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mercredi 8 juin 2011

Haut-Karabakh : Les coprésidents du Groupe de Minsk s'activent

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Bien que les pourparlers soient en cours, les quelques informations fournies par les médias azéris donnent le ton. Comme annoncé précédemment, Aliev n'a pas fléchi sa position et le fait que ‘certains des principes de base' ne soient pas acceptés, en sont la preuve.

Un Haut-Karabakh, avec une très grande autonomie au sein de l'Azerbaïdjan, entourés des sept districts azéris que l'Arménie aura restitué, et communiquant avec l'extérieur qu'à travers un couloir contrôlé par Bakou, est la concession proposée par Bakou. Quant au droit à l'autodétermination du Haut-Karabakh, c'est toute la population de l'Azerbaïdjan qui se prononcera à une date indéterminée. C'est prendre ses interlocuteurs pour ... ce qu'il ne sont pas.

Face à ce constat, on ne voit pas pourquoi Erevan changerait sa position et ‘restituerait' certaines zones à l'Azerbaïdjan, lequel en profiterait pour installer de nouveaux snippers.

Aussi, les snippers employés par les Azéris vont continuer leur sale petite guerre suivant un scénario bien rodé, le côté arménien va répliquer, et les victimes vont se compter par dizaines. Avec très probablement un pic d'activité lors de la rencontre des trois Présidents, le 25 Juin à Kazan.

* Brève *


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Le président turc Abdullah Gül a déclaré aux étudiants du Collège d'Europe de Natolin en Pologne, que : "l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne est un impératif stratégique pour le projet d'intégration européenne. Sans aucun doute qu'il accroîtra l'efficacité, la pertinence et la crédibilité du bloc des 27 nations."

Selon le chef de l'Etat, l'UE avec la Turquie "aura beaucoup plus d'influence dans les Balkans, en Méditerranée, en mer Noire, au Caucase et au Moyen-Orient. De plus, cela contribuera à ce que l'Europe trouve la place qu'elle mérite dans cet ordre mondial émergent.

La Turquie a beaucoup à apporter à l'UE, afin qu'elle ne se transforme pas en une organisation tournée vers l'intérieur, avec son influence mondiale et sa sensibilisation stratégique se terminant à la frontière de ses membres.

Une UE avec la Turquie sera plus efficace en traitant à la fois les menaces internes et externes à la sécurité de l'Europe, et quels que soient les défis auxquels l'Europe peut faire face, la Turquie est un partenaire", a assuré M. Gül.

"Nous pensons que l'Europe n'atteindra son plein potentiel que si l'intégration avec la Turquie se concrétise. Les 27 pays membres ne doivent pas négliger cet ‘impératif stratégique' en essayant de maintenir la Turquie hors du processus d'intégration européenne. Elle ne doit pas passer à côté d'une ‘vision géostratégique plus large'," ; rapporte le quotidien Zaman.

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Les diplomates coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE n'ont fait aucune déclaration publique après s'être entretenus avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le ministre des Affaires étrangères Elmar Mammediarov.

Ils sont entrés au Karabakh vers Akna en traversant la "ligne de contact" en fin de journée, parallèlement à la mission d'observation sur le respect du cessez-le-feu qui avait pour l'occasion déminé le passage à cet endroit.

S'adressant aux journalistes à Bakou, Mammediarov a déclaré que les parties au conflit sont toujours en désaccord sur certains des "principes fondamentaux" proposés par les médiateurs. "En particulier, la partie arménienne insiste pour une date concrète sur le futur référendum au Karabakh, permettant de déterminer le statut du territoire," a-t-il précisé.

Selon l'agence Trend, Mammediarov a également déclaré que les médiateurs n'ont pas apporté de nouvelles propositions de paix. "Au cours de la visite, les discussions ont porté sur des propositions antérieures."

Selon les médias azéris, le ministre aurait proposé qu'un accord soit conclu sur la formation des forces de maintien de la paix en dehors des trois pays coprésidents du groupe de Minsk. "La question doit encore être discutée", aurait-il ajouté.

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Selon le coprésident russe, Igor Popov, le processus de négociations s'est intensifié et on peut s'attendre à des résultats rapides.

Selon les deux autres coprésidents, l'américain Robert Bradtke et le français Bernard Fassier, la résolution du conflit doit se faire pacifiquement, et donc il est normal que les réunions soient fréquentes entre les parties en conflit.

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Pour le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk : "Tout d'abord, il est nécessaire de diminuer la menace de guerre." Ayant participé aux pourparlers de paix depuis dix ans, Kasprzyk pense que les parties sont plus près aujourd'hui pour résoudre la question.

"Mais avant de signer le traité définitif, il a la question du statut provisoire du Haut-Karabakh. Le statut particulier ne peut pas beaucoup différer de la situation actuelle," a-t-il ajouté.

Parlant de concessions, il sera nécessaire de négocier les détails, après la signature d'un préaccord :

"Il y a encore un certain nombre de questions non résolues. Par exemple, lorsque nous parlons du corridor reliant l'Arménie au Haut-Karabakh, il est clair qu'il doit rester en place. L'Azerbaïdjan l'accepte officiellement, mais il désire négocier la largeur du couloir ainsi que par qui et comment doit s'exercer son contrôle avant que l'accord de paix soit conclu.

La conduite d'un référendum est encore un autre problème. Les Arméniens le voient comme un simple vote, avec la participation de la population du Haut-Karabakh comme elle était lors du recensement de 1989. Alors que pour Bakou, il doit avoir lieu sur tout le territoire de l'Azerbaïdjan.

Le conflit du Karabakh n'est pas gelé. Ce qui est gelé, c'est son règlement. Selon mes sources, 36 personnes sont mortes des deux côtés au cours de l'année écoulée. Je suis intervenu plusieurs fois, alors que les échanges de feu auraient pu se transformer en une confrontation à grande échelle. Ensuite, j'ai appelé Washington, Paris et Moscou pour tenter ensemble de les arrêter."

S'exprimant sur le rôle de Moscou, Kasprzyk a indiqué que la Russie vise à soulager les tensions. "L'ensemble du Caucase est aujourd'hui minée, l'explosion du conflit au Karabakh déstabilisera davantage la situation dans le Nord-Caucase. Les Russes font des affaires en Arménie et en Azerbaïdjan. Aussi, ils tentent d'échapper à l'hostilité de l'un des pays. La pensée bipolaire que la Russie soutient les Arméniens, tandis que la Turquie soutient l'Azerbaïdjan est trop simpliste."

Selon Kasprzyk, rien ne se fera sans le consentement de Stepanakert. "Ils sont toujours bien informés, leur position est prise en considération. Quand il s'agira de résultats concrets, ils doivent être acceptés par le Haut-Karabakh."

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"Les négociations étaient axées sur le statut du Karabakh. Ni la composition ou le nombre de forces de maintien de la paix au Karabakh n'ont donné lieu à un quelconque accord," a indiqué une source diplomatique.

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L'Azerbaïdjan n'a pas pris des mesures constructives en vue d'un règlement du conflit du Karabakh, selon le chef du Bureau de l'information du Cabinet présidentiel de la RHK, David Babayan.

"L'ordre du jour portera essentiellement sur deux points : la participation de l'Artsakh dans les négociations et les violations permanentes du cessez-le-feu sur la ligne de contact," a-t-il déclaré.

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Extrait de Armenialiberty, de Radiolour et de PanArmenian.net



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