformément à la loi soviétique [1]
s'est déclarée indépendante en 1991.

Le seul ‘hic' et de taille, c'est que l'Azerbaïdjan ne reconnaît pas le principe du droit à l'autodétermination des peuples. En 1990 la RSS d'Azerbaïdjan a refusé d'appliquer la loi de l'URSS concernant ce droit, et vingt ans plus tard la République d'Azerbaïdjan refuse toujours de reconnaitre ce droit, en contradiction avec les principes de l'ONU.

Au début des pourparlers de paix, les villes en ruines d'Aghdam, de Fizuli ou de Djebraïl faisaient parties des points négociables. Mais en refusant toute concession [2]
et en s'arc-boutant sur le seul principe d'intégrité territoriale, Bakou perdra non seulement le Haut-Karabakh, ce qui est déjà fait, mais également tous les districts environnants.

Le ‘zéro concession avec les voisins' est une vision tout aussi chimérique que le ‘zéro problème avec les voisins' du grand frère turc.

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La République d'Artsakh célèbre ses 20 ans d'indépendance. Mais le conflit est aussi loin d'être réglé, pas plus qu'en 1994 qui marquait la fin de la guerre de libération nationale. Malheureusement, le Haut-Karabakh, ou plutôt le conflit azéri-Karabakh est depuis longtemps un instrument dans les mains des grandes puissances pour résoudre leurs propres problèmes. Et tous les expert et/ou politiciens connaissent le problème, ils savent parfaitement qu'aucun règlement ne sera possible dans les 2-3 prochaines années, et probablement plus.
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Toutefois, certains médiateurs, avec une persistance digne d'une bonne cause, parlent de principes de base et d'accord préliminaire qui ne sont en fait que des clichés, qui, après un examen plus approfondi, ne révèlent aucune réelle volonté de résoudre le conflit. Si l'on cherche les vraies causes, il faut remonter d'un siècle, quand en 1918 les bolcheviks sont arrivés au pouvoir et que les Tatars du Caucase qui plus tard sont devenus ‘Azerbaïdjanais', ont revendiqué un droit sur les régions arméniennes du Zankézour, du Nakhitchevan et du Haut-Karabakh. Aujourd'hui il n'est même plus important de savoir quel élément joue un rôle crucial dans le transfert du Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan ? - le pétrole de Bakou ; - l'accord avec la Turquie kémaliste ; - ou la ‘révolution mondiale' dans l'Est. L'important est que les bolcheviks ont disposé à leur gré de territoires qui ne leur appartenaient pas, et contre la volonté des populations autochtones. Le sang versé est le résultat de ces décisions.

Après la phase militaire du conflit (1991-1994), on pensait que la signature d'un traité de paix et le règlement de tous les différends étaient une question de quelques mois seulement, voire un an tout au plus. Cependant, les autorités de Bakou et le président Haydar Aliev ont repris les rênes "en temps utile" et ont décidé que le pétrole primait sur le droit international. La construction et la mise en service de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) n'a fait que confirmer cela, malgré le fait que parfois, il a été ralenti et a du emprunter un itinéraire très troublé. Mais ces bagatelles n'ont aucun intérêt, que ce soit pour l'Azerbaïdjan, ou pour la Turquie. Peu enviable est le rôle de la Géorgie dans ce projet : elle a servi de transit pour le futur gazoduc, moyennant une faible rétribution.

La phase active des négociations pour le règlement du conflit a commencé au milieu des années 90, lorsque les pays coprésidents du Groupe de Minsk ont décidé que le conflit devait être résolu, mais il était déjà clair que le conflit s'est soldé par la victoire de l'Armée de Défense de la RHK, et que toute négociation non orientée vers un accord de paix était vouée à l'échec.

