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dimanche 9 octobre 2011

Les ‘à-côtés' de la visite du président Sarkozy au Sud-Caucase

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Eternelle France

La France est l'amie de tout le monde, sauf des terroristes, cela va de soi. A Erevan, le président Sarkozy a caressé les Arméniens dans le sens du poil leur faisant miroiter la pénalisation du déni du génocide si la Turquie ne reconnaissait pas, rapidement, son passé génocidaire ; Alors que dans le même temps, son ministre de l'intérieur, Claude Guéant signait à Ankara un accord anti … terroristes. Et comme le PKK est, à la demande de la Turquie, un mouvement ‘terroriste' puisque refusant le diktat d'Ankara sur la population kurde, Paris a proposé son aide et son savoir-faire dans le domaine. On se souvient de la traque effectuée par les sbires de la place Beauvau contre les Kurdes de la région parisienne. Cela rappelle une certaine MAM qui proposait l'aide de la France à Ben Ali pour combattre les ‘rebelles tunisiens'.

Donc après son périple arménien, Nicolas Sarkozy s'est rendu chez un autre ‘ami', le président géorgien, Mikael Saakachvili. Se souvenant des moments désagréables de l'été 2009, où il a du jouer les entremetteurs alors qu'il venait de prendre la présidence de l'UE, il en a profitait pour tancer la Russie et mettre en avant l'intégrité territoriale de la Géorgie. Là aussi, une caresse accentuée dans le sens du poil, en soulignant le côté européen de la Géorgie, laquelle rêve depuis des années de rejoindre l'UE et d'intégrer l'OTAN.

Reste la visite chez les Aliev à Bakou. Là il lui faudra jouer plus serré, car derrière il y a les gisements d'hydrocarbures, autrement plus sérieux que les problèmes des Arméniens ou des Géorgiens. Et pour ne pas arriver les mains vides, plutôt que d'amener des fleurs ou des bonbons, le président de la France a épinglé une médaille sur la poitrine d'Alieva, femme d'Ilham, l'élevant au rang d'officier de la légion d'honneur. Cela ne coûte pas cher, et cela peut rapporter gros. Quant à Ilham, il lui suffira de parler, comme à Mikael, de l'intégrité territoriale de son pays, en évitant d'aborder les sujets qui fâchent, comme le principe du non-usage de la violence ou pire celui du droit à l'autodétermination des peuples.

C'est beau d'être Président.

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Eternelle Turquie


Dans le cadre de sa politique du ‘zéro problème avec ses voisins', Ankara avec ses neuf voisins - Grèce, Bulgarie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Iran, Irak, Syrie et Chypre – est à l'aise qu'avec la Géorgie et surtout avec l'Azerbaïdjan. Les sept autres pays ont, soit un contentieux séculaire, soit des problèmes avec la politique des Etats-Unis dans la région et donc avec la Turquie.

Quant à ses voisins plus éloignés, le climat est loin d'être au beau fixe. Avec Israël, le temps est plutôt à l'orage avec l'affaire palestinienne, et la laïcité prônée par Ankara n'est pas du gout des potentats arabes du Moyen-Orient. Pour les pays du Sud-méditerranéen, les intérêts de la Turquie sont concurrentiels avec ceux des européens. Un temps plutôt nuageux.

Bref, les désirs d'Ankara à briguer le poste de leader régional ont du plomb dans l'aile, tout comme ses vicissitudes avec l'UE.

Pas drôle d'être Premier ministre.

