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lundi 26 septembre 2011

Serge Sarkissian à l'ONU

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires
Après avoir assisté aux célébrations du 20ème anniversaire de l'indépendance de l'Arménie, le président arménien Serge Sarkissian a pris la parole devant la 66ème Assemblée Générale de l'ONU vendredi dernier, avant de s'envoler pour Paris.
Aucune nouveauté n'a été présentée ou ni scoop divulgué. Les positions de l'Arménie ont été réaffirmées sur les deux processus en cours, négociations de paix avec l'Azerbaïdjan et normalisation des relations avec la Turquie. Il a fait l'amer constat qu'avec la Turquie le processus était plus que gelé depuis un an et demi et que le contentieux sur le génocide était loin d'être résolu ; quant à l'Azerbaïdjan, son intransigeance et ses sautes d'humeur permanent empêchaient toute progression des négociations.
Le but de cette intervention, comme d'ailleurs celles des délégations arméniennes dans les organismes internationaux, est avant tout de contrer la propagande orchestrée par Bakou et soutenue ouvertement par Ankara.
Soyons réaliste. Par les temps qui courent, tant sur le plan des crises financières de l'Occident que sur les événements en méditerranée du Sud, il ne faut rien espérer des grandes puissances et encore moins de la communauté internationale. Le message est claire depuis le début : "Débrouillez-vous entrevous mais surtout ne déclenchez pas une nouvelle guerre."
Encore faudrait-il que les ‘bonnes fées' qui se penchent ‘aimablement' sur le berceau des processus arméno-turcs et arméno-azéris ne favorisent pas trop les antagonistes des Arméniens, simplement parce qu'il est de ‘bon ton' ces temps-ci de caresser les pays musulmans dans le sens du poil … .

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Dans son discours de vendredi à l'Assemblée générale de l'ONU, le président Serge Sarkissian a de nouveau blâmé l'Azerbaïdjan pour l'absence de progrès dans le processus de négociation du Haut-Karabakh et a accusé la Turquie de faire obstacle à la normalisation des relations turco-arméniennes.
En voici quelques extraits :

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"Le peuple du Haut-Karabakh il y a deux décennies a exercé son droit à l'autodétermination à l'instar d'autres peuples, en résistant à la guerre déclenchée par l'Azerbaïdjan, et en versant son sang pour gagner son droit à vivre en liberté."
"L'absence d'une volonté de l'Azerbaïdjan de parvenir à un accord et de sa posture va-t-en-guerre, empêchent tout progrès dans les négociations."
Sarkissian a réitéré les remarques arméniennes lors du sommet arméno-azerbaïdjanais de Kazan de Juin dernier, qui n'a pas abouti à un accord-cadre de paix en raison des objections de dernière minute formulées par le président azerbaidjanais Ilham Aliev. Aliev est volontairement sorti des ‘accords conclus lors des étapes précédentes' du processus de paix.
"Nous sommes reconnaissants aux pays coprésidents du groupe de Minsk et aux dirigeants pour leurs efforts de médiation. Cependant, les médiateurs ne peuvent pas parvenir à un accord à la place des parties à la négociation."
"Les déclarations belliqueuses et les menaces de guerre proférées par l'Azerbaïdjan se sont intensifiées, et les violations du régime du cessez-le feu qui continuent d'ôter la vie à des personnes innocentes, sont devenues plus fréquentes. Plus dangereux, les idées arménophobes sont répandues parmi la jeune génération d'Azerbaïdjan, mettant en péril l'avenir de la coexistence pacifique."
"En niant et détruisant tout ce qui est arménien, Bakou continue obstinément à diffuser de fausses accusations contre l'Arménie, le Haut-Karabakh, et les Arméniens à tous les niveaux, y compris ici, dans le cadre de l'ONU. La machine de propagande azérie submerge régulièrement la communauté internationale et le public avec des mensonges horribles sur de soi-disant ‘brutalités arméniennes' et sur des ‘meurtres d'enfants'. Ces histoires sont fabriquées et diffusées à l'aide d'une logique banalisée, dans l'espoir que certaines personnes vont mordre à l'hameçon de ce noir dessin contre l'Arménie. Tout cela est orchestré au plus haut niveau de l'Etat."
"Non seulement cela ne crée pas un climat de confiance dans la région, mais conduit également à se poser des questions sur la compréhension de l'Azerbaïdjan sur les objectifs de l'Organisation des Nations Unies sur la pratique de la tolérance et le vivre-ensemble en paix les uns avec les autres comme de bons voisins. Aspirant à l'adhésion au Conseil de sécurité de l'ONU avec une telle approche, est inadmissible et même dangereuse."
Sarkissian a également montré du doigt la Turquie, déplorant son refus de ratifier les accords turco-arméniens de normalisation inconditionnelle, signés en 2009 : "La Turquie a contrecarré la ratification et la mise en œuvre des protocoles de 2009 par tous les moyens."
Il a aussi fustigé Ankara de continuer à nier avec véhémence que les massacres de masse et les déportations de quelque 1,5 million d'Arméniens dans l'Empire ottoman durant la première Guerre mondiale, constituent un génocide : "Le génocide des Arméniens perpétré dans l'Empire ottoman a été reconnu et condamné par de nombreux pays, parlements, et structures internationales et spécialistes du génocide. Malheureusement, cela n'est pas valable pour la Turquie qui continue à s'engager dans une politique de négation de ce crime atroce commis contre l'humanité. Sans sa reconnaissance et sa condamnation, il sera impossible de développer et de mettre en œuvre des mécanismes efficaces de prévention, qui est l'une des priorités de l'ONU."
Cf. Intégralité du discours de Sarkissian (en anglais)
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* Brèves Groupe de Minsk *

