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Commentaires
et Traductions de Gérard Merdjanian
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Commentaires
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C’est très bien de positiver et de voir systématiquement le verre à moitié plein. Le problème, c’est qu’il existe une seconde moitié, même si on évite d’en parler. Or les propos d’un chroniqueur, tout comme ceux de certains journalistes, c’est de parler des « trains qui n’arrivent pas à l’heure », à l’inverse des gouvernants et des autorités en général, qui mettent l’accent sur les « trains qui arrivent à l’heure ».
C’est le cas de la déclaration conjointe publiée à l'occasion du
premier anniversaire du Sommet de la paix du 8 août 2025. On reconnait tout de
suite la patte de Bakou dans le texte. Les passages comme : « l'Azerbaïdjan a levé
unilatéralement toutes les restrictions de transit concernant l'Arménie »,
ou bien
« le
Groupe de Minsk de l'OSCE et les structures connexes ont été dissous à la
demande conjointe de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan », signifient notamment pour le commun des mortels : qu’il
n’y a pas de liaison directe avec l’Arménie ; que le volume d’échanges
commerciaux pour le 1er quadrimestre entre Erevan et Bakou, s’est élevé à 9.646
millions de dollars en faveur de l’Azerbaïdjan, et à peine à 960 dollars pour
l’Arménie ; que le blocus est toujours présent. Quant à la dissolution du
groupe de Minsk de l’OSCE, cela signifie qu’aucune organisation internationale
ne peut mettre son nez sur ce qui se passe ou se passera au Karabakh. Ajoutons
à cela l’expulsion du CICR de l’Azerbaïdjan l’été dernier, non citée et pour
cause.
Quelques lignes de
consolation pour l’Arménie. Pachinian a réussi à faire insérer « Les États-Unis, l'Arménie
et l'Azerbaïdjan réaffirment leur soutien indéfectible à la souveraineté, à
l'intégrité territoriale et à la juridiction de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à
l'intérieur de leurs frontières internationalement reconnues ». Avec ce petit détail que seulement 13 km sur les
509 km que compte la frontière, ont été délimités depuis la création de la
commission mixte arméno-azérie et, que 208 km² du territoire arménien sont
toujours occupés par l’armée azérie. Certains appellent cela des « broutilles ».
Le dirigeant
arménien reconnaît tout de même que nombre de points sont loin d’être réglés « La démarcation de la frontière entre l’Arménie et
l’Azerbaïdjan n’a pas encore eu lieu. Nous sommes tous très préoccupés par la
détention de nos compatriotes en Azerbaïdjan. » Auxquels il faut ajouter la modification de la Constitution
de l’Arménie suivant les directives de Bakou.
Le Premier ministre à beau « sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe,
l’Europe ! » comme disait le Gal de Gaulle en 1965 pour critiquer
ses détracteurs, le comportement de Nigol Pachinian conforte essentiellement ses
aficionados, les investisseurs occidentaux, sans oublier le tandem turco-azéri.
Sur les conseils à peine intéressés des Européens, il fait tout pour se
détacher de la Russie, même si dans ses discours officiels il essaie de « courir
deux lièvres à la fois ». Force est de constater qu’un des deux « lièvres »
ne l’entend pas de cette oreille.
Depuis plusieurs mois Moscou met en garde Erevan sur ses choix
politiques et commence à serrer la vis sur le plan économique. L’Union
européenne arrive tant bien que mal à compenser les pertes, mettant ses espoirs
de retour sur investissements, tout comme les Etats-Unis d’ailleurs, sur la
mise en œuvre du corridor central et de la route Trump (TRIPP). De plus, tacler
la Russie n’est pas pour déplaire à Bruxelles.
Est-ce que pour autant les opposants à la politique de Pachinian
sont des « va-t-en guerre » ?
Pour le tandem turco-azéri cela ne fait aucun doute. Ainsi, toutes
les personnes ou organisations qui les ont combattus depuis plus d’un siècle,
jusqu’à récemment durant la guerre de 44 jours, qui continuent à tirer la
sonnette d’alarme sur les dérives autocratiques de ces deux pays, sont des terroristes,
des nazis, bref des ennemis à combattre. Rien à voir avec la docilité d’un
Pachinian.
Vu que l’Arménie ne peut plus intenter quoi que ce soit contre
l’Azerbaïdjan suite aux accords passés avec Bakou, l’une des activités des « opposants »,
surtout résidants à l’étranger, consistent essentiellement à porter à la
connaissance des institutions internationales le comportement de l’Azerbaïdjan
envers les prisonniers arméniens de Bakou et/ou les coups de canifs au futur
accord de paix. Tant et si bien que le parlement européen sort périodiquement
des Résolutions stigmatisant le comportement de Bakou envers les valeurs
démocratiques en général et les Arméniens en particulier. Une docilité de
Erevan vis-à-vis de l’extérieur qui tranche avec une répression accrue des
opposants à l’intérieur.
Pour le parti au pouvoir en Arménie (Contrat Civil), à commencer
par son chef, l’actuel Premier ministre, ces « opposants » sont des
nostalgiques de l’ancien régime, pas tant parce qu’ils seraient ‘pro-russes’ (?)
mais surtout parce qu’ils sont trop axés sur l’histoire d’une Arménie révolue -
c'est-à-dire d’avant 2020. Le virage pro-occidental de Pachinian de 2022 à
Prague, suivi de l’abandon du Haut-Karabakh, pour terminer par ses génuflexions
devant le tandem turco-azéri - appuyés par Donald Trump, y sont peut-être pour
quelque chose. Ajoutons également qu’être aux manettes gouvernementales est
grisant et permet des coups de canif aux règles démocratiques. Valeurs que l’UE
a reléguées au second plan, privilégiant son combat contre la Russie.