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Claude-Gueant_medium
La Turquie et la France vont mettre en place des mécanismes pour lutter conjointement contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande humaine, ainsi que le trafic de drogue, dans le cadre d'un accord de fond bilatéral signé jeudi dernier, ce qui est une première du genre pour la Turquie.
"L'accord a des dimensions à la fois techniques et opérationnelles. Nous allons identifier les menaces communes aux deux pays, et allons les combattre ensemble. Cela entrainera sûrement des opérations conjointes," a déclaré le ministre de l'Intérieur français Claude Guéant, en visite officielle en Turquie.
Claude Guéant a rencontré le ministre pour l'UE, Egemen Bagis, le Vice-Premier ministre, Besir Atalay, ainsi que son homologue de l'Intérieur, Idris Naim Şahin. Une rencontre est également prévue avec le président Abdullah Gül.
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"Chaque crise intérieure de la Syrie aura une incidence sur les pays voisins : Turquie, Irak, Liban, Israël, Palestine et Jordanie. Elle affecte toute la région. La Turquie prendra toutes les mesures nécessaires, y compris militaires, si l'agitation en cours pose une menace à la sécurité de notre pays," a déclaré le ministre turc des Affaires Etrangères, Ahmet Davutoglu.
Pour Davutoglu, l'Etat turc pense que l'oppression infligée au peuple syrien a atteint des niveaux inacceptables, et qu'en tant que voisin de la Syrie, il y a aussi de nombreuses mesures à prendre. "Chacun comprend ce dont je veux parler," a-t-il souligné.
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Bashar-al-Assad_medium
"La Turquie est en train de fournir des armes aux rebelles," a déclaré le président syrien Bachar al-Assad, et d'ajouter que les Etats-Unis sont opposé à un partenariat entre la Turquie et la Syrie, car la Turquie représente les intérêts de Washington.
Assad a critiqué la Turquie soulignant que : "ayant échoué à apporter des modifications substantielles à sa Constitution depuis trente ans, elle exige de la Syrie qu'elle réalise de profondes réformes en trois mois. De plus, Ankara défend les Frères musulmans de Syrie, qui sont une menace pour l'Etat laïc que nous sommes."
Le président syrien répondait ainsi au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui déclarait que la Turquie préparait un paquet de sanctions contre le régime du président Bachar al-Assad en dépit de la décision du Conseil de Sécurité ne pas adopter de résolution contre la Syrie.
La tension est vive le long de la frontière et plus particulièrement dans le Hatay, où l'armée turque vient de mener des exercices militaires et que la sécurité syrienne a déployée des milliers d'hommes.
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Le conseiller militaire de l'ayatollah Ali Khamenei, Yahya Rahim-Safavi, a décrit l'invitation du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan aux pays arabes pour qu'ils adoptent la démocratie style turc, comme "inattendue et inimaginable".
"La Turquie doit repenser radicalement - sa politique envers la Syrie, le bouclier anti-missile de l'OTAN et la promotion de la laïcité musulmane dans le monde arabe - ou elle aura des difficultés à faire face à son propre peuple et à ses voisins," a-t-il souligné.
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* Brève UE *

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"Bien que n'étant pas membre du Groupe de Minsk, l'UE peut fournir une expérience historique sur la résolution de conflits. Nous sommes prêts à aider au règlement du conflit, au meilleur de nos capacités, ainsi que d'encourager davantage les parties à trouver une solution," a déclaré le Chef de la Division des pays du partenariat oriental de l'UE et négociateur en chef pour l'accord d'association avec l'Azerbaïdjan, John Kjaer.
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* Brève Russie *

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"Des unités spéciales de tireur sont formées dans les forces terrestres des brigades russes. Nous mettons en place une approche par étapes, à plusieurs niveaux du système de sélection et de formation des candidats, et leur apprenons à travailler dans le cadre d'une unité et indépendamment. Tous les tireurs d'élite auront une formation spéciale une fois tous les trois ou quatre ans," a déclaré le porte-parole du Ministère russe de la Défense, le lieutenant-colonel Sergei Vlassov.
"Ils auront également un équipement spécial d'acquisition de cible, des lasers portables, des jumelles et des appareils pour des données balistique informatiques," a-t-il ajouté.
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* Brève Azerbaïdjan *

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"L'Azerbaïdjan est en désaccord avec les déclarations du président français Nicolas Sarkozy sur la reconnaissance du génocide arménien et l'ouverture de la frontière arméno-turque. Chacune de ces questions est un aspect distinct de la politique internationale. L'Azerbaïdjan a toujours soutenu les intérêts de la Turquie à la fois dans les processus du Sud-Caucase et dans les affaires internationales," a déclaré Ali Hasanov, le chef du département politique du Bureau présidentiel azéri.
"Avec la visite du président Sarkozy en l'Azerbaïdjan et dans le Sud-Caucase, la France, comme coprésidente du groupe de Minsk de l'OSCE, va ajouter ses efforts à ceux de la Russie pour résoudre le conflit de Haut Karabakh. Je crois que la visite du président français et son opinion sur la nécessité de changer la situation vont contribuer à la paix dans la région," a-t-il ajouté.
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Extrait de PanArmenian.net


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