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lundi 31 mai 2010

L'Azerbaïdjan n'est pas prêt pour la résolution de conflit du Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comme souvent indiqué dans mes commentaires, les dirigeants azerbaidjanais n'ont aucune intention d'accorder quoique ce soit aux Arméniens du Karabakh. Un ‘très haut niveau d'autonomie' ne signifiera rien avec des Azéris à la tête de tous les secteurs clés, administratif, politique, économique, sécurité, etc. On n'ose imaginer, ou plus exactement on imagine très bien, ce qu'il adviendra de ces Arméniens qui ont osé s'insurger contre la République d'Azerbaïdjan ; qu'il y ait ou non des ‘casques bleus' sur place. Sans aller jusqu'aux pogroms comme à Soumgaït, la vie deviendra intenable, bien pire que nos compatriotes du Djavaghk. Et comme au Nakhitchevan, le Karabakh sera vidé des Arméniens, et leurs traces détruites. Le tout sous l'œil indifférent des organismes internationaux.

Le chant des ‘sirènes' azéries, sous-tendu par la douce musique des énergies fossiles, n'enchantent que ceux qui veulent bien les écouter.

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Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a établi une "liste noire" de citoyens étrangers, qui ont observé les élections parlementaires du 23 mai 2010 en République du Haut-Karabakh. Tous auront leur demande de visas d'entrée en l'Azerbaïdjan rejetée. La liste comprend cinq parlementaires russes : Igor Chernyshenko, Kirill Tcherkassov, Tatiana Volozhinskaya, Maxime Mishenko et Konstantin Zatulin, ainsi que l'observateur international : Galina Ratnikova, le militant public et politique Victor Sheynis, l'expert de la Fondation de la Culture stratégique Andrey Areshev. Liste à laquelle il faut ajouter des citoyens français, allemands, argentins et d'autres pays.


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Le président du C.A du Centre d'Analyse de la Coopération Internationale et Régionale, Stépan Krikorian, a déclaré que la forte réaction face à la présence d'observateurs internationaux lors des élections parlementaires dans la RHK, prouve que l'Azerbaïdjan n'est pas prêt actuellement pour une résolution du conflit du Karabakh, fondée sur des compromis et des concessions mutuelles.

"Si l'Azerbaïdjan utilise le langage des ultimatums et des sanctions à l'égard de citoyens de ces États influents, comme la Russie, la France, l'Allemagne, l'Argentine, la Slovaquie ou la République tchèque, alors le destin des citoyens de la RHK, qui s'ils retournent une nouvelle fois sous la juridiction de l'Azerbaïdjan, ne sera pas claire. Cette démarche est une autre preuve de l'incapacité des dirigeants azerbaïdjanais à reconnaître les droits politiques et autres droits pour les Arméniens résidant au Karabakh. Ce qui signifie que leurs déclarations sur leur volonté de donner aux Arméniens un niveau élevé d'autonomie ne valent rien, mais montrent la propagande envers les représentants ‘naïfs' de la communauté internationale," a-t-il déclaré à un journaliste de PanARMENIAN.Net.

Selon lui, on aurait pu ‘comprendre' le comportement de l'Azerbaïdjan que s'il avait rejeté les visas d'entrée pour des parlementaires et des citoyens turcs, lesquels ont été également observateurs lors des élections au Kosovo au cours des derniers cinq ans. Tout comme il aurait pu interdire l'entrée au Vice-ministre des Affaires étrangères turc, qui s'était rendu en Abkhazie en 2009.

"Sinon, la clameur soulevée par le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères signifie seulement : ‘politique de deux poids deux mesures'," a souligné Stépan Krikorian.

PanArmenian.Net



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