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Commentaires
et Traductions de Gérard Merdjanian
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Le 4 mai, ils sont venus, ils sont tous là, ou presque. Il y avait même la Turquie, le quémandeur maudit (candidate à l'adhésion à l'UE depuis 1987), représentée par son vice-président. Elle reste un pays pas très intéressée de se rendre en Arménie, avec laquelle elle n’a pas de relations diplomatiques et qu’elle maintient sous blocus depuis 1993.
On aurait pu penser que le petit frère, son pays à tout faire - l’Azerbaïdjan,
aurait envoyé un représentant ; que nenni ! Ilham Aliev n’a aucune
intention d’entretenir des relations politiques avec l’Union européenne, seulement
des relations d’affaires. De plus, après le texte voté au Parlement européen (PE) en octobre 2024
dans lequel les eurodéputés dénonçaient « les violations des droits humains et du droit international en
Azerbaïdjan », voilà que la résolution votée le 30 avril 2026 concernant l’Arménie,
le montre de nouveau du doigt pour de nombreux manquements. C’est la goutte
d’eau qui fait déborder le vase.
Résultat : Par vidéo, il a tancé les dirigeants européens
réunis à Erevan dans le cadre du Sommet de la Communauté politique européenne
(CPE) et a annoncé le retrait de Bakou des instances législatives européennes
(PE, APCE, Euronest, etc.)
Surtout par les temps qui courent, cela n’empêche pas les contrats
énergétiques UE-Azerbaïdjan d’être plus florissants que jamais ; et ce d’autant
que l’UE est le principal investisseur en Azerbaïdjan et le premier partenaire
commercial du pays. Ce qui explique le voyage éclair à Bakou de la vice-présidente
de la Commission européenne Kaja Kallas, au sortir du Sommet d’Erevan.
Rien d’étonnant en soi, on se souvient que la présidente de la
Commission européenne avait fait de même en Juillet 2022 pour quémander du gaz
azéri ; de même pour le président du Conseil européen, Antonio Costa, en
mars de cette année.
A ce jour, 16 pays européens reçoivent du gaz azerbaïdjanais,
dont 10 membres de l'UE. Les nouveaux contrats portent également sur le pétrole
azerbaidjanais, dont 15 Etats, membres de l’UE, sont déjà bénéficiaires.
Un autre acteur qui n’était pas présent - on s’en serait douté,
dont les oreilles n’ont pas cessé de siffler, est la Russie. Il faut dire que
dans quasiment tous les discours son nom a été cité, directement ou
indirectement, et que la présence de Volodymyr Zelensky à Erevan n’a fait
qu’exacerber Moscou.
Les explications données par deux diplomates russes (Cf. §Russie), la porte-parole du ministère des
Affaires étrangères russe et l’ambassadeur de Russie en Arménie, détaillent le
point de vue de Moscou vis à vis de l’Union européenne, ainsi que le ressenti
envers les tergiversations politico-économiques du Premier ministre arménien. On
notera toutefois que toutes leurs remarques ne sont pas à jeter à la poubelle
Le penchant de Nigol Pachinian pour l’Union européenne était
clair dès son arrivée au pouvoir en 2018. Ce qui ne l’était pas, c’est sa
faiblesse comme négociateur. Elle n’a fait qu’augmenter depuis pour atteindre son
paroxysme en 2022 lors de la réunion de Prague. Une rencontre quadrilatérale où
il a reconnu l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, c'est-à-dire l’abandon
du Haut-Karabakh aux mains des Azéris. A partir de là, une nouvelle lubie a vu
le jour : La paix qu’elle qu’en soit le prix.
En mars 2025, le parlement arménien adopte en une loi
enclenchant la procédure d'adhésion à l'UE. En août de la même année, le Sommet
de Washington bascule l’Arménie dans les bras de l’Occident et coupe l’herbe
sous les pieds de Moscou avec la création de la route Trump (TRIPP) et l'Accord
sur les ADPIC. Avec ce coup d’éclat, les Etats-Unis s’attirent le satisfecit du
tandem turco-azéri.
