Conflit Arménie-Azerbaïdjan : Bientôt la fin ?

 


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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

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Le premier ministre arménien, voulant faire sienne la célèbre phrase de Jules César, la traduit par « je suis venu, j’ai vu, je n’ai pas vaincu ».

 

Après les multiples rencontres de l’automne 2022 et les toutes dernières de ce mois-ci, il s’avère qu’à force de taper sur le clou (Arménie) on finit par l'enfoncer. Or le « clou » en question est loin d’être une « pointe » dans le domaine de la politique étrangère et incapable de s’imposer face à son détracteur.

 

Il faut dire à sa décharge que les gentils « amis » qui lui veulent du bien – Etats-Unis, France, Russie et Union européenne, le poussent à signer rapidement un traité de paix avec l’Azerbaïdjan. L’ennui c’est que le remède est pire que le mal, vu que potentat azéri a annoncé haut et fort ce qu’il comptait faire des régions du Syunik et du Zanguézour. (Arménie du Sud).

 

Quel est le gain Pachinian espère-t-il tirer en signant un traité de paix ? Récupérer au mieux, si Ilham Aliev est d’accord, les 150 km² du territoire de l’Arménie occupés par Bakou depuis la fin de la guerre de 44 jours. Que l’Arménie puisse prospérer  avec l’espoir que le dictateur se comportera comme un voisin normal et non comme le voyou qu’il est.

 

Hélas, le revers de la médaille donne le tournis, avec des pages sanglantes :

-      Abandon des 120.000 Arméniens vivant sur leur terre au Karabakh, du moins ce qu’il leur reste. Avec comme conséquences tragiques, soit l’exode (nettoyage ethnique), soit subir le joug sévère de l’administration azérie, soit se battre pour défendre leurs biens et leur vie. Car personne ne franchira la frontière d’un Etat souverain pour aller défendre les Artsakhiotes. La Russie, c’est peu probable, car Poutine ne voudra pas se boucher les débouchés gaziers ; les « amis » ont d’autres chats à fouetter avec la guerre en Ukraine, quant à l’Arménie, elle devra abandonner ses compatriotes conformément au traité de paix.

-      Croire qu’Ilham Aliev va changer quoi que ce soit à sa manière d’agir, il faut s’appeler Nigol Pachinian ou être un Occidental. L’individu en question n’a jamais respecté ses engagements envers les Arméniens, qu’ils soient Nationaux ou Karabakhis, et ce, depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Citons pêle-mêle : Discours revanchards, haineux et racistes ; agressions verbales ; usage permanent de la force envers des civils et bien sur des militaires ; destruction massive des monuments culturels et cultuels (cimetière de Djoulfa, églises, monastères) ; modification des livres scolaires pour inculquer le sentiment anti-arménien à la jeunesse; non-respect des prisonniers de guerre ; création d’un musée de la victoire pour rabaisser encore plus l’ennemi ; etc.

-      A l’instar de son mentor ottoman, au pouvoir depuis 20 ans, et de son modèle russe, également au pouvoir depuis 20 ans - qui fait valoir militairement son point de vue, il n’hésite pas à mentir, droit dans ses bottes, sur les actions qu’il mène et qu’il a menées, et se moque éperdument des décisions de la Cour Internationale de Justice et de la Cour Européenne des  Droits de l’Homme.

-      Quant à l’Histoire, il fait passer les Tatars/Azéris pour les autochtones millénaires de la région et les Arméniens pour des envahisseurs (de ses terres), le gouvernement arménien pour un ramassis de terroristes, voire de Nazis. (Cela vous rappelle quelque chose ?).

 

Signer un accord de paix dans ces conditions, en terme poli cela s’appelle un marché de dupes !

 

Comme dans les contes, il y a trois « bonnes fées » qui se sont penchées sur le berceau ‘Arménie’. D’abord les Observateurs du Bureau de l’OSCE, puis après la guerre de 2020 les Observateurs de l’OTSC et depuis quelque mois les Observateurs de l’UE. Ils ont observé et n’ont rien vu, ni entendu. Logique puisqu’à chaque déplacement, ils ont donné à tout le monde le détail de leur parcours, histoire de ne pas se ramasser une balle perdue. Courageux mais téméraires. (Trouver l’erreur).

 

Que Nigol Pachinian soit en position de faiblesse, n’est un secret pour personne. Mais qu’il jette la faute sur ses prédécesseurs pour la situation actuelle du pays, est un peu fort de café.

 

Arrivé au pouvoir en mai 2018, il a certes commencé par « nettoyer les écuries d’Augias » qui en avaient fortement besoin, mais qu’a-t-il fait, lui, pour résoudre le conflit avec l’Azerbaïdjan, alors qu’il était encore en position de force ? Il s’est reposé sur les trois pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, alors que ces derniers menaient « un train de sénateur » depuis plusieurs décennies, se contentant de rendre visite aux uns et aux autres, et organisant des rencontres infructueuses débouchant sur des communiqués génériques.

