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vendredi 30 octobre 2015

Karabakh : Nouvelle tournée des médiateurs



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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Est-ce que ce voyage auprès des parties en conflit a changé quelque chose à  la situation ? Rien. Sauf à dire qu’une nouvelle réunion aura lieu d’ici la fin de l’année entre les présidents arménien et azerbaidjanais, ce qui en soi n’est pas une nouveauté, et encore moins une avancée notable.

Les acteurs continuent à se parler par médiateurs interposés - au mieux deux fois par an, au pire une fois tous les deux ans, et ce depuis vingt ans. Certes les combats n’ont pas repris, mais est-ce que pour autant on a progressé ? Non. On est toujours dans un dialogue de sourds, ou si vous préférez un double monologue basé sur un postulat antinomique : Intégrité territoriale/intangibilité des frontières vs Droit à l’autodétermination des peuples. Tous deux reconnus et validités par les instances internationales.

Ce qui se traduit par des positions immuables : - Un retour impossible du Haut-Karabakh dans le giron azéri pour l’Arménie ; - Une indépendance du Haut-Karabakh pour l’Azerbaïdjan.

Le plus ennuyé à ce jour reste l’Azerbaïdjan car les Arméniens occupent les sept districts entourant le Haut-Karabakh comme zone de sécurité, et il y a trois fois plus de réfugiés azéris que de réfugiés arméniens. Aussi, lorsqu’on parle de réfugiés, les coprésidents ont la fâcheuse habitude de laisser de côté les 300.000 Arméniens qui ont fui l’Azerbaïdjan après les pogroms de masse et assassinats d'Arméniens perpétrés en février 1988 à Soumgaït, près de Bakou, suivis en janvier 1990 par de nouveaux massacres à Kirovabad et à Bakou.

Mais les médiateurs s’en fichent royalement de savoir qui a commencé et pourquoi il y a eu une guerre arméno-azerbaidjanaise. Soit mais si néglige les causes, il sera très difficile de trouver une solution pérenne.

Donc, qui dit négocier, dit faire des compromis, dit transiger. Là où le bât blesse, c’est que l’un des protagonistes reste campé sur ses positions maximalistes proposant le geste auguste qui consiste à octroyer aux Karabakhis une grande autonomie. Quant à l’Arménie, qui est prête à rendre plusieurs districts sous certaines conditions, elle devrait (selon Bakou) tout «restituer» et cogérer – même pas gérer, seulement deux petits corridors vers la région «autonome» azéri du Haut-Karabakh.

Il n’est pas nécessaire d’être un grand politicien, ni même un grand négociateur pour se rendre compte du déséquilibre flagrant des propositions. Selon certains, dont je fais partie, cela s’appelle un «marché de dupes».

Cette situation ne semble gêner les médiateurs du groupe de Minsk qui continuent de traiter les uns et les autres de la même façon quels que soient leurs comportements, en paroles ou en actes.

Il est clair que les coprésidents se contenteront de palabres, de déclarations génériques et de réunions, le dénommé İlham Heydər oğlu Əliyev n’a aucune raison de changer quoi que ce soit à sa politique anti-arménienne.

 

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Traductions – revue de presse

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Groupe de Minsk de l’OSCE

«Malheureusement, les parties prenantes dans le conflit du Haut-Karabakh se sont éloignées les unes des autres, à l'heure actuelle,» a déclaré à Erevan l'ancien coprésident russe du Groupe de Minsk de l'OSCE, l’Ambassadeur Vladimir Kazimirov.

«J’ai jeté un coup d'œil à mes anciens enregistrements des années 1990, portant notamment sur mes entretiens avec les hauts responsables des trois entités : Arménie, Haut-Karabakh et Azerbaïdjan.
 
Suite

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Artsakh

«La République du Haut-Karabakh (RHK) a souligné à plusieurs reprises que la question des réfugiés doit être résolue sur la base de l'égalité, et qu’il ne peut y avoir de solution unilatérale à ce problème,» a déclaré David Babayan, le porte-parole du Président de la RHK suite la déclaration des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE.

«Les réfugiés arméniens ont besoin d'avoir l’opportunité et des garanties de sécurité pour revenir en Azerbaïdjan, au même titre que les réfugiés azerbaïdjanais.
 
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Russie

La Russie a dévoilé des données sur les ventes d'armes classiques pour le registre des Nations Unies.

Selon le document, Moscou a exporté en 2014, 65 chars d’assauts, 78 véhicules blindés de combat et 118 grands systèmes d'artillerie (obusiers, canons, mortiers lance-rockets de plus de 100 mm) de calibre divers en Azerbaïdjan.

En 2013, il avait déjà livré pour Bakou 10 chars d’assauts, 10 véhicules blindés de combat, 438 systèmes de combat de gros calibre, 25 hélicoptères d'attaque. Et pour l’Arménie : 35 chars d’assauts, 200 missiles et 50 lanceurs de missiles, 110 véhicules blindés de combat.

(Ndlt : Un coprésident du groupe de Minsk de l’OSCE qui ne perd pas le Nord quand il s’agit de régler pacifiquement le conflit du Haut-Karabakh.)

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Le coin des analystes et des observateurs

«Les déclarations faites par les médiateurs sur l'incapacité d'identifier le responsable de violations du cessez-le-feu encouragent de nouvelles provocations de violation,» a indiqué le vice-ministre arménien des Affaires étrangères arménien Chavarche Kocharian.



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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de News.az, de Trend, et de APA

 

 

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