Chaque conflit qui perdure a des explications dont on se souvient à chaque fois que les négociations sont dans une impasse. C'est en quelque sorte un rappel des occasions perdues et des espoirs déçus d'une des parties. Ainsi, nous nous souvenons de la décennie de négociations entre Robert Kotcharian et Haydar Aliev à Key West, eux-mêmes remplacés par Serge Sarkissian et Aliev Jr. Mais la fin des négociations reste encore obscure. Et en 2001, comme aujourd'hui, ils ont parlé de l'impréparation des sociétés arménienne et azerbaïdjanaise pour un compromis, de l'incapacité des parties à faire preuve de volonté politique pour résoudre le conflit. De même, personne n'a essayé d'écouter le principal intéressé - la population et le gouvernement du Haut-Karabakh. Très probablement, l'absence de la RHK dans le processus de règlement est le principal obstacle empêchant les parties à trouver un accord. Et maintenant, personne ne pense à aboutir à un réel traité de paix, les parties en conflit sont axés sur un minimum de concessions, même au prix de ne rien gagner du tout.

Parlant de l'impréparation des parties et des efforts sur les mesures de confiance, il convient de noter que la croissance constante de la propagande anti-arménienne de Bakou pourrait un jour conduire à un plaidoyer similaire en Arménie et au Haut-Karabakh. Le Groupe de Minsk, en tant que médiateur clé et pacificateur, se borne malheureusement qu'à des appels à la retenue. Il faut reconnaitre que le Groupe de Minsk de l'OSCE, durant son mandat, n'a réussi à ne faire qu'une seule, mais très importante chose : il a empêché la guerre. Néanmoins, Bakou demande l'impossible à l'OSCE et à la communauté internationale : la restitution de tous les territoires qui composent la zone de sécurité de la RHK et le retour des réfugiés azerbaïdjanais dans leurs foyers. On ne sait pas pourquoi, mais tout le monde a oublié les 450.000 réfugiés arméniens d'Azerbaïdjan.

Toutefois, si les pays coprésidents sont vraiment intéressés à la résolution du conflit, il faut un peu plus que la seule prévention de la guerre. L'expérience internationale montre qu'aucune expérience de résolution de conflit ne peut se transposer sur un autre pays, c'est une vérité à retenir et à suivre autant que possible. Les conflits en latence sont dangereux vu qu'il est parfois difficile de déterminer le moment de leur basculement vers une phase plus chaude. Malheureusement, la communauté internationale ne peut pas, ou probablement pas, dire à Ilham Aliev qu'il joue avec le feu. Ou peut-être cela a-t-il été fait, sinon il aurait depuis longtemps passé à l'acte. En attendant, l'Azerbaïdjan se surarme, en achetant tout ce qui est possible : des armes aussi bien défensives qu'offensives. La question est seulement de savoir quand et contre qui ces armes serviront …

Comme pour le règlement, les ‘joueurs' non-régionaux ont quasiment accepté que personne, sauf la Russie, ne puisse résoudre le problème. La base de cette situation assez controversée est encore incertaine. Mais il est bon de rappeler aux participants du processus de négociation que le conflit a été résolu en 1994 par l'Armée de Défense de la RHK [et non par l'intervention de soldats étrangers]. Une autre question est de savoir si la Russie a vraiment envie de résoudre le conflit et, si oui, à quelles conditions. Une ‘balkanisation' du Sud-Caucase n'est bénéfique à personne, et certainement pas aux pays coprésidents. Malgré les affirmations de Bakou que la "communauté internationale est fatiguée du conflit du Karabakh et qu'elle désire le résoudre très prochainement", le fait est que la communauté internationale n'a ni le temps ni l'envie de gérer ce problème. Ou plutôt, elle le fait, mais en le traitant comme une question de peu d'importance. Les Etats-Unis sont embourbés en Afghanistan et en Irak, et les problèmes avec l'Iran et avec la Libye ne sont pas encore réglés.