Reste deux autres catégories d’opposants : L’église
apostolique arménienne et la diaspora.
Pour la première, c’est avant tout une autorité morale. Rien à
voir avec un quelconque pouvoir temporel qui brigue le poste de Premier
ministre. Les propos de sa Sainteté le Catholicos font toujours référence à la
Bible et non à la Constitution de l’Arménie. Intenter un procès à son encontre
relève d’une inculturalité et d’une bêtise sans fond … pour ne pas dire plus.
Quant à la seconde catégorie, je fais référence aux descendants
des survivants du Génocide des Arméniens de l’empire ottoman. Rien à voir donc avec
les citoyens arméniens qui ont quitté leur pays pour des raisons économiques, y
compris les émigrés arméniens de Russie. Suite aux divers tribulations dans les
pays d’accueil, les Arméniens diasporiques se sont organisés en associations,
partis politiques, voir en ONG. Leur liberté de parole permet de dire haut et
fort ce qu’ils pensent des dérives du pouvoir en place et de ses actions envers
l’église apostolique arménienne.
Le moins que l’on puisse dire c’est que Nigol Pachinian n’est
pas en odeur de sainteté dans la Diaspora arménienne. Ce dont d’ailleurs, il
n’en a rien à faire, vu les millions de l’UE qui lui tombent dessus.
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Traduction
Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne
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8
août 2025
Les États-Unis, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont publié une déclaration conjointe à l'occasion du premier anniversaire du Sommet de la paix à la Maison Blanche. Voici le texte de cette déclaration :
Il y a un an, le président Trump accueillait à la Maison Blanche un sommet historique avec le président Ilham Aliev d'Azerbaïdjan et le Premier ministre Nigol Pachinian d'Arménie, au cours duquel MM. Aliev et Pachinian signaient la Déclaration commune pour la paix. En présence des trois dirigeants, le projet d'« Accord sur l'établissement de la paix et des relations interétatiques entre l’Arménie et l'Azerbaïdjan » était paraphé par les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais. En ce premier anniversaire, nous éprouvons une profonde fierté pour ce que nos pays ont accompli ensemble et une ferme détermination à consolider les fondements qui ont mis fin à des décennies de conflit et
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Arménie
Le Premier ministre Nigol Pachinian a adressé un message à l'occasion du premier anniversaire de l'établissement de la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à la suite d'une réunion trilatérale tenue à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 8 août 2025, à l'initiative et avec la participation du président américain Donald Trump.
« La page du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan est close et la paix est instaurée. Pour que cette paix soit irréversible, il est nécessaire de cesser de parler du droit au retour des Arméniens du Haut-Karabakh, du retour des réfugiés arméniens d'Azerbaïdjan en Azerbaïdjan et du droit au retour des Azerbaïdjanais occidentaux en Azerbaïdjan occidental (Arménie).
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Etats-Unis
À l'occasion du premier anniversaire du Sommet de la paix à la Maison Blanche, une réunion s'est tenue à Washington entre Vahan Kostanian, vice-ministre des Affaires étrangères par intérim d'Arménie, Elnur Mammadov, vice-ministre des Affaires étrangères d'Azerbaïdjan, et Allison Hooker, sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires politiques.
Vahan
Kostanian a vivement apprécié la contribution personnelle du président des
États-Unis d'Amérique, Donald Trump, tant à la convocation du Sommet de la paix
de l'année dernière qu'à la promotion de l'institutionnalisation de la paix
entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au cours de l'année écoulée.
Au
cours de la réunion, les participants ont échangé leurs points de vue sur les
évolutions positives réalisées à ce jour, les projets d'infrastructures
régionales et les mesures de confiance.
L'importance
de s'attaquer aux problèmes humanitaires existants a également été soulignée.
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Union
européenne
Le rapport annuel 2025 de l'Union européenne sur les droits de l'homme et la démocratie indique que l'Arménie a continué de faire progresser les réformes dans le secteur de la justice et a renforcé la protection des droits de l'homme, tout en soulignant les défis persistants liés à l'indépendance de la justice, à la responsabilité de la police, à la législation anti discrimination et au recours à la détention provisoire.
Le rapport, publié par le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), analyse la situation des droits de l'homme et de la démocratie dans le monde, en présentant des évaluations par pays des partenaires de l'UE. La section consacrée à l'Arménie souligne que le pays a mené un ambitieux programme de réformes tout au long de l'année 2025, tandis que les organisations de la société civile ont appelé à une mise en œuvre plus cohérente de ces réformes et à une plus grande
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Russie
Dans une interview accordée à l'agence TASS, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galuzin, a souligné la nature complexe des déclarations du Premier ministre Nigol Pachinian concernant un référendum sur l'adhésion de l'Arménie à l'Union européenne (UE) ou son maintien dans l'Union économique eurasienne (UEE).
L’article 205 de la constitution arménienne implique qu'un tel référendum sur l'adhésion aux organisations internationales supranationales doit être initié par le gouvernement arménien lui-même.
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Turquie-Azerbaïdjan
« La Turquie soutient les efforts visant à instaurer une paix durable entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Les processus en cours dans le Caucase du Sud affectent directement l'architecture de sécurité de la Turquie.
Il n’existe aucune menace commune. Aucun État ne sera ciblé tant qu’il ne représente pas une menace pour les pays signataires de l’accord de défense trilatéral entre la Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan. Cet accord n'est pas dirigé contre l'Iran ni contre aucun autre État », a déclaré
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Extrait de Radiolour, de PanArmenian, de News.am, de APA, et de l’Union européenne







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