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samedi 9 juin 2012

Sud-Caucase : Mme Clinton a terminé sa visite




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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Ceux qui attendaient des nouveautés en seront pour leurs frais. Washington, bien avant l’arrivée de la Secrétaire d’Etat, avait annoncé déjà la couleur :
-      Aucun changement à attendre concernant la reconnaissance du génocide arménien par les Etats-Unis,
-      L’Arménie et la Turquie doivent finaliser l’Accord signé en 2009 sur la normalisation des relations en la faisant ratifier par leur parlement respectif,
-      L’Arménie et l’Azerbaïdjan doivent trouver rapidement un terrain d’entente concernant le Haut-Karabakh en se basant sur les propositions des trois coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, lesquelles découlent de l’Acte final d’Helsinki et des normes internationales. Le statu quo actuel doit déboucher sur un Accord-cadre.

Les événements de ces derniers jours aux frontières arméniennes et de l’Artsakh, n’ont rien changé au discours de Mme Clinton, si ce n’est qu’elle a rappelé l’un des principes de base, à savoir : le non-usage de la force.

Certes ce qu’elle a dit aux deux présidents, arménien et azerbaidjanais, n’a pas été divulgué, par contre ce qui est sûre, c’est la position d’Erevan et de Bakou sur le sujet. Les Arméniens refusent absolument le retour du Haut-Karabakh en région autonome aussi grande soit-elle, les Azéris refusent toute notion d’indépendance pour le Haut-Karabakh.

Le clan Aliev a voulu profiter de cette visite pour ‘faire pression’ sur les Etats-Unis par des échauffourées sur la ligne de contact, tant côté Arménie que côté Karabakh, pour montrer que cette situation de ni-guerre ni-paix ne peut perdurer ; et tant pis si les victimes côté azéri étaient plus nombreuses.

N’oublions pas que pour le clan Aliev aller guerroyer au Haut-Karabakh est un problème de politique interne, alors que s’en prendre à l’Arménie est effectivement une violation du cessez-le-feu. Alors pour ‘faire pression’ c’est le territoire arménien qui est visé.

Le rêve secret du mini potentat est de pousser l’Arménie à la faute, c'est-à-dire provoquer l’escalade de la violence puis stigmatiser les Arméniens devant la communauté internationale, ce qui permettrait de faire traiter le problème du Karabakh par d’autres instances que le Groupe de Minsk de l’OSCE, lequel est souvent accusé d’incompétence.

Si les Turcs, ottomans ou azéris, sont de bons diplomates, ce sont de piètres stratèges. Penser que, parce que les Occidentaux n’interviendront pas militairement dans la région, ils peuvent se permettre de violer le cessez-le-feu et se surarmer tout azimut, c’est vite oublier que la Russie n’est pas l’Occident.

Jouer avec le feu à proximité des conduits de gaz et de pétrole, est faire preuve d’une grande imprudence, ou pire d’une grande inconscience.





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Dans la nuit du 5 Juin, un commando azerbaïdjanais réussi à s’infiltrer dans l'une des positions de défense de l'Artsakh. L’attaque a été repoussée mais les deux côtés ont subi des pertes lors du bombardement. Le sergent Vartan Ohanian a été tué et les soldats Araïk Mavreyan, Volodia Tsatrian ont été blessés.

Le 6 Juin à 17:00 les forces armées azerbaïdjanaises ont fait une autre incursion près de Chambarak, dans la province de Gegharkunik.

La vigilance des militaires arméniens a permis de stopper l’attaque. L’ennemi s’est retiré laissant des pertes. Il y a pas eu de victimes côté arménien.

(…)

"La perte de chaque soldat est la perte de toute la nation. Chacun d'entre nous pleure la perte de concert avec les familles des tués, Je l'ai dit à maintes reprises que les provocations sur la ligne de contact sont extrêmement dangereuses. J'ai dit aussi que cela entrainera une réponse sévère. Les incidents récents sont en sont la preuve," a déclaré le président arménien Serge Sarkissian.

"Soit ces provocations sont ordonnées par les dirigeants azerbaïdjanais et dans ce cas ils sont personnellement responsables d’avoir enfreint les engagements internationaux de l'Azerbaïdjan, ou bien les forces armées de ce pays sont hors du contrôle des l’Etat-major, et dans ce cas nous avons à faire face à des militaires indépendants, et non à une armée régulière."

"Nous n'avons aucune raison de recourir à la force, car nous considérons que les négociations sont le seul moyen pour la résolution du conflit, et la solution doit s’appuyer sur le droit du peuple de l'Artsakh à l'autodétermination. Comme les coprésidents du Groupe de Minsk ont déclaré à plusieurs reprises, il est nécessaire de préparer les sociétés à la paix afin d'être en mesure d'avancer vers la résolution finale. L’Azerbaïdjan continue de faire l'inverse, il encourage la xénophobie et l’utilise comme outil pour détourner l'attention des citoyens des questions nationales."

"Il est particulièrement douloureux que ces actes de provocation aient lieu le jour même où des intellectuels arméniens et azerbaïdjanais se réunissent à Moscou et que la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis visite la région."

"Nous ne voulons pas aggraver la situation, mais nous n'allons pas laisser des citoyens arméniens se faire tuer, que ce soit en Arménie ou au Haut-Karabakh. Les forces armées ont été chargées de faire preuve de retenue et de vigilance, mais dans le même temps de prévenir et de punir toute provocation venant du côté adverse. Je suis convaincu que la communauté internationale et la population azerbaïdjanaise sont conscientes du fait que le sang des tués pèse sur leur conscience."

(...)

Les autorités azerbaïdjanaises s'efforcent de concocter des raisons lorsqu’ils ont des morts et des blessés lors d’opérations commandos. Ainsi, selon elles, les soldats azéris se suicident à plusieurs, sautent sur une mine, ou meurent dans un accident.

Ainsi le 6 Juin, les médias azéris ont rapporté qu'un soldat de 19 ans a "sauté sur une mine."

Il est même arrivé qu’une dalle en béton soit tombée sur un soldat azerbaïdjanais, le tuant net. Ce fut le cas dans la région d’Agstafa, et son collègue fut blessé par "l'effondrement d’une dalle en béton" - Emin Guliyev et Orkhan Huseynov sont morts, tandis que Elnur Kechalov est encore à l'hôpital.

* Hillary Clinton à Bakou *

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton s’est dite préoccupée par les tensions sur la ligne de contact entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

"Je le répète, il ne peut y avoir de solution militaire au conflit du Haut-Karabakh. Nous nous efforçons de parvenir à un accord pacifique. Il doit y avoir un Accord basé sur l’Acte final d’Helsinki. J'essaie de faire tout mon possible pour parvenir à une résolution."

"J'exhorte les présidents azerbaidjanais et arménien à travailler ensemble et à prendre les mesures nécessaires pour l'établissement de la paix."

"Il doit être mis fin à la violence. J'ai transmis la volonté des États-Unis au président azerbaïdjanais pour favoriser le règlement du conflit."

"Une nouvelle approche pour le règlement du conflit du Haut Karabakh sera présentée lors de la réunion ministérielle du 18 juin à Paris. Nous voulons arriver à la paix dans les plus courts délais. Il doit y avoir une solution au problème du Karabakh," a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre Mammadyarov a indiqué que la réunion avec Mme Clinton a été très productive, et que le règlement du conflit du Haut-Karabakh a été longuement discuté. "Plusieurs idées ont été exprimées sur les mesures à prendre pour réaliser des progrès vers un règlement du conflit."

* Brève Artsakh *

Le 6 Juin, Président de la République d'Artsakh, Bako Sahakian, a rencontré le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk.

La réunion a porté sur l'état actuel des négociations sur le Haut-Karabakh, les perspectives ainsi que la situation le long de la ligne de contact.

Le président Sahakian a insisté sur les récentes violations flagrantes du cessez-le-feu, les qualifiant de provocations visant à déstabiliser la région et à saper les efforts des pays médiateurs. Il a demandé à son interlocuteur de prendre des mesures ad hoc pour prévenir et/ou neutraliser un tel comportement.

* Brève Turquie *

"Nous suivons les développements avec une profonde préoccupation", a déclaré le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères turc, Ünal Selçuk, le mardi 6 Juin.

Parallèlement, le ministre de l'Intérieur turc Idris Naim Şahin rencontrait à Ankara son homologue azéri, Ramil Usubov.

Toujours le 6 Juin, le chef des Armées de terre turques, le général Hayri Kivrikoglu, rencontrait à Bakou ses homologues pour renforcer la coopération militaire avec l'Azerbaïdjan. Déjà en Février, le chef d'état-major, le général Özel Necdet, s’était rendu en Azerbaïdjan.

Du 19 au 22 Juin, c’est le contre-amiral Serdar Dulger qui se déplacera  à Bakou.

L’ensemble de ces visites déboucheront sur la signature de 14 accords.

* Communiqué du Quai d’Orsay *

"La France, coprésidente du Groupe de Minsk de l’OSCE, exprime sa profonde préoccupation suite aux incidents violents sur la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, qui ont fait 8 morts au cours des derniers jours.

Il ne peut y avoir de solution militaire au conflit du Haut-Karabakh

Les parties doivent être pleinement engagées à mettre en œuvre un règlement pacifique fondé sur le respect des principes de la Charte des Nations Unies et l’Acte final d'Helsinki, notamment sur le non-usage de la force, l'intégrité territoriale et le droit des peuples à l'autodétermination.

Une autre réunion entre les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan avec les coprésidents du Groupe de Minsk est prévue le 18 Juin à Paris afin de poursuivre les négociations. Nous nous préparons à cette réunion," déclare dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères.

