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samedi 22 mai 2010

Arménie : Conférence scientifique "Caucase-2009"

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

Pour ce qui est du constat, tout le monde est à peu unanime. Déjà pour ce qui est des causes, les divergences commencent, quant à proposer des remèdes, dès qu'on sort des propositions généralistes, les dissensions apparaissent ; chacun mettant en avant ses intérêts tout en essayant de balayer devant la porte du voisin.

Toute la problématique réside dans le fait que lorsqu'on se trouve sur un poste ministériel et à plus forte raison à la tête de l'Etat, la majorité des déclarations et des promesses passent à la trappe face à la realpolitik. Et ceci est valable quel que soit le pays et quel que soit le gouvernement.

Pour en revenir au Caucase, et aux conflits ‘gelés' en particulier, tant que l'on ne prendra pas en compte la demande des peuples et/ou des minorités, si tant est qu'on les laisse s'exprimer, les situations de crises existeront, voire sous des formes exacerbées. L'Etat, un et indivisible, avec des frontières intangibles, est une notion à revoir sérieusement.

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La conférence scientifique "Caucase-2009" de deux jours a débuté aujourd'hui à Erevan. Elle a réuni des universitaires, des scientifiques, des politiciens et des journalistes de l'Arménie, la Géorgie, la Turquie, la Russie et les pays européens. La conférence est conduite par Alexander Iskandarian (Arménie), Onno Simmons (Commission européenne) et Vladimir Shkolnikov (Varsovie).

La conférence s'inscrit dans le cadre d'un projet sur le renforcement des capacités du débat politique en Arménie financé par l'Union européenne à hauteur de 180.000 euros. La conférence est également soutenue par l'Agence suisse pour le Développement et la Coopération, ainsi que la Fondation Heinrich Böll.

Les sujets portent sur le développement politique, social et économique du Nord et du Sud Caucase en 2009 ; la politique américaine, russe, européenne, et turque dans le Caucase en 2009 ; les États non reconnus et les conflits ethno-politiques dans le Caucase ; la sécurité régionale dans le Sud-Caucase.

Parmi les intervenants figurent Mitat Celikpala de l'Université TOBB Economie et Technologies (Ankara), Richard Guiragossian de l'ACNIS (Erevan), Magdalena Frichova Grono de Conciliation Ressources (Bruxelles), Ivlian Haindrava du Centre géorgien pour le Développement et la Coopération (Tbilissi), Alexander Krylov de l'Institut d'Economie mondiale et des Relations internationale (Moscou), Sergey Markedonov de l'Institut militaire et d'analyse politique (Moscou), Edouard Naghdalian de hebdomadaire Delovoy Express (Erevan). Le représentant de l'Azerbaïdjan n'a pas pu se rendre en Arménie ‘pour des raisons indépendantes de sa volonté'.

Onno Simons, Chargé d'Affaires de la Délégation de l'Union européenne en Arménie a prononcé l'allocution de bienvenue à la séance d'ouverture.

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Richard Guiragossian, directeur du Centre de Recherches Arménien National et Stratégiques (ACNIS), a déclaré qu'en 2009, une situation grave a été créée dans la région.

"L'Arménie a essayé de contribuer à la stabilité et au développement de la région en essayant d'initialiser une normalisation des relations arméno-turques. L'Arménie comme toujours a donné clairement sa position, inchangée à ce jour. Notre position de vouloir normaliser les relations avec nos voisins, sans conditions préalables, est soutenue par les grandes puissances - l'Union européenne, les Etats-Unis, et la Russie. À cet égard les positions de l'Arménie sont très fermes et plus renforcées qu'il y a deux ans," a-t-il déclaré. Toutefois, il s'est dit préoccupé par la politique étrangère menée par la Turquie, qui a conduit le processus de normalisation des relations arméno-turques dans une phase ‘gelée'.

"Je suis d'accord avec la décision de l'Arménie que Erevan ne peut plus attendre les souhaits de la Turquie concernant la normalisation des relations. La Turquie est responsable de l'échec du processus et la deuxième étape doit être réalisée par elle," a souligné le directeur de l'ACNIS

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Le politologue et directeur du Centre géorgien du Développement et de la Coopération, Ivlian Khaindrava, a déclaré qu'il est d'avis que la région se doit de faire face non seulement à des problèmes politiques mais également linguistiques et culturels. "La raison du problème du Djavaghk est la non-possibilité de réaliser un processus d'auto-administration de la population. Les quelques parlementaires de la région n'ont jamais présenté au Parlement les problèmes de leurs électeurs," a-t-il précisé.

Il a relevé avec tristesse, qu'après les événements d'août 2008, la situation en Géorgie n'est pas très stable. "La réputation de la Géorgie comme étant un Etat stable et solide, a apparemment fait long feu. La raison en incombe à l'irresponsabilité des autorités géorgiennes, et à une partie de l'opposition. En raison de leurs comportements, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud ont été effectivement séparées de la Géorgie", a-t-il souligné.

Parlant des relations américano-géorgiennes, il a noté que Washington est actuellement mécontent de la Géorgie, du en particulier à l'activité irresponsable du président Michael Saakachvili. "Contrairement à l'administration de George Bush, avec qui Saakachvili avait des relations amicales, l'administration Obama met en œuvre une politique plus calme et plus équilibrée à l'égard Géorgie", a déclaré le politologue.

Se référant aux relations russo-géorgiennes, il est d'avis que la normalisation des relations entre les deux pays est juste une mise à plat de tous les points de vue : "Malheureusement, les problèmes ne sont pas résolus. La Russie ne souhaite pas négocier avec Saakahchvili. Oui, Saakachvili est un problème, mais c'est notre problème."

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Le directeur du département presse, économie et politique de la délégation de la Commission européenne d'Arménie, Ono Simons, a déclaré que le renforcement de la paix et de la stabilité dans la région est une nécessité non seulement pour les pays de la région, mais également pour l'Europe et les États-Unis.

"De sérieuses mesures sont nécessaires à mettre en œuvre pour la stabilité de la région. Nous partageons les espoirs avec les pays du Sud-Caucase et faisons de notre mieux pour promouvoir la normalisation et l'établissement de relations," a-t-il précisé ajoutant que cela sera possible uniquement par le dialogue. Selon Simons, nous devons saisir toutes les chances pour ce faire, ainsi : "L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie sont des acteurs du programme ‘Partenariat oriental' de l'UE. Ils doivent utiliser les possibilités offertes par cette démarche européenne pour résoudre les problèmes actuels. Le développement de la région sera impossible sans cela."

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Extraits de Armenpress et de Arka



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