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lundi 24 mai 2010

Parlement européen : Des effets de la résolution sur le Karabakh

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

La dernière résolution du PE (2010-0193) concernant le Sud-Caucase fait la part belle à l'Azerbaïdjan, ne prenant essentiellement en compte que les conséquences de la guerre du Karabakh, à savoir les territoires sous contrôle arménien et le problème des réfugiés.

En y regardant de plus, on constate que ce genre de résolution/déclaration se produit de plus en plus souvent dans les instances internationales et/ou européennes (ONU, OSCE, PE, APCE, UE) ; et que cela risque d'empirer.

La raison en est très simple.

Non pas que les députés ou les Hauts-Fonctionnaires sont persuadés de la véracité des propos de la Turquie ou de l'Azerbaïdjan, mais le poids du lobbying des Arméniens n'est rien en comparaison de celui de ces deux pays. Comme avait annoncé Abdullah Gül alors qu'il était ministre des Affaires étrangères : « si les Arméniens mettent ‘1' sur la table, nous mettrons ‘100' ».

Force est de constater, que les menaces de Gül n'étaient pas des paroles en l'air, surtout si l'on parle du génocide des Arméniens. On peut constater de visu, lorsqu'on circule dans les couloirs de ces organisations, les moyens financiers et humains mis en œuvre par ces « deux Etats, mais une seule Nation », comme disait Aliev père.

La diaspora et l'Arménie travaillent de concert pour qu'à défaut de financement, la qualité compense la quantité.

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Commentant la résolution adoptée par le Parlement européen, qui invite les troupes arméniennes à se retirer des zones "occupées" de l'Azerbaïdjan, le président de la Commission des relations extérieures de l'Assemblée nationale, Armen Rustamian, a déclaré à Yerkir Media TV :
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« Il est évident que c'est la poursuite du processus engagé par l'Azerbaïdjan pour empêcher l'évolution indésirable, en lançant des processus parallèles : - influencer le Groupe de Minsk - et formuler de nouvelles propositions aux coprésidents du Groupe de Minsk. Ils parviennent à mener à bien ce processus dans les instances parlementaires, où la majorité des délégués sont des nouveaux et n'ont pas connaissance de l'essence et des causes du conflit. Tout le problème réside dans le fait que nous avons besoin de nous exprimer au plus haut niveau possible, en l'occurrence le Groupe de Minsk, et que le processus doit être maintenu dans ce cadre, cadre que l'Azerbaïdjan refuse comme processus [unique] de règlement du conflit. La signification de ces étapes est l'échec du processus et l'Azerbaïdjan exprime publiquement son mécontentement à l'égard du Groupe de Minsk. Tous ceux qui soutiennent l'Azerbaïdjan dans ce jeu, partagent la responsabilité de l'échec possible du processus.

Le délégué du Parlement européen, Kirilov, est connu pour ses positions pro-azerbaïdjanaises. Son assistant étant Azéri, cela qui signifie qu'il a travaillé sur des rapports non objectifs. J'ai exprimé mon inquiétude à cet égard, en adressant une lettre au président du groupe socialiste du Parlement européen, dont Kirilov est lui-même membre, mais il m'a été impossible d'éliminer tous les écueils.

Ce qui est écrit dans cette résolution n'a rien de commun avec le processus de négociation en cours car aucun document et/ou déclaration délivrée par le groupe de Minsk n'a de corrélation avec les affirmations de la dite résolution. Il est évident que l'on ne peut pas promouvoir le processus d'un côté, et essayer de le ruiner de l'autre. Les déclarations contenues dans la résolution du Parlement européen peuvent avoir une réaction en chaîne sur d'autres déclarations émanant d'autres instances.

La prochaine étape serait que le groupe de Minsk dise clairement que ces mesures créent des obstacles pour le processus. Nous avons besoin de former une délégation pour rencontrer les plus Hauts dirigeants du Parlement européen et leur présenter toute l'essence du processus et de ses dangers.

Il est clair que nous sommes perdants dans ce processus. Nous recevons jour après jour toujours plus de déclarations, de documents et des résolutions qui n'ont aucune relation avec le processus de règlement. Nous avons besoin d'activer l'ensemble de nos mesures pour empêcher le processus anti-propagande de progresser. Nous devons prendre au sérieux et mener à bien l'activité d'Union : Arménie – Artsakh - Diaspora. »

Lrakir.am



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