Mais plus important, aucun conflit, notamment celui du Haut-Karabakh, ne peut être résolu sur la base de deux principes qui s'excluent mutuellement : le principe de l'intégrité territoriale et le droit des nations à l'autodétermination. Il est vrai que le Haut-Karabakh faisait partie de la RSS d'Azerbaïdjan. Et quand les Etats postsoviétiques ont rejoint l'ONU, l'Organisation a repris les frontières des RSS. Seulement, en 1991 le Haut-Karabakh ne faisait plus partie de l'Azerbaïdjan, vu qu'en tant qu'oblast (région autonome) il avait déjà quitté la RSS d'Azerbaïdjan en conformité avec toutes les normes prescrites par la Constitution de l'URSS. Aussi, le seul principe fondamental applicable est le droit des nations à l'autodétermination. Tout le reste est sans fondement.

Il faut répéter une fois encore que : il n'y a pas de conflit, il n'y a que des intérêts politiques et énergétiques visés par la Russie et par l'Occident. Mais les mêmes Russes et Occidentaux ne peuvent pas ignorer le fait que le Haut-Karabakh est un Etat indépendant, et ce, depuis 20 ans maintenant.

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Karine Ter-SahakianPanArmenian.net – Département Analyse




[1] En 1988, le peuple du Haut-Karabagh a exprimé, par un vote unanime de son Parlement, sa volonté de réunification de la Région autonome du Haut-Karabagh (RAHK) à l'Arménie.

Les autorités azerbaïdjanaises et le pouvoir central soviétique refusèrent catégoriquement de satisfaire la requête des Arméniens du Haut-Karabagh. Des pogromes anti-arméniens eurent lieu à Bakou et Kirovabad et les forces spéciales de la police soviétique (OMON) lancèrent une opération de répression sans précédent contre la population arménienne du Haut-Karabagh.

Conformément à la loi soviétique du 3 avril 1990 "sur les questions liées à la procédure de sécession des républiques de l'Union ", la séance jointe du Conseil régional du Haut-Karabagh et du Conseil des députés du peuple du district de Chahoumian adoptèrent une déclaration proclamant la République du Haut-Karabagh.

L'URSS cessa officiellement d'exister le 31 décembre 1991. Le 6 janvier 1992, la Déclaration d'indépendance nationale de la République du Haut-Karabagh fut adoptée. Le Haut-Karabagh exerçait ainsi son droit à l'autodétermination en stricte conformité avec la législation soviétique alors en vigueur.

[2] Un droit de passage, cogéré par Erevan et Bakou, entre l'Arménie et le Haut-Karabakh, lequel aurait un statut de ‘région à très haute autonomie', est loin d'être une concession comme voudraient le faire croire les autorités azéries.


