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samedi 13 octobre 2012

L’Azerbaïdjan n’en peut plus d’attendre


 

Traductions et commentaires de Gérard Merdjanian

 

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Commentaires

 

A l’inverse de la France où le dicton «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué» est toujours opérationnel, l’Azerbaïdjan a opté pour la démarche contraire.

 

Ce n’est pas nouveau, tous les dirigeants azéris le répètent depuis plusieurs années, le groupe de Minsk de l’OSCE est à bout d’arguments, si une solution pacifique [conforme à leurs vœux] n’est pas trouvée rapidement, une autre option sera choisie. Avec le temps et le
surarmement intensif, la question n’est plus de savoir ‘si’ guerre il y aura, mais ‘quand’. Difficile de répondre clairement à cette question, car plusieurs paramètres entrent en jeu.

 

Tout d’abord, Bakou fera tout pour provoquer les Arméniens, en commençant par des incursions à travers la ligne de contact avec le Karabakh, et poursuivant en bombardant des villages arméniens proches de la frontière arméno-azérie, et les forcer à ouvrir les hostilités. Le but est d’éviter d’être l’agresseur aux yeux de la communauté internationale. Passé cette étape, Aliev en tant que victime attaquera le Karabakh, vu que c’est une terre ‘azerbaidjanaise occupée’ par l’Arménie. Comme l’Occident ne bougera pas autrement qu’en paroles et que l’Iran a d’autres chats à fouetter, quel sera le comportement de la Turquie et surtout de la Russie ?

 

A priori, la Turquie ne désire pas créer une guerre arméno-azérie sachant pertinemment les conséquences que cela entrainera sur les conduits énergétiques, elle fera son possible pour refréner les débordements du petit frère, et ce d’autant qu’elle risque fort de se trouver elle-même entrainée dans la tempête syrienne. Déjà qu’Ankara est en froid avec Moscou, mettre son nez dans le conflit du Karabakh ne ferait qu’empirer les choses et déclencherait à coup sûr l’intervention de la Russie autrement qu’en parole. Un conflit russo-turc étant inimaginable, Ankara se contentera donc d’apporter un soutien matériel et logistique à Bakou.

 

Quant à la Russie, une guerre arméno-azérie, bien que non-désirée, lui donnerait un bon prétexte, suite aux accords militaires avec Erevan, pour intervenir directement dans le conflit. Elle réglerait du même coup ses différends avec Bakou sur les transports énergétiques, les partages des eaux territoriales de la Caspienne, le problème de la station-radar de Gabala mais surtout la rapprocherait du théâtre des opérations du Moyen-Orient, ce qui est loin d’être négligeable sur le plan géostratégique.

 

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La politique étrangère française quand elle s’applique à l’Union européenne amène déjà de nombreuses interrogations quant à la ligne suivie, souvent différente de celle annoncée par le candidat François Hollande, aussi, quand on sort de l’Europe, elle devient complètement insipide, pour ne pas dire inexistante. La France est devenue le godillot des Etats-Unis, notamment au Moyen-Orient. Il suffit que le Département d’Etat indique qui sont les ‘gentils’ et qui sont les ‘méchants’, pour que le Quai d’Orsay s’engouffre dans la brèche. Plus aucun discernement, plus aucune analyse en profondeur.

 

Que Washington veuille briser toutes les velléités susceptibles de contrecarrer ses ambitions dans la région, surtout si elles mettent en danger la politique expan-sionniste d’Israël, faisant fi pour cela des droits de l’homme et des libertés dans les pays du Golfe, on peut le comprendre même si l’on n’est pas d’accord. Mais quel est l’intérêt de la France dans ce jeu de dupes ! Paris a choisi de jouer les apprentis sorciers en Syrie, sans s’inquiéter des conséquences sur le devenir des populations et des ethnies qui la composent. L’exemple de l’Irak n’a servi à rien.

 

Et c’est dans le même état d’esprit que Paris mène sa politique au Sud-Caucase, y compris en tant que coprésident du Groupe de Minsk de l’OSCE, ne voyant dans cette région qu’une source d’approvisionnement d’énergies fossiles. Les dernières démarches en sont la preuve, que ce soit un magnifique N° hors série du magazine‘Echanges Internationaux’, la réception du potentat Ilham Aliev, l’inauguration avec ce dernier de la salle ‘islamique’ du Louvre, l’ouverture officielle du Centre culturel azerbaidjanais, ou plus récemment le discours de Mme la députée Rachida Dati à Bakou.

 

Il serait peut-être temps que les éternels vice-co-présidents du CCAF revoient leur copie vis-à-vis du gouvernement français.

 

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Traductions – revue de presse

 

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APCE

 

"La majorité des membres de l'APCE ont soutenu la position de l'Arménie lors du débat de l'Assemblée sur le cas du tueur à la hache azéri, Ramil Safarov, critiquant la promotion par Bakou de la xénophobie. Même les députés hongrois ont condamné la libération du criminel, critiquant le gouvernement de leur pays pour la bévue commise," a indiqué le chef de la délégation arménienne, David Haroutiounian.

 


 

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Langue de bois et brosse à reluire

 

"Quel que soit le président français, les liens avec l'Azerbaïdjan seront toujours à un niveau élevé. Le fondement des relations entre les deux pays est fort, lesquelles vont se développer encore plus," a déclaré la députée Rachida Dati qui assistait à la table ronde ‘multiculturalisme dans la vie sociale’ au deuxième Forum international humanitaire de Bakou, des 4 et 5 Octobre.

 


 

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OSCE-AP

 

Au deuxième jour de la session d'automne de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, le chef de la délégation arménienne, Ardachès Keghamian a accusé l'Azerbaïdjan d’être l’auteur des massacres de Khodjali, ainsi que l’héroïsation du meurtrier Ramil Safarov.

 


 

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Serge Sarkissian précise ses craintes

 

Dans une interview à Reuters, le Président Serge Sarkissian a déclaré que l'Azerbaïdjan accumulait une ‘quantité effroyable’ d’armes, alors que l'Arménie veut régler pacifiquement le conflit. Et d’ajouter :

 
Suite

 

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Aéroport de Stépanaguerd

 

Comme l’a déclaré le porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, l'ouverture de l'aéroport de Stépanaguerd est en contradiction avec les conventions internationales, en particulier avec la Convention de Chicago sur l'aviation civile.

 

 
 

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Brève de Turquie

 

"La Turquie soutiendra toujours l'Azerbaïdjan sur le problème du Haut-Karabakh. Tout au long de l'histoire, la Turquie a lutté contre l'injustice, quel que soit le pays, cela a été enregistré," a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

 

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Sondage en Azerbaïdjan

 

Selon le site Mediforum, un sondage auprès des Azerbaidjanais donne l'Arménie est en tête de la liste des Etats hostiles à l'Azerbaïdjan, tandis que la Turquie est en tête des pays amis. Ainsi :

 

 

 
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de Times.am, de Today.az et de News.az

 


 

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