Serge Sarkissian à Berlin

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Comme avec toutes les rencontres avec des dirigeants étrangers, le président a abordé inéluctablement les deux processus : arméno-turc et arméno-azéri.

Et comme à chaque fois, les conclusions sont les mêmes : Il faut poursuivre les négociations. Soit ; mais alors il faudrait que chacune des parties :

- accepte les propositions des médiateurs. L'Arménie avait accepté la première version des principes de Madrid, mais à force de les ‘triturer' pour faire plaisir à l'Azerbaïdjan, le referendum sur le statut définitif du Haut-Karabakh est passé à la trappe, et la position de Erevan s'est durcie.
- ou se conforme aux clauses de l'accord. Rajouter le problème du Karabakh là où il n'est pas mentionné, signifie que le pays en question n'a nul envie de normaliser ses relations avec son voisin, pas plus que lever son blocus.

Bref, on continue comme si de rien n'était. Aucun Occidental ne viendra nous prêter main forte si Aliev déclenche les hostilités, quand aux Russes et aux pays du CSTO le doute reste permis. Une seule chose est sûre : on ne peut compter que sur soi-même.

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Le président Serge Sarkissian a rencontré la chancelière allemande, Angela Merkel.


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Les deux dirigeants, en plus des relations économiques et des questions bilatérales, ont discuté des problèmes du Sud-Caucase. Serge Sarkissian s'est félicité de la politique équilibrée de l'Allemagne dans la région.

Concernant le conflit du Karabakh, le Président Sarkissian a déclaré être préoccupé par le fait que l'Azerbaïdjan continue toujours à déclarer vouloir résoudre le conflit par la manière forte, mettant ainsi en péril non seulement les négociations arméno-azerbaïdjanaises, mais aussi la sécurité régionale au sens large.

S'exprimant sur les relations arméno-turques, le président arménien a déploré que les efforts de l'Arménie et de la communauté internationale en vue d'une normalisation des relations et de l'ouverture de la dernière frontière fermée en Europe, ont été vains à cause du non-respect par la Turquie des accords conclus [lien avec le conflit du Karabakh].

Les parties ont confirmé l'importance de poursuivre le processus de normalisation sans conditions préalables. En ce qui concerne le Haut-Karabakh, ils ont souligné la nécessité de parvenir à une solution pacifique du problème par les négociations en cours dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Après la rencontre, le Président Serge Sarkissian et la chancelière Angela Merkel ont donné une brève conférence de presse.

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Dans le cadre de sa visite officielle en Allemagne, le président arménien Serge Sarkissian a prononcé un discours au Fonds Conrad Adenauer, intitulé : "l'Arménie dans le cadre de la sécurité et de la prospérité du Sud-Caucase."

Concernant les relations arméno-turques, le Président a déclaré : "Bien sûr, l'échec de la normalisation arméno-turque peut s'expliquer par la réticence des dirigeants politiques turcs et, éventuellement, par les pressions de l'Azerbaïdjan.

La politique de la Turquie du ‘zéro problème avec les voisins' a donné ‘zéro' résultat. Et cela va continuer jusqu'à ce que la Turquie cesse de chercher des solutions dans un contexte conflictuel plutôt que dans la coordination des intérêts de la région."

Serge Sarkissian a conclu son discours en citant Martin Luther King : "Tout ce qui est fait dans le monde se fait par l'espérance." Et a exprimé l'espoir que le dialogue réel et pragmatique commencera entre les voisins et les amis, en réunissant tout le monde autour de la même table.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie