A la Une

mercredi 30 mai 2012

L’Arménie récompense Ragip Zarakolu


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Alors que le Calife azéri, reprend de plus belle ses récriminations contre l’Arménie et les Arméniens du monde entier allant jusqu’à même voir des espions déguisés chez les journalistes européens ayant couvert l’Eurovision de la chanson, son grand frère ottoman, de retour des Etats-Unis, joue les modérateurs.

Barack Obama et Hillary Clinton lui ayant fait la leçon, Abdullah Gül pense que la ratification des protocoles arméno-turcs est toujours possible, - sous-entendue : dès que l’Arménie aura rempli la condition préalable et ‘rendu’ tout le Karabakh à l’Azerbaïdjan. C’est ce que l’on appelle de la diplomatie. En terme plus populaire, on dirait plutôt : Les chiens (occidentaux) aboient, la caravane (Turquie) passe.

Pour Ankara, l’Affaire est entendue, du moins pour les deux ans à venir. Il y a plus urgent à régler dans la région et plus spécialement chez deux de ses voisins immédiats. Le problème arménien remontra en tête de liste en 2014, la veille du centenaire, quand les premières contre-offensives d’ampleur seront lancées pour contrecarrer le travail de vérité des Arméniens. Et au cas où les millions de la Turquie seraient insuffisants, le trublion de Bakou est tout prêt à mettre la main à la poche.

Il serait temps que les grandes puissances et la communauté internationale prennent conscience que : 1- la Turquie n’a absolument pas l’intention de réparer ses crimes (car seulement reconnaître, ne veut dire grand chose) ; 2- pas plus que le Haut-Karabakh ne retournera dans le giron azerbaidjanais. A partir de là, le dialogue de sourds est ouvert.

«Les blessures que l'homme se fait à lui-même guérissent difficilement.» (William Shakespeare)

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Ragip Zarakolu, l’éminent militant turc des droits de l'homme et éditeur, a reçu mardi un prix de l’Etat arménien pour ce que le président Serge Sarkissian a appelé une "contribution remarquable" à la reconnaissance internationale des massacres Arméniens de 1915 dans l'Empire ottoman comme un génocide.

lundi 28 mai 2012

Eurovision 2012 : Le revers de la médaille


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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le ‘grand démocrate’ qu’est Ilham Aliev n’a pas réussi son coup de bluff. Il pensait montrer à la communauté internationale que l’Azerbaïdjan est un grand pays moderne tourné vers l’avenir, et que ses valeurs sont celles des pays civilisés où les droits de l’homme et les libertés s’exercent comme en Occident. Comme ceux du Golf persique, sans doute ?

Les dépenses somptueuses pour accueillir les concurrents de l’Eurovision de la chanson n’ont pas masqué les dérapages criant d’Aliev et de son clan. Quand on est classé en 162ème position sur 179 pays, (Cf.article de RSF), par Reporters Sans Frontières, il est très difficile de faire oublier la corruption, les multiples violations des droits de l'homme, et autres interpellations arbitraires.

Tout décrié qu’il est par nombre d’ONG (RSF, FIDH, Human Rights Watch, etc …), cela ne changera en rien son comportement dictatorial, les milliards de pétrodollars lui ayant définitivement tourné la tête. Son énorme magot, bien que partagé dans la famille(1), ses proches et ses fidèles, ne l’empêche pas de laisser son peuple dans le besoin, et de reloger les réfugiés du Karabakh à dose homéopathique. De surcroit, il touche des subsides de la communauté internationale (UN-HCR) pour ce faire, alors que les réfugiés arméniens ayant fui l’Azerbaïdjan n’ont droit à rien. L’intérêt prime le droit et l’équité chez certains.

La nomination de son pays à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU n’a fait qu’aggraver sa soif de vengeance, et si les trois pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE – Etats-Unis, Russie et France - ne le freinaient pas, il y a fort à parier qu’il attaquerait le Haut-Karabakh sans hésiter, avec la bénédiction officieuse de la Turquie. Et dire que Washington croit encore à la ratification des protocoles par Ankara !

"Le drame des dictatures, c'est qu'elles donnent toute licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d'aller jusqu'au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté," disait Henri Amouroux.



