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vendredi 9 septembre 2011

Le Représentant de l'UE au Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Après avoir visité Tbilissi les 2 et 3 Septembre, Bakou les 4 et 5, Philippe Lefort est arrivé en Arménie le 7. Son discours n'a pas varié d'un pays à l'autre, notamment sur le conflit du Karabakh, mettant l'accent sur la nécessité d'arriver à un accord de paix par des moyens pacifiques sur les principes de bases, dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Rien de très original.

L'UE tient absolument à se positionner sur le Sud-Caucase, à cause notamment de la future mise en service du gazoduc Nabucco (sécurisation) mais également dans le cadre du Partenariat de l'Est. A l'inverse des coprésidents-médiateurs que sont les Etats-Unis et la Russie, l'UE par France interposée, n'a pas les moyens politiques, et encore moins militaires, de ses ambitions, pour la simple raison qu'elle est restée une Union économique, pas même financière. Un même sujet est traité différemment d'un pays membre à l'autre, l'attitude envers la Turquie en est un bel exemple.

Aussi, il ne faut pas attendre un quelconque changement de l'UE sur le plan politique ou en cas de crise grave sur un plan militaire. Par contre il ne fait aucun doute qu'elle est prête à aider économiquement, financièrement et institutionnellement les trois pays caucasiens, mais avec un bémol de taille, les trois républiques autoproclamées – Abkhazie, Ossétie du Sud et Haut-Karabakh – ne font pas et ne feront pas parties de ses largesses. Surtout ne pas froisser les partenaires.

* Brève Karabakh *

Le 8 Septembre, selon l'accord avec les autorités de la RHK, la Mission de l'OSCE a menée une observation sur la ‘ligne de contact' entre la RHK et les forces azerbaïdjanaises, dans la région de Mardakert, au nord de Taliche.

Le suivi s'est déroulé en conformité avec le calendrier convenu. Aucune violation du cessez-le-feu n'a été relevée au cours de l'observation.

Ndlt : A noter qu'aucun coup de feu ni aucune violation d'aucune sorte ne sont relevés durant la mission d'observation et ce depuis sa mise en place, et il est fort probable que cela continue de la sorte à chaque déplacement vu que les deux côtés sont prévenus du jour et de l'heure. A quoi servirait-il de se faire épingler en présence des observateurs, alors que les snippers ont tout le loisir de se ‘défouler' quand ils ne sont pas là ?

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* Brève azérie *

"Les dirigeants azerbaïdjanais estiment que le potentiel de négociations pour une résolution pacifique de conflit du Haut Karabakh n'a pas encore été épuisé. Le président Ilham Aliev a déclaré que si il sent que les négociations sont arrivées à leur terme ou que l'on négocie juste pour le plaisir de négocier, alors la partie azerbaïdjanaise quittera le processus et aura recours à d'autres moyens pour restaurer son intégrité territoriale", a déclaré le directeur du département politique et social du Cabinet présidentiel, Ali Hassanov.

Selon Hasanov, il existe une formule simple pour la résolution du conflit conforme avec les normes du droit international.

Jusqu'à recemment, la partie azerbaïdjanaise a indiqué à plusieurs reprises son intention de résoudre le conflit du Karabakh en usant de la force.

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"L'Union européenne et l'Arménie ont fait de grands progrès dans leurs négociations sur un accord d'association visant à approfondir leurs liens politiques, économiques," a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian au sortir d'une rencontre avec Philippe Lefort, le nouveau représentant spécial de l'UE pour le Sud-Caucase.

L'accord d'association découle du programme ‘Partenariat oriental' de l'UE, qui découle lui-même de la Politique Européenne de Voisinage, et couvre les six mêmes ex-républiques soviétiques - l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.

Une déclaration commune émise par le commissaire de l'UE pour l'élargissement, Stefan Fuele, et Édouard Nalbandian en avril dernier indiquait de "bons progrès" dans les pourparlers. Elle réaffirmait également l'engagement du gouvernement arménien pour la mise en œuvre de vastes réformes, demandées par les 27.

Le ministre a exprimé l'espoir que l'UE donnera à Erevan un "mandat formel" pour entamer des pourparlers de facilitation des visas avec l'exécutif de la Commission européenne avant le sommet du Partenariat oriental de Varsovie, prévu pour la fin de ce mois. "Je suis confiant que nous allons très rapidement arriver à une entente", a-t-il précisé lors de la conférence de presse avec Lefort.
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"Le Caucase du Sud joue le rôle de pont et a un grand potentiel de développement culturel et économique, il est capital que la paix soit enfin établie dans la région. L'Union européenne, qui joue un rôle important dans le monde, est prête à aider à l'établissement de la paix dans la région," a déclaré Philippe Lefort.

Néanmoins, l'ambassadeur européen a noté que les négociations sur le règlement du conflit du Karabakh qui se déroulent dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, jouent ici le rôle principal, l'UE se contentant de fournir une assistance supplémentaire.

"L'UE possède l'expérience et des mécanismes correspondants susceptibles de contribuer à ces processus, et désire aider l'Arménie et l'Azerbaïdjan, car elle estime que les deux pays sont tous deux victimes du conflit. C'est avec une telle approche que je commence ma mission."

Philippe Lefort a souligné que le règlement du conflit est le plus court chemin vers l'Union européenne.

A la question concernant la demande de l'Azerbaïdjan de devenir membre non-permanent du Conseil de Sécurité [de l'ONU], le ministre arménien a répondu : "Je doute qu'un pays qui se vante d'avoir multiplié par 20 son budget militaire en six ans, puisse se joindre à une structure, dont le rôle primordial est le rétablissement et le maintien de la paix."

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Puis ce fut le tour du Secrétaire du Conseil de sécurité nationale d'Arménie, Arthur Bagdassarian, de recevoir l'ambassadeur Philippe Lefort. Le Chef de la Délégation de l'UE en l'Arménie, Raul Luzenberger, était présent à la réunion.
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Les interlocuteurs ont échangé leurs points de vue sur la situation, internationale et régionale, et plus particulièrement sur le conflit du Karabakh.

Arthur Bagdassarian a indiqué que "l'Arménie a été laissée de côté sur un certain nombre de programmes régionaux portant sur les domaines de l'énergie, des télécommunications et des transports, en raison de la politique menée par la Turquie et l'Azerbaïdjan. Cette réalité n'est pas compatible avec le processus d'intégration européenne, fondé sur la solidarité et la coopération."

Il a souligné de plus que : "l'Arménie a été maintes fois déclarée par différentes organisations internationales, avoir une position claire et immuable sur la résolution du problème reposant sur des pourparlers de paix et sur la base de concessions mutuelles. Cependant, notre voisin, est guidé par une politique reposant sur des déclarations belliqueuses, ce qui crée un sérieux obstacle pour le bon déroulement du processus de négociations."

M. Lefort a répondu que : "le règlement pacifique est la seule façon acceptable de résoudre le conflit, et que toute tentative de solution militaire est inacceptable."

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Le président Serge Sarkissian, qui a prévu d'assister au Sommet de Varsovie, a rencontré le Représentant de l'UE en fin d'après-midi.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



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