samedi 10 septembre 2011

Erdogan lance le grand bazar

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Après la ‘turquicité' (ou identité turque) ciblant plus particulièrement les épris de liberté de parole, qu'il a réussi à museler avec l'article 301 du code pénal, Erdogan lance maintenant la ‘turquitude' (ou turque attitude) en réponse aux pays qui ne se plient à ses demandes. C'est le cas d'Israël et de l'Arménie qui n'ont pas demandé pardon, le premier pour ses actes, le second pour ses propos.
Israël ne s'étant pas exécuté, les accords militaires ont été dénoncés et l'ambassadeur israélien renvoyé dans ses foyers dans une première étape. La deuxième étape va consister à faire escorter par des bâtiments turcs une nouvelle flottille vers Gaza, dans l'espoir de briser le blocus.
Si l'on tient compte que les Palestiniens se préparent à demander la reconnaissance internationale de leur indépendance, tous les regards se tournent vers les Etats-Unis. Jusqu'à il a y a deux ans, Ankara et Jérusalem étaient au coude à coude dans la géopolitique américaine. Il serait fort étonnant que Washington laisse son bras droit dans la région s'engager dans un bras de fer avec son bras gauche et en venir aux mains. L'un des deux demandera pouce et sera mis à l'index, ce qui serait un tournant majeur dans l'équilibre régional.
Pareil schéma ne peut pas s'appliquer à l'Arménie, vu que la Turquie joue depuis une vingtaine d'année le rôle d'Israël envers les Arméniens. Avant même d'être nommé, l'ambassadeur d'Arménie a été prié de ne jamais mettre les pieds à Ankara, et la Turquie applique depuis 1994 un blocus hermétique du territoire arménien. Quant à attaquer l'Arménie, Erdogan risque de trouver en face de lui l'armée russe et non les Arméniens. Ce n'est vraiment pas le moment.
Tout cela bien sûr n'empêche pas le grand Vizir de la Turquie ‘moderne' de faire la danse du ventre devant les Occidentaux pour s'attirer leur bonne grâce. Danse dans laquelle il excelle d'ailleurs.
* Brève à confirmer *
Vendredi, dans une annonce sans précédent, le ministre des Affaires étrangères de l'Uruguay, Luis Almagro, a déclaré que son gouvernement a entamé un processus pour faire une annonce officielle concernant le statut du Haut-Karabakh ; rapporte le quotidien Asbarez.
"Aujourd'hui, nous étudions la question [du Haut-Karabakh], afin de présenter la position officielle du gouvernement sur le sujet. Je suis personnellement convaincu que le Haut-Karabakh fait partie de l'Arménie historique et qu'il doit être indépendant, et peu de temps après être unifié avec l'Arménie. Ceci est la seule résolution de la question."
Almagro parlait dans le cadre d'une conférence à l'occasion du 20e anniversaire de l'Indépendance de l'Arménie, organisée à Montevideo par le Comité National Arménien d'Amérique du Sud et le groupe d'amitié parlementaire Uruguay-Arménie marquant les relations arméno-uruguayenne.
[Ndlt] : Une fois n'est pas coutume, l'Uruguay a été le premier pays au monde à reconnaître le génocide arménien en 1970.

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Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a décidé d'adopter une série de mesures sévères en réponse aux dernières déclarations anti-israéliennes de la Turquie.
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Selon Ynetnews, de Hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont été convoqués pour le samedi 10 Septembre pour discuter avec Lieberman de ce sujet. La réunion examinera la réponse à apporter par Israël aux récentes menaces du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, de dégrader les relations diplomatiques avec Jérusalem.
Après la réunion, les responsables pensent que la Turquie n'est pas intéressée en ce moment par les excuses d'Israël et préfère exploiter le différend avec Jérusalem pour promouvoir le statut d'Ankara dans le monde musulman. Lieberman a donc décidé qu'il était inutile de chercher des formules créatives pour s'excuser, et de concentrer les efforts d'Israël pour contrer la Turquie.
D'où la création d'une mission diplomatique et d'une "boîte à outils" sécurité à utiliser contre les Turcs. Dans un premier temps, on demandera à tous les anciens combattants de l'armée israélienne de s'abstenir de voyager en Turquie. La recommandation sera également diffusée aux touristes Israéliens voulant s'embarquer vers la Turquie.
Selon le rapport, un autre geste est envisagé : "faciliter la coopération avec les rivaux historiques de la Turquie : les Arméniens." Lors de la visite de Lieberman aux Etats-Unis ce mois-ci, le ministre devrait rencontrer les dirigeants du lobby arménien et leur proposer des actions antiturques au sein du Congrès. Ce qui pourrait se traduire par la promotion de la reconnaissance internationale du génocide arménien, une mesure qui porterait gravement atteinte à l'image de la Turquie. Israël peut également soutenir l'Arménie dans son conflit avec la Turquie pour le contrôle du mont Ararat," indique le rapport.
Si cela s'avère nécessaire, Lieberman envisage également de rencontrer les chefs des rebelles kurdes du PKK en Europe afin de "coopérer avec eux et les stimuler dans tous les domaines possibles." Lors de ces réunions, les Kurdes peuvent demander à Israël une aide militaire sous la forme de formation ou de fournitures d'armes, un geste qui constituerait une importante mesure antiturc si cela devait se confirmer.
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* Groupe de Minsk *
Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ont publié la déclaration suivante :
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"Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - les Ambassadeurs Bernard Fassier (France), Robert Bradtke ( (Etats-Unis), et Igor Popov (Fédération de Russie) - et l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk (Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice) se sont réunis le 7 septembre à Vienne pour discuter et coordonner leur programme d'activités, aux fins d'une présentation au Conseil ministériel de l'OSCE, à Vilnius en Décembre.
Les coprésidents ont également informé le Groupe de Minsk de l'OSCE sur la poursuite par les trois gouvernements coprésidents sur un engagement fort avec les parties, ainsi que sur les efforts concrets pour renforcer le cessez-le-feu et obtenir l'adoption des Principes de base comme cadre en vue d'un accord de paix global. Le 8 Septembre, les coprésidents ont rencontré le Secrétaire général de l'OSCE, Zannier Lamberto, pour détailler et/ou compléter les divers aspects du processus de paix."
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* APCE *

