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mardi 29 juin 2010

Karabakh : Réactions au communiqué des pays coprésidents

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Traduction Gérard Merdjanian – commentaires

Le fait de dire et de répéter que le droit à l'autodétermination de la population du Haut-Karabakh fera partie de l'accord de paix (et donc le statut définitif du Haut-Karabakh), et ce au même titre que l'intégrité territoriale est inacceptable par Bakou. On comprend alors pourquoi Ilham Aliev a quitté rapidement la rencontre de Saint-Pétersbourg et montré son irritation avec les propositions des pays médiateurs en lançant un commando contre les lignes arméniennes près de Chaylu.

Il a fallu sept mois à l'Arménie pour geler les protocoles avec la Turquie, après que cette dernière ait mis une pré-condition (non prévue) dans les accords de normalisation des relations. Cela fait quatorze ans que l'Azerbaïdjan refuse absolument de voir un jour le Haut-Karabakh quitter son giron, et pourtant les négociations de paix continuent.

La réponse est simple. Tant qu'il existe une situation de guerre, les occidentaux ne peuvent pas traiter leurs Affaires énergétiques l'esprit tranquille. Donc nécessité de trouver un Accord de paix.

Il serait peut-être temps pour les pays coprésidents du groupe de Minsk, de changer de braqué et d'éviter de sortir des déclarations où :"tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", avec à la clé un : "faut qu'on, y a qu'à". On peut tancer un empêcheur de tourner en rond, autrement que par des voies militaires.

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** Bakou **


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Le président azerbaidjanais, Ilham Aliev, et d'autres Hauts responsables ont indiqué à plusieurs reprises que Bakou n'acceptera la perte du Karabakh. Et de préciser que les Arméniens du Karabakh pourront seulement déterminer l'étendue de leur autonomie au sein de l'Azerbaïdjan. Mammediarov, pour sa part, avait déclaré en Mars que le soi-disant référendum sur le statut du Karabakh serait voté par tous les Azerbaïdjanais.

Un Haut conseiller militaire d'Aliev a mémé affirmé samedi que la population du Karabakh n'a pas le droit à l'autodétermination. "Il n'y a aucun concept tel que le ‘peuple du Karabakh'. Tout comme il ne peut y avoir de notion de ‘peuple du Kyurdamir' ou de tout autre district [azerbaïdjanais]. Seule une population - et pas seulement les Arméniens - réside au Karabakh," a déclaré le lieutenant-général Vahid Aliev à l'agence Trend.

Selon le bureau de M. Medvedev, Aliev et le président arménien Serge Sarkissian ont réduit leurs divergences sur le règlement proposé lors de leur dernière rencontre à Saint-Pétersbourg le 17 Juin dernier.

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** L'ambassadeur britannique **


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"Je pense que nous sommes très loin d'une vraie guerre. Le conflit du Karabakh doit être résolu sur la base des trois principes de l'Acte final d'Helsinki, à savoir : - le droit des peuples à l'autodétermination ; - l'intégrité territoriale ; - et le non-usage de la force. La Grande-Bretagne soutient les efforts du Groupe de Minsk de l'OSCE visant à résoudre le conflit," a déclaré l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume-Uni, de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en Arménie, Charles Lonsdale, lors d'une conférence de presse.

Selon lui, l'incident du 18 Juin sur la ligne de contact entre les forces armées du Haut-Karabakh et de l'Azerbaïdjan, démontre une fois de plus l'importance des pourparlers. Il a exprimé l'espoir que de tels incidents ne se reproduiront plus. Il a exhorté les parties à s'abstenir à user de la force et à ne pas être agressif. L'ambassadeur a également appelé les parties à s'impliquer étroitement dans les négociations, soulignant que la Grande-Bretagne soutenait la déclaration des présidents Obama, Sarkozy et Medvedev sur les pourparlers de paix.

Lonsdale a ajouté que la Grande-Bretagne est contre tout changement de format du Groupe de Minsk, vu que les pays médiateurs sont bien informés sur le conflit du Karabakh. Quant à la résolution de l'APCE sur le Sud-Caucase, pour lui, le document ne reflète pas la position officielle des Etats membres du CE, mais celle de certains parlementaires de ces États. Et donc, le Royaume-Uni continuera à soutenir la coopération constructive de l'Arménie avec l'UE et l'OTAN.

