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vendredi 12 février 2016

De l’eau (turque) dans le gaz (russe)


 
 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Et ce, au sens propre comme au sens figuré, suite à la destruction d’un chasseur bombardier russe à la frontière syrienne par la Turquie, qui a provoqué entres autres l’abandon du gazoduc russo-turc South-Stream.

Si les relations avec Moscou sont au plus mal, il n’en est pas de même pour celles avec l’Occident - pour la coalition anti-Daech, pour celles avec les Etats-Unis - pour des raisons géostratégiques et OTAN-esques, pour celles avec l’Union européenne -  pour des raisons migratoires voire d’adhésion, ou enfin pour celles avec les pays du Golf - pour des raisons religieuses et son corollaire anti-iranien. Et si l’on ajoute à tout cela, le feu vert donné à Ankara par tous ces pays pour traquer les terroristes, ce qu’Erdoğan a traduit par attaquer les Kurdes du PKK, le tableau est quasiment complet.

Par contre, dès que l’on franchit la frontière syrienne, on rentre dans un imbroglio sans nom, vu que pour la Turquie les amis (les Kurdes) de mes amis (la Coalition) ne sont pas forcément mes amis, pas plus que les ennemis (Daech) de mes ennemis (les Kurdes) ne sont mes ennemis. En fait Ankara n’a pas spécialement d’amis, il a avant tout des alliés de circonstance, l’Azerbaïdjan étant l’exception qui confirme la règle ; «Deux Etats, une nation» comme l’ont déclaré à maintes reprises tous les dirigeants turcs et azerbaidjanais.

Le seul attrait de la Turquie aux yeux de l’Occident : sa position géostratégique, son gros handicap héréditaire depuis la nuit des temps : son mépris des minorités, et en plus maintenant celui des droits de l’homme et des libertés. Mais fort heureusement (pour elle) par les temps qui courent, les Occidentaux non seulement ferment les yeux sur ses manquements chroniques mais lui octroie des milliards pour faire face au flot migratoire. Mais hélas quand on voit l’usage qu’en est fait, on est en droit de se demander si l’Union européenne est frappée de cécité. Le métier en vogue ces temps-ci en Turquie est celui de garde-côte : les bakchichs des passeurs décuplent amplement leur maigre salaire ?

Les salamalecs d’Angela Merkel envers les dirigeants turcs, sixième rencontre depuis Octobre dernier, ne semblent pas porter leurs fruits, au contraire. Tout comme l’ouverture d’un quinzième chapitre des négociations d’adhésion - sur les trente-cinq prévus seul un seul a été fermé, n’a rien changé au «retard à l’allumage» des islamistes de l’AKP.

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Habituellement le génocide des Arméniens est instrumentalisé lorsqu’on veut faire pression sur la Turquie, soit par sa reconnaissance, soit par sa pénalisation. C’est le cas à Washington, dans de grandes capitales européennes, à Moscou et même à Tel-Aviv, qui utilisent les relations Arménie-Turquie dès que leurs propres relations avec Ankara se détériorent.

Avec l’intervention des députés russes,  Valery Rashkin et Sergei Obukhov (Cf. § Relations russo-turques), la donne a sensiblement changé puisque la menace porte sur le traité de Moscou de 1921 et les territoires cédés à l’empire ottoman. Il est très peu probable que leur requête soit votée par la Douma et encore moins vraisemblable que le camarade Poutine dénonce le traité en question.

Toutefois, cela reste révélateur qu’il existe bel et bien un vieux contentieux territorial entre la Russie et la Turquie. Une pierre de plus dans le jardin d’Erdoğan si l’on tient compte des contentieux déjà existants avec ses voisins. «Zéro problème avec les voisins» disait le dénommé Ahmed Davutoğlu.
 

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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am
 
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Arménie

«L'approche de l'Azerbaïdjan concernant le règlement du conflit du Karabakh contredit non seulement celle de l'Arménie, mais aussi celle les coprésidents du Groupe de Minsk", a déclaré le ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian devant un parterre d’ambassadeurs de l’UE.

