L’Union européenne au Sud Caucase


 

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Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

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Début mai se tenait à Erevan le conseil de la Communauté politique européenne (CPE). Début juillet, seuls les dirigeants de la Commission européenne se sont déplacés avec un périple plus large et des subventions plein les bras, mais pas pour tout le monde.

 

Après un passage rapide en Turquie, où rien de nouveau ne s’est passé, si ce n’est que la Turquie est toujours partante pour adhérer à l’Union européenne. Le problème reste que les négociations sont gelées depuis juin 2019 suite au coup d’Etat manqué de l’année précédente et à la répression qu’il s’en est suivi. A ce jour, sur les 35 chapitres à satisfaire pour être membre de l’UE, 16 ont été ouverts, et un seul a été validé et fermé.

 

Bien que les relations UE-Azerbaïdjan ne soient pas au top sur le plan politique, il n’était pas question de ‘zapper’ l’étape azérie. Trois raisons principales à cela. 1- L’UE a besoin de Bakou pour réaliser la connectivité de la région ; 2- L’UE tient au maintien de la paix ; 3- Suite aux sanctions contre la Russie, l’Azerbaïdjan est devenu un fournisseur d’hydrocarbures fiable. Les remarques désobligeantes des parlementaires européens envers le gouvernement azerbaidjanais, contenues dans leur résolution d’avril 2026, n’ont pas grande influence pour l’exécutif européen. Le jugement moral est une chose, les affaires en sont une autre. Dans nombre de cas l’exécutif prime sur le législatif.

 

Pour Nigol Pachinian et son équipe c’est Noël avant l’heure. Après avoir été félicité par quasiment tout le monde, y compris par la Turquie, pour sa victoire aux élections législatives du 7 juin, voici maintenant les retombées financières. On notera toutefois que seuls la Russie et l’Azerbaïdjan n’ont pas envoyé de messages. Le premier, parce qu’un froid s’est installé dans les relations arméno-russes depuis la guerre de 44 jours de 2020, empiré avec le CPE de mai dernier. Le second, parce que l’accord de paix n’est pas encore signé, et que Erevan a encore des conditions à remplir pour satisfaire Bakou.

 

Les génuflexions de Nigol Pachinian sont insuffisantes pour Ilham Aliev, et les millions qu’il va recevoir de l’UE ne suffisent pas à calmer son ressenti envers les Arméniens. Il suffit pour cela de lire les communiqués émanant de son ministère des Affaires étrangères et/ou d’écouter les propos tenus par ses conseillers. Il ne se passe pas une semaine sans que l’Arménie soit dénigrée pour ce qu’elle fait, ce qu’elle a fait – récemment ou dans le passé, mais également sur ce qu’elle risque de faire, si on ne prend pas les devants. D’où un budget de la défense conséquent, idem d’ailleurs pour l’Arménie.

 

On ne peut clore la tournée du staff européen au Sud Caucase sans citer le troisième pays caucasien : la Géorgie.

 

Rappelons que suite à la ligne de conduite adoptée par le gouvernement géorgien, qui allait à l'encontre des valeurs et des principes fondateurs de l'UE - violences à l'encontre des manifestants pacifiques, des personnalités politiques et des représentants des médias, le processus d'adhésion de la Géorgie a été interrompu de facto en 2024. De surcroit, le gouvernement géorgien a décidé de suspendre le processus d'adhésion de son pays à l'UE jusqu'en 2028.

 

On comprend l’empressement de l’UE de ne pas voir le même phénomène se reproduire en Arménie si les élections législatives avaient tourné au désavantage de Nigol Pachinian. Avec un gouvernement soi-disant pro-russe.

 

 

Le génocide des Arméniens

Alors que personne ne s’y attendait, Israël a jeté un pavé dans la mare. Il a reconnu le 28 juin, le génocide des Arméniens perpétré par le gouvernement Jeunes Turcs en 1915-1916.

 

Il n’en fallait pas plus pour réveiller le gouvernement négationniste turc, qui ne dort que d’un œil dès qu’on aborde le sujet. Donc, logique que Recep Tayyip Erdoğan s’exprime juste après que son ministère des Affaires étrangères soit monté au créneau. On remarquera que l’un comme l’autre ne parle pas de ce que leurs prédécesseurs ottomans ont commis, mais de ce que Israël a commis à Gaza et aux Palestiniens en général.

