Turquie : Les ennuis n’arrivent jamais seuls




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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

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Commentaires

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«Zéro problème avec les voisins» disait Ahmet Davutoğlu en 2009 à l’époque où il prônait le néo-ottomanisme et signait les protocoles arméno-turcs en tant que ministre des Affaires étrangères. En plus de la grosse boulette d’abattre un chasseur bombardier russe sur la frontière syrienne, probablement avec le feu vert de Washington, voilà que les dirigeants turcs veulent imposer leur point de vue à leur allié outre-Atlantique, à savoir : «Tous les Kurdes sont des terroristes en puissance». Problème : Washington, très complaisant à l’égard des dictateurs, des potentats et autres oligarques, du moment que cela sert leurs intérêts, a une fâcheuse tendance à soutenir toute organisation qui se bat contre l’ennemi commun du moment - l’Etat islamique ; et accessoirement si cela peut gêner la Russie, encore mieux.

Ce n’est pourtant pas la faute d’Erdoğan qui a tout fait pour accuser les Kurdes, urbi et orbi, au vu des attentats commis sur son sol(1), dont certains laissent fortement à douter quant à leur auteur. La manipulation n’est pas l’apanage des Occidentaux, et les Services spéciaux turcs (MIT) sont loin d’être des débutants.

Depuis un siècle, l’injure suprême pour un Turc, consistait à traiter son antagoniste «d’Arménien», après avoir copieusement insulté son ascendance. Depuis quelques temps, et surtout depuis la victoire du HDP en juin dernier - jugulé six mois plus tard, les Kurdes ont été rabaissés au rang d’Arméniens et subissent les mêmes brimades en milieu urbain, et quasiment en état de siège dans les provinces anatoliennes.

Mais attention, toutes les minorités ne peuvent pas avoir un député comme Markar Essayan, fer de lance de sa communauté,  qui "défend  les droits des Arméniens" bec et ongle au sein du parti islamiste AKP ; jusqu’à aller voter le retour du Haut-Karabakh dans le giron azerbaidjanais. Si, si ça existe !

Vu le raté de la première formule, il va falloir que le Premier ministre en sorte une nouvelle, du style : «Zéro problème avec nos partenaires». En fait depuis les rêves néo-ottomanesques de l'AKP, le gouvernement doit faire face à plusieurs problèmes, y compris avec ses alliés. Mais c'est très difficile pour un islamiste de mettre de l'eau dans son vin.
 
Quant à Recep Tayyip comme d’ailleurs son ami İlham Heydər oğlu, l’engrenage de la violence semble être leur nouvel axe de travail.

 

(1)        : Diyarbakir, février 2016 : Six soldats turcs tués par l’explosion d’une bombe au passage d’un véhicule de l’armée le long d’une route de la région de Diyarbakir. L’explosion a aussi fait de nombreux blessés.
Ankara, février 2016 : Explosion à la voiture piégée, qui a fait au moins vingt-huit morts et soixante-et-un blessés dans le centre-ville d’Ankara, à trois cents mètres du quartier général des forces armées et à cinq cents mètres du Parlement. Un groupe baptisé les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) a revendiqué l’attentat.
Cinar, janvier 2016 : Un policier et cinq civils, dont trois enfants tués et trente-neuf autres blessés dans un attentat à la voiture piégée visant le commissariat central de Cinar, dans le sud-est du pays. Le PKK a revendiqué l’attentat et s’est excusé pour la mort des civils.
Istanbul, janvier 2016 : Un kamikaze tue onze touristes, dont dix Allemands dans le centre historique d’Istanbul, non loin de la basilique Sainte-Sophie. L’auteur est membre de l’organisation Etat islamique (EI).
Ankara, octobre 2015 : Cent trois personnes tuées et plus de cinq cents blessés dans une double attaque suicide devant la gare principale d’Ankara, le 10 octobre, lors d’une manifestation pro-kurde. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, est attribuée par les autorités à l’EI.
Suruç, juillet 2015 : Trente-quatre personnes perdent la vie dans le sud-est alors qu’elles s’apprêtaient à participer à la reconstruction de la ville de Kobané, en Syrie. L’attaque est attribuée à l’EI.
Diyarbakir, juin 2015 : En pleine campagne législative, une double explosion fait deux morts lors d’un meeting du leader du parti pro-kurde HDP.

