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samedi 18 août 2012

L’Arménie renforce ses dispositifs



Traductions et commentaires de Gérard Merdjanian

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Commentaires

Il y a ce que l’on dit, et  il y a ce que l’on fait. Dans le cas de l’Azerbaïdjan, il y a longtemps que cette maxime est mise en œuvre, il suffit pour s’en convaincre d’écouter les propos du sieur Aliev, ex et futur président à la fois, de lire les documents signés lors des rencontres trilatérales sous l’égide de Moscou ; puis l’écouter une fois rentré chez lui et voir le comportement de ses troupes sur la frontière avec l’Arménie et sur la ligne de contact avec la RHK. On se croirait devant un mauvais remake du Dr Jekyl et de M. Hyde.


Toujours est-il que le comportement incohérent d’Ilham Aliev penche de plus en plus du côté Hyde vu que son côté Jekyl a cessé de captiver son auditoire à commencer par les médiateurs internationaux et très probablement une bonne partie de sa population.

Les médiateurs, car ils ne savent plus quoi proposer vu qu’en face d’eux ils ont un entêté notoire qui ne désire qu’une chose : récupérer la totalité des territoires perdus sans compromis aucun, négociations ou pas.  Quant à la population azerbaidjanaise, elle commence à se lasser de ce potentat qui s’accapare la richesse du pays lui prodiguant quelques miettes de temps à autre. Vingt ans après les événements tragiques, les réfugiés vivent pour la plupart d’entre de façon précaire malgré l’aide internationale et surtout malgré les milliards de pétrodollars arrivant dans les caisses de l’Etat, c’est à dire du clan Aliev et de ses apparatchiks.

Si le risque de voir un jour la Turquie envahir l’Arménie est quasi nul, ce n’est hélas pas le cas de l’Azerbaïdjan. Avec un tel irresponsable qui se prend pour Dieu le fils - le père étant mort en 2003, qui ne cesse de se surarmer, les craintes d’une attaque d’envergure sur le Karabakh sont à prendre au sérieux, même si pour nombre d’observateurs le risque est faible ; car s’il est entêté il n’est pas idiot, il sait très bien qu’en attaquant l’Arménie, il aura en face de lui les troupes russes. Cela dit, attaquer le Karabakh ne signifie pas pour autant qu’on lui laissera les coudées franches.

Ceci expliquant cela, les manœuvres se multiplient côté arménien. Comme dit le proverbe : «Deux précautions valent mieux qu’une».


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Traductions

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"Il est grand temps pour la République du Haut-Karabakh de participer à part entière aux négociations sur le règlement du conflit. Peu à peu l'Arménie et les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE vont arriver à la conclusion qu'il est temps pour le Haut-Karabakh de s’asseoir à la table des négociations. Nous avons besoin de temps pour progresser sur le sujet et être en mesure de le justifier. La chose la plus importante est que nous avons gagné et cherchons à faire reconnaître la RHK," a déclaré le ministre arménien de la Défense, Seyran Ohanian. La rapide évolution de la situation dans la RHK a convaincu le ministre.


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L’Azerbaïdjan fourbie ses armes tout en jouant les innocents

Mardi, le ministre de la Défense azerbaïdjanais, Safar Abiev, a renouvelé ses menaces de mettre fin au conflit du Haut-Karabakh par la force, déclarant que la partie arménienne doit quitter les territoires occupés sans aucune autre option.




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De l’eau dans le gaz irano-turc

Les représentants du ministère des Affaires étrangères iranien ont critiqué les déclarations du Vice-Premier ministre turc, Bulent Arinc, qui avait tancé l'Iran à propos des attaques du PKK. Ainsi le site du ministère tuc avait accusé l'Iran d'aider le PKK et avait indiqué que :
"Ankara était prêt à entreprendre n'importe quelle action contre l'Iran."




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Il y a des habitudes séculaires tenaces

La Turquie qui se prétend «tolérante», continue au niveau de l'Etat de soutenir les insultes contre les Arméniens. Ainsi est mis en vente un livre écrit par le nationaliste turc Haluk Kirci intitulé «
L’époque des Arméniens - N’oublie pas», dans lequel l’auteur pousse à la xénophobie et au nationalisme, et qui va bien au-delà des limites du tolérable pour insulter toute une nation.


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Le coin des experts

* Lévon Chirinian

"La Turquie n'a jamais renoncé à son idée de neutraliser l'Arménie en tant que facteur politique. Elle joue sous le couvert d’un ‘islam soft’ et se positionne comme un Etat puissant. Certes, la Turquie est un pays puissant, mais pas autant qu'elle veut le paraître," a déclaré le politologue Lévon Chirinian.



* Ruben Safrastian

" Concernant la Syrie, une série d'événements ont lieu qui peut aggraver la situation dans ce pays. Il y a certes des victoires des deux côtés, mais les émeutes au cœur de Damas et d’Alep ont été maitrisées, bien que les combats continuent toujours. Parallèlement, la diplomatie iranienne est devenue très active. Téhéran soutient activement la Syrie et condamne les démarches turques," a déclaré le Directeur de l'Institut des Sciences Oriental, Ruben Safrastian, ajoutant que les forces gouvernementales [syriennes] ont beaucoup de difficulté à modifier l'équilibre des forces en leur faveur.
* Stanislav Tarasov
"L'Ukraine est au-dessus des soucis de l'Azerbaïdjan. Kiev joue le rôle moteur dans les relations azéro-ukrainiennes," a déclaré le politologue russe, Stanislav Tarasov.


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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de Armenpress, et de News.am




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