De même, le Royaume-Uni soutient la diplomatie du football initié par le Président Serge Sarkissian, ainsi que les efforts visant à normaliser les relations avec la Turquie.

L'ambassadeur a noté que malgré la déception de certains sur le processus, le dialogue entre la Turquie et l'Arménie n'a pas d'alternative, car il répond aux intérêts des deux pays et de toute la région. Il a également souligné que le processus de réconciliation arméno-turc doit se poursuivre et atteindre son terme logique. Charles Lonsdale a une fois de plus souligné que le Royaume-Uni est prêt à aider au dialogue arméno-turc de quelle que façon que ce soit.

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** Le Parti Républicain **


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Gagik Melikian, un député du Parti Républicain (HHK), a déclaré aux journalistes que Medvedev a soumis aux présidents Aliev et Sarkissian de nouvelles "propositions" de paix, décrites comme "favorables" par la partie arménienne. Melikian a indiqué qu'Aliev n'a pas donné suite et a coupé court à son voyage à Saint-Pétersbourg.

L'Azerbaïdjan s'est jusqu'à présent abstenu de bien évaluer les pourparlers de Saint-Pétersbourg. Un porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a déclaré le 19 Juin que : "les Arméniens doivent comprendre la nécessité de transformer les réunions sur le règlement du conflit du Haut-Karabakh de quantitatives en qualitatives."

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"Les propositions de Saint-Pétersbourg ont été acceptées par l'Arménie, mais non par l'Azerbaïdjan. Je pense qu'il était important de faire une telle déclaration après la réunion de Saint-Pétersbourg," a déclaré le porte-parole du Parti Républicain, Edouard Charmazanov, en commentant la déclaration commune des trois présidents au Canada.

"La déclaration reflète les propositions de la partie arménienne. Tout d'abord, elle fait une référence claire à la question du statut de la RHK. Elle prévoit la possibilité pour le peuple du Haut-Karabakh de déterminer son avenir par le biais de la libre expression de sa volonté. Ce n'est rien d'autre que la reconnaissance du droit des Karabakhis à l'autodétermination. La deuxième chose importante, c'est qu'il devra y avoir un couloir terrestre reliant l'Arménie au Haut-Karabakh. La troisième, a trait aux garanties de sécurité," a indiqué le porte-parole.

"Cette déclaration est presque identique à celle d'Aquila de 2009. Cela s'explique probablement par le fait que les principes de Madrid et les propositions de Saint-Pétersbourg basées sur ces principes parlent de progrès et indiquent que la solution militaire est exclue," a-t-il ajouté.

Selon Charmazanov, l'Arménie reste attachée à sa position, à savoir la détermination du statut du Haut-Karabakh.

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** Le Parti Héritage **


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"On a une impression que les pays coprésidents le Groupe de Minsk de l'OSCE ne sont pas préoccupés les récents événements et tentent de ramener les parties à la situation qui existait avant les réunions de Sotchi et de Saint-Pétersbourg, en particulier ne tenant compte du seul fait que l'Azerbaïdjan a été satisfait et que l'Arménie a gardé le silence après la réunion de Sotchi, et l'inverse après la réunion de Saint-Pétersbourg, la partie arménienne satisfaite et la partie azerbaïdjanaise irritée," a déclaré le leader du parti Héritage, Stépan Safarian, commentant la déclarations de Muskoka.

"Par conséquent, je crois que la dernière déclaration était une tentative pour sortir les parties de l'état de déception, de leur insuffler l'inspiration pour les ramener à la situation antérieure," a-t-il précisé.

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** La FRA-Dachnaktsoutioun **


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Le représentant de la Fédération Révolutionnaire Arménienne a indiqué que la FRA n'acceptait pas les principes de Madrid et a ajouté que la déclaration des dirigeants des pays coprésidents le Groupe de Minsk de l'OSCE, était incomplète à plusieurs égards.

"Tout d'abord, le fait que les Présidents n'ont fait aucune mention de l'attaque de la semaine dernière par la partie azerbaïdjanaise, prouve qu'ils ne sont pas préoccupés par la question," a déclaré le directeur du Bureau Hay Dat et des Affaires politiques de la FRA, Kiro Manoyan.