"L’Arménie, en coopération avec le Groupe de Minsk de l'OSCE, a maintenu les efforts visant à la résolution pacifique du conflit du Karabakh. Alors que l'Azerbaïdjan n’a pas cessé de violer le régime du cessez-le-feu et d’utiliser des armes lourdes.

Les deux rapports anti-arméniens examinés par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe il y a quelques jours viennent
 
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Artsakh

Le 3 Février, le ministre des Affaires étrangères de la République du Haut-Karabakh, Karen Mirzoyan, a reçu le Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk.

Au cours de la réunion, les parties ont échangé leurs vues sur un éventail de questions d'intérêt commun, en particulier, sur la situation sur la ligne de contact entre les forces armées du Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan, ainsi que

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OSCE

L
e Président en exercice de l'OSCE, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, a appelé à la création d'un mécanisme d’enquête sur les violations du cessez-le-feu dans la zone de conflit du Karabakh.

"En ce qui concerne le conflit du Haut-Karabakh, les affrontements armés le long de la ligne de contact et de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan nous inquiètent.

L'Allemagne fait campagne pour une intensification des négociations sous les auspices du Groupe de Minsk de l'OSCE. Une étape importante à cette fin serait


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Russie

Le Vice-ministre des Affaires étrangères russe Grigory Karasin a rencontré le représentant de l'Union européenne pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie, Herbert Salber.

Les parties ont examiné la situation dans le cadre de la complexité de la situation internationale, de la lutte contre le terrorisme, des menaces à la sécurité et la stabilité dans la région. Une attention particulière a été accordée à la situation aux frontières de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.

Les interlocuteurs ont échangé des vues sur le règlement du conflit du Haut-Karabakh.

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Relations Turquie-Russie

Le porte-parole présidentiel turc, İbrahim Kalın, a annoncé que le président Recep Tayyip Erdoğan essayait en vain  d'appeler le président russe Vladimir Poutine.

"Le 29 Janvier, la Russie a une fois de plus violé l'espace aérien turc. Suite à quoi, le président Erdogan a tenté de communiquer avec Vladimir Poutine, mais la partie russe n’a pas répondu," a indiqué İbrahim Kalın.

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Union économique eurasienne

Un membre éminent du conseil d'administration de la Commission économique eurasienne (CEE), a exclu tout plan pour l'adoption d'une monnaie commune, en invoquant des raisons économiques comme un obstacle sérieux.

Tatyana Valovaya - la ministre en charge du développement de l'intégration et de la macroéconomie de la CEE, a déclaré qu'un tel passage, si elle est approuvée, aurait des conséquences économiques négatives au stade actuel.

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Turquie

La Commission planification-budget du Parlement turc a abordé la question de l'augmentation du nombre de centres commerciaux.

Devant la Commission, l’élu arménien du HDP, Garo Paylan, a abordé la question de la frontière fermée entre l'Arménie et la Turquie, notant qu’avec son ouverture l’Arménie serait un excellent partenaire commercial de la Turquie.

"La frontière avec l'Arménie est fermée depuis 23ans maintenant. Si la frontière était ouverte, l’Arménie serait en troisième/quatrième rang pour ses échanges avec la Turquie. La population franchirait la frontière et les relations se développeraient.

Cela aiderait aussi à résoudre la question du Karabakh. Le développement des relations bénéficierait aux deux parties,» a-t-il précisé.
 

[Ndlt : Cela change de son collègue Markar Essayan, membre du parti islamiste AKP, qui lors de la session d’hiver de l’APCE a voté avec la délégation turque le retrait des forces arméniennes de l’Artsakh et la restitution de tous les territoires à l’Azerbaïdjan.]

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Le coin des analystes et des observateurs



SosoTsintsadze : Sécurité du Sud-Caucase

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian et de News.am

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