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mercredi 19 mai 2010

Haut-Karabakh : Les mouvements des ‘amis' deviennent brownien

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Traduction Gérard Merdjanian - commentaires

A commencer par les Etats-Unis situés à 9000 km de là, et en passant par les grandes et les moyennes puissances jusqu'aux Azéris, à portée de voix, c'est fou le nombre d'analystes, d'observateurs et d'experts en tous genres qui apportent leur grain de sel dans le conflit qui opposent avant tout deux Etats voisins, l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Pour certains, depuis le Gal De Gaulle, l'Europe va de l'Atlantique à l'Oural, pour l'UE on en est à 27, et pour d'autres (le Conseil de l'Europe), cela englobe les 47 pays membres ; d'où, la sous-commission ad hoc de l'APCE sur le sujet. Quant à l'OSCE avec ses 56 Etats membres, elle s'en occupe déjà depuis la fin des hostilités avec le Groupe de Minsk.

Erdogan ayant fait sienne la devise du président Aliev (père) : ‘Une nation, deux Etats', la Turquie est donc indirectement présente dans les négociations de paix par Azerbaïdjan interposé. Et donc il est inutile de voir Ankara coprésider le groupe de Minsk alors que même le principal et directement concerné, le Haut-Karabakh, n'est pas admis à la table des pourparlers.

Comme quoi, toutes les personnes qui se penchent sur le berceau ‘Haut-Karabakh' ne sont pas forcément des bonnes fées.

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** Parlement européen **


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La stratégie de l'UE pour le Sud-Caucase sera discutée lors de la prochaine séance plénière du PE du 20 mai, selon le service de presse du PE.

Le parlementaire bulgare Evgeni Kirilov prononcera un discours où les questions de coopération avec l'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan, dans le cadre du Programme de partenariat de l'Est, seront abordées.

Il sera fait référence aux questions de sécurité, de résolutions pacifiques des conflits, des droits de l'homme dans les trois pays, ainsi que du développement économique et social.

Une Résolution sur la stratégie de l'UE pour cette région devrait être adoptée au vue des discussions.

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** Jan Fischer **


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Le Premier Ministre de la République tchèque, Jan Fischer, est arrivé en Arménie pour une visite officielle de deux jours. Lors de la réunion avec son homologue arménien, Tigrane Sarkissian, la discussion a porté non seulement sur l'économie, mais aussi sur les questions politiques.

"Je suis sûr que la question du Karabakh sera réglé dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE," a-t-il indiqué.

De son côté, Tigrane Sarkissian a noté que les approches équilibrées des partenaires tchèques dans la résolution du conflit du Karabakh sont importantes pour l'Arménie. Il a également souligné le fait que la partie tchèque est aussi d'avis que les négociations dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE sont le meilleur moyen de promouvoir une résolution pacifique du conflit.

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** Alexander Arzoumanian **


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"La Russie et la Turquie sont rentrées dans une coopération militaire à long terme, où l'Arménie pourrait devenir une monnaie d'échange. L'histoire prouve que l'Arménie a toujours souffert à la suite des accords russo-turcs," a déclaré le représentant du Congrès National Arménien, Alexander Arzoumanian, lors d'une conférence de presse.

Toutefois, pour l'ex-ministre des Affaires étrangères de l'Arménie, la possibilité d'une reprise des hostilités dans le Haut-Karabakh sont faibles. Cela dépend beaucoup de l'équilibre des forces dans la région.

"Je ne pense pas que les parties ont intérêt à rompre l'équilibre atteint au cours des dernières années. Les hostilités pourraient reprendre dans le cas où les pourparlers seraient à l'impasse," a-t-il poursuivi, ajoutant que le rétablissement de la Sous-commission de l'APCE sur le Haut-Karabakh est irrecevable, aussi bien pour l'Arménie que pour le groupe Minsk de l'OSCE.

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** Elmar Mammediarov **


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"Il y a eu des mises à jour des propositions présentées par les coprésidents du Groupe de Minsk et elles sont maintenant sur la table. L'Azerbaïdjan a déjà annoncé qu'il acceptait, en général, ces principes, et j'espère que les coprésidents seront en mesure de convaincre l'Arménie de les accepter aussi comme base, afin de nous permettre de commencer à discuter d'un accord de paix global sur le conflit du Haut-Karabakh," a déclaré le ministre des Affaires étrangères azerbaidjanais, Elmar Mammediarov, à l'envoyé spécial de Trend, à son arrivée à Douchanbé.

Elmar Mammedirov doit assister à Douchanbé, à la 37e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), du 18 au 20 Mai.