"Toutefois, il convient de mentionner que l'année dernière les Présidents avaient chargé leurs représentants de travailler avec les parties sur les principes de mise à jour, comme le prétend la partie azerbaïdjanaise. La déclaration actuelle n'en fait aucune référence," a souligné Kiro Manoyan.

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** Le parti Arménie Prospère **


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"La déclaration des présidents des pays coprésidents le Groupe de Minsk de l'OSCE, indique de nouveau que les négociations sur le Haut Karabakh doivent se dérouler sur la base des principes de Madrid, qui comprennent les trois principes de l'Acte final d'Helsinki : - le droit des peuples à l'autodétermination ; - l'intégrité territoriale ; - et la non-utilisation ou la menace de la force. L'Arménie a déclaré il y a deux ans qu'elle acceptait les principes de Madrid en tant que base pour les négociations," a déclaré la représentant du parti Arménie Prospère, Naira Zohrabian.

"Une chose est claire : la reconnaissance internationale de la République du Haut-Karabakh est le cœur du conflit. En ce qui concerne l'élimination des conséquences du conflit, la partie arménienne est prête à discuter de concessions mutuelles. Il est clair pour tout le monde qu'il devra y avoir des concessions, mais seulement après que la reconnaissance internationale de la RHK soit un fait," a précisé Naira Zohrabian.

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** Le Parti Démocratique **


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"La mise en œuvre des mesures énoncées dans la déclaration des trois coprésidents n'est pas réaliste," a déclaré le chef du Parti Démocratique, Aram Sarkissian, lors d'une conférence de presse.

Selon le leader, les réalités actuelles et les positions de chacun ne permettent pas d'entreprendre la rédaction d'un Accord dans un proche avenir.

"Même si nous supposons que les parties s'entendent sur les principes de base et tentent de signer un traité de paix, le processus prendra au moins dix ans, parce que la feuille de route qu'ils auront décrite n'aura rien à voir avec la réalité," a-t-il souligné.

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** L'Institut du Caucase **


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Le Directeur de l'Institut du Caucase, Alexander Iskandarian, estime que la déclaration des dirigeants des pays coprésidents "reprend effectivement ce qui avait été déclaré plus tôt."

"Cependant, cette fois les trois présidents ont mis en évidence le cadre des principes qu'ils proposent aux parties, sans les étiqueter en tant que principes de Madrid, mis à jour ou pas. Pour autant, cela ne signifie pas que les propositions sont réalistes ou réalisables. Ce n'est ni un document, ni un traité. C'est juste un cadre assez fragile de principes," a indiqué l'analyste, ajoutant que la proclamation de principes et de la signature d'un traité sont deux choses complètement différentes.

"Le passage de principes à un traité de paix peut prendre des années. Un Accord sur les principes de base ne signifie pas un Accord sur tout. Il existe un certain nombre de questions à clarifier pour que l'Accord sur ces principes puisse se transformer en un traité en béton," a-t-il souligné.

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** Le politologue **


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"La déclaration des trois présidents américain, russe et français est une feuille de route proposée par les pays coprésidents le groupe de Minsk. Le point positif sur la déclaration des principes est qu'elle n'essaie pas de déterminer les mécanismes," a déclaré le politologue Yervant Bozoian.

"Les attentes pour un règlement rapide du conflit ne sont pas réalistes, même après cette déclaration. Il serait irréaliste de dire que la solution du problème est proche. Nous avons souvent entendu des déclarations de ce genre. Toutefois, ces déclarations sont importantes pour prévenir la menace de guerre. Certes, les déclarations ne peuvent pas supprimer l'usage de la force, mais créent une certaine atmosphère morale et psychologique," a ajouté Yervant Bozoian.

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** L' ancien combattant **


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"Les principes de Madrid ne sont pas acceptables pour les combattants de la liberté de ‘arabo'. Ils ont leur propre point de vue sur les concessions. ‘Concessions mutuelles' signifie que le Karabakh doit devenir indépendant ou rejoindre l'Arménie, en échanges de 2-3 districts, tels Aghdam ou Fizuli," a déclaré Manvel Yeghiazaryan, le commandant de la brigade "arabo".

Il y a dix-huit ans, la brigade brigade "arabo" subissait de lourdes pertes pendant les batailles de Mardakert. Près de quatre-vingt combattants ont perdu la vie. 300 volontaires et de nombreux soldats arméniens de différentes brigades sont toujours portés disparus aujourd'hui.

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Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty



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