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Le 22 Septembre le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a rencontré les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - Igor Popov, Robert Bradtke et le Représentant personnel du Président de l'OSCE en exercice, Andrzej Kasprzyk.
Discutant du règlement pacifique du conflit du Karabakh, Edouard Nalbandian a souligné que "des progrès dans les négociations sont possibles si l'Azerbaïdjan retire les dix changements qu'il a proposé en dernière minute à Kazan."
L'application des accords sur la création de mécanismes pour enquêter sur les incidents survenus sur la ligne de contact, ont été également abordé.
"Récemment, le ministre Elmar Mammediarov a eu une réunion à New York avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, mais je ne crois pas qu'il y ait eu des progrès, les coprésidents se rendent compte que des changements doivent se produire dans la position des Arméniens," a déclaré pour sa part Samedi le Vice-ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais, Araz Azimov.
La réunion avait été organisée à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev. Les parties n'ont pas réussi à atteindre un terrain d'entente sur la Résolution, malgré les appels et les attentes de la Russie, des Etats-Unis et de la France.
Selon Edouard Nalbandian, l'Azerbaïdjan n'est pas prêt à accepter les propositions des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE sur les principes clés pour la résolution du conflit.
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* Brève Karabakh *

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Une hausse sans précédent du nombre de violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact entre les forces armées du Haut-Karabakh et l'Azerbaïdjan ont été enregistrés ces derniers jours. Plus de 6.000 tirs en direction des positions arméniennes provenant de différents types d'armes à feu ont été relevés, soit plus de 900 violations du cessez-le-feu.
Il est à noter que ce déferlement de tirs s'est produit lors des célébrations du 20e anniversaire de l'indépendance des Républiques du Haut-Karabakh et de l'Arménie.
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* Brève Euronest *

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La Géorgie et l'Azerbaïdjan à la séance plénière de l'Assemblée Parlementaire de l'Euronest ont généré des provocations. Les délégations de ces deux pays ont tenté de faire adopté une résolution, mettant en cause deux des principes du droit international - l'intégrité territoriale et l'inviolabilité des frontières. Toutefois, la résolution n'a pas été adoptée en raison de la contestation de la partie arménienne.
Lilith Galstian, membre représentant la FRA-Dachnaktsoutioun dans la délégation arménienne à l'AP-EuroNest, a indiqué que : "ce n'était ni une victoire, ni une défaite, mais un appel au respect de l'égalité de tous les principes du droit international. La tentative de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie était de contourner le principe du droit des peuples à l'autodétermination, et donc de troubler la paix fragile et la stabilité dans la région, tout en entravent l'activité du Groupe de Minsk."
"La délégation arménienne, composée de représentants des différentes forces politiques, a fait comprendre à la famille européenne que nous sommes unis sur certaines questions, indépendamment de nos préférences politiques", a déclaré pour sa part Vahé Enfiachian du parti ‘Arménie Prospère'.
La Résolution en question, qui devait être soumise au sommet de l'UE en Pologne, comprenait seulement les principes d'intégrité territoriale et d'inviolabilité des frontières sans faire aucune référence au droit des peuples à l'autodétermination.
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Extrait de Armenialiberty et de Radiolour


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