La rencontre Pachinian-Poutine du 1er Avril dernier à
Moscou n’a fait que confirmer la séparation en cours. Les rencontres UE-Arménie
de la semaine dernière, ont rajouté de l’huile sur le feu, et jeté un froid
sérieux dans les relations arméno-russes.
A la grande messe des 4 et 5 mai, tous les pays présents à
Erevan n’étaient pas forcément les mieux notés par l’UE.
La Géorgie par exemple. Pays candidat en 2023. Mais compte tenu de la ligne de conduite adoptée par le gouvernement géorgien, qui va à l'encontre des valeurs et des principes fondateurs de l'UE, le processus d'adhésion a été interrompu de facto en 2024. Une décision a été prise par le gouvernement en place, de suspendre le processus d'adhésion du pays à l'UE jusqu'en 2028. Toutefois, l'UE continue de financer des programmes bénéficiant directement aux citoyens géorgiens et a renforcé son soutien à la société civile et aux médias indépendants.
De son côté, la ministre géorgienne des Affaires étrangères,
Maka Botchorishvili, a rencontré l'ambassadeur de l'UE, Pawel Herczynski, et l’a
tancé suite aux déclarations de ce dernier à Bruxelles concernant le changement
de politique du pays. Ce qui n’a pas empêché le premier ministre Irakli
Kobakhidze de rencontrer à Erevan le président Volodymyr Zelensky, lequel se
bat bec et ongle pour accélérer le processus d’adhésion à l’UE.
Dans les mal-notés on trouve également la Turquie. Le terme exact
serait plutôt le mal-aimé.
Rappelons que l’acquis communautaire est composé de 35 chapitres, pour que le vote final d’adhésion se fasse. Aujourd’hui, 16 ont été ouverts dont les deux derniers en 2015 et 2016 (la politique économique et monétaire, et les dispositions financières et budgétaires). Seul le chapitre concernant la science et la recherche a été clôturé. Le Parlement européen avait, une nouvelle fois le 13 mars 2019, souhaité la suspension des négociations avec Ankara. Aussi, en juin 2019, le Conseil de l’UE a noté “la Turquie continue de s’éloigner un peu plus encore de l’Union européenne. Les négociations d’adhésion avec la Turquie sont par conséquent au point mort”.
Lors de la réunion
extraordinaire du Conseil européen des 17 et 18 avril 2024, les dirigeants des
Vingt-Sept ont adopté de nouvelles conclusions concernant les relations entre
l'UE et la Turquie. "Un
environnement stable et sûr en Méditerranée orientale et l'instauration de
relations avec la Turquie fondées sur la coopération et mutuellement
avantageuses relèvent de l'intérêt stratégique de l'UE."
Officiellement les négociations d’adhésions sont toujours ouvertes, mais gelées.
Un peu d’humour … noir
Q : Qui a dit : « En Azerbaïdjan, reconnu comme l’un des centres du
multiculturalisme dans le monde, la diversité ethnique et religieuse est
protégée comme un trésor national, et des conditions égales sont créées pour
toutes les confessions. Nous sommes fiers que l’Azerbaïdjan soit un espace
où des personnes de différentes religions et croyances vivent dans un climat de
convivialité et de compréhension mutuelle.» ?
R : Ilham Aliev dans une lettre au pape Léon XIV.
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA
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8ème Sommet de la
Communauté politique européenne (CPE) - Sommet UE-Arménie
S'exprimant par liaison vidéo lors du Sommet, Ilham Aliev a vivement critiqué le Parlement européen et l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, les accusant d'appliquer un «deux poids, deux mesures» à l'égard de l'Azerbaïdjan.
