mercredi 7 avril 2021

Ilham Heydar oglu, Recep Tayyip, Shavkat et les autres


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

 

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Deux réunions multiétatiques : Le Conseil de l’Europe et Conseil de coopération des États turcophones. Deux traitements bien différents du conflit du Haut-Karabakh.

 


Comme de bien entendu, le Conseil européen s’est bien gardé de sévir contre la Turquie, tout au plus a-t-il rappelé les points à améliorer. Les dirigeants de l'UE ont insisté sur l'intérêt stratégique d'un environnement stable et sûr en Méditerranée orientale et sur l'instauration de relations avec la Turquie fondées sur une coopération mutuellement avantageuse. Ils se sont félicités de la reprise des pourparlers bilatéraux entre la Grèce et la Turquie ainsi que de la reprise des pourparlers concernant Chypre - l’armée turque occupe depuis 1974 37% de l’ile -, pilotés par les Nations unies(1). Les dirigeants ont appelé la Turquie à s'abstenir de nouvelles provocations ou actions contraires au droit international.

 

La récente rencontre entre l’exécutif européen - Ursula von der Leyen et Charles Michel, et Recep Tayyip Erdoğan n’a rien apporté de nouveau ; si ce n’est, réaffirmer ce qui a été dit plus haut et faire part des "inquiétudes" de l'UE concernant les droits humains en Turquie. Tout au plus, l’UE s’est dite prête à engager la modernisation de l’Union douanière, à reprendre le dialogue à haut niveau suspendu en 2019 sur certains sujets comme la sécurité, l’environnement ou la santé, et à accorder certaines facilités de visas pour les ressortissants turcs. Par contre, rien concernant les négociations d’adhésion UE-Turquie.

 

Quant à savoir si la dernière intervention militaire turque aux côtés de l’Azerbaïdjan - avec l’envoi de djihadistes et l’emploi d’armes interdit, dans la guerre de 44 jours contre l’Arménie -, le sujet n’a même pas été évoqué. Tout au plus, le point 17(2) du communiqué final effleure-t-il cette guerre meurtrière, la noyant dans les divers théâtres d’opération militaire du ‘fidele’ membre de l’OTAN.

 

C’est sûr qu’avec de telles remarques, Recep Tayyip Erdoğan va trembler de tout son être et changer sa politique expansionniste. L’Union européenne n’a toujours pas compris, plus exactement ne veut pas comprendre que le sultan ottoman n’a strictement rien à … faire des tergiversations, des palabres ou des piaillements de l’UE. Si Erdoğan s’est retiré, provisoirement sans doute, de la Méditerranée orientale, c’est grâce aux navires de guerre français, et non aux communiqués génériques du club des 27; tout comme son avancée en Syrie a été stoppée par l’armée russe et non aux remontrances de Bruxelles. Pire encore, l’UE ne cesse de payer le maître de la Sublime Porte pour qu’il n’ouvre pas les vannes de l’immigration. Plus hypocrite, tu meurs !

 

Si l’on veut être honnête, l’Union européenne est avant tout une union économique et commerciale, en fait le digne successeur de la CEE de 1957. Elle n’a pas de politique fiscale commune, pas d’armée pour faire respecter ses décisions - c’est l’OTAN qui est sensée assurer sa défense, quant à sa politique extérieure, chaque membre fait ce qu’il veut avec qui il veut. Quand on sait de surcroit qu’il faut l’unanimité pour avancer d’un pas, rien d’étonnant qu’une prise de décision traine en longueur. Erdoğan peut dormir sur ses deux oreilles, ce n’est pas Emmanuel Macron qui ira faire la guerre, en plus tout seul !

 

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Les cinq Etats qui composent le Conseil de coopération des États turcophones ou Conseil turcique (Azerbaïdjan, Kazakhstan,  Kirghizistan, Ouzbékistan, Turquie et la Hongrie en observateur) n’ont eu aucuns états d’âme pour condamner ‘l’agresseur’ arménien. Le dictateur de Bakou a déversé sa haine des Arméniens, les traitants de tous les noms, récrivant l’histoire à sa vision, n’hésitant pas à leur imputer tous les déboires et les malheurs des Azéris, et ce, depuis la guerre arméno-Tatars. (CF : § CCET)

 

De la diatribe du potentat, il ressort toutefois quelques points qui demandent à être précisés.