 


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Traductions – revue de presse

Extrait des sites arméniens Radiolour, PanArmenian, News.am, des sites azéris News.az, Trend, APA, ainsi que des sites turcs Zaman et Hurriyet

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Arménie

Le 15 février le représentant permanent de l'Arménie à l'ONU, l'Ambassadeur Zohrab Mnatsakanian a fait une déclaration lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur le «Respect des principes et des objectifs de la Charte des Nations-Unies comme un élément clé pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales».

()… L’Ambassadeur a noté que l'histoire de l'humanité a en effet été marquée par les conflits, les conquêtes et les guerres ; Pourtant, la même histoire se poursuit avec les peuples opprimés luttant pour leur liberté, l'autodétermination et l'indépendance. Il a rappelé en outre que
 

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Artsakh

La Mission de l'OSCE a effectué une surveillance prévue de la ligne de contact entre la RHK et l'Azerbaïdjan au Nord de Mardakert.

Côté Karabakh, le suivi a été piloté par Yevgeny Sharov (Ukraine), Khristo Khristov (Bulgarie) et Peter Svedberg (Suède).

Côté Azerbaïdjan, ce sont l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk (Pologne) et Jiri Aberle (République tchèque) qui ont conduit la mission.

Aucune violation du cessez-le-feu n’a été relevée

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Russie

«La question de la modification du format universellement reconnu du règlement du conflit du Haut-Karabakh doit être décidée par les parties elles-mêmes, mais la Russie ne voit aucune nécessité de le faire pour eux,» a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

«Il est nécessaire de travailler activement et de contribuer à faire progresser la résolution de la question dans ce format.

Le format actuel a été approuvé, et il est largement reconnu et efficace à bien des égards. Bien sûr, tout le monde voudrait avoir de meilleurs résultats, mais ce format fonctionne.

Si besoin était de tenir éventuellement des réunions dans un format plus étendu aux fins de règlement, nous sommes prêts à prendre part à ces réunions en tant que membres du groupe de Minsk," a conclu la porte-parole.

Cette remarque vient du fait que la ministre des Affaires étrangères suédois, Margot Wallström, avait déclaré à Bakou que la Suède propose de convoquer une réunion élargie du groupe de Minsk de l'OSCE pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh.

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Azerbaïdjan

Au budget 2016, les crédits militaires ont été augmentés de 21,3 % pour atteindre 1,34 milliard $, répartis comme suit :
-      1,27 milliards (+21,3 %) pour les forces de défense,
-      65,3 millions pour la sécurité nationale,
-      1,45 millions pour les recherches dans les domaines de la défense et de la sécurité,
-      1,8 millions en réserve.

(…)

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a refusé d'examiner en priorité l'appel des citoyens azerbaïdjanais Dilham Askerov et Shahbaz Guliyev, condamnés en Arménie respectivement à perpétuité et à vingt-deux ans au motif :


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Turquie

Les présidents Barack Obama et Recep Tayyip Erdogan ont eu une conversation téléphonique.

Le président américain a déclaré que l'avance de l’Unité de Protection Populaires (YGP), l'unité armée des Kurdes syriens, est une source de préoccupation. Toutefois, il n’a pas qualifié l’YGP d’organisation terroriste, vu qu’il reste un partenaire efficace dans la lutte contre l’Etat islamique.

En outre, les dirigeants des deux pays ont estimé que


 

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Extrait de sites arméniens Radiolour, PanArmenian, News.am, de sites azéris News.az, Trend, APA, ainsi que de sites turcs Zaman et Hurriyet