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lundi 13 août 2012

L’Arménie fortifie sa frontière avec l’Azerbaïdjan


Traductions et commentaires de Gérard Merdjanian

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Commentaires

On se souvient que la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton en Juin dernier avait donné lieu de la part de Bakou à une recrudescence des attaques tant sur la frontière avec l’Arménie qu’avec la ligne de contact du Haut-Karabakh, attaques qui avaient fait plusieurs morts de part et d’autre et inquiété sérieusement la communauté internationale et plus particulièrement les trois pays coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE.

Le clan Aliev, persuadé qu’il est, que l’ensemble des territoires perdus au cours de la guerre de 1992-1994, Haut-Karabakh compris, lui sera retourné, agit partout où il peut pour accélérer ce retour, faisant fi de l’évolution de l’espace postsoviétique et des principes de base proposés par les médiateurs internationaux. Si pour certains ne pas avoir de pétrole donne des idées, pour d’autres avoir du pétrole abétifie.












Croire qu’en violant X fois par semaine le régime du cessez-le-feu, par des tirs de snippers, d’armes lourdes ou en lançant des commandos, tant sur l’Arménie que sur le Haut-Karabakh, l’Arménie va accepter ses conditions, est un calcul non seulement totalement erroné mais insensé. Cette région ne présente aucun avantage pour l’Azerbaïdjan, elle n’occupe ni une position stratégique ni ne regorge de richesses. Plutôt que négocier sur tout ou partie des sept districts entourant le Haut-Karabakh - alors que l’Arménie et la RHK seraient probablement prêtes à rendre sous réserve d’une paix véritable, des villes comme Djebraïl, Fizuli, ou Aghdam, qui sont des villes mortes occupées par des militaires, -, le potentat de Bakou risque de tout perdre, voire plus encore, pour une histoire d’amour-propre mal placé.

Monsieur Aliev refuse tout compromis car cela doit signifier pour lui perdre la face et donc le pouvoir, aussi il compte bel et bien attaquer non pas l’Arménie à cause des accords militaires arméno-russes, mais le Haut-Karabakh, puisque dans sa logique ce territoire fait partie de l’Azerbaïdjan et qu’il est persuadé que son surarmement va lui assurer la victoire, et qu’il sera aidé par le grand frère ottoman, voire par des islamistes de tous poils (comme c’est le cas actuellement en Syrie). Seulement c’est oublier un peu vite l’agitation et les tensions qui règnent déjà dans la région et qu’ajouter un nouveau front ne sera certainement pas du goût des grandes puissances, Moscou en tête.


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Traductions

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Tournée d’inspection

"L'Arménie a renforcé ses fortifications militaires le long de sa frontière N-E avec l'Azerbaïdjan où des combats meurtriers se sont déroulés en Juin. Le ministre de la Défense, Seyran Ohanian, a s’est rendu mercredi dans la province de Tavouch, sur la bordure Ouest de l'Azerbaïdjan, pour inspecter ‘les travaux de construction’ réalisés sur les premières lignes de front, et vérifier ‘la fiabilité des fortifications’.


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Les Arméniens restent toujours des ‘têtes de turcs’ en Turquie

Le ministre de l'Intérieur turc, Idris Naim Şahin, a publié une déclaration, affirmant que "170 terroristes du PKK ont été tués récemment, et que parmi il y avait des citoyens arméniens, iraniens, syriens, irakiens et israéliens."


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Syrie (extraits de presse)

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton était en Turquie samedi pour des entretiens avec des responsables turcs - le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le président Abdullah Gul et le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, et des militants de l'opposition syrienne, en vue de préparer une transition démocratique dans une Syrie post-Assad, selon des responsables américains.

 
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Syrie (La vision de la DGSE)
 

La communauté internationale n’est pas unanime sur ce qui convient de faire en Syrie. Si Paris marche dans les pas de Washington, cela ne signifie pas que tous les français sont d’accord avec cette position. Ainsi Alain Chouet, ex-directeur de la DGSE, nous donne une vision différente des événements.

"Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd'hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues [1] à contre courant d'une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d'opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d'un Internet auquel n'a accès qu'une infime minorité de privilégiés de ces sociétés. Une fois passé le bouillonnement libertaire et l'agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l'évidence."
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Le coin des politiques

* Grigory Karasin (Russie)

La Russie espère que les années 2012-2013 verront des progrès sensibles se réaliser dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh, suite aux activités des médiateurs du groupe de Minsk de l'OSCE.


* Jonathan Hecht (Etats-Unis)

Les Etats-Unis en tant que pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, comptent poursuivre les travaux avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour arriver à un règlement pacifique, stable et équitable du conflit du Haut-Karabakh.


* Abbas Araghchi (Iran)

L'Iran s’est dit prêt à plusieurs reprises, à contribuer au règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh. Le Vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré :


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Extrait de PanArmenian, de Armenpress et de News.am




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