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"Les résultats de la dernière amnistie générale en Arménie, le nouvel élan pour enquêter sur les 10 décès durant les événements de Mars 2008, et le début d'un dialogue constructif entre l'opposition et la coalition gouvernementale, signifient que le chapitre sur les événements de Mars 2008 peut enfin être considéré comme clos," a déclaré le Comité de suivi de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
Dans un projet de résolution, à partir du rapport établi par Axel Fischer (Allemagne, PPE/DC) et John Prescott (Royaume-Uni, SOC), le Comité s'est félicité de la volonté politique manifestée par "les autorités et de toutes les forces politiques pour résoudre cette question conformément aux normes et aux recommandations du Conseil."
Selon le Comité, les événements de 2008 et leurs conséquences ont établi des priorités claires pour le développement démocratique du pays : "la conduite d'élections législatives véritablement démocratiques ; la création d'un environnement politique robuste démocratique et pluraliste qui a la pleine confiance de la population de l'Arménie ; la création d'un environnement ouvert et pluraliste des médias ; la réformes de la police ; et la réforme du système judiciaire en vue de garantir son indépendance à la fois en droit et en pratique."
Le texte adopté se félicite de la "coopération étroite et constructive" entre l'APCE et les autorités arméniennes, qu'il considère être "un exemple" pour le développement de la coopération dans le cadre de la procédure de suivi de l'APCE.
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* Wikileaks et le génocide arménien *

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Selon une dépêche datée du 12 Juillet 2004, récemment publiée par le site de Wikileaks, émanant du Consulat général américain d'Istanbul, le professeur Halil Berktay de l'Université Sabanci a indiqué au Consul David Arnett, que "les archives [ottomanes] ont été ‘purgées' de tous les documents compromettants sur la question arménienne et d'en citer deux importants" ; rapporte le quotidien Asbarez.
"Le premier se déroule en 1918, vraisemblablement avant que les forces alliées occupent Istanbul. Berktay et d'autres témoignages prouvent qu'en 1919 les Tribunaux militaires turcs indiquent que des documents importants avaient été ‘volés' des archives."
"Berktay pense qu'une deuxième purge a été réalisée en rapport avec les efforts d'Ozal de faire ouvrir les archives par un groupe de diplomates et de généraux à la retraite, dirigé par l'ancien ambassadeur Muharrem Birgi Nuri (Nuri Birgi a était ambassadeur à Londres et à l'OTAN, ainsi que secrétaire général du ministère des Affaires étrangères)," écrit Arnett dans la dépêche.
"Berktay indique qu'à l'époque où il étudiait les archives, Nuri Birgi se réunissait régulièrement avec un ami commun, et se référant aux Arméniens, il a tristement avoué : ‘Nous les avons vraiment massacrés'."
"Tony Greenwood, le Directeur de l'Institut américain de Recherche en Turquie, a déclaré que quand il travaillait aux archives pendant cette même période, il était bien connu qu'un groupe d'officiers à la retraite avait un accès privilégié aux documents et a passé des mois à trier des archives . Un autre chercheur turc qui a étudié les questions arméniennes, affirme que le processus ‘de purge' des archives est toujours en cours," a déclaré Arnett dans la dépêche.
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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian.net