 

Mais là où l’on pensait que l’un pouvait s’exprimer, sans que l’autre y ajoute son grain de sel, était une erreur de jugement. En fait, une demi erreur. Rappelez-vous : « Une nation, deux Etats » avait dit le père d’Ilham Aliev, Haydar Aliev. Donc tout ce qui arrive à la Turquie concerne l’Azerbaïdjan, et vis et versa. Etonnant toutefois que Bakou s’en prenne à son allié militaro-industriel. Ma foi, entre le cœur et la raison, le choix est vite fait quand il s’agit des Arméniens.

 

Avec pour le bey de Bakou un petit plus concernant l’utilisation du mot Arménie et/ou Arménien. Ce vocable déclenche chez lui et dans son aréopage une hystérie ; hystérie qui se calme après qu’ils aient déversé tout ou partie de ce qu’ils ont sur le cœur depuis les années 1900. Que cela soit vrai ou pas, l’important c’est de marquer le coup. Exemple :

 

Comme ils n’ont pas participé directement au génocide de 1915, le ministère azéri a sorti de ses archives une histoire de génocide, à savoir le génocide perpétré en mars 1918, par les Arméniens contre les Azéris. Sans oublier bien sûr le ‘génocide’ de Khojaly de février 1992, imputé là aussi aux Arméniens, même si nombre de témoignages prouvent le contraire.

 

Décidément à mettre le terme ‘génocide’ à toutes les sauces, on se demande s’ils connaissent exactement la définition de ce mot. Si leurs dictionnaires ne sont pas à jour, il y a toujours le texte de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » adoptée par l’ONU en décembre 1948.

 

Depuis qu’il y a un préaccord de paix entre les deux pays caucasiens, on se demande ce que ce genre de déclaration azérie peut apporter pour de futures relations pacifiques ? Quant à Nigol Pachinian, selon sa bonne habitude, ne rien dire ou ne rien faire qui puisse fâcher le tandem turco-azéri.

 

 

 

 

 

 

 

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Traduction


Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne


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Arménie

 

Après Ankara mardi, Bakou mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est dite ravie de revenir si tôt dans la capitale arménienne, saluant les récentes élections parlementaires du pays comme une démonstration de la force de la démocratie arménienne.

 

Elle a réaffirmé le soutien de l'Union européenne à l'Arménie, au programme de réformes, soulignant les progrès démocratiques du pays et son engagement en faveur des réformes lors de sa visite à Erevan.

 

« Les récentes élections ont une fois de plus démontré la force de la démocratie arménienne. L’Arménie poursuit ses réformes et se rapproche de l'Europe ».

Suite

 

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Union européenne

 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a partagé sur son compte de réseau social une vidéo consacrée à sa visite en Azerbaïdjan et en Arménie ; dans laquelle elle déclare en substance :

 

« La paix… en construisant des ponts entre les pays et les peuples. Au sens propre comme au sens figuré ! J'ai annoncé un programme de 200 millions d'euros intitulé “La paix par la connectivité” pour le Caucase du Sud. Pour une région en paix, connectée et prospère. »

 

(…)

 

De son coté, dans un message publié sur X, la commissaire européenne à l'élargissement, Marta Kos, a déclaré :

 

« Je reviens tout juste de Turquie, d'Azerbaïdjan et d'Arménie, où nous avons franchi une nouvelle étape dans notre travail sur la connectivité. Cela peut contribuer à instaurer une paix durable dans le Caucase du Sud tout en diversifiant les routes commerciales et énergétiques entre l'Europe et l'Asie. Développer et renforcer la connectivité sont indissociables et contribuent à la stabilité, à la prospérité et à la sécurité de l'Europe. »

 

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Turquie-Azerbaïdjan

 

Lors d'une allocution télévisée à l'issue d'une réunion du gouvernement turc, el président Recep Tayyip Erdoğan a dénoncé la décision d'Israël de reconnaître le génocide arménien, la qualifiant de calomnie.

 

« Les responsables des crimes commis contre des civils dans la bande de Gaza tentent de dissimuler leurs actes par la calomnie, notamment par des accusations dirigées contre la Turquie.

 

Nous rejetons catégoriquement les calomnies proférées contre notre pays par un réseau criminel dont les mains sont tachées du sang de 75.000 innocents à Gaza, principalement des enfants et des femmes.

Suite



 

 

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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne

 

 

 

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