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dimanche 11 juillet 2010

Haut-Karabakh : Entre désir et réalité

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

La pression ne cesse d'augmenter sur l'Arménie. Par l'Azerbaïdjan, ce qui va de soi, mais également par les médiateurs qui adoucissent leurs propos dès qu'il s'agit de tancer Bakou pour ses déclarations belliqueuses ou ses attaques de commandos en pleine négociations de paix.

Les dirigeants azéris s'arcboutant sur l'intégrité territoriale et l'intangibilité des frontières, le statut définitif du Haut-Karabakh risque fort de ne pas être expression de la population du Karabakh. Ce dont les médiateurs semblent superbement ignorer.

Faire voter toute la population du Karabakh, c'est-à-dire le Haut-Karabakh avec les sept districts l'entourant, une fois que les refugiés azéris seront retournés chez eux, est une aberration. A votre avis : quel sera le résultat du vote sur le statut définitif de la région, entre 150.000 Arméniens et un million d'Azéris, certes contents de revenir mais le cœur rempli de haine ?

Restituer quoi que ce soit dans ces conditions est une erreur absolue.

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Erevan a officiellement réfuté les déclarations du ministre des Affaires étrangères azéri, Elmar Mammediarov, qui affirmait vendredi que les détails du retrait des troupes arméniennes des territoires azerbaïdjanais occupés vont dominer ses prochains entretiens avec son homologue arménien, Edouard Nalbandian.


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Selon Elmar Mammediarov, les parties sont encore en désaccord sur les deux districts coincés entre Haut-Karabakh et l'Arménie (Kelbadjar et Latchine), qui doivent retourner sous contrôle azerbaïdjanais. D'après les trois médiateurs, américain, russe et français, cela devrait se produire cinq ans après la signature d'un accord de paix.

"La partie arménienne veut poursuivre les discussions sur ce point. Je pense que nous essaierons de régler ce problème à Almaty," a ajouté Mammediarov ; indique l'agence APA.

Le coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE américain, Robert Bradtke, a déclaré hier que "l'Arménie et l'Azerbaïdjan avaient accepté les six principes de la colonisation : - le statut intermédiaire et finale du Haut-Karabakh ; - le corridor reliant l'Arménie au Haut-Karabakh ; - le droit des réfugiés et des personnes déplacées à retourner dans leur foyer ; - la garantie internationale de la paix.


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Commentant la déclaration, le Vice-ministre arménien Chavarche Kotcharian a déclaré : "Ces éléments sont inclus dans le document de Madrid, que nous avons accepté comme base de négociations il y a deux ans. L'Arménie a indiqué qu'elle acceptait la version mise à jour du document présenté aux parties à Saint-Pétersbourg il y a près d'un mois."

"Il convient de mentionner que, selon les éléments de la résolution, le Haut-Karabakh doit avoir un statut provisoire internationalement reconnu, déterminé par l'expression juridiquement contraignante de la volonté du peuple de l'Artsakh", a précisé Chavarche Kotcharian.

De plus, pour Bakou, l'accord cadre proposé ne contient pas de telles dispositions. Aussi, il faudra envisager la création d'une ‘commission électorale' composée de représentants de l'Arménie, l'Azerbaïdjan et des puissances médiatrices qui décideront par consensus "la façon de résoudre le problème du statut."

De son côté, le porte-parole du Parti Républicain (HHK), Edouard Charmazanov, a également rejeté les allégations du ministre azéri comme de la ‘désinformation'. S'adressant à RFE/RL, il a insisté sur le fait qu'aucune concession arménienne territoriale ne peut se produire tant qu'il n'y aura pas une entente sur le statut définitif du Haut-Karabakh. Qui selon l'élu, est "la pierre angulaire de la résolution du conflit."

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty



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