Selon le ministre, la partie azerbaïdjanaise a démontré un esprit constructif dans les négociations, et a déclaré que Bakou acceptait quasiment toutes les propositions présentées à Athènes par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

« Aussi, nous sommes prêts à aller de l'avant", a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé qu'il avait l'intention de rencontrer les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE début Juin. "Nous examinerons toutes les questions concernant le règlement pacifique", a-t-il souligné.

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** Bernard Fassier **


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Bernard Fassier, le coprésident Français du Groupe de Minsk de l'OSCE devrait bientôt être remplacé, selon des sources diplomatiques françaises.

Ces sources ont indiqué que l'ambassadeur français à Erevan, Serge Smessov, serait pressenti pour ce poste, mais sa candidature n'a pas été confirmée pour le moment.

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** Alexeï Vlasov **


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Interview d'Alexeï Vlasov, Directeur du Centre d'Information et d'Analyse pour l'Etude des Processus Sociaux et Politiques dans l'espace postsoviétique à l'Université d'État de Moscou (MSU) Lomonosov, Vice-doyen de la faculté d'Histoire de l' MSU, et rédacteur en chef de la partie analyse du périodique "Bulletin du Caucase".

Q : Quels sont les principaux changements géopolitiques dans le Sud-Caucase après l'échec du processus turco-arménien et l'établissement d'un étroit partenariat entre la Russie et la Turquie ?

R : L'échec des négociations arméno-turques n'est pas une impasse dans les relations arméno-turques, c'est l'échec de la politique américaine de vouloir imposer un certain scénario irraisonnable pour la région sans tenir compte des intérêts de chacun. Tôt ou tard, le dialogue arméno-turc reprendra, de mémé que le problème du Haut-Karabakh sera résolu. Et les Américains ne pourront plus agir en tant que seul modérateur de ce processus, car il est évident que ces méthodes et les systèmes qu'ils utilisent pour leur politique dans le Sud-Caucase ne fonctionnent pas. Et cela signifie que nous avons besoin de différents modérateurs et acteurs qui peuvent contribuer au processus.

Dans ce contexte, la Russie a une excellente occasion d'offrir son agenda, et, à la suite de la réunion des dirigeants turcs et russes, il ne sera pas le seul contributeur à l'agenda et tentera de créer un certain consensus en tenant compte d'Ankara. Cela signifie que l'axe Russie-Turquie sera dans un proche avenir un facteur important pour déterminer la position des forces extérieures dans le Sud-Caucase.

Q : Comment ce type d'interaction peut-il aider à résoudre le conflit du Haut-Karabakh ?

R : Les premiers acteurs pour résoudre ce conflit, sont Bakou et Erevan. Mais si les arbitres étrangers ont une forte volonté d'agir en tant qu'intermédiaire honnête pour la résolution du conflit, et s'il y a une garantie que personne ne va jouer un double jeu, alors on peut espérer que, tôt ou tard les côtés comprendront que la solution n'est possible qu'en prenant en compte l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et des compromis des deux côtés.

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** Recep Tayyip Erdoğan **


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"Ni la Turquie ni l'Arménie n'ont ratifié les protocoles signés en Octobre, pour établir des relations diplomatiques et rouvrir leur frontière commune," a déclaré lundi le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, lors d'une visite en Azerbaïdjan, et que le Parlement turc ne ratifiera pas l'accord d'Octobre jusqu'au règlement du conflit du Haut-Karabakh. Et d'ajouter :

"La question du Haut-Karabakh a été discutée lors de la récente visite du président russe Dmitri Medvedev en Turquie. L'Azerbaïdjan a réagi positivement à la dernière proposition du Groupe de Minsk, même si l'Arménie n'a pas encore répondu. Cela montre l'attitude positive de l'Azerbaïdjan sur la question."

En s'adressant aux journalistes après sa rencontre avec le président Aliev à Bakou, Erdoğan a déclaré lundi que : "La Turquie et l'Azerbaïdjan sont deux frères inséparables et ils sont membres d'une même famille. Comme le regretté Aliev [Haider] avait dit ‘nous sommes une nation sur deux Etats'. Ce principe se manifeste dans les réalisations et pas seulement dans les paroles. Nous sommes deux pays qui préparons l'avenir en se renforçant l'un l'autre."

"Je suis heureux d'être le témoin de la croissance de l'Azerbaïdjan. La richesse de l'Azerbaïdjan est notre richesse. De même, la richesse de la Turquie est la richesse de l'Azerbaïdjan. En même temps, la tranquillité de la Turquie est celle de l'Azerbaïdjan," a déclaré M. Erdogan.

Décrivant les deux pays comme "des États frères et amis", Aliev a ajouté que la Turquie a toujours affiché la même attitude envers l'Azerbaïdjan.

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Extraits de la Radio Publique d'Arménie, de Today.az et de Zaman.com



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