* Déclaration de Moscou *

"La Russie est préoccupée par les tensions croissantes sur la ligne de contact entre l'Azerbaïdjan et les troupes arméniennes. La Russie considère comme inacceptable une nouvelle escalade et continuera d'aider les parties à parvenir à un règlement pacifique. En tant que coprésident du Groupe de Minsk de l’OSCE et médiateur dans le règlement du conflit du Karabakh, la Russie exhorte les parties à ne pas faire usage de la force," a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étragères russe, Alexander Loukachevitch.

Il a indiqué que la Russie espérait que la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et l'Azerbaïdjan à Paris permettra de soulager les tensions.

Il a rappelé que Moscou appelle toujours les parties à adhérer la déclaration de Sotchi, qui stipule la nécessité de poursuivre pacifiquement les pourparlers pour le règlement du conflit du Karabakh.

* Le coin des experts *

* David Jamalian et Artsrun Hovhannissian

"Pendant des années, l'Azerbaïdjan a présenté la non-reprise de la guerre comme une concession. L’Azerbaïdjan est bien conscient que la région ne tirera aucun bénéfice d'une guerre prochaine, c'est pourquoi ils essaient d'utiliser l'astuce du ‘chantage à la guerre’ pour vérifier la réaction de la secrétaire d'Etat américain," a déclaré le psychologue militaire, David Jamalian.

"Une chose est claire : le clan Aliev a besoin qu'une illusion de la guerre existe, car il y a des problèmes à la fois extérieurs et intérieurs. Aliev essaie de les résoudre de cette façon.  Toutefois cette tension n’ira pas jusqu’à reprendre la guerre, puisque l’Azerbaïdjan n'est pas prêt pour cela. Néanmoins, les azerbaïdjanais poursuivront leurs provocations sur la ligne de contact."

Plus difficile sera notre réponse, et plus l'Azerbaïdjan gardera le silence, mais l'expert reste confiant.

Selon l’expert militaire Artsrun Hovhannissian, condamner les déclarations des organisations internationales pourrait également servir à restreindre les mécanismes.

Ainsi, la visite de Clinton a masqué un événement important qui est passé inaperçu. "De Hauts responsables turcs étaient en visite en Azerbaïdjan. Les actions commandos étaient préparées par des militaires turcs ou des militaires azerbaïdjanais formés en Turquie," a-t-il souligné.

Les deux experts considèrent que l’Arménie devrait donner une réponse équivalente et très douloureuse à l’attention du public d'Azerbaïdjan pour qu’il exerce une pression sur le clan Aliev.

* Novruz Mammadov

Le chef du Cabinet présidentiel azerbaïdjanais, Novruz Mammadov, a commenté les échanges avec Mme Clinton sur le  conflit du Haut-Karabakh.

"Chacun des deux côtés a exprimé sa position sur ce problème. Le Président Aliev a déclaré qu'il attachait une grande importance à la coopération avec les États-Unis et qu’il appréciait le développement de ces relations dans toutes les directions. En outre, l'Azerbaïdjan s'attend à ce que les États-Unis jouent un rôle important dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh conformément aux justes normes juridiques internationales. Bien sûr, le président azerbaïdjanais a noté avec regret que bien que la démarche de Bakou, au sein du processus de négociation en cours ces années, a toujours été de résoudre le conflit pacifiquement et par des négociations, à chaque fois le côté Arménien a mis des bâtons dans les roues, en élaborant des plans rusés, et en prenant des mesures insidieuses."

"Le président des États-Unis, ainsi que les autres chefs d'Etats coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE [Russie et la France] qui ont fait des déclarations basées sur ces négociations, a pris une décision importante à L'Aquila, à savoir que le maintien du statu quo actuel est inacceptable."

"Toutefois, ces déclarations sont encore inefficaces et le président azerbaïdjanais le regrette. Mme Clinton a parlé des négociations de paix quand elle se trouvait en Arménie. Elle en a reparlé à Bakou, et très probablement qu’elle abordera cette question en Turquie. Je suis venu à la conclusion que les Etats-Unis veulent s’impliquer plus activement dans ce processus. Pour cette raison, en écoutant plus attentivement la position du président Aliev, elle [Mme Clinton] a déclaré la nécessité de rechercher de nouvelles approches pour résoudre le conflit. Il est difficile de dire ce que ces approches seront, mais si les mesures prises jusqu'à présent n'ont pas donné de résultat, cela signifie qu'il devrait y avoir des demandes et des approches nouvelles."

"Cette approche est le Statut le plus élevé qui peut être octroyé au Haut-Karabakh au sein de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, mais que le statu quo actuel doit être changé."

"Le coprésident américain du Groupe de Minsk, Robert Bradtke, assistait également aux réunions. Je pense que la Secrétaire d'Etat a discuté de cette position avec lui et que, sans doute, il fera une déclaration sur ce que seront les nouvelles approches,"

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Extrait de Radiolour et de PanArmenian


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