-      Si Aliev considère que «le conflit du Haut-Karabakh a été résolu», cela signifie-t-il que l’Azerbaïdjan n’a plus aucune prétention sur ce qu’il reste du Haut-Karabakh gardé par les 2.000 soldats de la paix russes ?   Ou est-ce que la question sera de nouveau posée à la fin de la présence russe de 5-10 ans ?

-      Aliev compte s’approprier le couloir du Zankézour pour assurer une liaison permanente entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan. Quid du devenir de la frontière arméno-iranienne et de Méghri ?

-      Il se pose alors une question beaucoup plus grave. Est-il prévu à long terme un échange de territoire : le couloir de Méghri contre le rattachement définitif du reste du Haut-Karabakh à l’Arménie ? Les échanges Arménie-Iran se faisant par des vois de communications à travers le Nakhitchevan. Cela reste un scénario peu probable, Aliev a déclaré à plusieurs reprises que le Haut-Karabakh fait partie intégrante de l’Azerbaïdjan.

 

 

 

(1) : on remarque au passage que la résolution d’un conflit lorsqu’elle est confiée à une organisation internationale (ONU, OSCE, …), n’en finit pas de durer. Quand de surcroit la Turque/Azerbaïdjan ou Israël est l’une des parties concernées, le ‘temps’ n’est plus une grandeur quantifiable.

 

(2) : «Conformément à l'intérêt commun de l'UE et de la Turquie en faveur de la paix et de la stabilité dans leur environnement, nous attendons de la Turquie et de tous les acteurs qu'ils contribuent de manière positive à la résolution des crises régionales, telles que celles qui existent en Libye, en Syrie et dans le Caucase du Sud, et nous resterons vigilants à cet égard.»

 

 

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Traductions – revue de presse

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am et de Azertag


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Arménie

 


Le président arménien Armen Sarkissian a accordé une interview à la télévision russe RBK, portant sur plusieurs thèmes :

 

«Il s'agit davantage d'une évaluation, probablement de Moscou ou de la Russie. La majorité dominante des Arméniens, y compris des représentants de la diaspora vivant dans des pays éloignés, conviennent que la Russie est le partenaire clé de l'Arménie. Je pense qu'il y a 


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Europe

 

APCE


Concernant les mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre arméniens en Azerbaïdjan, une déclaration a été publiée par le président de la délégation de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe pour les relations avec le Caucase du Sud - l'eurodéputée Marina Kaljurand, le rapporteur permanent du Parlement européen sur l'Arménie - l'eurodéputé Andrey Kovatchev et le rapporteur permanent du Parlement européen sur l'Azerbaïdjan - l'eurodéputée Željana Zovko.

 

«Nous sommes gravement préoccupés par de nombreuses allégations d'abus de captifs arméniens par l'Azerbaïdjan, comme le montre en particulier un récent rapport de Human Rights Watch. Nous exhortons les autorités azerbaïdjanaises à 


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Russie

 


En marge de la séance du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEI à Moscou, le ministre arménien des Affaires étrangères Ara Aivazian s'est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

 

Au cours de la conversation privée, les ministres ont discuté d'un large éventail de questions liées au conflit du Haut-Karabakh, y compris la mise en œuvre des déclarations trilatérales des 9 novembre et 11 janvier et des développements actuels. Dans ce contexte, Ara Aivazian a souligné 

 

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Turquie

 


Lors du congrès du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie, le médecin arménien d'Istanbul Sevan Sivacioglu est devenu membre du comité exécutif du parti.

 

Selon Milliyet, le président Recep Tayyip Erdoğan a été réélu président de l'AKP, et le médecin arménien susmentionné a été inclus dans les membres du comité exécutif.

 

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La Turquie a critiqué dans la soirée les conclusions du sommet de l’UE, tout en promettant de répondre par «des pas positifs» aux éventuels gestes des Vingt-Sept.

 

«Même si la nécessité d’un agenda positif a été soulignée, il a été constaté que le rapport a été écrit d’un point de vue unilatéral et sous l’influence des allégations étroites d’esprit de quelques pays membres», a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu dans un communiqué.

