La FRA-Dachnaktsoutioun commente l'accord militaire russo-arménien

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Tous les partis politiques arméniens se félicitent à des degrés divers de l'accord militaire russo-arménien. Indépendamment du fait qu'une base russe restera sur le sol arménien pour une durée de 49 ans, qu'une bonne partie des infrastructures du pays et que des pans entiers de l'économie sont aux mains de Russes, il est fort peu probable que Moscou intervienne au côté des Arméniens en cas de guerre avec l'Azerbaïdjan.

Les accords d'intervention portent sur une agression contre l'Arménie. En fait, essentiellement si les troupes turques pour une raison ou pour une autre franchissaient la frontière. Si guerre il y a, elle se déroulera au Karabakh, c'est-à-dire hors de la république d'Arménie, et donc Moscou n'enverra personne, du matériel tout au plus. Ni l'OTSC [Organisation du Traité de Sécurité Collective] d'ailleurs. Le Haut-Karabakh n'est pas l'Ossétie du Sud.

Comme cela a toujours était le cas dans le passé, les Arméniens devront compter sur eux-mêmes, en espérant que les grandes puissances ne mettent pas ‘des bâtons dans les roues' ou pire, ‘enfoncent' l'Arménie.

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** La FRA-Dachnaktsoutioun **


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"L'Arménie peut et doit se développer sans remettre en cause ses intérêts étatiques et nationaux, ni ses objectifs. Nous coopérerons avec toutes les forces politiques qui partagent la logique de cette formule," a déclaré le représentant de la FRA-Dachnaktsoutioun, Armen Rustamian, lors d'une conférence de presse.

Selon le parlementaire, la position de la FRA sur les récents accords russo-arméniens, est globalement positive, ce qui est logique, compte tenu de l'évolution géopolitique actuelle. L'effondrement du processus de normalisation turco-arménienne a été un facteur majeur pour cet accord.

"Nous avons toujours dit que l'Arménie se trouve dans une région géopolitique, où un système de sécurité, bon ou mauvais, était déjà en place. La modification de ce système fait beaucoup parler de lui. Toutefois, on ne sait pas clairement s'il ne sera jamais modifié ou non. Par conséquent, nous avons besoin de maintenir ce vieux système avant qu'un nouveau soit créé."

Aussi, l'accord sur l'extension de la présence de la base militaire russe en Arménie s'inscrit dans la logique ci-dessus.

"A ce jour, aucune autre puissance étrangère est prête à donner à l'Arménie de telles garanties de sécurité. Ce n'est probablement pas un secret pour personne que plus de 80% de notre sécurité militaire est aujourd'hui conditionnée par nos relations avec la Russie. Donc, en termes de sécurité militaire, aujourd'hui l'Arménie n'a pas d'alternative viable. C'est un fait. Par conséquent, toute démarche visant à renforcer ce volume [de coopération militaire russo-arménienne] est globalement positive."

Le N°1 de la FRA d'Arménie, qui dirige également la commission des Affaires étrangères du Parlement arménien, a souligné que "resserrer les liens militaires avec la Russie est d'une importance vitale pour l'Arménie après l'effondrement du rapprochement spectaculaire avec la Turquie, lequel a été farouchement combattu par la FRA. Ce processus du renforcement du dialogue turco-arménien, a augmenté la probabilité d'une nouvelle guerre dans le Haut-Karabakh. Nous nous sommes créés une situation beaucoup plus dangereuse. Dans une certaine mesure, la signature de l'accord russo-arménien a été dictée par cela."

Le 9 Septembre, l'Assemblée générale des Nations unies examinera très probablement le projet de résolution présenté par Bakou sur "La situation dans les territoires occupés d'Azerbaïdjan » et la FRA a déjà pris certaines mesures pour essayer d'empêcher son passage et présenter la situation aux États membres des Nations unies.

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Deux autres partis d'opposition se sont également exprimés sur le sujet :

- Le Congrès National Arménien (HAK), une force d'opposition plus radicale dirigée par l'ancien président Levon Ter-Pétrossian, a également réagi positivement à l'accord russo-arménien. De plus, les représentants du HAK ont ajouté que c'était une compensation de la vente éventuelle de batteries anti-missiles S-300 russes à l'Azerbaïdjan.

- L'accord a été fortement critiqué par un autre groupe d'opposition, le parti Jarankoutioun (Héritage) de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Rafi Hovannisian. La direction a remis en question les déclarations des dirigeants arméniens que les troupes russes soutiendraient ouvertement l'Arménie dans le cas d'une nouvelle guerre avec l'Azerbaïdjan.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty