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mardi 23 février 2016

Turquie : Les ennuis n’arrivent jamais seuls




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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«Zéro problème avec les voisins» disait Ahmet Davutoğlu en 2009 à l’époque où il prônait le néo-ottomanisme et signait les protocoles arméno-turcs en tant que ministre des Affaires étrangères. En plus de la grosse boulette d’abattre un chasseur bombardier russe sur la frontière syrienne, probablement avec le feu vert de Washington, voilà que les dirigeants turcs veulent imposer leur point de vue à leur allié outre-Atlantique, à savoir : «Tous les Kurdes sont des terroristes en puissance». Problème : Washington, très complaisant à l’égard des dictateurs, des potentats et autres oligarques, du moment que cela sert leurs intérêts, a une fâcheuse tendance à soutenir toute organisation qui se bat contre l’ennemi commun du moment - l’Etat islamique ; et accessoirement si cela peut gêner la Russie, encore mieux.

Ce n’est pourtant pas la faute d’Erdoğan qui a tout fait pour accuser les Kurdes, urbi et orbi, au vu des attentats commis sur son sol(1), dont certains laissent fortement à douter quant à leur auteur. La manipulation n’est pas l’apanage des Occidentaux, et les Services spéciaux turcs (MIT) sont loin d’être des débutants.

mercredi 17 février 2016

Arménie : Le voisinage en 2016


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Les années passent et les contacts avec les voisins fluctuent au gré de la géopolitique. Certains s’améliorent comme par exemple avec la Géorgie ou avec l’Iran, d’autres n’évoluent pour ainsi dire pas comme avec la Russie, et une troisième catégorie continue de se dégrader, lentement comme avec la Turquie et plus fortement comme avec l’Azerbaïdjan.

Avec la levée des sanctions contre Téhéran, les liens commerciaux qui étaient déjà au beau fixe, ne peuvent que perdurer et très probablement progresser d’autant que les liens avec Moscou, allié de l’Arménie, sont au mieux. L’embellie Iran-Occident ajoute un réel plus avec la levée de l’embargo.

vendredi 12 février 2016

De l’eau (turque) dans le gaz (russe)


 
 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Et ce, au sens propre comme au sens figuré, suite à la destruction d’un chasseur bombardier russe à la frontière syrienne par la Turquie, qui a provoqué entres autres l’abandon du gazoduc russo-turc South-Stream.

Si les relations avec Moscou sont au plus mal, il n’en est pas de même pour celles avec l’Occident - pour la coalition anti-Daech, pour celles avec les Etats-Unis - pour des raisons géostratégiques et OTAN-esques, pour celles avec l’Union européenne -  pour des raisons migratoires voire d’adhésion, ou enfin pour celles avec les pays du Golf - pour des raisons religieuses et son corollaire anti-iranien. Et si l’on ajoute à tout cela, le feu vert donné à Ankara par tous ces pays pour traquer les terroristes, ce qu’Erdoğan a traduit par attaquer les Kurdes du PKK, le tableau est quasiment complet.

Par contre, dès que l’on franchit la frontière syrienne, on rentre dans un imbroglio sans nom, vu que pour la Turquie les amis (les Kurdes) de mes amis (la Coalition) ne sont pas forcément mes amis, pas plus que les ennemis (Daech) de mes ennemis (les Kurdes) ne sont mes ennemis. En fait Ankara n’a pas spécialement d’amis, il a avant tout des alliés de circonstance, l’Azerbaïdjan étant l’exception qui confirme la règle ; «Deux Etats, une nation» comme l’ont déclaré à maintes reprises tous les dirigeants turcs et azerbaidjanais.

jeudi 4 février 2016

La satisfaction des uns fait la fureur des autres



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Le ratage à quatre voix près du projet de résolution sur le Karabakh passe très mal à Bakou, tout le monde s’enflamme à l’instar de leur dictateur.

L’ennui, c’est qu’Aliev oublie volontairement la chose suivante ; Lorsqu’on entame des négociations il faut avoir deux points primordiaux en tête :
1-   Il faut être en position de force ;
2-   Il est nécessaire de faire des compromis.

Or le dictateur fait fi de ces deux points dans le processus de négociation pacifique du Karabakh.

La guerre du Karabakh, quoi qu’en pense le camarade Ilham, a été perdue par l’Azerbaïdjan. C’est bien l’armée arménienne qui a libéré le Haut-Karabakh et consolidé sa position en créant un zone tampon avec les sept districts l’entourant. Et si l’armée arménienne n’a pas poussé plus loin dans les terres azéries c’est parce que Moscou a mis le holà à son avancée et exigé qu’un cessez-le-feu soit signé.

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