 

Ne s’est-il pas rendu compte qu’il ne fallait pas attendre grand-chose des puissances en charge de la résolution du conflit ? Etait-il judicieux de camper sur ses positions et ne rien lâcher du tout, notamment sur la zone tampon ? Les milliers de jeunes qui sont morts en 2020, l’ont-ils été en vain ? Espère-t-il vraiment que les Turco-azéris vont laisser l’Arménie prospérer et se développer parce qu’il aura signé un morceau de papier ? Quel nom compte-t-il laisser pour les générations futures - Celui d’un ‘Pétain’ ou celui-ci d’un ‘de Gaulle’ ?

 

Entre deux maux il faudra qu’il choisisse le moindre : l’Occident avec ses aides, ses investissements et ses subventions ou la Russie avec ses approvisionnements en gaz et en pétrole et éventuellement une aide militaire, directe ou indirecte.

 

 

 

 

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Traduction

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA


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Arménie-Artsakh

 


Mr et Mme Pachinian sont arrivés à Moscou pour une visite de travail.

 

« L'Arménie s'attend à ce que l'Azerbaïdjan s’ouvert au transport de marchandises arméniennes vers la Fédération de Russie et l'Iran sur une base paritaire, » a déclaré le Premier ministre arménien Nigol Pachinian lors d'une réunion avec le président Vladimir Poutine à Moscou.

Suite

 

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Russie

 


« L'Occident tente par tous les moyens d'intervenir dans la situation autour du Haut-Karabakh et de discréditer la politique russe de maintien de la paix, »
a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une réunion du Conseil des ministres de la Défense des États membres de l'OTSC à Minsk le jeudi 23 mai.

 

"Quant à la situation dans la région du Caucase, elle est largement déterminée par le degré de règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais. Désormais, la sécurité au Haut-Karabakh est soutenue par le contingent russe de maintien de la paix. Cependant, l'Occident essaie par tous les moyens possibles d'intervenir dans la situation, d'accroître sa présence et de discréditer la politique russe de maintien de la paix. L’Occident essaie d'évincer la Russie du Caucase du Sud, et non d'assurer la sécurité et la prospérité de la région à long terme.

 

Un exemple de cela est la soi-disant mission civile de l'Union européenne en Arménie, qui comprend du personnel militaire et des officiers du renseignement. Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer ce qu'ils font réellement. A cet égard, nous estimons qu'il est nécessaire de continuer à travailler sur l'envoi d'une mission de l'OTSC dans la région", a souligné le ministre.

 

(…)

 


« La Russie poursuivra le dialogue avec l'Arménie sur le thème de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), car elle considère cette organisation efficace et avec un potentiel de développement, »
a déclaré le porte-parole du président russe Dmitri Peskov.

 

Ces commentaires interviennent après la déclaration de Nigol Pachinian selon laquelle l'Arménie décidera de se retirer de l'OTSC si elle la considère comme une structure « incompétente ».

 

"Nous poursuivrons le dialogue avec nos amis arméniens, nous discuterons avec eux de notre future participation conjointe aux activités de l'OTSC.

 

L’OTSC jouit d'une « autorité » parmi les pays participants. Il s'agit d'une organisation qui a déjà démontré son efficacité dans diverses situations, et une organisation qui, de notre point de vue, a le potentiel de se développer davantage", a-t-il ajouté.

 

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États-Unis

 


« Les États-Unis ont présenté leurs propositions à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan sur la résolution de certaines des questions les plus controversées dans le cadre des travaux sur un accord de paix. Il y a des progrès dans le processus de négociation entre les deux pays, »
a déclaré le mardi 23 mai Derek Hogan, premier sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires européennes et eurasiennes.

 

Il a rappelé lors d'une audition à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants qu'au début du mois de mai, le secrétaire d'État, Anthony Blinken, avait accueilli les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Jeyhun Bayramov et Ararat Mirzoyan, pour régler certaines des questions les plus controversées, notamment le retrait de troupes dans la zone frontalière, le mécanisme de règlement des différends dans l'accord qu'ils essaient d'aider à obtenir, les droits et la sécurité des Arméniens de souche au Haut-Karabakh.

 

"Ce sont de nombreuses questions sur lesquelles nous travaillons. Il y a eu une intense interaction diplomatique entre les deux parties lors de cette réunion. Nous examinons maintenant ce qui peut être fait sur les questions les plus litigieuses. Nous avons avancé un certain nombre de propositions, qui ont peut-être fourni aux deux parties un langage pour surmonter les divergences. Ils les ont prises en considération.

 

La semaine dernière, Anthony Blinken s'était entretenu avec les ministres des Affaires étrangères d'Azerbaïdjan et d'Arménie afin de comprendre dans quels domaines nous pouvons avancer ", a-t-il déclaré.

  

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Turquie-Azerbaïdjan

 


« La Turquie développera des projets d'infrastructure avec l'Azerbaïdjan. Cela se produira malgré le président du CHP, Kamal Kiliçdaroglu, qui ignore les corridors du Karabakh et du Zanguézour.

 

Tout comme nous avons libéré le Karabakh ensemble et renforcé notre coopération dans tous les domaines, de l'économie à l'industrie de la défense, nous améliorerons également nos infrastructures de transport avec nos frères azerbaïdjanais," a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, lors de son discours à Sivas.

Suite


 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, et de APA