 

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CCET

 


Extraits du Discours prononcé par le Président Ilham Aliev devant le Conseil de coopération des États turcophones (Conseil turcique) :

 

«()… À la fin du mois de septembre, nos positions et implantations militaires ont subi des tirs d'artillerie, et plusieurs de nos militaires et civils ont été tués. Naturellement, nous avons répondu de manière adéquate, mené une contre-offensive et puni l'ennemi. La guerre du Karabakh qui a duré 44 jours a abouti à une victoire complète de l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan a retrouvé son intégrité territoriale, plus de 300 villes et villages ont été libérés. Notre ville historique de Chusha (Chouchi

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am,  et de Azertag

 

 

 

 

mardi 23 mars 2021

Les dirigeants turcs et le naturel

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Qu’ils soient ottomans ou azéris, les dirigeants turcs ont en commun, entre autres choses, le naturel anti-Arménien, qui une fois chassé, revient au galop. Cette caractéristique n’est pas liée au fait que les Arméniens soient chrétiens, mais au fait que c’est un peuple autochtone qui était là bien avant leur arrivée comme en témoignent nombre de monuments.

 

Pour qu’un chef d’Etat déclare «Ceci est une terre azerbaidjanaise», il faut bien détruire et raser les édifices gênants, ou à défaut effacer les inscriptions ou les attribuer à d’autres peuples. Tout le monde se souvient encore de la totale destruction des milliers de Khatchkars (pierres-croix) de Djougha au Nakhitchevan, et la transformation du cimetière arménien du moyen-âge en terrain militaire. C’est ce qui fait la différence entre une nation civilisée et des barbares.

 

Et qu’a fait l’UNESCO, à l’époque comme d’ailleurs maintenant ? Rien ! Au motif que il l’autorisation du gouvernement azerbaidjanais pour se rendre sur le terrain (comme si Aliev allait dire : «oui, oui, venez voir ce que je viens de faire») et d’autre part, Mme la vice-présidente Alieva (femme du dictateur) verse des millions à l’UNESCO, c’est pas fait pour les chiens, non ?

mercredi 17 mars 2021

Les Azéris et les Arméniens

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Les Azéris représentent 92% de la population de l’Azerbaïdjan, le reste est composé de nombreuses minorités d’au plus 2%, dont les Arméniens. Bakou supporte ces minorités tant qu’elles lui sont acquises, pour ne pas dire soumises.

 

Les Arméniens, chrétiens, n’ont jamais été en odeur de sainteté auprès des Azéris et ce depuis la fin du XIXème siècle et plus encore depuis la soviétisation de la Transcaucasie, même si Staline leur a donné un cadeau, empoisonné, «l’Oblast autonome du Nagorny-Karabakh» peuplé à plus de 95% d’Arméniens en plus du Nakhitchevan, composé de 48% d’Arméniens.

 

Avec l’arrivée de Gorbatchev et la mise en œuvre d’un léger vent de liberté (Glasnost-Perestroïka), la région autonome du Haut-Karabakh a demandé en 1988 son rattachement à la RSS d’Arménie conformément à la constitution soviétique. Le refus net et catégorique de Bakou, s’est traduit par une série de pogroms dans les villes ayant une communauté arménienne, jusque dans la capitale Bakou. Ces massacres ont entrainé une guerre avec l’Arménie, qui s’est soldée par l’occupation d’environ 16% du territoire azerbaidjanais - le Haut-Karabakh (7,5%) entouré des sept districts (8,5%).

mardi 2 mars 2021

L’Arménie et les ‘ondes’ de la défaite

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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De même qu’un pavé jeté dans l’eau génère des ondes de plus en plus larges, celui qu’a jeté le premier ministre arménien Nigol Pachinian le 9 novembre 2020, n’en finit pas d’ébranler les structures de l’Etat arménien.

 

À la tête de l’unique parti gouvernemental dont l’objectif était d’assainir les cercles du pouvoir existant et les sinécures en place depuis des années, n’impliquait pas la résolution rapide du conflit du Haut-Karabakh, pas plus que la connaissance et le savoir faire dans le domaine de la politique étrangère. Les arcanes de la diplomatie ne s’acquièrent pas en un ou deux ans, et à vouloir brûler les étapes, on finit par se brûler les ailes.

