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Commentaires
et Traductions de Gérard Merdjanian
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Commentaires
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Le mois de mai a été dominé par un petit pas de normalisation et deux prises de positions importantes.
La Turquie par un geste ‘généreux’ a levé les restrictions sur
le commerce bilatéral avec l'Arménie. Les Occidentaux ont salué ce geste ‘magnanime’.
«
Cette mesure témoigne de l’engagement des deux pays à développer la
connectivité économique et à promouvoir une paix et une prospérité durables
dans la région du Caucase du Sud », a déclaré l’ambassade des États-Unis à
Erevan.
«
Il s’agit d’une évolution remarquable dans leur processus de normalisation,
illustrée également par la récente réunion du groupe de travail bilatéral
visant à faire progresser le rétablissement des liaisons ferroviaires entre les
deux pays le 28 avril 2026, que nous saluons. Cette étape importante a le
potentiel de dynamiser les échanges commerciaux et les opportunités économiques
entre les deux pays, avec un impact positif pour l’ensemble du Caucase du Sud
ainsi que pour l’UE», a déclaré Anitta Hipper, porte-parole principale de l’UE pour
les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Beaucoup de bruit pour un petit geste. Il n’y a pas de quoi
s’extasier. Le commerce bilatéral se fera en transitant par la Géorgie car il
n’est pas question pour Erdoğan d’ouvrir la frontière et encore moins de lever
le blocus. En fait, Ankara ne fait qu’officialiser un commerce qui existe déjà
depuis des années. Jusqu’à aujourd’hui les camions font la navette entre les
deux pays en passant par le Djavaghk. Ce qui changera, c’est le volume des
échanges.
On remarquera une nouvelle fois que c’est la Géorgie qui a le
beau rôle lorsqu’il s’agit des échanges de l’Arménie avec l’extérieur. Blocus de
l’Arménie oblige. Un rôle de bons offices qu’il accomplit également avec le
tandem turco-azéri, puisque les liaisons (oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, chemin
de fer Bakou-Tbilissi-Kars, ou gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum) transitent par la
Géorgie, histoire de contourner l’Arménie. Et même depuis le réchauffement
Erevan-Bakou, les trains de céréales russes ou les wagons-citernes azéris
d’hydrocarbures passent par la Géorgie.
A l’inverse de son mentor, le comportement d’Ilham Aliev n’a pas
changé sur le fond, tout au plus une légère couche de vernis supplémentaire. Il
souffle le chaud devant les étranges, le froid quand il est chez lui. Il
martèle les mêmes arguments et poursuit les mêmes objectifs. Croire que ses
gestes sont le reflet de sa bonne volonté, serait une erreur grossière. Ainsi, l’hydrocarbure
livré à l’Arménie est au prix du marché, donc plus cher que celui acheté à la
Russie, ce qui n’a rien de ‘généreux’. Rappelons que le volume d’échanges
commerciaux pour le 1er quadrimestre entre Erevan et Bakou, s’élève
à 9,646 millions de dollars en faveur de l’Azerbaïdjan, et à peine à 960
dollars pour l’Arménie.
Quant à ses propos, c’est pire. Ainsi, dans son discours à Zangilan(*) le 10 mai, le dictateur a
une nouvelle fois tancé l’Arménie sur ses faits et gestes depuis
l’indépendance, jusqu’à la menacer d’une reprise des hostilités si elle ne
poursuivait pas le travail entrepris par Nigol Pachinian. Ce qui revient à dire
que les opposants actuels au Premier ministre sont des « revanchards » qui comptent faire
libérer les 19 prisonniers arméniens de Bakou et surtout reconquérir le
Haut-Karabakh pour y installer les Arméniens qui ont été chassés en septembre
2023.
Les contre-vérités ne le gênent pas du tout. Il aime, par
exemple, confondre le Haut-Karabakh et les sept districts qui l’entouraient,
qui étaient avant tout une zone tampon inhabitée, si ce n’est par des garnisons
militaires. Il passe bien évidement sous silence les exactions qu’il a commises
dès le lendemain de la signature à Moscou de l’accord tripartite de
cessez-le-feu du 9 novembre 2020, qui mettait fin à la guerre des 44 jours.
En clair, il conseille vivement aux citoyens arméniens de voter Nigol
Pachinian – dirigeant du parti Contrat Civil, le 7 juin prochain. Il fait écho
en cela à son maitre à penser ottoman. Si ce n’est pas de l’ingérence,
qu’est-ce que c’est ?
