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lundi 10 janvier 2011

Relations Etats-Unis-Azerbaïdjan

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Même si officiellement les relations étroites qui existent entre l'Arménie et la Russie, tant sur le plan économique que militaire, ne rencontrent pas une franche opposition de la part des Etats-Unis, Washington ne manque pas une occasion de montrer son vrai visage par des voies détournées.

Ainsi, dès qu'il s'agit de l'Arménie ou de la Cause arménienne, que ce soit le président Obama lui-même ou les Hauts fonctionnaires du Département d'Etat, ils font usage de leur ‘arsenal' favori : - périphrases emberlificotées ou déclarations ‘bateaux'. Tout en travaillant le sujet en sous-main par OTAN interposé, par le jeu subtil des subventions ou par les contrats économiques et militaires.

Et si de surcroit, on ajoute le contentieux avec l'Iran, on comprend pourquoi la Turquie et de plus en plus l'Azerbaïdjan sont des alliés objectifs, sinon nécessaires, dans la stratégie géopolitique des Etats-Unis, à l'inverse de l'Arménie qui reste qu'une alliée subjective vu qu'elle entretient d'excellentes relations avec sa voisine du Sud.

Aussi, un Matthew Bryza, avec son passé pro-Turcs (qu'ils soient ottomans ou azéris), ne peut que convenir aux stratèges de Washington.

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** Barack Obama passe outre l'avis du Sénat **


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Le président Barack Obama a fait le forcing pour obtenir la nomination de Matthew Bryza comme ambassadeur des Etats-Unis à Bakou, et ce malgré une non-validation par le Senat (Cf. article de jeudi dernier). Un geste applaudi par l'Azerbaïdjan et ses alliés de l'industrie du pétrole, qui se fait au prix de la crédibilité des États-Unis et de l'efficacité diplomatique du pays.

En ce qui concerne la Maison Blanche, cela présente l'indécision à la fois du Président, qui a attendu plus d'un an avant de désigner Bryza, et son manque de confiance quant aux faits, aux arguments, et à la fois à la volonté politique de présenter pour gagner la confirmation du Sénat s'il avait reproposé Bryza à la nouvelle session du Congrès. En ce qui concerne la politique étrangère américaine, le recours du président à une désignation jette évidement une ombre sur la tête d'un diplomate déjà très controversé, porte davantage atteinte à la capacité du pays pour faire avancer les intérêts et les valeurs dans les relations avec l'Azerbaïdjan. Il convient de noter que même le président George W. Bush, qui a essayé par deux fois de nommer Dick Hoagland pour représenter les États-Unis en Arménie, a rencontré la même résistance, mais n'a pas osé passer outre l'avis du Sénat.

Ce statut d'ambassadeur non validé, plein d'innombrables maladresses et erreurs passées, de Djoulfa à la Géorgie, ne fait qu'ajouter aux raisons pour lesquelles il ne doit pas être pris au sérieux, que ce soit à Washington ou à Bakou. Ceci est particulièrement dangereux à un moment où le Président de l'Azerbaïdjan a en tête - à travers ses propos et ses actes – de déclencher une nouvelle guerre au Caucase.

Heureusement, la même Constitution américaine qui accorde au Président le droit de procéder d'autorité à une nomination, en limite également la durée du mandat à un an, ce qui dans le cas actuel, nous amènerait en Décembre 2011.

Le Sénat des États-Unis et le Département d'Etat se doivent de concert, lancer immédiatement une enquête formelle sur d'éventuels conflits d'intérêt lors du processus de confirmation de Bryza. Le Sénat, la Maison Blanche, et le Département d'Etat se doivent de suivre de près ses actions à Bakou afin de se prémunir contre la répétition de ses nombreux échecs et erreurs coûteuses, accumulés dans ses précédents postes diplomatiques. Et enfin, le Sénat se doit de protéger les intérêts des États-Unis et limiter les dommages causés par cette nomination en bloquant sa confirmation à un mandat complet comme ambassadeur en Azerbaïdjan.

Extrait de Asbarez.com

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** Le Sud-Caucase à l'ordre du jour du Congrès **


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"Les questions clés à la première session de la 112ème session du Congrès concernant le Sud-Caucase, doivent porter sur le conflit en cours entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le développement énergétique de l'Azerbaïdjan, le développement économique de l'Arménie et la récupération par la Géorgie du territoire occupé par l'incursion militaire russe en août 2008", - a déclaré Jim Nichols, spécialiste américain de l'Eurasie, dans son dernier rapport du Service de Recherche du Congrès des États-Unis sur : "l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie : développements politiques et implications pour les intérêts américains".

Le rapport a été préparé pour les membres et les Commissions du Congrès, rapporte la presse azerbaïdjanaise.

L'auteur rappelle que, lors du Sommet de l'OSCE des 1ers et 2 Décembre 2010, les États-Unis et la Russie se sont affrontés sur le principe de l'intégrité territoriale de la Géorgie, ainsi que sur la déclaration cosignée par les coprésidents du Groupe de Minsk et les présidents arménien et azerbaïdjanais, appelant à des efforts plus décisifs pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh.

"La politique des Etats-Unis envers les Etats du Sud-Caucase comprend la promotion pour la résolution des conflits entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et entre la Géorgie et ses régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Depuis 1993, des émissaires américains ont été dépêchés pour tenter de régler ces conflits. Certains membres du Congrès et certains décideurs estiment que les Etats-Unis devraient fournir un soutien accru pour le rôle croissant de la région en tant qu'un maillon du Commerce Est-Ouest et un corridor de sécurité reliant la mer Noire et la mer Caspienne. La demande porte sur une plus grande aide des États-Unis et sur les efforts pour résoudre les conflits afin de contenir la guerre, la criminalité, la contrebande et le terrorisme, tout en renforçant l'indépendance des Etats", indique le rapport.

Selon l'analyste, d'autres observateurs à Washington affirment que les événements dans le Sud-Caucase sont en grande partie marginaux au regard des intérêts stratégiques américains :

"D'autres personnes appellent à la prudence dans l'adoption de politiques susceptibles d'accroître l'implication américaine dans une région en proie à des conflits ethniques et civils. Et certains affirment même que, depuis que l'Union européenne a intégré cette région dans le cadre de son ‘partenariat', c'est à juste titre qu'elle devrait jouer un rôle majeur."

En fin de compte, l'auteur souligne que malgré les conflits ethniques, les Etats du Sud-Caucase participent pleinement au maintien de la paix, de la stabilité et au développement économique depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. "Les Etats-Unis et les efforts internationaux pour promouvoir la paix et le maintien de l'autonomie des États du Sud-Caucase devront faire face à des défis de taille," conclue le rapport.

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** Washington apporte une assistance militaire à Bakou **


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Le 5 Janvier un groupe d'experts de l'OTAN et des militaires des États-Unis se sont rendus à Bakou. L'objectif de la visite portait sur les programmes d'assistance de l'OTAN.

Un groupe d'experts azerbaïdjanais et des officiers américains de haut rang se réuniront en Février. Le texte du Plan d'action sur la coopération militaire sera détaillé, les aides en matière d'éducation, de formation, d'approvisionnement technique, seront discutées pendant la réunion ; rapportent les médias azerbaïdjanais.

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Extraits de Times.am



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