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Le parti au pouvoir en Azerbaïdjan a accusé l'Arménie et le "lobby arménien" de la diaspora de la montée des tensions entre leur pays et l'Iran, ce qui a conduit Téhéran à rappeler son ambassadeur "pour consultations", mardi.

Cela fait suite à des mois de récriminations amères par les deux nations voisines d’une ingérence présumée dans les affaires de l’autre.

mardi 22 mai 2012

L’OTAN maintient son cap au Sud-Caucase


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Bien que les rapports entre l’Arménie et l’OTAN soient amicaux - grâce notamment à la présence de soldats arméniens sur les théâtres de l’Alliance (Bosnie, Irak, Afghanistan), ils n’en sont pas cordiaux pour autant. A cela plusieurs raisons.

Dans les années qui ont suivi l’éclatement du bloc soviétique, en 1999 trois pays de l’Europe de l’Est rejoignent l’OTAN – la Hongrie, la Pologne et la République tchèque – suivis en 2004 de sept autres : Estonie, Lettonie, Lituanie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie et Slovénie. Alors que trois pays de l’ex-URSS – Ukraine, Géorgie et Moldavie – demandent instamment à rejoindre l’Alliance, Moscou se rappelle aux bons souvenirs des Occidentaux en Aout 2008 avec la guerre d’Ossétie du Sud.

A la suite de quoi, nombre de pays de l’ex-Union soviétique doivent se contenter d’une adhésion au Partenariat de la Paix - qui compte aujourd’hui 22 pays.

Des trois pays du Sud-Caucase, seule l’Arménie maintient des liens forts avec la Russie, liens non seulement économiques mais aussi militaires suite au blocus exercé par la Turquie et l’Azerbaïdjan, mettant en jeu sa survie économique mais surtout sécuritaire. Ce qui explique pour partie son adhésion dès 1992 à l'Organisation du Traité de Sécurité Collective, qui faisait suite au Pacte de Varsovie devenu caduque, à laquelle d’ailleurs la Géorgie et l’Azerbaïdjan ont adhéré jusqu’en 1999.

L’OTAN ne compte pas modifier sa position sur l’Arménie, et notamment prendre en compte le principe du droit à l’autodétermination des peuples, pour deux autres raisons bien précises.
-      La première, c’est que la Turquie, membre depuis 1952, qui est et a toujours été un fidèle soutien de l’Alliance face au bloc soviétique et maintenant base incontournable dans les guerres au Moyen-Orient, voit d’un très mauvais œil toute déclaration susceptible de contrarier les visées de Bakou.
-      La seconde, toute déclaration et/ou action susceptible de contrecarrer l’influence de Moscou dans la région est la bienvenue. Aussi, insister sur l’intangibilité des frontières permet d’amadouer la Géorgie et l’Azerbaïdjan qui ont maille à partir avec les régions sécessionnistes, mais surtout de se ménager l’avenir en cas de forte dégradation des relations irano-occidentales, en utilisant ces pays comme base arrière. Sans compter que l’Alliance n’apprécie que faiblement les liens arméno-iraniens, même s’ils sont essentiellement économiques.

Quant au devenir du Haut-Karabakh, comme disait Antoine de Saint-Exupéry : "Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible."



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Le 19 mai, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, est arrivé à Chicago pour participer à la réunion des pays contribuant à la Force de Sécurité International d’Assistance (ISAF) en Afghanistan.

Le même jour, avec sa collègue Héranouche Agopian, ministre de la Diaspora, il a rencontré des représentants de la communauté arménienne de Chicago ; environ 400 personnes étaient présentes.

samedi 19 mai 2012

Haut-Karabakh : Les effets secondaires de l’Eurovision


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Une fois n’est pas coutume, toutes les occasions sont bonnes pour le calife de Bakou, surtout quand plus de 43 pays auront les yeux rivés sur l’Azerbaïdjan pour regarder le concours de l’Eurovision, de fustiger l’Arménie et les Arméniens. Six pays n’y participeront pas cette année dont l’Arménie pour des raisons politiques auxquelles s’ajoute une forte incertitude sur la sécurité physique de la délégation.

Laurent Leylekian (1) explicite le pourquoi du comportement d’Ilham Aliev sur les plans politique et médiatique, l’expert David Jamalian, les risques sur un plan militaire.