Il
a affirmé que le Parlement européen avait adopté depuis mai 2021, 14
résolutions contenant des contre-vérités, des formulations offensantes et des informations
inexactes sur l’Azerbaïdjan.
« La résolution la plus
récente a été adoptée il y a seulement quatre jours, délibérément avant le
Sommet. Au lieu de s'attaquer aux problèmes fondamentaux de certains États
membres, tels que la xénophobie, l'islamophobie, l'antisémitisme, les
migrations, la compétitivité et les SDF, le Parlement européen prend
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Arménie
Lors d'un point de presse tenu pendant un événement de campagne à Erevan, Nigol Pachinian a souligné qu'une base juridique existait déjà entre les deux pays pour le processus de délimitation des frontières.
Il
a réaffirmé que, conformément au règlement relatif aux activités conjointes des
commissions de délimitation, signé en août 2024 et ratifié en octobre, la
déclaration d'Alma-Ata a été acceptée comme principe fondamental de la
délimitation des frontières entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
«
Cela signifie que l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont convenu que la frontière qui
existait entre l’Arménie soviétique et l’Azerbaïdjan soviétique devait être
reconnue comme frontière d’État entre les deux pays.
Dans
ce cadre, la question des portions de territoire arménien actuellement occupées
par l'Azerbaïdjan doit être résolue dans le cadre du processus de délimitation
des frontières. Cette question, qui figure bien entendu à l'ordre du jour du
peuple et du gouvernement arméniens, doit être résolue de cette manière, et
elle le sera. Des solutions mutuellement acceptables, telles que prévues par la
réglementation, peuvent faire partie du processus de délimitation.
Un
accord, annoncé publiquement, avait déjà été conclu pour poursuivre le
processus et délimiter la frontière du nord au sud, Il est entendu que dans les
sections où la délimitation a déjà eu lieu, la frontière doit être
officiellement enregistrée, et ces procédures doivent être menées de manière
transparente, dans le respect de la logique de délimitation », a précisé Pachinian.
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Union
européenne
Une délégation de sept membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), dirigée par Damien Cottier (Suisse, PPE/CD), effectuera une visite préélectorale en Arménie les 11 et 12 mai afin d'évaluer la campagne électorale et le climat politique avant les élections législatives du 7 juin.
À
Erevan, la délégation doit rencontrer le président du Parlement, le ministre de
la Justice, les dirigeants et représentants des groupes parlementaires et des
partis extraparlementaires candidats aux élections, ainsi que la délégation
arménienne auprès de l'APCE.
Des réunions sont également prévues avec le chef et le chef adjoint de la mission d'observation électorale de l'OSCE/BIDDH, le président de la Commission électorale centrale et le président du Comité anti-corruption, ainsi qu'avec
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Russie
« La Russie a toujours souligné son respect du droit souverain de l'Arménie à diversifier ses relations de politique étrangère, étant entendu que cela ne nuirait pas à la coopération russo-arménienne ni à nos échanges dans le cadre des associations d'intégration commune, » a déclaré Sergueï Kopyrkine, l'ambassadeur de Russie en Arménie.
« La Russie ne participe pas au Sommet CPE. Cependant, selon de nombreuses sources, la question russe a fait l'objet d'une attention considérable, mais exclusivement dans une optique de confrontation. Les déclarations agressives de Zelensky à l'égard de Moscou ont non seulement provoqué un avertissement sévère du ministère russe de la Défense, mais sont
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Turquie-Azerbaïdjan
Le ministère des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan a convoqué l'ambassadrice de l'UE, Mariana Koiunjic, et lui a remis une note de protestation concernant la résolution adoptée le 30 avril par le Parlement européen, que Bakou juge infondée et partiale.
Ainsi,
« les
dispositions du document déforment la réalité, contredisent les principes
d’objectivité et violent les obligations de respect de la souveraineté et de
l’intégrité territoriale des États. »
Il a également été déclaré que les affirmations contenues dans la résolution concernant
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA






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