A la Une

mardi 3 juillet 2012

Haut-Karabakh : Des innocents sont tués, mais les négociations continuent.


Traductions et commentaires de Gérard Merdjanian

***

Commentaires

Concernant le conflit du Karabakh, la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton dans la région pourrait se résumer à la ‘presque’ citation de Jules César : ‘Veni, Vidi, no Vici’. Mais c’est un emprunt que je ne lui rendrais pas.

Les propositions qui devaient réellement changer le train train des négociations de paix lors de la rencontre de Paris entre les ministres des Affaires étrangères arménien et azéri en présence des médiateurs, ont fait choux blanc. D’autant que la déclaration faite en marge du G20 de Los Cabos (Mexique) par les présidents Obama, Poutine, et Hollande a repris les thèmes éculés et généralistes.

Il est malheureux de dire que la seule nouveauté c’est l’extra que s’est permis le sieur Aliev en déclenchant pendant une semaine une série de violations meurtrières du cessez-le-feu le long de sa frontières avec l’Arménie et sur la ligne de contact avec le Haut-Karabakh. Et même là, aucun des présidents, co-présidents et/ou médiateurs n’a donné de nom, à croire que les attaques venaient de Mars.

Ces chers médiateurs internationaux sont persuadés qu’en ne citant aucun nom, le con cerné concerné va se calmer et commencer à négocier. Pourtant ce n’est pas faute qu’il le crie sur les toits, le calife de Bakou compte reprendre ce qui lui appartient, entendez par là tous les territoires, par la force si nécessaire. Le mot ‘négocier’, c'est-à-dire faire des compromis, n’a pas d’équivalent en turc, pardon en azerbaidjanais, quant aux principes de base et à l’Acte final d’Helsinki, il n’en a que faire. Dans sa logique, il n’a aucune raison de ne pas poursuivre dans cette voie, à chaque fois que ses snippers se défoulent sur les gens d’en face, les médiateurs déclarent : ‘Il ne faut pas, ce n’est pas bien’. Ce qui ne les empêche pas de le fournir en armement directement ou indirectement. Très souvent, diplomatie rime avec hypocrisie.

Cela dit, la diplomatie a ses règles que le commun des mortels ne comprend pas. Seulement ceux qui meurent ce ne sont pas les diplomates mais le commun des mortels. Comme disait Paul Valéry : "La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas et qui se tuent, au profit de gens qui eux, se connaissent et ne se font jamais de mal."

En arménien cela se dit : Էշ նահատակ




***

Traductions

* Les participants et les concessions *

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a rencontré le 29 juin le président de l'Artsakh, Bako Sahakian, pour discuter du conflit du Haut-Karabakh. Nalbandian a informé le Président sur les résultats de sa rencontre à Paris avec son homologue azerbaïdjanais et les coprésidents du Groupe Minsk de l'OSCE.

"Il ne peut y avoir un règlement du conflit du Karabakh sans la participation de l'Artsakh," a déclaré le ministre Nalbandian.

Il a rappelé que l'Arménie avait déclaré avant le Sommet de Kazan d’il y a un an, qu'il ne pouvait y avoir d’accord final sur les Principes de base sans l'approbation du Haut-Karabakh. "Même après un accord sur les principes de base, il sera impossible de rédiger un traité de paix sans la participation du Haut-Karabakh."

Les coprésidents du Groupe de Minsk rencontrent périodiquement les dirigeants de la République du Haut-Karabakh (Artsakh). Ainsi, les médiateurs se rendront de nouveau dans la région dans une dizaine de jours et discuteront avec les dirigeants de l’Artsakh à Stepanakert.

(…)

L’ex-ministre des Affaires étrangères et membre du parti ‘Arménie prospère’, Vartan Oskanian, a critiqué la ligne politique de Erevan dans les négociations de paix.

"Je crois que l'Arménie a commis une erreur en acceptant prématurément un maximum de concessions sans s'assurer que l'Azerbaïdjan en fera de même. Erevan avait fait une erreur similaire lors de la tentative de rapprochement avec la Turquie, et maintenant les discussions sont dans une impasse."

Il a souligné que : "lors de sa visite à Erevan, la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton a essayé d'obtenir de l'Arménie qu’elle donne son accord à quelques unes de propositions azéries. Toutefois, Mme Clinton a échoué, vu que l'Arménie a indiqué n’avoir rien à ajouter aux résolutions adoptées à la réunion de Kazan."

"Bien que les médiateurs accusent systématiquement toutes les parties en conflit, il est clair que c'est l'Azerbaïdjan qui entrave les progrès avec des exigences radicales, une rhétorique militaire et des attaques transfrontalières permanentes."

* Brève de Turquie *

Il y a un projet de loi gouvernemental qui abolirait ou réduirait considérablement les pouvoirs des tribunaux spéciaux chargés des non-musulmans ayant déposé plainte et indiquerait que les progrès dans les affaires importantes ne doivent pas être affectés par les changements.

"Notre préoccupation concerne le sort des dossiers en cours tels : Ergenekon, Zirve ou Hrant Dink. Les modifications apportées à la loi ne doit pas affecter l'état d'avancement de ces cas médiatiques, lesquels ne sont pas seulement importants pour la communauté non-musulmane, mais aussi pour la toute la Turquie," a déclaré Tatéos Bebek, un militant de la société civile d’origine arménienne.

"Les responsables gouvernementaux disent que les affaires en cours ne seront pas affectés par les changements ; attendons. Si les changements vont éliminer les allégations selon lesquelles il existe des pratiques déloyales menées par ces tribunaux spéciaux, alors la nouvelle loi apportera des changements positifs," a déclaré pour sa part Ivo Vedat Molinas, le rédacteur en chef de Shalom, le journal de la communauté juive de Turquie.

Selon les informations, le nouveau projet de loi devrait être adopté avant la fin de la session parlementaire le 1er Juillet. Il y a des bruits comme quoi la nouvelle loi pourrait conduire à la libération de centaines de membres de gangs, de trafiquants de drogue, de terroristes et/ou présumés tels.

* Le coin des experts *

* Alexeï Vlassov

"2013 sera une année difficile pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh. Les développements récents sur la ligne de contact prouvent que la paix est menacée," a déclaré le rédacteur en chef de Vestvika Kavala et Vice-doyen du département d'histoire de l'Université de Moscou, Alexeï Vlassov, lors de la conférence "la coopération Azerbaïdjan-Russie et de la situation dans la région" qui s’est tenue à Bakou.

L'expert a souligné que la Russie est l’un des coprésidents le plus actif dans la résolution du conflit. "Toutefois Bakou et Erevan doivent montrer leur volonté politique dans le règlement du conflit," a-t-il souligné.

"A côté de la Russie, les autres États du Groupe de Minsk n'ont pas su ou pu faire progresser les négociations. Malgré la volonté politique du président russe, ses efforts se sont avérés être une perte de temps. La Secrétaire d'Etat Hillary Clinton n’a pas fait de propositions claires et stratégiques pour résoudre le conflit lors de sa récente visite dans la région et les médiateurs ont toujours des problèmes," a-t-il précisé.


***
  *

Extrait de Radiolour et de PanArmenian


Partager

Twitter Delicious Facebook Digg Stumbleupon Favorites More