vendredi 9 septembre 2011

Le Représentant de l'UE au Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Après avoir visité Tbilissi les 2 et 3 Septembre, Bakou les 4 et 5, Philippe Lefort est arrivé en Arménie le 7. Son discours n'a pas varié d'un pays à l'autre, notamment sur le conflit du Karabakh, mettant l'accent sur la nécessité d'arriver à un accord de paix par des moyens pacifiques sur les principes de bases, dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Rien de très original.

L'UE tient absolument à se positionner sur le Sud-Caucase, à cause notamment de la future mise en service du gazoduc Nabucco (sécurisation) mais également dans le cadre du Partenariat de l'Est. A l'inverse des coprésidents-médiateurs que sont les Etats-Unis et la Russie, l'UE par France interposée, n'a pas les moyens politiques, et encore moins militaires, de ses ambitions, pour la simple raison qu'elle est restée une Union économique, pas même financière. Un même sujet est traité différemment d'un pays membre à l'autre, l'attitude envers la Turquie en est un bel exemple.

Aussi, il ne faut pas attendre un quelconque changement de l'UE sur le plan politique ou en cas de crise grave sur un plan militaire. Par contre il ne fait aucun doute qu'elle est prête à aider économiquement, financièrement et institutionnellement les trois pays caucasiens, mais avec un bémol de taille, les trois républiques autoproclamées – Abkhazie, Ossétie du Sud et Haut-Karabakh – ne font pas et ne feront pas parties de ses largesses. Surtout ne pas froisser les partenaires.

* Brève Karabakh *

Le 8 Septembre, selon l'accord avec les autorités de la RHK, la Mission de l'OSCE a menée une observation sur la ‘ligne de contact' entre la RHK et les forces azerbaïdjanaises, dans la région de Mardakert, au nord de Taliche.

Le suivi s'est déroulé en conformité avec le calendrier convenu. Aucune violation du cessez-le-feu n'a été relevée au cours de l'observation.

Ndlt : A noter qu'aucun coup de feu ni aucune violation d'aucune sorte ne sont relevés durant la mission d'observation et ce depuis sa mise en place, et il est fort probable que cela continue de la sorte à chaque déplacement vu que les deux côtés sont prévenus du jour et de l'heure. A quoi servirait-il de se faire épingler en présence des observateurs, alors que les snippers ont tout le loisir de se ‘défouler' quand ils ne sont pas là ?

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* Brève azérie *

"Les dirigeants azerbaïdjanais estiment que le potentiel de négociations pour une résolution pacifique de conflit du Haut Karabakh n'a pas encore été épuisé. Le président Ilham Aliev a déclaré que si il sent que les négociations sont arrivées à leur terme ou que l'on négocie juste pour le plaisir de négocier, alors la partie azerbaïdjanaise quittera le processus et aura recours à d'autres moyens pour restaurer son intégrité territoriale", a déclaré le directeur du département politique et social du Cabinet présidentiel, Ali Hassanov.

Selon Hasanov, il existe une formule simple pour la résolution du conflit conforme avec les normes du droit international.

Jusqu'à recemment, la partie azerbaïdjanaise a indiqué à plusieurs reprises son intention de résoudre le conflit du Karabakh en usant de la force.

