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vendredi 9 juin 2017

Tournée des coprésidents du groupe de Minsk



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE se rendent en Arménie et au Karabakh, puis en Azerbaïdjan la semaine prochaine. Est-ce que pour autant Bakou entendra raison et modifiera un temps soit peu sa position ?

Sans être un devin extralucide, c’est très peu probable. Plusieurs raisons à cela.

Un changement de stratégie ne fait pas du jour au lendemain, sauf si bien sûr un événement majeur s’était produit. Ce n’est pas le cas, même si le tir d’un missile téléguidé a détruit partiellement une position anti-aérienne en Artsakh. Les discours des dirigeants azéris n’ont changé depuis mois, pour ne pas dire depuis des années. Leur comportement, idem. Le potentat se permet même de narguer les médiateurs en s’engageant sur des décisions qu’il ne compte absolument pas mettre en œuvre. Et quand il se trouve en position de faiblesse, il réussit le tour de force de faire fermer le dernier Bureau de l’OSCE dans la région.

D’ailleurs, pourquoi hésiter ? Il a en face de lui des diplomates qui se contentent de prendre en note ses propos, et lui proposent les sempiternelles principes des base, lui ressassant que seules les négociations pacifiques ont un avenir. Hélas, les trois coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE savent pertinemment qu’ils ont en face d’eux quelqu’un qui ne s’appuie pas sur les mêmes règles de jeu démocratiques. Et quand de surcroît, l’un des pays médiateurs fournit en armes les antagonistes, il ne faut s’étonner de voir sur le terrain  des dérapages qui deviennent de plus en plus graves.

Dans ces conditions, on comprend le comportement de l’Arménie. A quoi servirait-il de restituer des districts de la zone tampon, si le Haut-Karabakh devait retourner sous administration azerbaidjanaise ? Aucun Arménien ne peut être dupe quand on voit la manière avec laquelle le clan Aliev tient parole et honore ses engagements. Un tel retour signifie purement et simplement la fin de la présence arménienne en Artsakh, comme cela a été le cas pour le Nakhitchevan quelques décennies plus tôt.

La résolution du conflit ne pouvant se régler par la force, il est nécessaire qu’elle se fasse par la négociation. Comme les rencontres entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sont devenus un dialogue de sourds, c’est aux pays coprésidents – France, Russie et Etats-Unis, de faire en sorte que le contrevenant prenne conscience des conséquences de ses dérapages.

Mais lorsqu’on voit l’hypocrisie diplomatique, qui masque à peine les intérêts économiques, des pays coprésidents avec l’état soi-disant démocratique, ce n’est pas encore cette année que l’on verra un début de résolution. Et les morts continueront à s’accumuler.



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Traductions – revue de presse

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, du Minist AE Arménie, et de l’OSCE

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Union européenne

La porte-parole des Affaires étrangères et de la politique de sécurité de l'UE, Maja Kocijančič, a publié la déclaration suivante sur l'enlèvement et la détention illégale de ressortissants azerbaïdjanais résidant en Géorgie:

«Le prétendu enlèvement et la détention arbitraire illégale de ressortissants azerbaïdjanais, y compris des défenseurs des droits de l'homme, résidant en Géorgie, suivis de leur arrestation et de leurs poursuites en Azerbaïdjan, exigent une enquête rapide, approfondie et transparente.


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Arménie

«Le manque de réaction de la communauté internationale suite à l'arrestation du blogueur Alexander Lapshin et à son extradition subséquente en Azerbaïdjan a inspiré Bakou,» a déclaré le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigran Balayan, suite au communiqué de Maja Kocijančič (Cf § UE).


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Artsakh

«L’Artsakh exposera toutes les violations du cessez-le-feu par l'Azerbaïdjan lorsque les coprésidents du Groupe de l'OSCE de Minsk visiteront la région vers le 10 juin.

L'Azerbaïdjan fait son maximum pour maintenir le plus longtemps possible la tension sur la ligne de contact et faire des ravages sur le côté arménien. En retour, nous ferons tout notre possible pour répondre de manière adéquate.


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OSCE

«Les exercices de suivi du Bureau du Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk, sont soigneusement préparés et approuvés avec les parties,»  a déclaré la porte-parole de la Présidence de l'OSCE, Helene Spitzer. Et de poursuivre :

"Ils sont menés avec l'aide d'escortes militaires pour assurer la sécurité de tous les participants. Dans la phase préparatoire, le Représentant personnel définit clairement la zone dans laquelle il souhaite que l'exercice de suivi se déroule. Il choisit les emplacements qui offrent l'occasion d'évaluer la situation.


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Relations Allemagne-Turquie

«L'Allemagne va retirer ses forces de la base aérienne d'Incirlik au Sud de la Turquie en raison des restrictions imposées aux députés allemands voulant visiter les troupes», a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

Cette déclaration est venue suite à la réunion lundi avec son homologue turc, Mevlut Cavusoglu. La discussion portait sur le refus de la visite d’élus allemands à Incirlik et sur les tensions diplomatiques entre les deux alliés de l'OTAN.


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ICG

Le groupe de réflexion, Groupe Crises Internationales (ICG), qui s'efforce de prévenir les conflits, et qui a fondé son rapport sur les résultats des analystes, en parlant aux résidents et aux relevés des observateurs sur le terrain, a publié un rapport intitulé «Les nuages ​​de guerre du Haut-Karabakh». On y lit notamment :

«Les anciennes républiques soviétiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan se sont rapprochées de la guerre concernant la région du Haut-Karabakh depuis le cessez-le-feu négocié il y a plus de 20 ans.


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Etats-Unis

La Chambre des Représentants des États-Unis a condamné à l'unanimité (397-0) la Turquie, critiquant les brutalités du 16 mai commises par les gardes du corps d’Erdoğan sur des manifestants pacifiques à Washington DC.

«La résolution H.Res.354 représente une position puissante contre les tentatives d'Ankara d'exporter sa violence et son intolérance vers les rivages de l'Amérique.


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Russie

«Le conflit arménien-azerbaïdjanais du Haut-Karabakh ne peut être résolu que par voie de négociations. Il n'y a pas d'autre moyen que les négociations», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov.

Lavrov a souligné que malgré une série de principes déjà élaborés au cours des pourparlers, il faut s'entendre sur un certain nombre de points très complexes couvrant des problèmes très sensibles.

"Mais nous n'arrêtons pas de faire de notre mieux. Comme vous le savez, la Russie avec les États-Unis et la France, est coprésidente du Groupe Minsk de l'OSCE, dans le cadre duquel nous rencontrons régulièrement les parties en conflit", a-t-il précisé.

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Turquie

«Le groupe de Minsk de l'OSCE n'a pas pu résoudre le conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabakh. Leur activité sur la résolution du conflit est inefficace.

Les pays coprésidents du groupe OSCE Minsk sont membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Aussi, quand un de ces pays présente une solution pour le règlement du conflit, l'autre met son veto. C'est le principal obstacle à la résolution des conflits", a déclaré le président Recep Tayyip Erdoğan.

(…)

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hüseyin Müftüoğlu, a critiqué l’adoption de la Résolution H.Res.354 par la Chambre des Représentants des États-Unis.

"Les mesures prises par les pouvoirs législatifs des États-Unis pour fausser et politiser la question ne sont pas constructives. la résolution était contre l'esprit d'alliance et de partenariat entre la Turquie et les États-Unis.»



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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, du Minist AE Arménie, et de l’OSCE




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