Le camarade Vladimir Poutine a fêté le 1er avril à sa
façon en recevant Nigol Pachinian, et cela n’avait rien d’un poisson. Il a mis
les points sur les « i » concernant les relations Erevan-Moscou,
relayé dans les semaines suivantes par l’aréopage gouvernemental russe : le
ministre des Affaires étrangères et sa porte-parole ; le vice-ministre des
Affaires étrangères ; le vice Premier ministre russe ; le président de la
Douma ; le secrétaire du Conseil de sécurité ; Le conseiller du
président russe ; Le dirigeant du Parti communiste ; Sans oublier l’interview
de l’ambassadeur de la Russie en Arménie.
Cela commence à faire beaucoup de monde. Ce qui n’a pas inquiété
Pachinian outre mesure, puisque le mois suivant il a mis en œuvre le
proverbe : « En
mai, fais ce qu’il te plait » en organisant à Erevan deux Sommets :
CPE (Communauté politique européenne) et Arménie-UE. Après cet engagement, il
fait tout son possible pour que non seulement l’été soit ensoleillé avec une
date éventuelle de signature de traité de paix envisagée, mais également un
printemps ensoleillé avec une victoire de son parti aux élections législatives
du 7 juin.
Elections qu’il compte bien gagner en prenant exemple sur le
modèle de gouvernance de Donald Trump. Employer des mots orduriers envers ses
opposants, faire taire les contradicteurs trop véhéments en leur intentant un
procès, voire les mettre en garde à vue. Suprême insulte, les taxer d’agents de
l’étranger (entendez par là pro-russe), jusqu’à prédire un risque de reprise
des hostilités si ces individus sont élus. Bref, des personnes qui n’ont rien
compris à l’Arménie réelle.
Avant de lancer des anathèmes contre ses opposants, il serait
sage pour le futur Premier Ministre (quel qu'il soit) de se rappeler qu’en cas d’événements graves (suivez mon regard), l’Arménie n’est ni Israël - donc
rien à attendre des États-Unis; ni l’Ukraine - donc peu de choses de l’Union
européenne; ni même la Biélorussie - donc rien de l'OTSC.
(*) Bourgade au sud-ouest de l’Azerbaïdjan, située à une dizaine
de km par vol d’oiseau de la frontière arménienne.
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA
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Arménie
« L’Arménie traite la Russie avec respect et vénération, c’est une puissance mondiale. Au cours des huit dernières années, nous avons eu plus de 200 conversations téléphoniques. Nous entretenons des relations très chaleureuses avec le président russe. Poutine n’a rencontré aucun autre dirigeant étranger aussi fréquemment, » a déclaré le Premier ministre Nigol Pachinian.
« L’Arménie ne prendra aucune mesure abrupte contre la Russie. Nous traitons les intérêts de la Russie avec le plus grand respect, mais nous ne pouvons pas placer
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Union
européenne
Le président Emmanuel Macron a déclaré avoir eu des entretiens avec le président Ilham Aliev, au cours desquels il a réitéré le soutien de la France aux efforts de paix en cours entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
Dans
un message publié sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a souligné
l'importance de maintenir la dynamique du processus de paix et de veiller à ce
que les négociations continuent de progresser. Il a rappelé que la France
restait favorable aux efforts visant à instaurer une stabilité et une paix
durables dans le Caucase du Sud.
Le
président français a également indiqué que la conversation avait porté sur des
questions régionales plus larges, ainsi que sur les possibilités de
développement des relations bilatérales entre la France et l'Azerbaïdjan.
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Russie
« L'Arménie pourrait perdre tous les privilèges dont elle bénéficie actuellement dans le cadre de l'Union économique eurasienne (UEE), Nous entretenons des relations étroites et unies avec l'Arménie. Cependant, elles sont aussi complexes. L'Occident tente en effet d'attirer l'Arménie – ainsi que d'autres membres de la CEI – dans son orbite et de rompre les liens économiques, commerciaux et d'investissement mutuellement avantageux qu'elle entretient avec ses partenaires de la CEI et de l'UEE », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
« Les relations entre Moscou et Erevan seront abordées lors du Sommet de l'Union économique eurasienne prévu fin mai au Kazakhstan. Le Premier ministre Nigol Pachinian avait précédemment déclaré
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Turquie-Azerbaïdjan
Le 10 mai, le président Ilham Aliev a inauguré les nouvelles constructions de Zangilan et prononcé un discours. Extraits :
« () Aujourd'hui, chaque pouce de terre en Azerbaïdjan appartient au peuple azerbaïdjanais. En chassant les occupants de nos terres, nous avons restauré notre intégrité territoriale et notre
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA





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