 

À l’instar de l’orchestre du Titanic qui continuait à jouer alors que le navire sombrait, Nigol Pachinian défend son bilan et le bien fondé de ses actes ; Et comme Mirabeau il déclare à quiconque veut l’entendre : «Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la force des baïonnettes.» À part ses partisans, aucune institution ne le soutient, que ce soit le président de la République, les autorités religieuses, l’Armée et bien sûr tous les partis politiques, le sien mis à part.


lundi 22 février 2021

Haut-Karabakh : Le diable est dans les détails

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Depuis l’arrivée au pouvoir
du nouveau dirigeant en 2018, le gouvernement arménien a mis l’accent essentiellement sur la politique intérieure, mettant toute son énergie à la lutte anti-corruption et au dégagisme.

 

Le résultat de ce peu d’intérêt pour la politique étrangère, et plus particulièrement envers la Russie et son corolaire - les relations avec l’Azerbaïdjan, a entrainé la défaite militaire de l’automne dernier. L’impression que l’on retire depuis cet automne est que les nouvelles têtes politiques accordent autant d’attention au devenir de leur personne qu’à l’avenir de l’Arménie.

 

Il faut croire que lorsqu’on est le «perdant» il faut en permanence s’incliner et s’exécuter. Ainsi, les militaires arméniens sont inexistants sur la frontière avec l’Azerbaïdjan. Tant et si bien que ce sont les villageois arméniens qui font face aux soldats azéris, protégés en cela par les gardiens de la paix russes. Quid des officiels arméniens sur ce terrain ?

mercredi 3 février 2021

Haut-Karabakh : Les Turco-azéris mettent la pression

 


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Mettre de l’ordre dans la politique intérieure en ciblant les titulaires de postes juteux, n’implique pas une clairvoyance dans le domaine extérieur.  La méconnaissance des arcanes de la politique étrangère par le premier ministre arménien a débouché sur une guerre perdue d’avance selon un grand nombre d’observateurs avertis. Lorsqu’on mène une guerre exclusivement défensive, en mettant en première ligne essentiellement des jeunes conscrits face à des militaires de différentes nations, suréquipés en matériel modernes et aguerris, il était clair que la victoire aurait été très difficilement au rendez-vous.

 

Et l’homme, qui porte la responsabilité de cette tragédie, s’accroche toujours à son siège, faisant fi de ses bévues, arguant qu’il a été élu démocratiquement, à l’instar d’un certain Donald Trump !

mercredi 20 janvier 2021

Vladimir Poutine : «Je pilote le conflit Arménie-Azerbaïdjan»

 


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«Le prix de la liberté, c'est la solitude»
disait Hervé Godec ; le Haut-Karabakh vient d’en payer le prix fort et par voie de conséquence l’Arménie. Est-ce que pour autant l’objectif de liberté a-t-il été atteint ?

 

Hélas absolument pas, non seulement la zone tampon (les 7 districts entourant le Haut-Karabakh) a été reprise par les Turco-azéris, mais le Haut-Karabakh lui-même a perdu toute la région de Hadrut et la ville de Chouchi, soit un quart du territoire initial.

 

En France, lorsqu’on veut faire traîner un problème, on crée une commission. Il semblerait que la résolution, même partielle, du différend arméno-azéri, suive le même chemin. La création d’un groupe de travail tripartie, Arménie-Russie-Azerbaïdjan, qui est sensé résoudre une grande partie des problèmes en suspend, est en fait un recul pour mieux sauter. Mais pour qui ?


vendredi 8 janvier 2021

Haut-Karabakh : Quand le chat n’est pas là, les souris dansent


 

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L’Azerbaïdjan profite pleinement du vide juridique suite à la guerre-éclair et surtout du manque de gardes frontières entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

 

La frontière entre l’Arménie et la Turquie (268km) est essentiellement gardée par des gardes-frontière russes rattachés à la base militaire russe 102 de Gumri. On ne sait jamais si l’envie prenait au zigoto d’en face d’envoyer ses chars sur Erevan(1).

 

Si les 221km de frontière avec le Nakhitchevan, bien que non-gardé par les Russes, ne posent pas de problèmes majeurs, il n’en est pas de même des 566km avec l’Azerbaïdjan. Bakou, profitant de la faiblesse de l’Arménie et surtout du fait que ce sont exclusivement des gardes-frontière arméniens qui surveillent la frontière, ne se gêne pas pour avancer ses pions et grignoter le territoire arménien. Il faut dire qu’à certains endroits la frontière est à peine marquée, voire pas du tout. A l’époque soviétique, les lignes de démarcations entre RSS n’étaient pas au top.

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