Arménie - Azerbaïdjan : Deux conceptions du bon voisinage

 


 

***

 

Commentaires et Traductions de Gérard Merdjanian

 

***

 

Commentaires

 

***

 

Bien évidemment aucun traité de paix n’a été signé à la date anniversaire du Sommet de Washington du 8 août 2025, qui a vu se congratuler trois dirigeants. Le premier parce qu’il a pris ses désirs pacifistes pour des réalités, le second parce qu’il voit se réaliser son rêve séculaire, et le troisième parce qu’il y a de l’argent à se faire,

 


Ainsi, le Premier ministre arménien Nigol Pachinian est persuadé de voir arriver une 
colombe (azérie) avec un rameau d'olivier dans le bec.



Le président azerbaidjanais Ilham Aliev, lui, compte bien déplumer l’alouette (arménienne) au bec grand ouvert.



Quant au magnat américain, il attend les retombées financières de sa « Route » et des contrats passés avec les deux antagonistes.

 


Depuis un an, seuls progressent les travaux préliminaires de la Route Trump pour la Paix et la Prospérité Internationales (TRIPP) parallèlement aux bretelles routières et voies ferrées. Si sur le plan économique on ne peut que s’en féliciter, sur le plan politique il existe de nombreuses zones d’ombre que Bakou s’empresse de combler à son avantage. Dans ce domaine, rien n’a bougé, voire même a empiré.

 

La réélection de Nigol Pachinian à la tête du gouvernement, lui a donné des ailes pour continuer sa politique envers ses voisins, se détachant de plus en plus de la Russie pour se rapprocher, voire coller à l’Union européenne. Pour le moment, l’argent qu’il perd d’un côté, est compensé par l’autre côté. Jusqu’à quand, et pour quels montants ? Le tout accompagné d’une promesse d’adhésion dans un avenir lointain.

La « gentillesse » de l’UE va jusqu’à fermer les yeux sur le comportement pas très démocratique du Premier ministre sur le plan intérieur. Les notions de droits humains ou de justice sont fortement écornées depuis sa volte-face à la réunion quadripartite lors du Sommet européen de Prague en octobre 2022, qui a vu l’abandon du Haut-Karabakh au profit de l’Azerbaïdjan.

 

Si Turquie se montre affable avec l’Arménie sur le plan économique, avec de belles promesses à la clé - conditionnées par la signature du traité de paix Erevan-Bakou, elle maintient toujours sa frontière fermée, depuis 1993. En résumé : pas de signature, pas de normalisation des relations.

 

Pour ce qui est de la signature du traité à proprement parlé, elle ressemble de plus en plus à la ligne d’horizon, car plus on s’en approche, plus elle s’éloigne.

 

Autant Ankara se montre diplomate, autant Bakou n’en a que faire. Non seulement son objectif final n’a pas changé – mettre la main sur "l’Azerbaïdjan occidental" mais toutes les occasions sont bonnes pour rabaisser Erevan. Et quand ce n’est pas possible, il s’en prend aux pays qui le soutienne, Paris en premier lieu, et plus largement l’Union européenne. Des exceptions toutefois, les pays avec lesquels Bakou est en affaire énergétique, comme l’Italie, la Hongrie ou l’Allemagne dernièrement.

On se souvient de la diatribe d’Ilham Aliev contre le Parlement européen parce que les députés avaient osé voter une nouvelle Résolution pro Arménie mais surtout dénoncé le comportement de son pays dans nombre de domaine. Quant à la France, elle est souvent prise à partie pour ses valeurs et fustigée pour ses possessions outremarines. La dernière leçon de morale concernant la motion pro-Artsakh votée par l’Assemblée de Corse, date de quelques jours.

 

()

 

Voilà que peu après la commémoration du 111ème anniversaire du génocide des Arméniens, l’Etat hébreu a rejoint les pays ayant reconnu ce génocide. Comme il fallait s’y attendre, Ankara s’est défendu d’un tel acte et a surtout accusé Tel-Aviv d’être lui-même un Etat génocidaire. On était habitué à entendre la Turquie nier les actes commis par ses ancêtres.

 

Passé la surprise de cette déclaration israélienne, on a vu apparaitre un nouveau venu sur le sujet : l’Azerbaïdjan. Tout l’aréopage azéri s’est levé comme un seul homme dès que Tel-Aviv a abordé la question du génocide des Arméniens.

 

Qu’elle mouche a piqué le gouvernement azéri pour qu’il monte aux créneaux et s’en prenne avec véhémence aux Arméniens, les accusant de tous les maux et de tous les « méfaits » possibles et imaginables ? Et comme cela ne suffisait pas, Bakou est directement intervenu auprès d’Israël pour qu’il retire le projet de loi de la Knesset !

 

Il faut dire que le mot ‘génocide’ est un terme galvaudé en Azerbaïdjan. Bakou est tellement obnubilé par les Arméniens et les batailles qu’ils ont mené, qu’il les accuse, en plus d’être des ‘nazis’, des ‘fascistes’, des ‘terroristes’, de …. génocidaires. Cela remonterait en mars 1918 lors des guerres d’indépendance des républiques transcaucasiennes. Auquel il faut ajouter le massacre de Khodjaly, imputé aussi aux Arméniens, alors que ce sont deux clans azerbaidjanais qui se combattaient pour le pouvoir lors de la première guerre du Karabakh.

 

Et qu’a pensé de tout cela Nigol Pachinian ? En homme exclusivement tourné vers l’avenir, il a déclaré : « Nous estimons qu’il est dans l’intérêt de l’Arménie de ne pas entrer dans le débat sur l’instrumentalisation du génocide arménien. Par conséquent, nous ne voyons pas la nécessité d’y répondre ».

 

Il aurait pu ajouter « I am the boss » mais Trump l’a devancé.

 

 

 

 

 

***

 

Traduction

 

***

 

Arménie

 

Le Premier ministre Nigol Pachinian s'est entretenu par téléphone avec le président Vladimir Poutine, au cours duquel les deux dirigeants ont discuté de l'agenda bilatéral arméno-russe, en mettant l'accent sur les défis affectant les relations économiques.

 

Selon le gouvernement arménien, Pachinian a souligné que les restrictions imposées à l'exportation de produits d'origine arménienne vers le marché russe contreviennent au cadre juridique et contractuel régissant les relations arméno-russes, ainsi qu'aux règlements de l'Union économique eurasiatique (UEE). Il a demandé au président russe de prendre des mesures pour résoudre ce problème.

 

Évoquant la possibilité d'un référendum en Arménie sur l'adhésion à l'Union européenne, mentionnée dans la déclaration commune adoptée le 29 mai par les dirigeants de quatre États membres de l'UEE, Pachinian a déclaré 

Suite


***

 

Russie

 

« La paix et la stabilité dans le Caucase du Sud sont primordiales pour nous. Comme par le passé, nous sommes prêts à apporter l’aide nécessaire à la normalisation complète des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, notamment en ce qui concerne la conclusion d’un traité de paix, la délimitation des frontières et le déblocage des voies de communication. Les feuilles de route pour ces processus sont contenues dans les déclarations trilatérales signées par les dirigeants de la Russie, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan entre 2020 et 2022 », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères avant la visite officielle à Moscou du 

Suite


***

 

Turquie-Azerbaïdjan

 


La Turquie a entamé les travaux de restauration de la section ferroviaire Akyaka-Gyumri, a annoncé le maire d'Akyaka, Erguder Toptaş.

 

Les travaux devraient être achevés d'ici deux à trois mois. Toutefois, dès que les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan seront normalisées, aucun obstacle n’empêchera la réouverture de la frontière entre l'Arménie et la Turquie. La Turquie maintient sa frontière avec l'Arménie fermée depuis 1993, début du blocus.

 

De même, sur instruction du président turc et sous la coordination du ministère des Transports, les travaux ont déjà commencé pour préparer les postes de contrôle frontaliers et l'infrastructure ferroviaire en vue de

Suite


***

 

Le coin des analystes

 


Génocide arménien,
extrait du quotidien israélien Maariv.

 

La décision du gouvernement israélien de reconnaître officiellement le génocide arménien a été approuvée à l'unanimité fin juin, mais le vote à la Knesset n'a jamais eu lieu suite à des manœuvres politiques et diplomatiques en coulisses. Contrairement aux analyses affirmant que le blocage de la décision était dû à une intervention directe du cabinet du Premier ministre, le rôle déterminant dans ce processus a été joué par les partis ultra-orthodoxes, qui ont agi à la Knesset après des appels de représentants azerbaïdjanais.

 

Le 28 juin, le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité la proposition du ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, visant à reconnaître officiellement le génocide arménien. La résolution gouvernementale stipule que l'État d'Israël reconnaît le génocide perpétré contre le peuple arménien à la fin de l'Empire ottoman et 

Suite

 

 

 

 

*

**

***

 

 

 

Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA

 

 

Commentaires