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lundi 14 décembre 2015

Turquie-Azerbaïdjan : même combat, même méthode


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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Pourquoi se retenir quand en face on a des timorés ?

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan joue sur du velours.

L’Union Européenne le caresse dans le sens du poil, empêtrés qu’elle est avec les réfugiés. Depuis 10 ans la Turquie frappe hypocritement à sa porte sachant pertinent qu’elle n’est pas prête de s’ouvrir. En attendant des milliards d’euros pleuvent sur Ankara que ce soit pour aider à une hypothétique adhésion ou plus récemment pour retenir les réfugiés sur son sol.

Quant aux Etats-Unis, non seulement Ankara fait partie de l’OTAN mais reste, du moins officiellement, l’allié fidèle de Washington dans la région au même titre qu’Israël. Aussi quel que soit le locataire de la Maison Blanche, les exactions commises par les dirigeants ottomans sont allègrement couvertes, voire justifiées surtout lorsqu’il s’agit de la Russie. La géopolitique ne se soucie pas des libertés ou des droits de l’homme.

Fort de ces soutiens, Erdoğan peut se permettre de franchir allègrement la ligne rouge en soutenant économiquement l’Etat islamique, en fomentant des attentats meurtriers contre la minorité kurde par Daech interposé, en envoyant des soldats turcs sur le sol irakien (Cf. article du Figaro). Et comme tout cela ne suffisait pas, il bombarde le PKK en Irak et en Syrie au motif de combattre l’EI, avec le point d’orgue : abattre un chasseur russe, à la frontière syrienne.

L’exemple venant de haut, le petit frère azéri marche dans ses pas.

Fort de l’impunité exercée par les pays coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE, le président İlham Heydər oğlu Əliyev multiplie les violations du cessez-le-feu, que ce soit à la frontière avec l’Arménie ou à la ligne de contact avec le Karabakh. Et quand approche une réunion ou une visite importante, ce qui est le cas prochainement, les tirs s’intensifient avec l’emploi de nouvelles armes. Ainsi, les Azéris ont commencé par des tirs de snippers, puis sont passés aux lance-grenades, et en 2015 a vu arriver les mortiers, les cannons anti-aériens, et pour terminer par des tirs à partir de blindés. Si on ne stoppe pas ce docteur Folamour, il ne se gênera pas pour utiliser des missiles ou pire déclencher les hostilités sur une grande échelle.

Le despote de Bakou aurait tort de se priver. L’argent permet énormément de choses, à commencer par graisser la patte de certains élus européens, à soudoyer des organisations internationales sous des airs de bienfaisance, à acheter des clubs sportifs, et bien évidemment investir à l’étranger les profits de la famille Aliev. Sortir des déclarations génériques sans désigner personne et n’exercer aucune pression ne risquent pas d’effrayer le potentat, d’autant qu’il a la haute main sur les robinets énergétiques.

Cette situation risque fort de perdurer encore un bon bout de temps, les Occidentaux adorent se gargariser de belles paroles mais lorsqu’il s’agit de passer aux actes les tergiversations prennent le pas. Sauf lorsqu’on touche aux approvisionnements énergétiques ou que l’on se défend contre les attentats terroristes. Les potentats régionaux ont encore de beaux jours devant eux.

Comme disait Georges Bernanos : “Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d'être hypocrites que les dictatures d'être cyniques.”

 

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Traductions – revue de presse

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OSCE

Le 22e Conseil ministériel de l'OSCE s'est terminé. Plus d'une dizaine de programmes ont été débattus. Edouard Nalbandian représentait l'Arménie.

Le président en exercice de l'OSCE, Ivica Dačić, qui est également vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Serbie, s’est félicité de la bonne tenue du Conseil et des
 

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Relations Arménie-UE

Edouard Nalbandian et le Haut-Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-présidente de la Commission, Federica Mogherini, ont annoncé le lancement des négociations sur un nouvel accord-cadre entre l'Arménie et l'Union européenne. Le ministre a déclaré en substance :


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Turquie

Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré que son pays peut se passer de l'approvisionnement énergétique de la Russie, en faisant appel à d’autres fournisseurs comme le Qatar ou l'Azerbaïdjan pour le pétrole et le gaz.

Après les sanctions antiturques de la Russie en réponse au chasseur-bombardier Su-24 abattu, Ankara a lancé des pourparlers avec
 
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Arménie

«Par ses déclarations sur la libération des territoires, Ankara souligne une fois de plus son soutien à Bakou afin d’en tirer des bénéfices en retour,» a déclaré le Vice-président du Parlement arménien et porte-parole du parti républicain d'Arménie (RPA) Edouard Sharmazanov, commentant les propos d’Ahmet Davutoğlu sur le Karabakh.

 

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Etats-Unis

«Les Etats-Unis appellent les parties en conflit à prendre toutes les mesures pour éviter la violence et pour améliorer l'atmosphère des négociations,» a déclaré le porte-parole du Département d'Etat John Kirby.


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Le coin des analystes et des observateurs

Stephen Blank, qui est analyste senior au Conseil de politique étrangère des Etats-Unis, estime que le conflit du Haut-Karabakh ne peut être résolu uniquement que si les Etats-Unis participent plus activement dans le processus de règlement.

Selon l'analyste, une telle perspective est devenue
 
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, ainsi que de la presse française.


 

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