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La fête de l'Eurovision ternie par le régime azerbaïdjanais

Shooté aux pétrodollars, le régime autoritaire de Bakou compte sur l'Eurovision pour redorer son blason. La presse européenne a cependant dépeint l'état d'oppression de la société azérie. Mais pour détourner l'attention, l'Azerbaïdjan a un bouc-émissaire tout trouvé : les Arméniens.

mardi 15 mai 2012

Conflit du Haut-Karabakh : Les médiateurs ont rendu visité aux protagonistes



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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires



Fidèles à leur mandat, les médiateurs internationaux se sont de nouveau rendu dans la région mais sans passer par le Haut-Karabakh et traverser la ligne de contact, se contentant d’Erevan et de Bakou. Comme à l’accoutumé, ils ont réitéré leurs conseils et recommandations aux parties, recueilli leurs remarques voire leurs doléances, ce qui donnera probablement lieu à communiqué généraliste et d’une parfaite neutralité.



Et cela continuera de mois en mois, entrecoupé de réunions trilatérales entre les présidents, jusqu’à ce que les Etats-Unis ou la Russie décident de mettre le holà, pour des raisons géostratégiques ou tout bonnement économiques. Reste le scénario catastrophe, où l’Azerbaïdjan décidera de passer à la vitesse supérieure en déclenchant les hostilités ; cela reste toutefois peu probable car c’est non seulement à double-tranchant, mais surtout cela risque de gêner très fortement les grandes puissances qui ont d’autres visées dans la région. Quant à croire que le Conseil de sécurité de l’ONU, parce qu’on la préside, va sortir de nouvelles résolutions contre l’Arménie, c’est méconnaitre ses priorités.



Les négociations restent donc dans l’impasse car Bakou ne veut pas entendre parler d’une quelconque indépendance du Haut-Karabakh (Droit à l’autodétermination des peuples), au mieux une grande autonomie, et les Karabakhis ne veulent absolument pas retourner sous administration azérie (Intégrité des frontières) ou insécuriser la population en se retirant des zones tampon.



Dans cette situation c’est l’Arménie qui est avantagée, car au final, en voulant tout récupérer Ilham Aliev va perdre en plus du Haut-Karabakh les sept districts environnants.



"Le sage change d’avis et le sot s’entête." (Proverbe espagnol)







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Le président Serge Sarkissian a reçu samedi 12 les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Robert Bradtke (USA), Igor Popov (Russie) et Jacques Faure (France) – accompagné du Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk.

vendredi 11 mai 2012

L’Arménie réagit aux propos du président Ilham Aliev




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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Les propos tenus par le président Aliev à New-York lors de la réception officielle à l’ONU, n’en finissent de faire des vagues chez les dirigeants arméniens, les élections électorales de dimanche dernier ayant masqué pour quelques temps les réactions officielles.

Que le calife de Bakou, fort de ses pétrodollars, se permette d’invectiver l’Arménie et les Arméniens n’est pas nouveau et n’a rien de surprenant, et être à la tête, même pour un mois, de l’Assemblée la plus puissante du monde, capable de décider en toute légitimité de la vie ou de la mort d’un pays, risque de gonfler encore plus son ego. Une chance que la Turquie ne fasse pas partie des quinze [membres], nous aurions assisté à un festival anti-Arménie.

L’Azerbaïdjan cherche à tous prix à récupérer ses territoires perdus et à remettre la main sur le Haut-Karabakh, de préférence vidée de sa population, sinon il lui faudra plusieurs décennies pour arriver au même résultat qu’au Nakhitchevan. Car il est clair qu’Aliev n’a que faire du Haut-Karabakh, qui ne recèle ni richesses minières ni énergies fossiles ; la preuve en est l’état d’abandon dans lequel a été laissée cette région depuis les années 20, date de rattachement à la RSS d’Azerbaïdjan. Aussi ce combat est avant tout pour défendre la fierté du pays et ne pas perdre la face. Cela rappelle le grand frère turc qui poursuit toute personne qui «Humilie l’identité turque, la République, les institutions ou les organes d’Etat». (Article 301 du code pénal).

Faire croire à la communauté internationale le contraire est mensonger. Bakou joue au chat et à la souris avec les médiateurs, leur faisant croire à des intentions pacifistes. Son surarmement, ses propos bellicistes et racistes, ses violations constantes du cessez-le-feu, son refus de retirer ses snippers, ne signifient qu’une chose : reprendre ce qu’il considère comme sien, quel qu’en soit le prix à payer.

C’est dommage que les dirigeants azéris ne connaissent pas cette citation de l’historien Tite-Live : "Mieux vaut la paix certaine que la victoire espérée."



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* Communiqué du ministère des A.F arménien *

Le ministère des Affaires étrangères de l'Arménie a publié une déclaration concernant le discours du président azerbaïdjanais du 4 mai au Conseil de sécurité des Nations unies.

mercredi 9 mai 2012

L’Arménie a élu ses députés



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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Le même jour que la France élisait son président, l’Arménie élisait ses représentants au Parlement. Mais la comparaison s’arrête là, car si en France c’est le challenger qui était donné gagnant, en Arménie c’est la coalition gouvernementale qui avait le vent en poupe. La nouvelle Assemblée parlementaire issue des urnes (1) a plus que confirmé les prévisions, puisque l’équipe au pouvoir obtient la majorité absolue avec 105 sièges sur 131. Quatre partis d’opposition se partageant les 20% restant.

Il y a eu certes des irrégularités mais pas au point de remettre en cause les élections. Les observateurs, qu’ils soient de la CEI, de l’OSCE ou de l’UE, n’ont pas signalés de dérapages flagrants. La Commission Centrale législative a reçu des demandes de recomptage pour une cinquantaine de bureaux de votes sur les 1982. Ce qui évidemment ne change rien au résultat final.

Si les élections se rapprochent des normes démocratiques sur la forme, il n’en reste pas moins que sur le fond, l’écart entre la majorité et l’opposition se creuse. Même si l’opposition n’est pas muselée comme chez le voisin de l’Est, ses possibilités se trouvent sérieusement réduites.

(..)

Puisqu’on parle du voisin de l’Est, son siège de président du Conseil de sécurité, même s’il est tournant [pas le siège, la présidence], lui a donné une nouvelle énergie, laquelle n’a rien de fossile. Ne pouvant lui-même amener le sujet du Haut-Karabakh sur le tapis, Ilham Aliev a demandé à son représentant à l’ONU d’invectiver l’Arménie auprès du Secrétaire général ; à son grand frère Erdogan d’en parler avec ses interlocuteurs européens en même temps que le sabotage des relations turco-arméniennes ; à l’ensemble de ses médias, écrits et télévisés, de tirer à boulets rouges sur les dirigeants arméniens, les terroristes du Haut-Karabakh qui osent fêter la prise de Chouchi, et par extension sur tous ceux qui soutiennent la partie arménienne. Cerise sur le gâteau, faire avaler à la communauté internationale que les génocidaires sont les Arméniens, que ce soit en 1915 envers les Turcs ou en 1992 envers les Azerbaidjanais.  

Ilham a fait sien le proverbe, du moins pendant un mois : "Il faut battre le fer quand il est chaud."




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Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et pour la politique de sécurité, ainsi que vice-présidente de la Commission, et Štefan Füle, Commissaire pour l'élargissement et de la politique européenne de voisinage, sont cosignataires de la déclaration suivante sur les élections législatives en Arménie du 6 Mai :

mardi 8 mai 2012

L’Azerbaïdjan au Conseil de Sécurité de l’ONU


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Ce n’est pas parce que l’on assume la présidence du Conseil de Sécurité, que l’on peut choisir les sujets à débattre. Aussi, le Calife de Bakou a du se contenter de parler du sujet qui lui tient à cœur – le Karabakh - durant la réception officielle. Et même là, il a du se limiter à des considérations onusiennes, laissant de côté ses propos bellicistes habituels.

Qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas les occasions qui manquent. Or depuis l’an dernier, les dates marquant les 20ème anniversaires sont pléthores. Elles recouvrent non seulement l’indépendance mais également toutes les batailles que l’Azerbaïdjan a livrées contre l’armée arménienne, d’abord avec l’aide des Russes, puis seul.