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"L'Union européenne et l'Arménie ont fait de grands progrès dans leurs négociations sur un accord d'association visant à approfondir leurs liens politiques, économiques," a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian au sortir d'une rencontre avec Philippe Lefort, le nouveau représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase.

L'accord d'association découle du programme ‘Partenariat oriental' de l'UE, qui découle lui-même de la Politique Européenne de Voisinage, et couvre les six mêmes ex-républiques soviétiques - l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.

Une déclaration commune émise par le commissaire de l'UE pour l'élargissement, Stefan Fuele, et Édouard Nalbandian en avril dernier indiquait de "bons progrès" dans les pourparlers. Elle réaffirmait également l'engagement du gouvernement arménien pour la mise en œuvre de vastes réformes, demandées par les 27.

Le ministre a exprimé l'espoir que l'UE donnera à Erevan un "mandat formel" pour entamer des pourparlers de facilitation des visas avec l'exécutif de la Commission européenne avant le sommet du Partenariat oriental de Varsovie, prévu pour la fin de ce mois. "Je suis confiant que nous allons très rapidement arriver à une entente", a-t-il précisé lors de la conférence de presse avec Lefort.
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"Le Caucase du Sud joue le rôle de pont et a un grand potentiel de développement culturel et économique, il est capital que la paix soit enfin établie dans la région. L'Union européenne, qui joue un rôle important dans le monde, est prête à aider à l'établissement de la paix dans la région," a déclaré Philippe Lefort.

Néanmoins, l'ambassadeur européen a noté que les négociations sur le règlement du conflit du Karabakh qui se déroulent dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, jouent ici le rôle principal, l'UE se contentant de fournir une assistance supplémentaire.

"L'UE possède l'expérience et des mécanismes correspondants susceptibles de contribuer à ces processus, et désire aider l'Arménie et l'Azerbaïdjan, car elle estime que les deux pays sont tous deux victimes du conflit. C'est avec une telle approche que je commence ma mission."

Philippe Lefort a souligné que le règlement du conflit est le plus court chemin vers l'Union européenne.

A la question concernant la demande de l'Azerbaïdjan de devenir membre non-permanent du Conseil de Sécurité [de l'ONU], le ministre arménien a répondu : "Je doute qu'un pays qui se vante d'avoir multiplié par 20 son budget militaire en six ans, puisse se joindre à une structure, dont le rôle primordial est le rétablissement et le maintien de la paix."

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Puis ce fut le tour du Secrétaire du Conseil de sécurité nationale d'Arménie, Arthur Bagdassarian, de recevoir l'ambassadeur Philippe Lefort. Le Chef de la Délégation de l'UE en l'Arménie, Raul Luzenberger, était présent à la réunion.
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Les interlocuteurs ont échangé leurs points de vue sur la situation, internationale et régionale, et plus particulièrement sur le conflit du Karabakh.

Arthur Bagdassarian a indiqué que "l'Arménie a été laissée de côté sur un certain nombre de programmes régionaux portant sur les domaines de l'énergie, des télécommunications et des transports, en raison de la politique menée par la Turquie et l'Azerbaïdjan. Cette réalité n'est pas compatible avec le processus d'intégration européenne, fondé sur la solidarité et la coopération."

Il a souligné de plus que : "l'Arménie a été maintes fois déclarée par différentes organisations internationales, avoir une position claire et immuable sur la résolution du problème reposant sur des pourparlers de paix et sur la base de concessions mutuelles. Cependant, notre voisin, est guidé par une politique reposant sur des déclarations belliqueuses, ce qui crée un sérieux obstacle pour le bon déroulement du processus de négociations."

M. Lefort a répondu que : "le règlement pacifique est la seule façon acceptable de résoudre le conflit, et que toute tentative de solution militaire est inacceptable."

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Le président Serge Sarkissian, qui a prévu d'assister au Sommet de Varsovie, a rencontré le Représentant de l'UE en fin d'après-midi.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



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