Comme disait Adolf Hitler : "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois,  il devient une vérité."  Ou dit autrement : "Plus le mensonge est gros...plus le peuple le croira." Les dirigeants azéris ont fait leur cette citation.

C’est ainsi, alors que l’Artsakh célébrait la prise de Chouchidu 8 Mai 1992, la télévision d’Etat azerbaidjanaise– AzTv – a diffusé pendant une bonne heure un documentaire sur les Arméniens. A partir d’images d’archives récupérées auprès de la Turquie ou détournées de la TV arménienne, AzTV a donné une version très spéciale du génocide arménien où il s’avère que ce sont les terroristes Arméniens qui ont tué, massacré, violé et brulé vif la population turque. Même les soldats que l’on voit conduire les colonnes de refuges civils turcs sont en fait des Arméniens. Et de montrer les ruines encore debout dans les provinces anatoliennes comme séquelles des massacreurs et fascistes arméniens ! Je vous fais grâce des noms d’oiseaux utilisés pour les Arméniens. Bref comme message haineux et raciste c’est un très bon travail de montage.

En tout cas, c’est la manière choisie par les dirigeants azéris pour préparer leurs concitoyens à la paix. Si chaque bataille donne lieu à ce genre de spectacle, on imagine aisément la propagande qui reste à faire pour arriver jusqu’au cessez-le-feu de 1994.

Et les médiateurs du groupe de Minsk de l’OSCE vont aller discuter avec ces mêmes dirigeants des principes de bases et voir comment arriver à un accord de paix avec les Arméniens.

Il n’y a pas que les voies du Seigneur qui sont impénétrables …



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Six mois après être devenu membre non permanent, et pour une durée de deux ans, l'Azerbaïdjan vient de prendre la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU pour un mois,. Les dirigeants azerbaïdjanais avaient déclaré en Octobre dernière qu’ils utiliseraient ce siège prestigieux de l'ONU pour faire adopter une résolution sur le conflit du Karabakh conforme à leurs souhaits. Mais ils n’ont rédigé aucun document à cet effet jusqu'à présent.

samedi 5 mai 2012

Le conflit du Karabakh ou comment ‘ménager la chèvre et chou’



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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Depuis que le groupe de Minsk de l’OSCE a été créé en 1994, les trois pays coprésidents – Etats-Unis, Russie et France - se sont bien gardés d’intervenir directement dans le différend. Dans aucun de leurs communiqués ou déclarations - que ce soient ceux émanant des présidents des trois pays, de leurs ministres des Affaires étrangères, ou tout simplement de leurs trois représentants sur le terrain, les médiateurs, – ils n’ont jamais cherché à comprendre le pourquoi du différend, se contentant systématiquement de rappeler les normes internationales et les principes généraux d’Helsinki. Leur mandat consiste à être que des médiateurs, à ne pas juger les parties et surtout, à ne pas stigmatiser l’une ou l’autre des parties.

Pire, depuis l’arrivée au pouvoir d’Ilham Aliev et l’accession de son pays comme exportateur de pétrole et de gaz vers l’Occident, les médiateurs sont encore plus réservés dans leurs déclarations officielles les rendant encore plus inodores et incolores. Tout le monde est traité sur le même pied d’égalité, il n’y a ni bon ni méchant. Quant aux violations du cessez-le-feu, il faut croire que c’est une vue de l’esprit de la partie arménienne, puisqu’à chaque fois que des observateurs de l’OSCE sont dépêchés sur la ligne de contact aucun incident n’est relevé. Peut être ne faudrait-il pas annoncer officiellement qu’une tournée d’inspection va se dérouler.

Cela me rappelle, toute proportion gardée, quand j’effectuais mon service militaire et qu’on annonçait la visite d’un haut gradé, la caserne devait être nettoyée de fond en comble : cour, bâtiments, chambrées, sans oublier les WC. Aussi, tout était clean le jour J.

Cela ne choque non plus personne, qu’une fois sur deux les azerbaidjanais n’amènent pas les Observateurs sur la ligne de contact et se contentent de les promener sur les lignes arrières. Quant aux coprésidents, entendre Bakou refuser de retirer ses snippers, refuser d’augmenter le nombre et la fréquence des missions d’observations par le non vote du budget ad hoc, le voir se surarmer plus que nécessaire, tenir des discours bellicistes, ou refuser toute idée d’indépendance suite à une autodétermination de la population du Haut-Karabakh, ne semble pas les gêner outre mesure.

Si, le plus important pour les médiateurs est que l’Azerbaïdjan ne se lance pas dans une nouvelle guerre, rien n’empêchent les grandes puissances par la voix de leur président de mettre en garde les uns et les autres, et plus particulièrement les autres, des risques d’une nouvelle guerre, voire en utilisant des arguments autres que verbaux, sur l’octroi de subventions par exemple.

En attendant, Ilham Aliev, fort de ses pétrodollars, poursuit sa politique de harcèlement, et au cas où les coprésidents ne se montreraient pas gentils, voire mielleux, avec lui, il est même prêt à revoir sa politique vis-à-vis de l’Occident. Le fait d’avoir nommé l’Azerbaïdjan, pays hautement démocratique, au Conseil de Sécurité de l’ONU, et de lui en donner la présidence, est probablement monté à la tête de son président.



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* Brève OSCE *

Suite à la violation le 30 Avril du cessez-le-feu par des soldats azéris sur la frontière Arméno-Azerbaïdjanaise, un Représentant du Bureau du Président de l'OSCE en exercice, Christo Hristov, accompagné de  Irjie Aberle, s’est rendu sur place, près du village de Berkaber dans la région de Tavouch.

mardi 1 mai 2012

L’après 24 Avril


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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Les années passent mais les tabous restent. Certes l’on peut discuter en Turquie du génocide arménien, mais il faut suivre les règles imposées : - le mot génocide arménien doit est précédé de la locution ‘soi-disant’, ce que le président Gül a fait à Çanakkale ; - Massacrer des Arméniens en masse ne signifie pas perpétrer un génocide ; - Le nombre d’Arméniens massacrés doit correspondre à un nombre égal de Turcs tués, tout au plus quelques centaines de milliers, mais certainement pas 1,5 million ; - la qualification des événements ne peut se faire qu’après l’examen des archives par une Commission ad hoc d’historiens plurinationaux. Sinon gare à l’article 301 qui prévoit amende et emprisonnement au contrevenant. Le prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk, a été poursuivi pour avoir avancé le chiffre de 1 million de victimes.

Et même si tous ces conditions étaient remplies, comme l’a dit si bien dit le Premier ministre Erdogan, il ne sied pas à la fierté des Turcs d’être accusés de génocidaires ! D’ailleurs il suffit de lire l’histoire de l’empire ottoman pour se rendre compte que le peuple turc est un peuple pacifique, et que s’ils sont descendus des steppes d’Asie centrale il y a 1000 ans, c’était pout faire du tourisme.

Aussi, croire qu’un politicien turc soit prêt à embrasser les revendications arméniennes, est un leurre. Le cas du député Ismet Uçma, décrit ci-après, est symptomatique de l’état d’esprit de la classe politique turque. Même dit avec des propos modérés, le fond reste inchangé : La Turquie ne reconnaît pas le génocide et se repose sur les résultats d’une Commission d’historiens à créer. Il reprend le même argumentaire que les historiens officiels turcs, se payant le luxe de créer un néologisme plus que douteux. Monsieur Uçma confond culpabilité et responsabilité. Les Jeunes-Turcs étaient coupables et ils ont été condamnés par contumace pour crime contre l’humanité par un tribunal turc en 1919 ; l’Etat turc, quel que soit le régime, empire ou république, porte toujours la responsabilité des actes commis par ses prédécesseurs.

Les dirigeants turcs le savent très bien, et reconnaître le génocide implique pour eux octroyer des réparations : matérielles, financières voire territoriales.
C’est le moins qu’ils puissent faire pour avoir joui impunément des biens, des propriétés, des terres confisquées aux Arméniens de 1915 jusqu’en 1923, par Mustapha Kemal Atatürk(1).



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* Les Officiels turcs et le 24 Avril *

* Le problème arménien : le désespoir et l'espoir

Comme une personne qui vit en Turquie tantôt dedans tantôt dehors, parfois je deviens très optimiste, et parfois je me trouve dans un état d'esprit pessimiste. Et ces deux humeurs peuvent alterner d’un jour à l’autre.

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